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LE COMBAT GUAINO – JORION, par Zébu

Billet invité.

Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ;
Mieux vaudrait un sage ennemi.

Lafontaine

Dans une salle de l’Opéra Comédie montpelliérain, surchauffée par un été qui n’a pas dit son dernier mot, aux hauts plafonds dus à Ernest Michel, Grand Prix de Rome 1860, un parterre de femmes chefs d’entreprises attendait patiemment que la superstar Henri Guaino arrive pour enfin l’acclamer ; Paul Jorion était lui arrivé dans les temps.

Quand « L’homme du jour » arriva enfin et que, passées les présentations d’usage, on se déplaça vers le pré pour le choix des armes, celles-ci s’avérèrent être non pas « Imaginons notre futur, économie ou économies », mais bien « La crise : pourquoi ? comment ? mais où est donc Ornicar ? », spectre que l’animateur avait pourtant pris un soin infini de circonscrire préalablement pour en extirper le kyste. Le public fit alors silence pour assister à la joute dont on avait pris soin sur la plaquette d’annoncer la forme à venir : un envoi, auquel il serait répondu.

Durant les deux heures et plus qui suivirent, les duellistes firent bien assaut mais avant tout de politesse et si les échanges assurèrent la durée, ce fut la plupart du temps pour souligner combien la parole de l’Autre fondait la sienne, à tel point que si Paul Jorion put se passer de donner la première partie de son analyse de la crise, c’est parce que – comme il le souligna – Henri Guaino avait déjà dit sur le sujet tout ce qu’il importait de dire.

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LE MÉCANISME DE LA FORMATION DU TAUX D’IMPOSITION

En 1990, je publiais dans la Revue du MAUSS, un article en deux parties intitulé : « Déterminants sociaux de la formation des prix de marché, l’exemple de la pêche artisanale » (N° 9, pp. 71-106, N ° 10, pp. 49-64 ; repris dans Le prix, Le Croquant 2010).

J’y montrais que le prix est déterminé par le rapport de force entre le vendeur et l’acheteur, l’offre et la demande en présence n’étant que l’un des éléments constitutifs de ce rapport de force.

J’en acquérais pour une vingtaine d’années la réputation peu flatteuse de « l’homme qui ne comprend rien à l’économie », la preuve en étant qu’« il ne comprend même pas la ‘loi de l’offre et de la demande’ ».

Depuis, l’idée a fait son chemin. Deux chapitres de Repenser l’économie (Eyrolles 2012) de Philippe Herlin : « La théorie de la proportion diagonale » (pp. 171-194) et « Une nouvelle compréhension du couple rendement/risque » (pp. 195-203), sont consacrés à ma théorie de la formation des prix, inspirée de celle d’Aristote.

Lorsque le 21 mai, Tim Cook, le P-DG de Apple, se voit poser par une commission sénatoriale américaine la question suivante : « Quel taux d’imposition vous semblerait-il approprié d’appliquer à une compagnie comme la vôtre ? », il répond : « Un nombre à un seul chiffre ! », ce qu’il est sans doute permis d’interpréter comme la proposition d’un taux inférieur à 10%.

Lorsqu’hier soir, dans le feu de l’action de l’émission télévisée Mots croisés, Henri Guaino s’entend dire par Laurent Mauduit : « Pourquoi est-ce que vous ne dites pas […] : ‘Si Claude Guéant a effacé les impôts de Bernard Tapie, ce n’est pas conforme à ma conception de l’égalité des citoyens devant l’impôt’ ? », il répond : « Toutes les fortunes de France négocient leurs impôts, vous le savez parfaitement », pour ajouter un peu plus tard : « Mais c’est vrai ! »

Deux hypothèses sont alors envisageables :

1° Le taux d’imposition du contribuable est déterminé par le rapport de force entre lui et l’État.

2° Je ne comprends rien à l’économie, la preuve en étant que je ne comprends même pas que tous les citoyens sont égaux devant l’impôt.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 12 AVRIL 2013

Le débat au sujet de cette vidéo aura lieu dimanche 14 avril entre 15h et 17h sur « Les débats du blog du Paul Jorion ».

L’adhésion : s’identifier à ses propres paroles et à ses propres gestes, condition pour que l’on bénéficie de la reconnaissance de l’autre.

Principes des systèmes intelligents (1989 ; 2012) : pages 217-229
Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009) : pages 147-156

Quand un gouvernement prend des mesures contraint et forcé, il est déjà en fait trop tard pour lui pour les prendre, parce que l’adhésion manque précisément.

Sur YouTube, c’est ici.

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