Archives par mot-clé : Henry David Thoreau

Grand entretien avec Thibault Fajal (III) La rébellion devant l’extinction

Ouvert aux commentaires. TF : Que pensez-vous des mobilisations pour le climat et en particulier, d’Extinction Rebellion ? PJ :…

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Compte-rendu de Henry David Thoreau, « La désobéissance civile » (1849), par Madeleine Théodore

Billet invité.

Au moment où Henry David Thoreau écrit « La désobéissance civile » °, sévissent aux Etats-unis l’esclavage et la guerre de conquête que lance le pays à l’encontre du Mexique *. Pacifiste et abolitionniste convaincu, Thoreau refusera de payer un impôt, minime cependant, à sa patrie pour protester contre les agissements de l’État responsable de ces fléaux. Il lui en coûtera une nuit d’emprisonnement, auquel un paiement versé par un tiers mettra un terme.

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La République des consciences, par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité.

Le regain révolutionnaire en Égypte provoque un grand embarras chez nos dirigeants démocratiquement élus et chez les commentateurs condescendants qui voient dans les printemps arabes une forme larvaire de la démocratie dont nos états occidentaux représenteraient l’imago, la forme achevée. Coup d’État, pas coup d’État ? L’armée est dans le coup, certes, mais il semble qu’elle se rappelle assez son impéritie durant l’intérim Tantaoui pour s’en tenir cette fois, sous réserve d’une manœuvre machiavélique, au rôle de simple adjuvant d’une contestation populaire qui aura sans doute mis dans la rue plus de gens que le candidat Mohamed Morsi n’avait rassemblé d’électeurs sous sa bannière. Ne pourrait-on pas considérer plutôt, à voir les chancelleries hésiter sur la qualification de l’événement, que la société égyptienne a plusieurs trains d’avance sur la nôtre ? La légitimité, en démocratie, serait-elle hermétiquement scellée par les urnes jusqu’au prochain scrutin ? Une victoire électorale aurait-elle valeur de blanc-seing, pour le ou les représentant(s) qu’elle désigne, de permis de régner en maître(s) sans être comptable de rien ? Pour cela, il faudrait que les élus fussent aussi volontaires que volontaristes, infaillibles dans leur action au service du bien commun, désintéressés dans leur gestion du bien public, il faudrait, en un mot, qu’ils ne fussent pas des hommes. Des millions d’Égyptiens, tous partis confondus (moins celui des Frères Musulmans, dont l’ex-président Morsi était la créature), se sont soulevés, se sont élevés – car le gain en dignité est considérable – contre les injustices et cette dénonciation des injustices fonde et assure pour l’avenir la légitimité de leur révolte, quelle qu’en soit la fin.

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1848 : LE DÉSARMEMENT DE L’HUMANISTE ET LE RÉARMEMENT DU CONQUISTADOR, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité.

Le printemps des peuples de 1848 a eu un impact non négligeable sur la pensée philosophique et politique américaine (cessons d’évoquer Tocqueville à tout bout de champ comme la forme achevée de l’analyste politique ; les intellectuels américains étaient capables aussi bien que lui d’observer leur république et de juger les nôtres, dont ils suivaient les soubresauts).

Pour prendre un exemple plus rapproché, je citerai l’inclassable roman de Melville, Mardi, publié en 1849. Melville imagine un archipel dans le Pacifique qui rassemble tous les systèmes politiques connus, pesant soigneusement les avantages et les inconvénients, et y inclut la nouvelle démocratie américaine, dont le bellicisme (voir le combat de Thoreau contre la guerre contre le Mexique) et les exclusives (envers les Noirs et les Indiens) déchaînent sa verve. La conflagration des révolutions européennes (toute fraîche dans la mémoire de Melville) se reflète dans une éruption volcanique qui secoue l’une des grandes îles et ravage ses différentes vallées (pays).

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« WALDEN OU, LA VIE DANS LES BOIS »

C’est un nouveau projet tout à mon goût : qui m’oblige à aller flâner dans les endroits où j’aime bien me rendre de toute façon.

« Je me suis essayé au commerce ; mais je me suis aperçu qu’il faudrait dix ans pour s’y mettre véritablement, et que je serais alors probablement en route vers le diable. J’avais surtout très peur qu’il puisse m’arriver alors de faire ce qu’on appelle une bonne affaire. […]

Mais j’ai appris depuis que le commerce jette un sort sur tout ce qui passe entre ses doigts ; et feriez-vous même négoce de messages en provenance du ciel, que la malédiction du commerce tout entière s’attacherait quand même à votre affaire. […]

Certains se montrent « industrieux », et semblent aimer le travail en soi, ou peut-être parce qu’il les empêche de commettre des méfaits pire encore ; à ceux-là je n’ai à l’heure qu’il est rien à dire. À ceux qui ne sauraient que faire de davantage de temps libre qu’ils n’en ont aujourd’hui, je conseillerais de travailler deux fois plus dur qu’ils ne le font, – travailler jusqu’à ce qu’ils puissent se racheter, qu’ils obtiennent le titre qui les libèrera de la servitude. Quant à moi, je découvris que l’occupation de journalier était la plus indépendante de toutes, tout particulièrement parce qu’elle ne demande que trente ou quarante jours d’une année pour vous faire vivre. La journée du journalier s’achève au coucher du soleil, et il est alors libre de se consacrer à ses occupations favorites, indépendantes de son travail ; alors que son employeur, qui spécule d’un mois sur l’autre, ne connaît aucun répit d’un bout à l’autre de l’année. […]

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