Archives par mot-clé : honte

Veille effondrement #76 – Éloge de la folie : à la recherche d’un affect mobilisateur pour éviter l’extinction, par Terence

Avec un des mes amis, nous avons réfléchi plusieurs années à quel(s) serai(en)t le(s) affect(s) susceptible(s) de sortir les êtres humains de leur déni et de leur inertie face à leur trajectoire d’effondrements et d’extinctions, trajectoire incluant leur propre espèce. La peur, la tristesse, l’orgueil, la colère, la honte, la culpabilité, la raison, la joie, le désir, le plaisir, l’avidité, le rejet, l’instinct de survie, l’ennui, un sentiment d’injustice, l’indignation, la foi en Dieu, l’humanisme, la vertu, la compassion, la considération, l’amour, la vérité, l’intégrité, l’espoir ?

Nous avions pris connaissance en philosophes amateurs et dilettantes, des travaux de Spinoza sur la question des affects (L’Ethique publiée en 1677), et plus récemment de ceux de Frédéric Lordon, un de ses disciples contemporains (Les affects de la politique, 2016).

Car à mesure que le monde s’effondre et s’éteint sous nos yeux, tandis que les images, les faits, implacables démontrent la tragédie, alors que les pays riches sont touchés dans leur chair, sur leur propre sol, avec des morts à la clef, presque chaque semaine depuis plusieurs années, demeure le Grand Déni et la Grande Inertie : nous conservons, redémarrons (après pandémie) et renforçons même notre trajectoire civilisationnelle mortelle.
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Les auteurs de plagiat et les lois de la physique

Le Monde : Alain Minc explique ses plagiats, entre « circulation des idées » et « jurisprudence idiote », le 12 août 2021

Mon commentaire sur le site du Monde sera-t-il publié ?

Alain Minc : « Peut-être que mon inconscient me dispense d’avoir un souvenir précis de toutes ces choses. »

C’est le même inconscient qui l’a sans aucun doute conduit à se décommander d’une émission de télé aussitôt qu’il a su que je lui apporterais la contradiction.

Il y a deux sortes de gens : le commun des mortels adepte de la « common decency » (les bonnes manières), et les gens de cour qui, pareils au Phénix, renaîtront éternellement des cendres de la honte qui aurait dû les consumer entièrement si l’on en croit les lois de la physique.

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Autres temps, autres mœurs…

J’ai acheté un coffret de films de Gabin. J’ai fait allusion l’autre jour au fait que j’avais revu le French Cancan (1955) de Jean Renoir. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’histoire d’un patron de revues (Jean Gabin) qui couche avec toutes les jeunes filles qu’il recrute et quand il y en a une qui se plaint d’être remplacée (François Arnoul), il lui dit : « Mais qu’est-ce que tu crois, poulette ? etc. », et tout le monde autour de lui de s’esclaffer. Je suppose que tout le monde dans la salle s’esclaffait aussi.

Dans le bonus making of de French Cancan, quelqu’un vous explique que Jean Renoir trouvait lui-même la formule très drôle, et il ajoute que le père de Jean Renoir, Auguste, y recourait abondamment lui-même. Comme il n’était pas patron de revues mais peintre, je suppose qu’il est question de la relation de « l’artiste » avec ses modèles…

Mais il y a pire encore !

Hier j’ai regardé, avec le même Gabin, complété de Jean-Paul Belmondo, Un singe en hiver (1962) d’Henri Verneuil, d’après le roman éponyme (1959) d’Antoine Blondin.
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Le Monde : Un virtuose, un bagad et des soupçons de viol : silence de plomb en pays breton, le 24 janvier 2020

Ouvert aux commentaires.

À propos de Le Monde : Un virtuose, un bagad et des soupçons de viol : silence de plomb en pays breton, par Henri Seckel et Nicolas Legendre.

En octobre 2019, Loïc Le Cotillec, le jeune et talentueux chef d’orchestre du bagad d’Auray, dans le Morbihan, est mis en examen pour « viols aggravés ». L’information ne sortira dans « Le Monde » que le 14 janvier. Auparavant, ni la presse locale, ni le maire de la commune, ni les musiciens n’ont ébruité les faits.

Commentaire de ma part (dans Contributions) :

Bizarre que le mot « honte » n’apparaisse pas une seule fois dans cet article. Pourtant elle est là partout : la honte des victimes, bien entendu, la honte des parents des victimes, des parents de l’inculpé, des amis, des voisins, des Alréens, des musiciens et des danseurs de musique bretonne, des journalistes de presse locale, des Morbihannais de souche … ou d’adoption.

Les riches ne comprennent plus les pauvres. Les gens des grandes villes ne comprennent plus les gens des petites villes. Plus personne ne comprend plus personne.

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Ces gens là, par Zébu

Billet invité. À propos de Le temps qu’il fait le (jeudi) 16 avril 2015.

« Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´cause pas, Monsieur
On n´cause pas, on compte »

La honte est un sentiment bien étrange : on l’éprouve parfois comme victime lorsque les coupables devraient en subir le poids et on souhaiterait que certains puissent en être affligés quand ceux-là même ne peuvent en être concernés.

Car la honte nécessite à la fois l’existence d’une norme, éthique ou sociale, à laquelle on puisse se référer et à la fois la capacité à éprouver un sentiment d’indignité, d’infériorité ou d’imperfection pour celle ou celui qui transgresserait cette norme.

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