Archives par mot-clé : individualisme

Notre brutal retour au Moyen-âge ! par Jean-Baptiste Auxiètre

L’université a été créée au Moyen-Âge pour enseigner une religion et s’est transformée petit à petit jusqu’au XXe siècle, cessant d’enseigner un dogme religieux fondé sur des catégories surnaturelles pour enseigner à sa place un savoir fondé sur des catégories naturelles dans un cadre de vérification expérimentale.

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Le drôle de retour de l’individualisme (1988)

Le drôle de retour de l’individualisme

A paru dans Libération, le 21 mars 1988, en page 6

Il y a dix ans, dans un ouvrage intitulé The Origins of English Individualism (1978), Alan Macfarlane, historien britannique, apportait comme preuve d’une origine précoce à l’individualisme bien connu de ses concitoyens, la fréquence des ventes de terre entre paysans à la fin du Moyen Age. Pour lui ces nombreuses transactions reflétaient l’esprit indépendant d’un chef d’entreprise rural qui cessait alors d’être un paysan pour devenir historiquement un entrepreneur. Depuis, les travaux des collègues de Macfarlane (Hilton, Dyer, Razi, Smith) ont révélé que la cause principale de ces ventes répétées était la dépendance étroite existant entre la taille d’une ferme économiquement viable et la capacité de travail de l’équipe qui la fait produire, c’est-à-dire, essentiellement, la famille.

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L’esprit du capitalisme d’après l’œuvre de Max Weber, par Crapaud Rouge

Billet invité.

L’esprit du capitalisme d’après le roman l’œuvre de Max Weber
« L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme »

En cherchant « Dieu Goldman Sachs » sur le net, vous ne pourrez manquer cet article du site néolibéral Objectif Liberté qui débute ainsi : « Lloyd Blankfein, dirigeant de la banque Goldman Sachs, que la modestie n’étouffe pas, a affirmé dans une interview qu’il accomplissait le travail de Dieu. Je ne suis pas spécialement théologien, mais il me semble que Dieu n’aurait pas confié ses bonnes œuvres à un …euh, enfin, un… ah, oui, un présumé innocent de la trempe de M. Blankfein. » En pleine crise financière et économique mondiale, l’on ne s’étonnera pas qu’une telle déclaration soit tournée en dérision, mais l’on aurait grand tort de ne pas la prendre au sérieux. Non pas que Goldman Sachs serait vraiment la main de Dieu sur Terre, mais elle est hautement représentative de « l’esprit du capitalisme » tel que Max Weber le décrit, et, aussi surprenant que cela puisse paraître, Dieu est vraiment derrière tout ça ! Mais que l’on se rassure, il n’y est pas venu tout seul : des hommes l’y ont mis, probablement « à l’insu de son plein gré », et, depuis lors, personne ne l’a délogé.

Tout commence au XVIème siècle lorsqu’un certain Martin Luther, moine et théologien de son état, fort inquiet pour son salut, entreprend une révision déchirante des doctrines religieuses. Pour l’Église et ses fidèles, qui croient en l’existence réelle du paradis et de l’enfer, – et de cette espèce de « check point » interminable qu’est le purgatoire -, la question du salut est fondamentale. L’Église y répond par le sacrement de confession qui permet la rémission des péchés, et les « indulgences » que les fidèles peuvent acquérir par des actes de piété ou en les achetant. Mais aucun de ces procédés ne trouve grâce aux yeux de Luther, et surtout pas le trafic des indulgences qui substituent l’argent à la piété. Aussi, en 1517, il condamne celle qu’émet Léon X pour la construction de la basilique Saint-Pierre, et publie ses « 95 thèses » qui vont connaître, grâce à l’imprimerie, un succès foudroyant.

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