Veille effondrement #76 – Éloge de la folie : à la recherche d’un affect mobilisateur pour éviter l’extinction, par Terence

Avec un des mes amis, nous avons réfléchi plusieurs années à quel(s) serai(en)t le(s) affect(s) susceptible(s) de sortir les êtres humains de leur déni et de leur inertie face à leur trajectoire d’effondrements et d’extinctions, trajectoire incluant leur propre espèce. La peur, la tristesse, l’orgueil, la colère, la honte, la culpabilité, la raison, la joie, le désir, le plaisir, l’avidité, le rejet, l’instinct de survie, l’ennui, un sentiment d’injustice, l’indignation, la foi en Dieu, l’humanisme, la vertu, la compassion, la considération, l’amour, la vérité, l’intégrité, l’espoir ?

Nous avions pris connaissance en philosophes amateurs et dilettantes, des travaux de Spinoza sur la question des affects (L’Ethique publiée en 1677), et plus récemment de ceux de Frédéric Lordon, un de ses disciples contemporains (Les affects de la politique, 2016).

Car à mesure que le monde s’effondre et s’éteint sous nos yeux, tandis que les images, les faits, implacables démontrent la tragédie, alors que les pays riches sont touchés dans leur chair, sur leur propre sol, avec des morts à la clef, presque chaque semaine depuis plusieurs années, demeure le Grand Déni et la Grande Inertie : nous conservons, redémarrons (après pandémie) et renforçons même notre trajectoire civilisationnelle mortelle.

Là se trouve la question peut-être la plus importante de l’histoire de notre espèce, à laquelle notre capacité à trouver -urgemment- une réponse va déterminer si nous existerons encore demain.

Après plusieurs siècles de lutte contre l’Illimitisme (impérialisme, colonialisme, patriarcat, extractivisme, productivisme, consumérisme, capitalisme, néolibéralisme, transhumanisme, etc.), après la critique séculaire du capitalisme et du développement, après 50 ans d’écologie politique, après 40 ans de science climatique, qu’est-ce qui pourrait en effet “nous affecter” avec suffisamment de force, nous é-mouvoir et nous mouvoir avec suffisamment d’énergie, pour transformer notre déni et notre inertie en réveil et en mobilisation générale pour la sauvegarde du genre humain ?

Sachant que par “affect”, Spinoza, et Lordon à sa suite, entendent non pas simplement les “émotions” comme le sens commun d’affect pourrait le laisser penser, mais bien toute instance, toute idée capable de mettre en mouvement les corps, de l’individu au corps social et sociétal.

Les plus lucides ont conclu que le réel ne suffisait pas. Si l’espèce humaine était capable de voir le réel en face, ça se saurait ! Les grands maîtres du soupçon l’ont montré : nous nous complaisons dans l’illusion : le Bouddha, Copernic, Nietzsche, Freud, Darwin et maintenant Greta Thunberg. L’information non plus, ni la science, ni la raison ne suffisent. Notre cerveau étant la superposition grosso modo d’un cerveau reptilien, de mammifère social et d’un coûteux et fatiguant dispositif de computation préfrontal (le plus souvent en veille), il semblerait qu’il faille toucher le ventre et le bas ventre, les tripes, et transformer les chiffres et les graphiques en visages, en images et en symboles, en paroles, en sensation et en émotions, pour espérer nous faire bouger d’un iota.

Les théoriciens et praticiens s’écharpent donc depuis des siècles pour découvrir les clefs de l’affectation des humains et de leurs sociétés. De nombreuses options ont été tentées :
– la joie et la convivialité, avec le mouvement des villes en transition ;
– l’indignation et la révolte, avec le mouvement des Indignés ;
– la honte et la culpabilité, avec Greta Thunberg ;
– la colère et la haine, avec Hitler ;
– le plaisir et l’avidité, avec le capitalisme et le consumérisme ;
– les lendemains qui chantent, avec le socialisme et le communisme ;
– la promesse du paradis, avec le christianisme et l’islamisme ;
– etc. la liste est longue.

Spinoza distinguait des passions “tristes” et des passions “joyeuses”, selon qu’elles renforcent ou non notre “puissance d’agir”.

Dans notre civilisation, certains affects sont méprisés : la colère par exemple, qui pourtant peut être synonyme de la protection de son intégrité. La tristesse est considérée comme un sentiment de faiblesse. La joie est souvent considérée comme non sérieuse alors qu’elle est peut-être derrière bien des exploits humains. Etc.

Notre hôte Paul Jorion s’interroge :

Veille effondrement #69 – L’arme ultime contre le capitalisme destructeur de planète ? | Blog de Paul Jorion
“L’ironie féroce réussira-t-elle là où toutes les autres méthodes ont échoué ?”

Erasme de Rotterdam avait essayé la même chose : Éloge de la folie — Wikipédia (wikipedia.org). Dans cette satire féroce, Erasme s’attaque à tout ce que son époque comporte de bassesse et de malfaisance, dans la noblesse, l’Eglise, la bourgeoisie, les savants et le peuple.
Mais las : “L’Éloge de la Folie a connu un grand succès populaire, à l’étonnement d’Érasme et parfois à sa consternation. Le pape Léon X le trouvait amusant.”

Aujourd’hui, il est possible que les écocidaires s’amusent même de l’ironie féroce qui les attaque frontalement… car pour vexer un homme, il faut qu’il ait quelque part un orgueil, une moralité, des valeurs…

Greta Thunberg a essayé la honte. Cela aurait fait baisser significativement les vols internes en Norvège, via la “honte de voler”. Cela a-t-il affecté Donald Trump ?

On parle beaucoup de “solastalgie” ou “éco-anxiété” de nos jours, avec la nécessité de “prendre soin de soi” et de sa “tristesse”. Certains pensent que la psychologie ne doit pas servir à neutraliser la colère et la révolte qui politisent.

Un activiste célèbre aux Etats-Unis, Saul Alinsky, était plutôt partisan d’utiliser la honte, le ridicule, l’humiliation pour défaire les ennemis d’une cause juste, en pointant directement des personnes précises. Le Machiavel de la non violence, Gene Sharp, pointait lui la détestation des dictateurs et gens de pouvoir pour ce “ridicule” qui les tue (pas beaucoup d’humoristes en dictature).

Tolstoy, Gandhi, Martin Luther King, Mandela et leurs successeurs assirent leur action sur la non violence, l’amour, la paix, la compassion. “Embrasser son ennemi”, “pardonner”, “faire de lui son allié”, etc.

L’espoir est à la fois célébré et décrié (opium du peuple qui rend inerte ou coeur de la résistance comme dans Star Wars ?).

Mon ami philosophe amateur et moi, nous souhaitions, suite à cette recherche dilettante, défendre en tout cas ces émotions méprisées que sont la peur – qui est souvent bonne conseillère -, la colère – qui est souvent légitime -, la honte – qui signifie notre élévation morale – et la culpabilité – qui signe notre sens de la responsabilité.

Enfin, suite à une discussion avec un autre ami engagé, je voudrais exhumer ces affects considérés comme vieillis, has been, romantiques, que sont : l’honneur, le panache, le devoir, la responsabilité, le sens de l’histoire et de l’immortalité, bref, la grandeur, qui peuvent s’humaniser quand s’y instille un grain de folie, un humour féroce, une fausse humilité et l’euphémisme, comme dans la phrase “Tirez les premiers messieurs les Anglais”, ou “Je suis en désaccord avec vous mais je me battrai pour que vous puissiez le dire”, ou encore cette débauche de slogans de mai 68 et plus récemment, des grandes marches pour le climat partout dans le monde.

Voilà quelque part entre indignation, colère, honte, révolte, joie, humour, peur et grandeur, se situent les affects de la Résistance contre l’extinction du genre humain.

Nous aurons probablement besoin de tout ce que l’humanité peut mobiliser comme affects, dans un cocktail détonant, pour nous faire sortir de notre Grand Déni et de notre Grande Inertie.

Contre la bien-pensance, la modération et les petits pas de ces “hommes qui clignent de l’oeil” évoqués par Nietzsche, nous aurons besoin de réinvestir toutes les passions dramatiques, shakespeariennes, dont nous sommes capables, tout en restant humains, comme nous y invite Camus dans son Homme révolté.

Autant vivre avec panache !

Parfois, l’ironie féroce est la dernière liberté qu’il nous reste, pour rester humains, quand nous sommes écrasés par toutes les déterminations de l’existence :
“Et la honte d’être un homme, nous ne l’éprouvons pas seulement dans les situations extrêmes décrites par Primo Lévi, mais dans des conditions insignifiantes, devant la bassesse et la vulgarité qui hantent les démocraties, devant la propagation de ces modes d’existence et de pensée-pour-le-marché, devant les valeurs, les idéaux et les opinions de notre époque. L’ignominie des possibilités de vie qui nous sont offertes apparaît du dedans. Nous ne nous sentons pas hors de notre époque, au contraire nous ne cessons de passer avec elle des compromis honteux. Ce sentiment de honte est un des plus puissants motifs de la philosophie. Nous ne sommes pas responsables des victimes. Et il n’y a pas d’autre moyen que de faire l’animal (grogner, fouir, ricaner, se convulser) pour échapper à l’ignoble : la pensée même est parfois plus proche d’un animal qui meurt que d’un homme vivant, même démocrate. » G. DELEUZE, F. GUATTARI Qu’est-ce que la philosophie ?”

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59 réflexions sur « Veille effondrement #76 – Éloge de la folie : à la recherche d’un affect mobilisateur pour éviter l’extinction, par Terence »

  1. Terence,

    Dans une vidéo récente, j’évoquais précisément

    l’honneur, le panache, le devoir, la responsabilité, le sens de l’histoire et de l’immortalité, bref, la grandeur

    je ne cherche pas à te désespérer mais voici la réponse d’un commentateur :

    [Cela] ne m’intéresse pas du tout et probablement très peu d’entre nous. A quoi bon vouloir perpétuer notre sagesse dans l’univers ? […] Tenter de laisser cette trace dans notre univers, n’est-ce pas un besoin de laisser une postérité ‘malgré tout’ dont une partie de celle de nos brillants esprits dont fait partie notre hôte ? […] Ne s’agit-il donc pas de gérer le deuil de soi-même, mais aussi celui du reste de l’humanité qui disparaitra peu après ?

    Devant une telle abdication, dont tu l’auras noté, le commentateur suppose qu’elle est partagée par le plus grand nombre (“[Cela] ne m’intéresse pas du tout et probablement très peu d’entre nous”) reste-t-il le moindre espoir ?

    1. Paul, si tu prêtes attention au fatalisme des imbéciles (qui se manifeste systématiquement dès qu’on est plus de 3 ou 4) ce n’est même plus la peine de faire l’ABC des scénarii….

      Comme d’habitude, ils dénigreront ce qu’ils n’ont pas su voir, mais suivront le mouvement si ça marche.

      1. “Ce qu’ils n’ont pas su voir”, tout est contenu dans cette phrase. Voir c’est savoir, or des efforts considérables sont fait pour rendre le troupeau humain aveugle. Les images susceptibles de fertiliser nos rétines, de faire prendre conscience de l’état réel des choses et du monde, sont évacuées du marché ni vu ni connu si j’ose dire. Notamment les images produites par des femmes et representant leur corps, leurs fantasmes, leurs rêves. Cela participe d’une forme de “castration mentale’ qui produit de l’aveuglement et une amputation
        générale des sensibilités… Pour ma part je suis convaincue que la vue est le plus court chemin pour accéder à la conscience et qu’une image peut changer le monde. Nos maîtres le savent et leurs chiens de garde aussi.

    2. Oscar Wilde est d’accord , qui avait écrit : ” Dans une démocratie réussie tous les citoyens sont aristocrates ” ( aristocratie au sens de Montesquieu qui faisait de l’honneur et de la responsabilité la qualité fondatrice de l’aristocratie ) .

      Il avait aussi énoncé : “…la démocratie signifie simplement que le peuple régit le peuple à coups de triques , dans l’intérêt du peuple ” .

      En lisant votre billet , qui se donne une bien vaste ambition ,j’ai repensé à Pascal : ” l’homme n’est ni ange ni bête , et le malheur veut que , qui veut faire l’ange fait la bête “. Lui était d’un temps où il pouvait encore “parier” sur autre chose que l’homme . Nous n’en sommes plus là et nous savons maintenant qu’on devra se démerder seuls avec le réel et le temps . Enfin , nous ne le savons pas tous , et pas tous de la même façon , ce qui rend encore plus aléatoire une issue collective motivée par un affect ou un ” plan” rationnel unique et partagé unanimement .

      Paul Jorion propose un support à vos angoisses qui est en même temps un chemin d’action . Il l’appelle l’évolution .

      Il faut être bien doué ou inconscient pour prétendre porter un projet politique au XXI ème siècle . L’éparpillement des scores des projets en présence , dans les pays les plus démocratiques dans leurs recueils d’avis , n’est pas un hasard .

      Qu’est ce qui fera ” collectif fort” ? Je n’en sais rien , quand on voit que même une pandémie laisse place pour des enfantillages qui se drapent dans le drapeau de la seule Liberté , alors que notre drapeau n’a de sens et d’efficacité que lorsqu’il unit comme la trinité , ses trois composantes indissociables où c’est la Fraternité qui dose la flamme entre Liberté et Egalité qui peuvent souvent devenir antagonistes . Et la Fraternité sait qu’une pandémie est un ennemi à abattre , car seule la Fraternité a le souci de la survie de l’espèce ( et même des espèces , selon mon goût ) .

      On est mal . J’espère qu’il reste assez de temps pour que nous ayons le temps d’épuiser nos erreurs sans faire nous même le travail total de la faucheuse .

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        1. Content aussi que mon retour ,qui n’est pas éternel , vous rende heureux.

          Chabian ne serait donc pas également toujours “tel qu’en lui même” ?

    3. @Paul.

      Sur “que faire des gens qui s’en foutent de la survie de l’espèce ?”

      – Je ne sais pas si quelqu’un de célèbre l’a théorisée, mais j’ai découvert “indépendamment” (au moins par ignorance de l’état de l’art 🙂 qu’il existait une “loi de la sélection naturelle générale” qui élargit, généralise et universalise la “théorie de la sélection naturelle” formulée par Darwin et ses successeurs. Son principe s’énonce simplement, par une apparente tautologie : “ne subsistent que les phénomènes qui subsistent” ou, pour le vivant : “ne survit que ce qui survit”. Selon moi, ce principe n’est pas trivial, il résume la nécessité qui relie tout ce qui existe -au delà d’une certaine durée arbitraire- au reste du réel, avec lequel tout phénomène interagit. Pour les anciens philosophes, la Nature, c’était la même chose que le Cosmos.
      – J’en viens au phénomène humain, à l’espèce humaine/Humanité/être humain, auquel j’applique cette loi de la sélection naturelle générale. “Ne subsistera, ne survivra, qu’une Humanité qui subsiste, qui survit”. Si nous existons, c’est parce qu’à chaque époque du passé depuis l’apparition de l’espèce, une minorité au moins de notre espèce “est passée au travers des mailles du filet” de la sélection naturelle (en réalité, c’est arrivé pour de vrai, dans des goulets d’étranglement où il ne restait plus bcp d’entre nous pour “transmettre le flambeau”)
      – C’est là qu’il faut enfoncer le coin de l’individu par rapport à la population, clef du mécanisme de la sélection naturelle formulée par Darwin. C’est parce que les individus peuvent différer en eux-mêmes ou leurs environnements respectifs différer, cela spatialement et temporellement, qu’il peut exister une “dynamique” de sélection naturelle, où des caractéristiques sont conservées ou éliminées par la pression du milieu et/ou des individus et des groupes.
      – Je suis désolé d’amener cet argument dans cette assemblée composée d’humanistes, de gens qui placent une éthique avant la mécanique cruelle du réel, mais je suis de plus en plus convaincu que l’Humanité survivra, subsistera, si en son sein, il se trouve une minorité d’individus au moins capables eux-mêmes de survivre, en raison de caractéristiques différentes du reste de la population humaine, qui, elle, ne sera pas “sélectionnée”. Je parle d’un argument de nécessité logique, en mettant sur pause mon logiciel éthique.
      – On criera “nazi !” peut-être mais on se trompera et il faudra approfondir la compréhension du propos.
      – Il existe parmi nous des individus, des groupes, une majorité peut-être qui “s’en fout de la survie à long terme de l’Humanité”. Je pose que si cette majorité éventuelle parvient à emporter avec elle la minorité “qui s’en soucie de cet avenir à long terme”, alors l’espèce humaine disparaîtra. Mais ceci n’est pas nécessairement joué d’avance.
      – Si par contre, une minorité (viable) au moins d’individus, formés éventuellement en groupes, parvient à établir, par la génétique ou la culture (les institutions) (peu importe pour les besoins de la démonstration), la persistance de caractères qu’on pourrait résumer par “pulsion/organisation envers la survie à long terme de l’espèce humaine”, alors il existera encore une espèce humaine à long terme (sauf contraintes rédhibitoires du système cosmique/terrestre/biosphérique évidemment, contre lesquelles la meilleure configuration individu-société ne pourra strictement rien).
      – Ou, dit autrement : l’Humanité survivra longtemps tant qu’une minorité au sein de sa population parvient à survivre longtemps.
      – C’est exactement la même conclusion que celle de Darwin : les populations que nous observons aujourd’hui ne sont que les descendants des minorités “aptes à la survie” du passé, passé dans lequel, à chaque temps t, parfois la majorité d’une espèce a succombé à son “inadaptation” aux contraintes de son époque.

      Je passe maintenant en termes politiques :
      – Si par hasard, sur certains territoires, des communautés humaines parviennent à échapper, par choix politique ou de façon contingente, à l’effondrement en bénéficiant d’un écosystème viable malgré le saccage de la biosphère par la majorité des humains, alors il restera une espèce humaine survivante.

      Alors je remets en “on” mon logiciel éthique. Je ne pense pas qu’il faut en déduire que la minorité “désirant un avenir long pour l’espèce” doit “supprimer la majorité éventuellement je-m’en-foutiste”. Par contre, je pense que l’éventuelle minorité a le droit de quasiment tout faire pour assurer sa propre survie, selon le principe éthique de légitime défense (sauf donc exterminer les autres : je préfère disparaître que survivre en supprimant ce qui fait le coeur de notre Humanité). Je pense que la minorité a le devoir (et l’intérêt) d’essayer de rallier à elle un maximum d’individus qui se trouvent aujourd’hui dans le camp (majoritaire ?) des “je-m’en-foutiste”. Et donc la minorité a intérêt à essayer de devenir majorité. Alors la démocratie (qui implique que certains seront forcés à obéir à la loi de la majorité), pourrait sauver l’espèce… La minorité doit donc se battre de toutes ses forces au niveau politique et culturel.
      Mais la minorité peut en même temps avoir un plan alternatif : “laisser crever de sa belle mort” la majorité inerte, en se réservant des ressources pour assurer sa survie, pendant le “sauve-qui-peut” général.

      J’ai conscience de réfléchir tout haut sur une crête abrupte, où le moindre élément enlevé pourrait servir à justifier le pire régime éco-génocidaire…
      Mais je crois malgré tout qu’il y a là une ligne d’argument qui respecte les principes généraux de l’éthique, et qui permet de répondre à la question formulée tout en haut de mon commentaire : que faire avec les je-m’en-foutiste ?

      1. …si en son sein, il se trouve une minorité d’individus au moins capables eux-mêmes de survivre, en raison de caractéristiques différentes du reste de la population humaine… Par contre, je pense que l’éventuelle minorité a le droit de quasiment tout faire pour assurer sa propre survie…

        Votre hypothèse ne m’est pas étrangère. Je me permets de la questionner ainsi :

        Sommes nous les seuls a élaborer cette hypothèse?
        La minorité surpuissante n’existe elle pas déjà ?
        Est elle passive à l’heure où nous échangeons ?

        Comment seraient considérés les lanceurs d’alerte ?

        Le projet de survie des fous bourrés aux as, envers et contre tous, a t-il vraiment du sens ?

        Mais la vraie question à se poser au delà de l’épopée de quelques uns, ne devrait elle pas être :
        Y a t-il quelque chose a sauver de l’humanité ?

        J’entends bien Paul Jorion nous répéter en vidéo qu’il y a du prodige dans le plan C :
        Un artéfact autonome, ultime prouesse du génie humain technologique, survivrait à son créateur et se faisant rivaliserait avec Dieu dans sa mort.

        Cela en vaut il la peine ?

    4. @Paul. Afin de relier les scénarios… Je suis aussi partisan d’un engagement de principe dans l’existence. Quand bien même les chances seraient infirmes à nulles (ce qui semble certains/tous les jours le cas), j’opterais pour la lutte politique pour la survie de l’espèce humaine. Pour au moins une seule raison : le panache !
      Et pour rejoindre les scénarios B et C (je ne sais plus lequel exactement) : au moins pour que les archéologues extra-terrestres, les robots, bref, tout conscience du Cosmos de lui-même qui pourrait subsister après nous, puisse trouver la preuve que l’Humanité, ou du moins une partie d’entre elle, s’est défendue, a lutté jusqu’à la fin, dans le but de continuer à exister.
      Cette information en elle-même nourrirait certainement avec profit les réseaux de neurones des IA qui nous remplaceraient, ou les réseaux de neurones sur un support non carboné d’une éventuelle intelligence extra-terrestre.

      Je pense qu’il est essentiel pour le succès du scénario de notre remplacement par nos créations artificielles, qu’on puisse nourir les itérations des réseaux de neurone des IA par les faits et gestes de “ceux qui luttèrent” 😉
      (Cette activité de “lutte humaine pour la survie” est donc à double usage, une assurance tous-risques)

      Cette information serait : il y a eu dans ce Cosmos des Existants qui n’ont jamais abandonné l’idée d’Exister.

      J’espère que cette information édifierait un maximum de porteurs de Conscience dans le Cosmos !

      🙂

      1. ” L’édification des porteurs de conscience ” ….Houlala ! Edifier en édifiant en somme .
        Je crois que c’est Clo Clo qui avait pertinemment rappelé les sondes Voyager ( qui doivent commencer à être méchamment loin depuis 1977) qui avaient embarqué chacune un disque d’or portant les informations qui semblaient alors nécessaires pour ” parler de nous ” à défaut “d’édifier” le “récepteur” que j’évoquais ailleurs :

        https://www.sciencesetavenir.fr/espace/vie-extraterrestre/ecoutez-le-disque-d-or-destine-aux-extraterrestres_101772

        C’était plus modeste , et pour le moment aucun poisson n’a mordu .

        ( le bouquin “Cosmos” de Carl Sagan édité en 1981 par les éditions Mazarine – y figurent le logo d’Antenne 2 qui produisait alors une série du même titre , et une préface par son chef de service scientifique Georges Leclere – fait toujours partie des ouvrages que je reconsulte fréquemment dans ma bibliothèque ).

        Sur l’itération des réseaux de neurones de l’IA , un écho d’actualité immédiate , qui montre qu’il reste du boulot à déployer :

        Un doctorant de l’EPFL de Lausanne vient de créer via l’IA , une version 10.1 de la symphonie inachevée de Beethoven . 7 ans de boulot à entrainer les neurones artificiels sur les 16 quatuors à cordes de Beethoven . Le produit fourni par ” la bécane ” a été joué brut de fonderie le jour même par l’orchestre Nexus au victoria Hall de Genève ( ce qui était plus fair play que Huawei qui en 2019 avait sorti la fin d’une composition inachevée de Schubert mais à partir d’une symphonie produite par un compositeur humain à partir des propositions mélodiques données par leur bécane ). A l’écoute , les plus doués que moi en musique ont jugé que c’était agréable à entendre , mais un peu ” convenu ” , sans fil conducteur pour porter l’émotion , “manque de structure”…;

        Bref , le gars a l’air de fonder plus d’espoir, pour aller plus loin et gagner sa vie en continuant sa passion , dans le fait que son zinzin peut aider à faire penser à monsieur toutlemonde qu’il sait et peut faire de la composition musicale , ou aider les compositeurs de chair et d’os à faire des hybridations entre différents genres musicaux . Il s’appelle Florian Colombo et ne porte pas d’imperméable .

        1. Eh oui, les Sondes sont très loin mais bon pas tant que ça, juste en dehors de l’héliosphère où elles envoient encore des mesures et des données exceptionnelles sur le plasma environnant et le milieu interstellaire.

          Sinon à voir : https://www.youtube.com/watch?v=Gf2ANmTbn58

          Petit rappel, on fait un tour complet de la voie lactée avec notre petit vaisseau stellaire (Le Soleil) qui crée une bulle autour de nous en 240 millions d’années environs, on (la Terre) a donc même pas 20 “ans” Galactique. Et l’essentiel de la vie complexe n’a même pas 2 ans…

          C’est pour cela qu’on est un peu capricieux et immature, mais sans repère autre que soi, c’est déjà une magnifique percée dans l’Univers les gars ! Moi je suis méga optimiste, on va dans quelques années galactiques atteindre l’âge de raison 7 ans, c’est chaud encore en terme de kilomètres à parcourir (3 fois le chemin réalisé) et là ça sera l’âge adulte, un âge d’Or !

          1. Ouais mais les problèmes d’horloge , on sait depuis Einstein que c’est vite désorientant .
            Et même sans se référer à la relativité , petit exercice de rentrée ( Julien Alexandre ne joue pas , il trouve trop vite les solutions ) :

            Le magnétoscope d’Albert :

            Il est 20 heures. Le magnétoscope d’Albert indique 4 heures du matin… mais c’est normal car il est déréglé : son horloge avance de 15 % plus rapidement qu’une horloge exacte normale .
            Quel horaire Albert doit il programmer pour enregistrer son émission préférée qui commence demain à 16h40 ?

            Les IA ont le droit de jouer .

    5. Un bel et pur esprit contemporain est censé avoir définitivement fait disparaitre toute notion d’éternité en lui et autour de lui. Il ne s’identifie qu’à ses semblables et ce sont eux qui sont adulés et recherchés partout sur cette planète, seuls à même d’aller encore un peu plus loin que leurs prédécesseurs dans l’infini transgression en marche.
      “Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants;
      Lorsque les fils ne tiennent plus compte des paroles de leurs pères;
      Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter;
      Lorsque, finalement, les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien, ni de personne;
      Alors, c’est en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.”
      Platon.

          1. A votre santé !

            J’avais pensé aussi faire graver ” et ?” comme épitaphe sur ma stèle , mais finalement je ne suis pas sur de susciter un monument de plus , car on va finir par consommer autant d’espace par les cimetières qu’on en consomme en parking ( sur domaine public en particulier ) pour cette saloperie appelée bagnole .
            Et puis , dans les temps lointains personne , pas même une IA à intelligence globale ne saura plus déchiffrer le français ou une quelconque langue “humaine” .Ça ne vaut pas le coup de se tuer à écrire si rien ou personne ne vous lit .

            Pensez y vous aussi , pour vous organiser avant que la déchéance , selon vos déclarations , ne vous pousse à vous euthanasier sans avoir le temps de dire ouf .

        1. Et….?
          Je me demande juste comment redonner vie, dans les êtres humains, à un sentiment d’éternité, afin que ceux ci parviennent à ouvrir un véritable espace devant eux pour agir. Il me semble que c’est en procédant à ne concevoir que des projets limités à leur “retour sur investissement” que nous avons effacé l’éternité ainsi que son corolaire, le futur. Et c’est peut-être là le véritable drame du capitalisme, il amasse l’argent comme le temps et il s’en vante.

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          1. ce n’est pas le drame du capitalisme , c’est l’un de ses rouages qui se manifeste par l’usure , l’intérêt grevé aujourd’hui d’une prime de risque supplémentaire.

            Mais la maitrise du temps n’est pas l’apanage du seul capitalisme . Le bouquin de 1982 d’Attali ( Histoires des temps ) est plutôt bien foutu sur ce sujet . Attali terminait en citant , comme en début en exergue , par une citation de Jérémie,31/27-28 et en avançant :

            ” Chacun de nous peut faire que le temps des codes ne soit pas l’ironique retour du temps des Dieux devenus robots, de l’homme devenu copie de l’homme , mort parmi les morts . Chacun peut échapper à l’écoulement des temps et à la répétition des âges, donner du sens à la création par l’invisible, l’inattendu et la tolérance” .

            Je ne sais pas s’il signerait encore quarante ans plus tard , ou suivrait-il Reeves qui lui se référait à :

            http://www.poesie.net/baudel1.htm

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            1. Attali me fait penser à un être éclairé qui a su s’élever au dessus des contingences religieuses comme c’est le cas de beaucoup dans cette génération. Cela a aussi créé cette peur d’un retour au temps des Dieux où l’éternité battait son plein la rendant peut-être inenvisageable aujourd’hui et ce n’est pas un facteur si anodin.
              Et que se passe-t-il quand les temps ne s’écoulent plus et quand il n’y a plus de répétitions des âges..?
              “Donner du sens à la création par l’invisible.”
              La musique..?
              Qu’est ce que ça peut bien vouloir dire…?
              Merci pour le poème Juannessy.
              L’avez vu récité par Serge Réggiani…?
              https://www.ina.fr/video/I00000962

              1
              1. Sur la dernière question la réponse est oui .

                La répétition des âges , c’était les théories de l’éternel retour , et une des motivations de la recherche de la possibilité d’un Big Crunch .Aux dernières nouvelles , y a peu de chances pour cette représentation .

                Les temps qui “s’écoulent ” , c’est une représentation complètement anthropomorphique immortalisée par les “montres molles ” de Dali : https://www.kazoart.com/blog/oeuvre-a-la-loupe-la-persistance-de-la-memoire-dali/

                La notion de temps est sans doute la plus mystérieuse et la plus trompeuse que nous essayons de comprendre et , comme la théorie de la relativité , tout le monde a quelque chose à en dire comme d’une évidence , et personne ne la “comprend” ( prend ensemble) vraiment , à part quelques purs esprits un peu savants fous dont je ne suis pas .

                PS : la citation de Jérémie est , en clair , la suivante :

                “Veilleur sagace pour déraciner et abattre , démolir , affliger, exterminer,
                Me voici attentif pour construire et planter “.

                Mais Jérémie est mort sans descendance et si certains veulent encore construire ( édifier ?) c’est pour planter une IA globale .

                1. Devrait-il n’y avoir que de purs esprits scientifiques, dont je ne fais pas parti non plus, qui soient susceptibles de s’exprimer sur la notion de temps sans dire trop de conneries…?

                  Je remercie ceux qui en proposent une vulgarisation à ma portée tout en essayant d’échapper tant bien que mal aux charlatans mais je suis bien conscient que je marche sur des œufs ici, de part mon ignorance. J’ai par exemple fait le choix d’être vacciné mais je suis toujours très réticent à faire scanner mon QR code à cause des données qui se promènent, s’échangent quand elles de se vendent pas. Mon refus ne cherche en rien à tenter de renverser un système mais démontre simplement ma peur de ne rien y comprendre, mon ignorance instinctive et complète.

                  Dali ne tente-il pas de nous montrer que l’éternité fond déjà lentement à cette époque là avec son tableau..?

                  La “répétitions des âges” m’a fait penser à une phrase de Verdi ”
                  “Tournons nous vers le passé, ce sera un progrès.”
                  Phrase reprise au Collège de France par Roland Barthes puis par Jérôme Ducros citant à son tour Barthes dans cette même institution: https://www.youtube.com/watch?v=LK2hGEz8Jgs

                  J’encourage tous ceux qui en auront le temps, à visionner cette vidéo car elle montre en partie l’absurdité et la façon dont le monde contemporain procède pour effacer cette sensation (..?), cette impression (..?), ce sentiment d’éternité dans les êtres tout comme cette incompréhension entre ceux qui sont décideurs et les autres qui subissent des décisions qu’ils ne comprennent pas.

                  Je ne suis pas certain qu’il faille attendre de comprendre car nous aurons disparus avant d’avoir compris, c’est donc d’un autre moteur dont nous pourrions avoir davantage besoin et c’est l’une des raisons qui m’incitent à répondre ici. Pas d’un moteur forcément logique et/ou scientifique mais d’un sentiment plus puissant que ceux donnés par les affectations répertoriées dans le texte de Terence ou de ceux plus directement issus d’un futur désastre écologique ou économique.
                  “On ne fait pas de la peinture avec de la couleur mais avec du sentiment » disait Chardin.

                  Je lis un peu plus bas qu'”il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté” et il est difficile de donner tord à Khanard mais sans doute faudra-t-il accepter que la beauté puisse exister sans nous, comme un défi à relever et peut-être comme première preuve que nous pourrions faire exister ce sentiment d’éternité en nous ou plutôt au delà de nous.

                  Bien sur qu’il existe cette part de pensée dont nous avons besoin, mais pas que. Cézanne l’explique très bien dans une interview réalisée par Joachim Gasquet que c’est justement la pensée elle même qui empêche de sentir le monde et donc de le voir vraiment, et donc de se contentant d’en donner une représentation logique, culturel, scientifique. (je la tiens à la disposition).

                  Coincé entre la filière longue de l’IA et les nombreuses actions partout sur le territoire qui réfléchissent en terme de filière courte, coincé entre une offre monstrueusement riche et une demande souvent étouffée par peu de moyen. Pas assez vite, mais le monde bouge.

    6. Comme je suis l’auteur de ces deux extraits ci-dessus, j’exige un droit de réponse ;-). Surtout s’ils sont recopiés hors contexte: https://www.pauljorion.com/blog/2021/09/01/veille-effondrement-63-video-le-temps-quil-fait-le-1er-septembre-2021/comment-page-1/#comment-861542

      Ces deux extraits sont une réponse au plan C. Et certainement pas au plan A . Il est clair que le plan A et le combat qui y est associé doivent être menés avec l’honneur, le panache, le devoir, la responsabilité et le sens de l’histoire et la grandeur. Vous remarquez que j’ai exclu l’immortalité car celle-ci est impossible. Elle n’est pas d’application, aussi bien pour l’homme, l’humanité et l’univers: il y aura toujours une fin…. Vouloir assurer l’immortalité à tout prix (par le plan C) est le biais cognitif auquel nous faisons face aujourd’hui: notre société mondialisée , ultra-technique (dont le transhumanisme sous sa forme extrémiste) et hypercapitaliste renie la mort, qui pourtant existe bel et bien. C’est le tabou absolu, à un tel point que l’on met en danger de survie nos générations futures pour créer une fausse immortalité aujourd’hui. Et vouloir perpétuer notre sagesse dans un univers vide ressemble à l’attitude d’un homme ou une femme sans descendants qui veut se faire construire un beau tombeau à sa mort: faute d’héritiers, la concession n’est pas une réelle perpétuité malgré son nom et l’édifice sera démoli à la fin du terme légal, ou la nature se chargera d’amener cet édifice en décrépitude. Aussi bien les lois des hommes que celles des l’univers mènent à une fin. Le plan A est donc pour cela le seule qui vaille et ce n’est certainement pas la tache d’un robot de perpétuer notre savoir. Je donnerais une exception pour donner le feu vert au plan C: il faudrait que le robot est capable de recréer l’homme une fois les conditions de vie sur terre à nouveaux possibles – mais je crains qu’il s’en préviendrait 😉

      Quand dans l’extrait cité plus haut ”Ne s’agit-il donc pas de gérer le deuil de soi-même, mais aussi celui du reste de l’humanité qui disparaitra peu après ?”, il s’agit du cas où le plan A échouerait. Et d’ailleurs visualiser cet échec peut aider à donner le panache nécessaire pour lutte pour celui-ci?

    7. Remarquons aussi qu’il en a rien a faire des enfants!
      Faudrait faire des statistiques pour voir ceux qui pensent au moins aux droits des enfants d’avoir une vie similaire a la leur,
      en terme de bonheur, pas en terme materiel.

      Apres on se demande pourquoi, il y a 500 millions d’enfants vicitimes de violences sexuelles et plus si on compte les violences tout court!

      Des gens sans reciprocite donc sans rien, deja mort en fait, c’était la chanson thriller.
      Ils se jouent la comedie d’avoir encore quelque chose à dire ou faire mais c’est bien terminé.
      Ils pensent plus aux enfants qui méritent qu’on se débarasse d’eux! Comment voulez-vous être plus gentil?
      C’est des vrais salauds avec les enfants, j’invente rien.

      Tient, en plus, il s’écoute écrire celui-la

      1. Je me suis trompe:
        Mon messade “xav 9 septembre 2021 à 4 h 03 min “,
        C’etait cense être une réponse, mon complement, au premier mail,
        celui de Mr Jorion “Paul Jorion 4 septembre 2021 à 23 h 36 min “

  2. Bonsoir Mr Jorion,

    Rien d’inquiétant pour moi dans la réponse nihiliste de ce commentateur, très fréquente et stéréotypée.
    Il faut peut-être en chercher la cause dans un mal de vivre récurent, aujourd’hui très répandu.
    Renier toutes les valeurs est bien souvent pour beaucoup, la réponse à ce sentiment d’injustice diffus,
    Qui apparaît soudain pour chacun face à des difficultés qu’il conviendra pourtant de dépasser seul.
    La tentation est parfois grande alors d’écarter plus ou moins longtemps les raisons profondes de l’échec,
    Afin de parvenir à franchir l’obstacle en préservant autant que possible son amour propre…
    Il n’y a alors pour beaucoup qu’abdication provisoire.
    Mais il est vrai que pour certains, le rejet est plus profond, plus total, plus définitif,
    Car autant nous ne sommes pas égaux devant la difficulté,
    Autant celle-ci ne revêt pas pour chacun le même degré d’injustice.
    Les plus enragés, à l’instar de certains criminels, trouvent dans la colère et le mépris contre tout et tous,
    Une contrepartie somme toute plus acceptable qu’un salvateur aveu de faiblesse.
    Les jugements et positions à l’emporte pièces cachent bien souvent quelque passif douloureux,
    Bien souvent c’est vrai, aussi un cruel manque d’instruction, de considération, et d’amour.
    Mais je ne pense pas vous apprendre grand-chose dans ce domaine…
    A mon sens, rien à craindre donc de la plupart de vos fidèles followers,
    Qui n’aspirent sans doute qu’à vous aider dans la lourde tâche dont vous vous êtes saisi!
    Une aide peut-être un peu maladroite parfois…
    Quant à l’espoir, il en restera toujours un peu jusqu’au bout…

    Mais personne ne sait si ça changera quelque chose de le garder!
    Et survivre, à l’avenir ne manquera donc ni de panache, ni de devoir, ni de grandeur…
    Encouragements, Eric.

    Bien peu de gens ont une idée précise de ce qui les anime vraiment.
    Et certains ne le comprennent qu’à l’occasion d’une confrontation directe avec leur vérité profonde.
    Je veux croire que vous pouvez être le catalyseurs, le révélateur de certaines de ces vérités.
    Et que certaines d’entre elles, pourraient être des vérités communes.

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      1. Reçu 5/5 Mr Khanar!

        Hélas! Bien des textes sont fait de phrases disjointes.
        Et rares sont ceux qui les accumulent sans une ponctuation,
        Qui faute de ne remplir que le rôle de joindre ou de disjoindre,
        Permet surtout à celui qui sait lire, de comprendre le propos.
        Mais je promet, devant votre déplaisir qui me fait peine à voir,
        De m’essayer à l’avenir, à n’accumuler que des phrases soigneusement jointes les unes aux autres,
        Telles les dalles calibrées qui ornent les chemins infernaux de vos exigences de perfection.
        … Et que vous serez, cela est certain, le seul à trouver plaisantes…

        Avec mes compliments,
        Eric.

        1. “le seul à trouver plaisantes ” je ne sais pas mais il me semble que nous avons une langue très riche et je constate que celle-ci perd peu à peu, comme les dunes sapées en leur fondement par l’action de l’Océan, toute sa puissance d’expression.

        2. “L’effet de Flynn du nom de son concepteur, a prévalu jusque dans les année 1960. Son principe est que le Quotient Intellectuel (QI) moyen ne cesse d’augmenter dans la population. Or depuis les années 1980, les chercheurs en sciences cognitives semblent partager le constat d’une inversion de l’effet Flynn, et d’une baisse du QI moyen.
          source: ici —–> https://wallonica.org/
          La thèse est encore discutée et de nombreuses études sont en cours depuis près de quarante ans sans parvenir à apaiser le débat. Il semble bien que le niveau d’intelligence mesuré par les tests de QI diminue dans les pays les plus développés, et qu’une multitude de facteurs puissent en être la cause.

          A cette baisse même contestée du niveau moyen d’intelligence s’ajoute l’appauvrissement du langage. Les études sont nombreuses qui démontrent le rétrécissement du champ lexical et un appauvrissement de la langue. Il ne s’agit pas seulement de la diminution du vocabulaire utilisé, mais aussi des subtilités de la langue qui permettent d’élaborer et de formuler une pensée complexe.

          La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps. La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression. Supprimer le mot ‘mademoiselle‘ est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.

          Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.

          Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.

          Sans mots pour construire un raisonnement la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible. Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.

          L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans 1984 à Ray Bradbury dans Fahrenheit 451 qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots. Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots. Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel ? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur ? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu ? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants: faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.

          Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses ‘défauts‘, abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté.”

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          1. Merci, j’opine pour partie à votre propos,
            Mais l’enseignement, comme l’enseignant, aussi exigeant soient-ils,
            Se doit aussi de noter que parfois l’exigence d’égalité s’impose, en gage de fraternités.
            Et que si le moindre freluquet n’est plus depuis longtemps “Damoiseau”,
            S’opposer à la disparition des “Demoiselles” conduit à accréditer l’idée,
            Qu’entre la jeune fille et la femme, il n’y a pour vous, cher ami,
            Que votre pénis.
            Et pour finir dans le registre doucement imagé :
            Il me semble fort préjudiciable de confier la stabilité de nos précieuses dunes,
            Par nature instables et en perpétuelle évolution,
            A qui entends mesurer l’intelligence d’autrui à l’aune indigne
            De cette comptabilité, malsaine et honteusement élitiste, qu’est le Qi!
            Car le risque serait alors de changer les dunes, en des falaises immobiles.
            Qui, jamais ne sauront résister aux dangers que vous entendez combattre.
            Eric.

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          2. Salut Khanard,

            “”Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses ‘défauts‘, abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté.””

            woué mé alors la ge sé pa trop si ta réson au fon. Yoré pa mal a dir face à tous ces clichés enfilés comme des perles.

            Je pense que torpedo met dans le mille en parlant de bistouquette. Kiséki qui a la plus grosse hein ? (et je parle pas de la cervelle t’as bien compris, d’ailleurs la taille a pas trop de sens dans ce cas…)

  3. Un élément qui n’est habituellement pas abordé est celui de la souffrance et de la frustration.
    Il est nécessaire de dire que si nous voulons échapper à l’effondrement ou ou le reporter, nous allons souffrir personnellement , de changer nos habitudes, de ne pas consommer au delà de nos besoins, de ne pas vouloir accéder à l’inutile que la publicité ou l’environnement social nous fait apparaître comme nécessaire.
    Difficile d’en faire un thème de rassemblement ou de campagne électorale !

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  4. Aucun affect ne peut mobiliser un sociopathe, sauf ce qui le menace lui personnellement, son pouvoir ou sa fortune. Or, c’est ce genre de personnage que nos systèmes politiques (y compris dans les entreprises) sélectionnent pour les postes de direction.

    Le défi, pour les survivants après l’effondrement, sera de repérer et d’écarter de tout pouvoir ce genre de personnage. Tout plan qui ne tiendra pas compte du fait que les gens sont DIFFERENTS les uns des autres, et qu’il existe donc des malfaisants bien dissimulés et manipulateurs à garder sous contrôle, est voué à l’échec.

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  5. De grâce M. Terrence évitez les énumérations trop longues , ( (impérialisme, colonialisme, patriarcat, extractivisme, productivisme, consumérisme, capitalisme, néolibéralisme, transhumanisme, etc.)) vous réitérez ce procédé plusieurs fois. On croirait lire une notice! Ou du Lordon !
    Ceci dit vous soulevez là une question importante .

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        1. Là , j’avoue qu’après Icare , j’ai peu de suite à donner, et je sèche .

          Peut être la fameuse scène des Monty Pythons ( the black knights flesh-wound Monty Pythons and the holy-Grail ) ?

  6. Ce billet m’a rappelé la lecture de “De la justification” de L. Boltansky et ?. Thévenot (il y a bien longtemps, qui montrait qu’il y a des systèmes de valeurs – ou justifications- qui s’échangent entre acteurs d’une certaine époque, des “mondes” selon leur expression. Il y avait ainsi des exigences entre acteurs du monde industriel qui rejoignaient celles des acteurs féodaux (peut être une même “fidélité/vassalité partagée”, selon ma mémoire).
    Or la vision des affects ici listée n’est pas liée à des époques, des systèmes, des mondes, elle est anhistorique. Elle renvoie à une responsabilité ou irresponsabilité individuelle.
    Nous sortons de 70 ans de sécurité, de consommation, de jouissance repue. La valeur de courage est hors de notre temps.
    Il faut songer que la féodalité est sortie d’un monde d’effondrement, où le monde romain avait perdu la Méditerranée, où le système organisé disparait en Occident (sauf à la brève ressaisie de Charlemagne), où les invasions et razzias nous destabilisent. Il faut songer que durant plus de 100 ans les passions religieuses ont amené l’Europe à une vaste guerre civile, une illégitimité des dynasties et des papes, une époque du soupçon puritain, et c’est l’époque de Spinoza. Il faut songer que nous sommes aussi à la fin d’un cycle de stabilité et que l’effondrement (final !?) ne peut que nous rendre perplexes…
    Il faut effectivement un ensemble de frustration, de colère, de peur aussi (de rumeurs complotistes) pour pousser au renversement, à la révolution. Et une grosse fragilité du côté du pouvoir.
    La particularité de la période est que l’ennemi n’est pas venu de l’extérieur, qu’il n’est pas lié à quelques “écocidaires” (votre mot), ni à quelques dirigeants. Il y a bien une inertie qui profite aux gros prédateurs et que nos décideurs cherchent à perpétuer, selon notre attente également pour une grosse part. Qui sera l’objet de notre envie, de notre colère, de notre peur, de notre furie destructrice ? Qui ou quoi ?
    Ce sera sans doute la “mauvaise part” en nous. Notre veulerie. Qui nous fait gaspiller, consommer sans limite. Prendre l’auto, l’avion, la fusée. Jouir de l’habitat, de l’espace, des réalisations humaines, de l’art et de la culture. Nous sentons monter l’exigence d’une discipline puritaine sur certaines de nos dispositions. Faut il concevoir un système cohérent, “religieux” mais laïque, qui sacraliserait la nature et y attacherait des affects moins délétères ? Et qui contraindrait notre trop grande demande de liberté ?

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  7. Selon Paul Jorion, le plan A qui évoque une possible survie de l’espèce telle qu’elle est dans un mode qui ne cesse de se transformer est voué à l’échec. Sans doute. Mais nous n’empêcherons pas des êtres humains de se révolter et de chercher des solutions. Que trouveront-ils ? Que trouveront-ils que nous n’avons pas encore imaginé ?
    La plupart d’entre nous n’a d’autres choix que de le parier. Pour aller – qui sait ? – de petites conquêtes en superbes victoires ?

    ” La littérature est un art de vivre par temps de catastrophes. ” Albert Camus
    La fiction ne contient-elle pas des rêves nécessaires et des utopies qui seraient bien utiles ?

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    1. C’est aussi ce qu’affirme le taulier depuis pas mal de temps . En tous cas , si c’est faux , ça ne fait pas de mal , et on ne voit pas pourquoi les utopies seraient réservées à certains domaines d’expression et pas d’autres , utopie au sens d’Oscar Wilde ( je radote ) , évidemment :

      ” le progrès , c’est une utopie réalisée , ou ça n’est pas le progrès ” .

      A défaut de la réaliser , on a déjà tenté une “utopie réaliste ” sur le blog et sous la baguette de François Leclerc , à l’époque .

      Aujourd’hui cette utopie réaliste serait l’IA à intelligence globale travaillée à 8 mains .

      A propos , et sans trahir le secret du plan C s’il doit y en avoir un , c’est quoi une intelligence ” globale “?

      1. A Juannessy du 05/09/2021 à 14h 57mn
        Je pense qu’il est ici question de conscience pluri-sciente en amélioration de la conscience humaine qui, si mes sens ne me trompent pas, semble être uni-sciente. L’humain n’a conscience que d’une chose à la fois.
        Or j’ai l’intuition que l’animal est doté d’une conscience pluri-sciente tandis que ce qui caractérise l’humain est sa conscience uni-sciente.
        On a donc un codeur humain (uni-scient) qui fabrique une machine pluri-sciente (animal). Je ne sais pas, mais moi avec ce couplage homme-animal, tout de suite, j’entends : thérianthropie et du coup ça raisonne (en toute « ironie ») avec la citation d’Attali que vous avez évoqué (06/09/2021 à 0h 21mn).

        1. J’attends plutôt le développement du taulier , même s’il peut être tenté de me répondre qu’il suffit de le lire depuis 11 ans pour avoir une idée de la réponse .

          Mais comme je suis fainéant et curieux de connaitre le brevet qu’il prépare avec ses acolytes , j’espérais que ce résumé opérationnel des épisodes précédents apparaitrait maintenant .

          1. La conscience ne présente qu’un intérêt anecdotique (voyez mes articles et ce que j’en dis dans mes livres).

            Un autre témoignage :

            Joseph E. LeDoux : ” Cela fait longtemps que je réfléchis à la conscience. Tout a commencé lorsque j’étais étudiant thésard dans les années 1970 et que je travaillais avec Mike Gazzaniga sur des patients au cerveau dédoublé. Nous avons réalisé des études dans lesquelles nous avons incité l’hémisphère droit silencieux à produire des réponses comportementales (se lever, rire, etc.), puis nous avons demandé à l’hémisphère gauche plus loquace pourquoi il avait fait ce qu’il avait fait. L’hémisphère gauche n’avait aucune idée de la raison de ces réactions, mais il avait des réponses : il s’est levé parce qu’il avait besoin de s’étirer, et il a ri parce que nous étions drôles. Ces observations fascinantes nous ont fait réfléchir. En nous appuyant sur les principes de la psychologie sociale de l’époque, tels que la dissonance cognitive et l’auto-attribution, nous avons réussi à expliquer pourquoi l’hémisphère gauche, sans la moindre hésitation, inventait sans cesse des histoires parfaitement raisonnables sur les raisons pour lesquelles il (la personne) faisait ce qu’il faisait. Nous avons conclu qu’il ne s’agissait pas d’un coup de chance, d’une conséquence étrange de l’opération, mais plutôt d’une caractéristique normale du cerveau humain – que notre sentiment d’identité est une histoire que nous nous racontons à nous-mêmes et aux autres. “(Joseph E. LeDoux, ” How does the non- conscious become conscious ? “, Current Biology 30, R191-R214, 9 mars 2020 : R195).

            Confabuler des histoires parfaitement raisonnables sur les raisons pour lesquelles (nous) avons fait ce que nous avons fait est en vérité la façon dont la conscience fonctionne par défaut.

                1. si l’IA est vraiment “globale”, on ne parle alors ni de conscience uni-sciente, ni de conscience pluri-sciente mais de conscience omnisciente et là, on commence à déraper. Mais je vous concède qu’une IA “globale” n’aurait effectivement pas besoin d’être réflexive, si ce n’est en elle-même et pour elle-même c’est à dire pour le fun.

            1. Mettons-nous d’accord sur une définition.
              Conscience.
              Con : du latin con- (« avec, tous ensemble, tout »), préfixe dérivé de cum (avec).
              Science: du moyen français, de l’ancien français science, escience, du latin scientia (« connaissance »), lui-même du verbe scire (« savoir »).
              En ce qui me concerne, quand j’utilise le terme : conscience, je m’en tiens à la définition du dictionnaire. Ainsi conscience équivaut en français à science avec.
              Alors je veux bien croire que la conscience humaine uni-sciente pose problème et soit une impasse mais de là à foutre en l’air le concept dans sa globalité, ça me parait compliqué.
              Même une AI aura une conscience car elle fera science avec.

  8. Il y aurait tellement à dire, réellement des pages, et je n’ai pas de temps…

    Vous oubliez, si j’ai bien lu , les gros narcissiques prêts à être les derniers sur terres (conscients de cela ou pas).

    Pensez à la fin du film Titanic.
    La vielle qui jette le bijou à la mer, c’est déguelasse pour les jeunes honnêtes qui cherchent ce bijou.

    Bizaremment, personne n’a trop remarque qu’elle n’était pas sympa!

  9. Eloge de la folie.
    Ça n’a pas grand chose à voir, ni à faire dans ce blog, mais tant pis, je ne peux m’empêcher de partager.
    Eloge de ce que à quoi peut conduire, parfois, la relation entre humain et non-humain.
    J’avais découvert le travail de ce photographe -et par là-même l’incroyable histoire de Peyo- lors de la publication du Portfolio dans Mediapart. J’en avais été bouleversé, mais le mot est faible.
    https://blogs.mediapart.fr/sophie-dufau/blog/050921/jeremy-lempin-hassen-et-son-cheval-peyo-honores-perpignan
    Et pardon si mon “commentaire”, qui n’en est pas un, paraît incongru.
    (Pas mal de vidéos sur Peyo et Hassen sur YouTube)

    1
  10. @ Terence
    « Qu’est-ce qui pourrait en effet “nous affecter” avec suffisamment de force, nous é-mouvoir et nous mouvoir avec suffisamment d’énergie, pour transformer notre déni et notre inertie en réveil et en mobilisation générale pour la sauvegarde du genre humain ? »
    Voilà une question très intéressante !
    Reste que dans votre liste (la peur, la tristesse, l’orgueil, la colère, la honte, la culpabilité, la raison, la joie, le désir, le plaisir, l’avidité, etc., avec untel ou unetelle), vous semblez oublier le principe même de mimétisme affectif, ou l’imitation des affects chez Spinoza, et le « pharmakon », à la fois remède et poison…

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