Notre brutal retour au Moyen-âge ! par Jean-Baptiste Auxiètre

L’université a été créée au Moyen-Âge pour enseigner une religion et s’est transformée petit à petit jusqu’au XXe siècle, cessant d’enseigner un dogme religieux fondé sur des catégories surnaturelles pour enseigner à sa place un savoir fondé sur des catégories naturelles dans un cadre de vérification expérimentale.

Le retour de l’université à sa fonction initiale est brutal en ce début de XXIe siècle, les universitaires rivalisant aujourd’hui pour enseigner, à l’égal d’autres matières, l’Islam, qui serait considéré comme un enseignement de même statut qu’un savoir. L’exemple d’une telle dérive a été donné par les écoles de commerce où l’on enseigne depuis de nombreuses années, un dogme ultra-libéral, voire libertarien, là aussi au même titre qu’un savoir. Le Moyen-Âge prête à rire avec son trafic d’indulgences, mais nos écoles et universités contemporaines fonctionnent sur le même modèle.

La voie est ouverte pour que, comme aux États-Unis, un enseignement universitaire « platiste » (la terre est plate) soit dispensé selon lequel les dinosaures vivaient parmi nous il y a 6 000 ans, et validé par un diplôme homologué ! Or, lorsque sont confondus dans l’enseignement de simples opinions ou des dogmes religieux avec un savoir authentique, nous cessons d’être en prise avec la réalité physique du monde. Cette décadence profonde est l’aboutissement du culte poussé à l’extrême aujourd’hui de l’individu libre de concevoir le monde selon sa fantaisie mégalomane et omnipotente, sans plus aucun souci de savoir comment ce monde est véritablement.

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74 réflexions sur « Notre brutal retour au Moyen-âge ! par Jean-Baptiste Auxiètre »

  1. « concevoir le monde selon sa fantaisie mégalomane et omnipotente, sans plus aucun souci de savoir comment ce monde est véritablement »
    Vivre allongé en partageant des agapes, près de l’impluvium, à l’abri du vent du soleil et de la pluie, bénéficiant des attentions de serviteurs bien nourris, plutôt que revètu de quelques peaux de bêtes difficilement chassées au milieu d’une steppe naturelle ou d’une forêt primaire infestée de bêtes sauvages, n’est-c e pas plutôt un signe de civilisation.
    Maintenant avec des lunettes de réalité virtuelle communicantes, obéissant à l’intelligence artificielle.

  2. Ce billet en dit trop ou pas assez, il faudrait préciser en quoi l’enseignement de l’Islam à l’université devrait avoir un statut différent de celui réservé à l’enseignement de la théologie chrétienne enseignée à l’université de Strasbourg respectivement à la faculté de théologie protestante et à la faculté de théologie protestante ?

    L’évolution protéiforme de l’enseignement de l’Islam en France jusqu’en 2012 avec ses enjeux (laïcité, formation des imams .. )
    https://books.openedition.org/pus/9483?lang=fr

    L’Oumma virtuelle : https://www.cairn.info/revue-l-information-geographique-2016-1-page-22.htm

    Quelques exemples et situations de l’enseignement de l’Islam dans l’université française dans une perspective critique :
    https://www.ephe.psl.eu/formations/master/master-sciences-des-religions-et-societe-srs/cles-pour-comprendre-l-islam

    https://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/six-universites-creent-des-cours-sur-l-islam-et-la-radicalisation-19211/

    Question : n’est-il pas préférable que l’Islam soit présent à l’université plutôt qu’il prolifère dans l’opacité notamment via l’Oumma virtuelle, ou soit relégué dans les écoles coraniques et autres instituts privés ?
    Si l’enseignement de l’Islam constitue un enjeu vital, il faut l’interdire purement et simplement.
    S’il est possible de créer les conditions d’émergence d’un Islam de France, compatible avec la laïcité, alors il me semble difficile de laisser l’Islam aux portes de l’université.

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    1. Erratum : faculté de théologie catholique ET faculté de théologie protestante

    2. @PYD 11h34
      Ceci n’est PAS une réponse , mais une opportunité d’insertion à l’ombre de votre commentaire.. :

      https://www.rtbf.be/info/monde/detail_suisse-amnesty-denonce-l-interdiction-du-voile-integral-qui-discrimine-la-communaute-musulmane?id=10713764
      Toute l’ambigüité du contenu du mot « laïcité » (conception française à tiroirs « j’m’en mêle PAS.. sauf quand ça m’ gène pour certains aspects de ma conception politique temporellement variable du vivre en société »..exemple: le voile OK , la burka KO… » ) en un seul article.

    3. @Pierre-Yves Dambrine La situation de Strasbourg en Alsace Lorraine (concordataire) n’est-elle pour rien dans cet état de fait qui ne serait pas généralisé dans l’Université française ?
      Raison de plus pour essayer d’y susciter dans un cadre étatique un enseignement de l’Islam.
      Mais peut-être manque-t-on d’un enseignement de l’Histoire des religions, comme d’ailleurs de l’histoire des sciences (des croyances scientifiques), de l’histoire des sciences sociales et de l’économie (c’est une autre histoire).

  3. Cette faculté ne prétend pas enseigner un savoir mais bien la théologie, ce qui pose problème c’est quand on enseigne la théologie mais qu’on prétend enseigner un savoir ce qui est en train d’arriver dans nos universités publiques ou autres.

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  4. Jean-Baptiste Auxiètre n’a visiblement aucune idée de ce qu’a été l’université au Moyen Âge.
    Il est parvenu comment jusqu’à nous Aristote ? Directement de l’Antiquité aux universités du XXe siècle ?

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    1. C’est vrai ça : mettre Aristote entre parenthèses (+ Thomas d’Aquin… et toute la Scolastique !) sur le Blog de PJ, fallait le faire !

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    2. L’université au Moyen Âge fut un très grand progrès qui permit entre autre chose par une langue le latin d’avoir une langue universelle mais aussi celle de l’église. Cette langue permis de transmettre le savoir l’information etc. D’autres aspects de ce qui y était enseigné était aussi un certain savoir etc. Mais le but restait principalement d’installer le pouvoir de l’église .Pour autant revenir à ce point de départ c’est bien une régression !

      1. Aux XIIe et XIIIe siècles, période de la mise en place des grandes universités européennes, l’Église n’a absolument plus besoin d’installer son pouvoir. C’est chose faite pour l’essentiel, votre interprétation est sur ce point anachronique. Il faudrait aussi nous démontrer le rapport entre l’enseignement de la théologie et les velléités de conquête ou de contrôle du pouvoir, puis son efficacité. Cela ne me semble pas évident pour le Moyen Âge. Le bouillonnement de la réflexion dans les universités a sans aucun doute participé à l’émergence de l’Humanisme comme de la Réforme au XVIe siècle.

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  5. Il me plaît à penser que j’aurais aimé vivre au moyen-âge, j’aurais été probablement un moine, regarder se construire les grandes cathédrales, contempler un ciel pur et profond brillant d’étoiles, inspirant les fantaisies de l’amour courtois. Cerise sur le gâteau, j’aurais aimé aussi l’imaginaire et les délires du moyen-âge, sa peinture.
    Maintenant je regarde une lente extinction du vivant et je ne peux m’empêcher de penser à toutes les horreurs du XXème s. : boucherie 14-18, bombe atomique, camps de concentrations, puis, un modus vivendi entre le meilleur des mondes et 1984 qui fait beaucoup d’imbéciles heureux, plus encore de malheureux en Occident, en Orient.

    La Création du monde de Jérôme Bosch (volets fermés).
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ea/Hieronymus_Bosch_-_The_Garden_of_Earthly_Delights_-_The_exterior_%28shutters%29.jpg

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    1. Belle opportunité ( merci) que de proposer, sur la question de savoir en quoi le Terre est évidemment plate et en quoi elle est évidemment ronde, ce lien vers la terre représentée ici par Jérôme Bosch: Il donne à voir le paysage d’une terre telle qu’elle se donne d’une part somatisée par les vivants en tant que plate (celle dont parle Husserl). Et Bosch , en même temps, nous donne comme concevable cette Terre déductible par cosmisation , selon les observations de Galilée, pour lesquelles il fut condamné par l’Inquisition C’était contraire aux croyances de son temps. Cette Terre que nous concevons, aujourd’hui, en tant que Biosphère !

  6. Cette histoire de terre plate mériterait peut-être qu’on la prenne enfin au sérieux!

    Non parce qu’il y aurait un risque que des compagnies de transprort aérien ou maritime établissent leurs trajets et leurs tarifs en se basant sur les cartes correspondantes ou bien que ça pourrait permettre à Trump de se faire réélire, mais parce qu’il serait intéressant d’arriver à comprendre les raisons qui poussent certains à y croire, d’autres à en faire la promotion et personne (du moins à ma connaissance) à demander qu’on cesse d’accrocher des images plates et rectangulaires de la terre au mur des salles de classe allors qu’on dispose de globes terrestres peu couteux et d’excellentes photos qui en montrent la vraie forme.

    Ça aiderait peut-être à comprendre, à propos d’un sujet qui n’intéresse en réalité qu’une minuscule fraction de l’humanité une fois qu’elle a cessé de fréquenter l’école, comment on pourrait faire des progrès sur des sujets tels que l’économie, l’Islam, la monnaie, les vaccins, l’effet de serre (et beaucoup, beaucoup d’autres) tellement plus brulants qu’ils est fort difficile de les aborder sereinement.

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    1. « … mais parce qu’il serait intéressant d’arriver à comprendre les raisons qui poussent certains à y croire… »
      Réponse : « La crise des faits », probablement.
      Voltaire : « Au fait, est ma devise. »

  7. En français  » savoir » est un mot confus né d’une assimilation entre « spere » ( latin populaire : avoir du gout , être sage ) , et « scire » ( en latin classique : connaitre , « savoir » , avec des traces dans science et conscience ) ;

    Mais faut il donner raison à Blaise ? :

    « Puisqu’on ne peut être universel et savoir tout ce qui se peut connaitre sur tout, il faut savoir peu de tout . Car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d’une chose… »

    Ou relire Kant :
    « Je dus abolir le savoir ( wissen) afin d’obtenir une place pour la croyance ( glauben) »

    Mais je crois que Paul Jorion en choisissant la gravure de couverture de son dernier bouquin traduit en allemand , a déjà choisi son camp .

    Moi aussi , car le propre des religions ( Islam bien sur mais aussi catholicisme , bouddhisme ….) , c’est de poser que , si bien sur la connaissance s’acquiert par nos sens , elle n’est vérité que si elle procède d’un « être  » suprême qui s’est  » exprimé « par les  » écritures » ou autres signes et rites .

    1. De quoi vivent le fascisme , les fake news , les complotistes , les sectes , les faiseurs d’horoscope , les bonimenteurs et marabouteux de tous poils …?

      De la confusion souvent intéressée entre wissen et glauben .

      Ce qui n’est pas nouveau , mais devient péril mortel , quand google démultiplie et valorise les foutaises .

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  8. C’est à vérifier mais je crois me souvenir que la naissance de l’Université, la Sorbonne date des croisades et ce n’est pas un hasard.
    Lorsque l’Eglise s’est lancée dans les premières croisades, il fallait certes lever des troupes mais aussi s’aguerrir mentalement.
    Je réside au pied d’un chateau du XIIéme que je décline à l’envie… et qui fut habitée par la comtesse Mahaut de Courtenay entre 1200 et 1260 (?). Cette dame participa à la cinquième croisade (?) et permis à certains de ses sujettes d’aller s’instruire en Sorbonne.

    A évoquer le Moyen Age, c’est sous ces auspices que je le ferai.
    Notre croisade aujourd’hui a pour objet la reconquête de la terre comme espace de vie (entendons-nous bien).
    C’est LA mission européenne que l’on doit saisir.
    Il convient aussi pour rester dans la comparaison, de s’armer intellectuellement, former les futurs ingénieurs, investir dans tous les domaines d’excellence…
    Sur bien des sujets nous sommes en retard par rapport à la Chine.
    Le Centre for Economics and Business Research de Londres estime que la Chine passera à la première place en 2028.

    1. J’ai vu il y a quelques mois dans un hôpital, placardées l’une à côté de l’autre, les affiches « La République se vit à visage découvert » et « Port du masque obligatoire » !

      1. Vu la même chose sur la porte d’un bureau de poste (devant laquelle je faisais la queue en extérieur comme il se doit). Il va falloir que je fasse l’effort d’en faire une photo pour la postérité 🙂
        Toujours au sujet des contradictions de ce monde de fous, je n’oublierais jamais ce conseil d’administration du collège où le même jour a été délibéré l’application de la loi sur le port du voile et la modification du règlement intérieur portant sur l’indécence de certaine jeunes filles trop courtement vêtues.
        https://www.youtube.com/watch?v=bEvRmyPhT6c

    1. Oui,

      En théorie,

      Parce qu’en pratique, la survie interdit très concrètement de devenir aussi stupide…

  9. A mon avis, et pour faire court, le meilleur moyen d’abattre un dogme religieux, c’est de l’enseigner à l’université 😉

    Une petite anecdote personnelle concernant l’enseignement de la théologie:
    Élevé comme toute ma famille dans un environnement catholique mais néanmoins lecteur de la bible dans le texte à la mode protestante, j’avais été invité par une cousine à un débat à l’aumônerie du lycée au sujet de l’objection de conscience (c’était l’époque du service militaire obligatoire et je venais d’entamer les démarches pour ne pas l’effectuer). Avec ma bonne connaissance des textes je n’ai pas eu beaucoup de mal à convaincre l’assistance qu’on ne pouvait pas être chrétien et porter les armes dans l’intention de tuer son prochain. L’aumônier ne partageait pas mon avis mais n’a eu d’autre solution que d’arguer que lui seul était habilité à interpréter la parole divine (globalement lui faire dire tout et son contraire).
    Bien connaitre son adversaire et le prendre au piège de ses contradictions.

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    1. Je pense que la  » doctrine  » est plus claire ( et plus facile ) aujourd’hui que le service militaire n’est plus obligatoire . Ceci dit , la contradiction subsiste car , dans l’armée française il y a quatre aumôneries ( catholique , israélite , protestante , musulmane ).

      Mais on peut préférer cette « contradiction  » là , à pas mal d’autres , y compris intra-personnelles .

    2. A mon avis, et pour faire court, le meilleur moyen d’abattre un dogme religieux, c’est de l’enseigner à l’université 😉

      Oui mais il faudrait encore franchir la barrière que constitueront ceux qui tenteront de boycotter cet enseignement en le qualifiant de « X-phobie ». J’ai déjà mentionné tout le bénéfice que je tire d’avoir suivi les cours de l’islamologue Armand Abel. Mais j’ai su par ailleurs que quand il avait commencé son enseignement, à l’Université du Caire, les Frères musulmans, avec à leur tête, Hassan el-Banna, tentaient systématiquement de l’empêcher de donner ses cours. En 2019, à la Catho de Lille, j’avais annoncé que je parlerais de l’Islam dans l’un de mes cours (non-publics : réservés aux étudiants inscrits), il y avait néanmoins dans l’auditoire un jeune homme qui m’a interrompu chaque fois que je prononçais le mot « Islam » ou « Musulman », quel que soit le sens de ma phrase. À un moment, je lui ai demandé si quelqu’un ou une organisation, lui avait demandé d’être là. Il m’a répondu : « Oui, le Parti Socialiste : je suis militant du Parti Socialiste, et il s’inquiète de ce que vous dites sur l’Islam ».

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  10. Méconnaissance profonde de ce que fut l’université médiévale, aussi bien en diachronie qu’en synchronie… Mais bon, ce n’est pas comme si c’était la première fois, alors, « indulgence », comme le dit l’auteur!…

    L’université actuelle n’est que le triste reflet de notre abandon de toute sagesse en matière d’éducation.

    AMHA, comme dans beaucoup d’autres domaines, la dépossession du contrôle décisionnel au profit de gestionnaires / managers est la raison pricipale et pour tout dire capitale.

    N’ayant personnellement aucune compétence en matière d’économie et de finance, je rêve de diriger Bercy. Ah non! Bruno Lemaire l’a déjà fait, après Fabius, etc…

  11. Mouche du coche :
    J’ai vécu une des dernières vagues de « démocratisation » de l’université, celle consécutives aux « 80% d’une classe d’âge au bac ».
    (« Et après ? » disait Stéphane Beaud dans le titre d’un ouvrage beaucoup lu vers 2005 https://www.editionsladecouverte.fr/80__au_bac_et_apres_-9782707141514).

    Donc vers 1995 : Amphis pleins, une belle section de licence de physique à > 100 étudiants qui est ensuite retombée sous l’attraction de N choses autres (informatique notamment).

    Pour moi, la plupart des critiques « profondes » de l’université prospèrent sur cette « crise de croissance ». Celle-ci intervenant dans un contexte de mutation du savoir avec
    de forts effets croisés sociologiques (c’était aussi vrai aux beaux temps du marxisme, mais une analyse binaire pouvait faire illusion pendant 100 ans, environ).
    Quand le miroir est distordu et que le doigt montre la lune, on a une erreur de trajectoire dans le reflet, certes.
    Autrement dit : est-ce si étrange de voir des défauts dans un machin qui vient d’être multiplié par 3 en 40 ans et qui est maintenant chargé de l’éducation des 18-25 ans bien plus massivement qu’il ne l’a jamais été ?

    Les critiques « moins profondes » sont celles en effet sur l’orthodoxie abusive dans X disciplines et leurs sous-domaine.
    L’économie y a une place spéciale, qu’il est justifié d’avoir mis en avant : on ne peut pas « refaire les manip », et le bouclage social de la classe dominante y cherche naturellement de vastes débouchés. Ceci dans une séquence où le remplacement de la noblesse par la bourgeoisie n’est pas si vieux dans de nombreux pays.
    Et après un long XIXème siècle capitaliste en effet, au point d’avoir poussé à une lutte pour « l’espace vital » du temps que le savoir n’était pas assez développé pour intensifier le capital (global : savoir et matériel et humain) sur peu de km², débouchant de fait sur les deux guerres mondiales.
    Le « reset » de la deuxième guerre mondial a donné lieu aux 30 Glorieuses : effets conjoints d’un apport d’énergie, d’une montée du savoir, et d »un capitalisme partiellement jugulé et exploitant ses succès américains (suppression des tramways pour faire place à la voiture, énergie nucléaire).
    Une fois toute cela retombé, la classe dominante a repris dans les habits de 1990 le chemin de la concentration de richesse, et les départements d’économie en sont l’émanation. Son « ontologie » est alors bien protégée : « parce que vous le valez bien », susurrent les orthodoxes à l’oreille des riches.
    Quand aux enseignements liés aux confessions religieuses, pourquoi cibler l’université ? l’endoctrinement est fait bien avant, entre 6 et 18 ans. Une fois qu’il est fait on a des troupes suffisantes pour en effet porter des contestations lourdement intentionnées dans le supérieur. Et la question de vivre dans un patchwork de religion se pose simplement à l’université comme elle se pose de façon aigüe ailleurs dans le monde (le pape s’en est rendu compte pour ses ouailles d’Irak apparemment, enfin pour les ouailles des églises là-bas).

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    1. Pas mal.
      Et une idée inspirée:
      L’économie: pas une science, on ne peut refaire la manip;
      La religion: exactement semblable. Si vous vous faites sauter avec votre ceinture d’explosif pour « gagner » les 72 Houris, vous pas revenir. Expérience ratée.
      Un détail confirmant l’intuition: vous êtes seul (sans vos Houris) à connaître l’échec. Apprendre aux autres de ses ratages est une démarche scientifique. Même ça est impossible en religion.
      (Perso quand Paul nous a causé de ses réminiscences de sa naissance, j’ai pensé au Punarbhava pour enfin, -enfin-, me faire des souvenirs bien à moi. Mais la réincarnation dans un être humain n’est pas garanti. J’ai un trop mauvais Karma pour prendre le risque de renaître âne ou porc de boucherie. Restons rationnel, que Diable! les souvenirs, ce sera pour plus tard.)

      Donc, si, dans un futur lointain, on expulse les religions de l’université, où elle n’ont rien à faire, on pourra expulser aussi bien la religion féroce. L’économie politique pourra avantageusement la remplacer.
      Beaucoup de religions sont assez inoffensives. Surtout du côté de l’Asie, en y exluant la religion du communisme, variante chinoise. Celles-là sont tolérables, la religion féroce, jamais.

      1. @daniel Si vous n’ếtes pas assez pénétré de sagesse orientale pour suivre le dessin des mandalas, au moins sauriez-vous que cette démarche permet de quitter la France haïe, puisque le législateur prévoit d’interdire la délivrance de certificats et qu’il est désormais difficile d’y organiser correctement votre accueil suivant les termes du contrat.

  12. Cher Timiota,

    Très juste de rappeler la décision de « démocratisation  » des universités, ou plutôt « massification ».

    Le résultat, au bout de plus de trente ans de cette transformation?

    J’hésite entre la machine décerveler de Père Ubu, une mayonnaise qui ne prend pas depuis trente ans(sic!) et… la formation d’un trou noir!

    Vu de l’intérieur, les enseignants du supérieur étaient-ils majoritairement conscients de l’espèce de catastrophe permanente qu’est devenue la faculté actuellement? (genre EPR de Flamanville) Ou bien se disaient-ils, après moi, le déluge?!

    Désolé de ma sévérité, et merci de votre point de vue, j’ai eu mon bac en 1991…

    1. D’autres pays se sont moins plantés dans la massification.
      Nous restons distordus par les Grandes Ecoles qui se sont massifiés dans le même temps.
      Elles ont deux effets antagonistes :
      – Attirer quand même de bons cerveaux vers les sciences dures (ingénierie)
      et pas que vers les business school (~décervelage).
      – Geler les évolutions intelligentes de l’enseignement supérieur, forcément parent pauvre.

      Du coup on se retrouve avec des réformes assez mauvaises pour la recherche publique
      (voir Bruno Canard, Sylvestre Huet etc.).

      Et à l’inverse tout est fait pour protéger les « prépas  » (le seul secteur de l’enseignement supérieur qui en ce moment échappe complètement au distanciel
      comme l’a fait remarqué notamment Barbara Stiegler). La justification étant que ces 2 (ou 3) années d’effort sont « la clé d’une vie ».

      Alors qu’à la fac « ça se débrouillera ».

      Mon expérience perso est que les gens ont bien besoin de la longue durée (type thèse) pour devenir « expert » dans leur domaine.
      Et que les armées de jeunes ingés à Bac+5, qui sont un peu uns spécialité française, nourrit trop facilement les cabinets les plus c… (Ernst & Young, Altran, etc.) et nourissent les choix des élites en place dans les grandes boites de faire appel à eux comme « signe de reconnaissance de classe » plus que comme honnête recherche d’une solution hors du silo (là je rêve éveillé, ok).

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      1. Bonjour Timiota

        Le système prépa – Ecole d’Ingénieurs /ENS :
        le concours anonyme et la sélection , des meilleurs techniquement, permet la maximisation de l’efficacité et du potentiel , indépendamment de l’expérience terrain à venir.

        Concernant les ingénieurs et la finance , compte tenu des conséquences passées occidentales et des enjeux à venir , c’est fini ou ,à défaut , ne sera plus acceptable.

        Pour les thésards et post-docs , sous – payés , ils reviendront sur le devant pour traiter les problèmes et apporter des solutions.

      2. @timiota Mais la massification de l’université doit-elle aller jusqu’à la massification des thèses, alors que les emplois de chercheurs sont en nombre limité ?
        Les grandes écoles se sont sans doute un peu massifiées, ce qui rends le processus toujours sélectif, mais probablement pas sans aucune porte de sortie (type quitte ou double comme le médical).
        Malgré les spécialisations, elles n’ont pas vocation à former des experts, mais plutôt des généralistes aptes à travailler dans des équipes de projets.
        D’ailleurs rien n’empèche un ingénieur au profil recherche de tenter une thèse, peut-être ce genre de cursus (formation professionelle) est-il à encourager.
        Certaines universités ont d’ailleurs su créer en leur sein des cursus type grande école technologie géologie …
        Alors que nombre de grandes écoles développent des labos internes qu’elles voudraient attractifs pour s’attirer les meilleurs enseignants, alors que leur activité est assez peu couplée à celle des élèves.

        1. En effet, Ruiz, la thèse en tant que diplôme probant d’un certain « intellectualisme » n’est pas nécessaire.

          La conception du savoir doit être revu, la maturité du jeune doit se prolonger comme la croissance d’une plante :
          Qu’il puisse recevoir du savoir dans les âges dont nous parlons (20-27, disons), et se préparer ) en « donner ».
          C’est plus précisément comme la sève, avec canaux montants et descendants.
          Le « retex » que je vante dès que je peux dans l’aéronautique (ne pas écouter Mme de Changy, du Monde, au passage, qui surfe sur le MH370 d’une façon pas très jolie…), est la circulation de cette sève. Mon mnémo : « pour un savoir séviotique »
          (et si pas de thèse, le séviote suprême doit établir un autre grade)

          1. @timiota En ce qui concerne Mme de Changy, du Monde, et le MH370, le Retex manque toujours pour le moment et l’autrice de 2 ouvrages aux titres contradictoires, montre l’évolution d’une recherche, d’une thèse, qui en a la durée (7 ans).
            Le plus troublant, destabilisant et donc classé complotiste pouvant être la nécessité d’un accord tacite ou secret entre deux grandes puissances, affichant publiquement leurs différents, plutôt qu’une intervention extra-terrestre.
            Outre l’aspect anniversaire, la publication actuelle de telles hypothèses pourrait préparer à des révélations analogues dans l’origine du Sars-Cov2.

            1. Quel barbier pour Ockham ?
              Façon amusante de poser la question de la gestion de l’Anthropocène dans la complexité que l’homme a généré.

              Elizabeth Kobler (autrice de « la 6ème extinction » sort d’ailleurs un bouquin assez fouillé semble-t-il qui va titiller
              les errements du solutionnisme technique (once more…),
              un des feuilletons de la grande série sus-mentionnée « la complexité que l’homme… ».

      3. @timiota


        Et à l’inverse tout est fait pour protéger les “prépas ” (le seul secteur de l’enseignement supérieur qui en ce moment échappe complètement au distanciel
        comme l’a fait remarqué notamment Barbara Stiegler). La justification étant que ces 2 (ou 3) années d’effort sont “la clé d’une vie”.

        Alors qu’à la fac “ça se débrouillera”.

        Cette crise est un vrai révélateur de ce qu’on tient comme important ou non dans les hautes sphères de l’Etat.

    2. Bonjour Asclépios

      « Massification » des Universités :le mot juste

      Mondialisation:

      => désindustrialisation
      => perte de technicité
      => Chômage de masse
      => 85 à 90% d’une classe d’âge jusqu’au bac
      => massification des Universités
      => perte du savoir faire manuel quel qu’il soit

      Reste :

      – les métiers manuels sous-évalués , sous-estimés , sous-payés qui nous font vivre au jour le jour
      – les BTS DUT
      – les prépas et écoles d’ingénieurs et ENS

      l’EPR de Flamanville n’est pas un bon signe !!!

      Les enjeux à venir seront :
      – comportementaux et organisationnels bien sur
      – mais surtout techniques pour comprendre, faire comprendre , gérer et traiter la mise en œuvre du changement qui nous attend

      1. Bonjour et merci à Timiota et Ilicitano,

        Timiota: je souscris évidemment à la dichotomie Université / prépas- grandes écoles, c’est la poutre dans l’oeil! et pas de scotome, hein!); il est frappant et consternant de considérer que l’état cherche à « transformer » l’université, mais surtout pas l’autre système; cela me fait penser à Marc Bloch qui, dans son Etrange défaite, en 1940(!) pointe du doigt le mépris des élites dirigeantes à l’égard de l’éducation des « masses », l’éducation constituant comme beaucoup d’autres domaines un champ de domination, sans réel souci du contenu de l’enseignement. Libera nos a malo…

        Ilicitano: et pour conclusion; reconstitution d’un système de classes tripartite: une masse de petites mains, une autre masse de techniciens spécialisés, une élite dirigeante et formée pour diriger. Malheur à qui ne respecte pas sa place! On dirait du Dumézil et ses trois fonctions (paysan / guerrier / roi – prêtre)… Misère de l’anthropologie!…

      2. La  » Massification » est un défi suffisamment ancien ( écrire , compter , apprendre , mobilités , congés , travail , droits sociaux dont propriété , activités sociale et politique….) et interroge suffisamment la République et les sociétés ( dont chinoise ) , pour ne pas en faire ce débat riquiqui d’universitaires à œillères .

        Il y a eu des écrits plus riches sur le thème dans les années 60 ( qui annonçaient un peu mai 68 d’ailleurs ) , avec depuis 50 ans des réussites , beaucoup d’échecs diffus ( loisirs et cultures ) , et pas encore de réponse démocratique totalement probante .

        Un vari sujet politique qui engage toute las société dans ses désirs , ses créations , ses organisations opérationnelles , ses paris d’avenir et de vie au delà de la survie .

        1. La forme, triangulaire en l’occurrence, ou trois belles couches superposées, est une réponse à la masse.

          Je ne suis pas sur que donner une forme à la masse soit une nécessité particulière.

          La masse désire-t-elle une forme? Ovide répond oui au début de ses Métamorphoses, en tout cas!

          En tout cas, ce n’est pas qu’un problème de taille (comme dirait Olivier Rey!)

        2. La massification autour du savoir est forcément dans un certain décalage par rapport à çelle de la consommation (où s’inscrivent « loisirs » et « culture » dans votre acception contextuelle il me semble.

          Le savoir (et le savoir-faire) ont leurs résistances propres, tandis que la consommation s’égalise et « contagionne »
          sur le mode « faisons comme les Jones (les Dupont) ».

          Donc oui, on aurait du voir venir, et déjà en Mai 1968.
          Mais le point d’ancrage des années 60-70 restait encore l’usine, en ce que cela définissait le niveau d’étude garantissant une vie « médian »,
          dans la continuité du mouvement éducatif à la Ferry: de bons ouvriers sachant lire les instructions, de bons contremaitres vers 1950, tout ça devient capable de faire le job avec T0 du début de la vie active à 16-18 ans, à l’époque encore un âge « de minorité » donc sous une hiérarchie bienveillante.
          En déplaçant le T0 vers 22-25 ans en moyenne, on a une toute autre place de l’éducation et du rapport au savoir. On est obligé de faire avec sa complexité, au risque des N dérives que l’on peut pointer du doigt aujourd’hui, et discuter de quels maux elles sont porteuses, et de combien surtout.
          (Dont : le nucléaire/Flamanville, la reductio ad facebookum, la difficulté d’intégrer « anthropos », le vrai, pas Homo Economicus Rechauffans, dans la scène économique, faute de quoi, doux Jésus, il est intégré à la cène virale )

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          1. La massification moderne de l’éducation commence avec le collège (collège unique).
            Une belle et bonne idée, mais qui a eu pour corollaire de ne pas être suivie par un enseignement professionnel cohérent et de qualité, en osmose avec le monde de l’entreprise.
            Pourquoi une telle gabegie? Indifférence des instances politiques à la question de l’éducation et à la formation professionnelle? Volonté de développer les formations secondaires type bac technologique? Même pas! On ne peut pas dire que les baccalauréats technologiques aient été bien lotis par les gouvernements respectifs, malgré les déclarations tonitruantes et effets d’annonce.
            Résultat actuel: une masse d’élèves au lycée général, dont une partie, dont les enseignants estiment qu’ils auraient mieux leur place dans le professionnel, mais qui va se retrouver en Première puis en Terminale puis avec le bac général en page, et la seule perspective de faire des études.
            Tout cela est-il bien sérieux?
            Je parle d’où je suis: dans un petit lycée de province, et je suis aux premières loges pour voir les (nombreuses) victimes du Moloch Enseignement supérieur (aucune carapace pour espérer s’épanouir après le bac, des lapins qui croisent les feux d’un camion…)
            Il y a une expression pour cela: le miroir aux alouettes.
            Vu du ministère, je suppose que le point de vue est le suivant: ces feignants de profs vont devoir mouiller la chemise pour donner une colonne vertébrale à tout ce petit monde-là!…
            Mouais…

            Et je ne parle même pas du supérieur, Timiota, je vous en laisse le soin!…

            Cela étant, je ne souhaite pas (même si cela peut y ressembler) donner une impression d’amertume ou d’aigrissement vis-à-vis de cette massification qui « patine » sévère dans la semoule depuis 50 ans, j’estime mon métier et me donne à la formation de mes élèves au maximum de mes possibilités…

            Allez, je tente: plus dur encore que la théorie de la grande unification, la formule d’un système éducatif digne de ce nom en France! (hihi)

  13. Je découvre ce billet après la bataille… Il me parait digne d’une Fatwa, ou de l’anathème d’un quelconque Staretz dans un roman de Dostoevsky, ou d’un partisan du nucléaire, cette-industrie-miraculeuse-ne-connaîtra-jamais-d’incident_c’est-prouvé, nous menaçant du retour de la bougie.

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  14. La bataille du savoir serait-elle perdue ? Les temps troubles que nous traversons créent le doute, effectivement.
    Moi je ne me lasse pas de cette vidéo qui résume toute l’absurdité de la question platiste : https://youtu.be/hrAdayUh6-4

    Après tout, on en a pendu, embastillé sur simple lettre, ou brûlé pour moins que ça.

    1. @ThomBilabong Il ne semble pas que ce soit un dogmatique sectaire puisqu’il avait recours à la méthode expérimentale, en payant de sa personne par un engagement direct personnel plus important que Lavoisier -sans que l’issue fut bien différente- celui-ci disposant de plus de moyens enviés, comme Elon Musk, dont les ambitions moins raisonnables (Mars au lieu de 70 km) -et l’intelligence manifestée malgré les échecs- attirent les soutiens, sans avoir besoin comme Werner von Braun de bombarder Londres, puis de se rallier à son vainqueur pour finalement s’arrêter à la Lune.
      C’est aussi les risques des émissions de téléréalité avec de vrai gens ou des stars.

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      1. @Ruiz
        Je ris de votre réponse. Si vous postulez que la terre est plate alors qu’il a été prouvé depuis pas mal de temps qu’elle est ronde, comment appelez-vous la croyance en ce postulat ? De l’expérimentation ? Je ris. Du temps où la rotondité de la terre n’était pas prouvé scientifiquement (théorie + preuve + expérimentation) , j’aurais accueilli votre argument. Mais là ? Tout au plus une idée loufoque pour un joyeux dingo disposant de quelques moyens, soucieux d’exister aux yeux de ses semblables par l’extravagance de ses propos et actes. Réussir à mourir pour une idée parfaitement prouvée qu’elle est fausse procède de l’idiotie, au mieux de l’ignorance ou encore incapacité à comprendre des faits sensibles (si, si). Mettre ses compétences techniques avancées – il devait bien en disposer de quelques unes pour élaborer son suppositoire mortuaire volant – au service de cette idée saugrenue ne présage rien de bon quant à l’édification d’une méthode expérimentale… D’autant qu’il n’en était pas à son coup d’essai. La persévérance lui fut diabolique pour paraphraser le proverbe. PS : Vous aurez noté sur la vidéo le sponsor fabricant de pierres tombales ? Légèrement suicidaire, votre savant platiste ?

        1. @PERIER Thomas
          L’expérimentation c’est construire une fusée, la lancer et constater le résultat.
          La vidéo montre celà, en aucune façon il n’y a d’indication sur la croyance ou la théorie du bonhomme, à part dans le commentaire ou peut-être dans l’émission de télé.
          Se lancer dans une telle aventure humaine, avec ses défis économiques et techniques, est, au moins au début, l’expression d’un libre arbitre, et la recherche d’une raison de vivre, que la vision du reste du monde ne peut fournir, et apparaït tout aussi respectable que l’absorption addictive de fentanyl ou la militance dans un mouvement pour le droit à mourir dans la dignité.
          Pour un penseur indépendant, à part accepter l’argument d’autorité, des professeurs, des livres ou des documents largements reproduits, ou tenter de refaire soi-même l’expérience d’Ératosthène de Cyrène, il n’y a pas tant d’arguments que celà pour la Terre ronde.
          En particulier pour son problème cinématique, (parabole à 70 km) et compte tenu des incertitudes, sa modélisation de l’environnement de l’expérience, pouvait sans doute se contenter d’une terre plate avec un champ de pesanteur uniforme parallèle avec une bonne approximation.
          Toute théorie la plus simple étant la meilleure.
          Si telle était sa croyance elle aurait satisfait le rasoir d’Occam, et d’ailleurs ne semble pas être la cause de son échec.
          :+)

  15. Les phénomènes « terre plate » et autres de la même farine sont très bien décrits et expliqués dans le récent ouvrage « Où est le sens ? » de Sébastien Bohler : le besoin de réduire l’angoisse née de la perception du caractère extrêmement menaçant et incertain de l’avenir pousse les personnes les plus fragilisées socialement à privilégier l’appartenance à un groupe, aussi débile qu’en soient les croyances, aux faits les plus scientifiquement établis. La dissonance cognitive entre croyances du groupe et faits se résout alors en sacrifiant les faits, par le recours, au besoin, à la mauvaise foi la plus éhontée.

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      1. Je préfère malgré tout mon moteur à quatre temps ( et quatre caractéristiques donc ) et deux positions ( + ou – ) qui me semble mieux rendre compte de notre complexité nécessaire pour être au monde , et du « sens » donné par la satisfaction du tout , en dépassant la simplification neurobiologique avancée par Bohler .

        Mais dans les deux cas , il ne s’agit que de modèles pour essayer de comprendre .

        Et le plus difficile , aussi bien intimement que sociétalement , est de les faire « fonctionner » soit par l’analyse et la culture pour l’intime , soit avec ce système encore indépassé qu’on appelle démocratie dans un environnement trop livré en aveugle et naïvement au  » marché » , pour le social .

        1. Ce qui n’apparaît pas dans le résumé, c’est que Bohler s’appuie sur des expériences scientifiques. Pour s’en rendre compte, il suffit de le lire, mais c’est risqué : le lecteur risque de comprendre ce qui se passe vraiment sur cette planète, et d’y perdre son confort.

          Ce bon vieux Γνῶθι σεαυτόν est toujours d’actualité.

          Au passage, je ne sais pas ce qu’est votre « moteur à 4 temps ».

          1. J’avais bien repéré les références authentiquement scientifiques du propos .( sinon , comme Jancovici , je me serais arrêté à la deuxième ligne ou à peu près ) .

            Sur mon moteur à quatre temps ( qui n’est pas de mon cru , j’ai juste ajouter « moteur » ) , ça me rassure que ça ne vous dise rien , car depuis le temps et le nombre de fois où je l’ai évoqué ici , je craignais de passer pour un microsillon rayé rabâcheur .

            Pour faire court et supportable, je me contente de rappeler que les quatre temps visent passé , hors temps , présent , futur, et que le modèle très personnel ( et parfois bancal ) que j’en ai fait , est inspiré d’une méthode dite P2L ( pour Profil Lien et Loi ) d’un certain Meyer Yfrah . J’avais eu à connaitre de cette approche en 1990 ,et elle m’avait semblé suffisamment ouverte et fiable dans pas mal de cas , pour que je m’en serve à défaut de me marier avec elle . Je crois que le gars est toujours en activité en région parisienne et qu’une foule d’autres méthodes sont nées depuis , avec des matériaux de bases qui ne sont malgré tout pas dénaturés par les avancées en matière de neurobiologie et de psychosociologie .

            Mon juge de paix pour apprécier la pertinence d’une quelconque des ces méthodes anciennes ou nouvelles , est le nombre de degrés de liberté qu’elles donnent à leurs paramètres ,et surtout la conviction que le « sens  » sinon le  » bien » est la résultante d’une satisfaction  » suffisante » de la totalité ( ou le plus grand nombre ) de nos  » caractères », sans donner l’exclusivité à aucun .

  16. Le moyen âge construisit ses cathédrales et partit en croisade. Y régna les certitudes et l’optimisme. Nous assistons à la décadence profonde des valeurs et de la civilisation occidentales. Cela rappelle la planète des singes de P Boulle. Les singes prirent la place de l’humanité, non par les armes mais par une absence de volonté et une soumission acceptée des hommes. E Todd parle de « chrétiens zombies » pour décrire les occidentaux: sans dieu certes mais portant toujours le fardeau du péché et de la faute originelle. Nos « élites » cherchent des victimes à flagorner.

    1. Hadrien,

      « Nous assistons à la décadence profonde des valeurs et de la civilisation occidentales. »

      Quand je lis ceci, je suis toujours interloqué et je me demande toujours à quoi peut bien penser celui qui énonce pareil phrase.

      Vous pourriez faire une petite liste ou développer un peu cette « décadence » (profonde en plus !) et pourquoi elle aurait lieu maintenant ?

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      1. @CloClo et si justement le signe le plus évident était que ce symptôme n’était plus perçu par une part de plus en plus importante de sa population ?

        1. Massacrer la Science des ânes, une décadence ? Allons donc ! 😀

          Bon, ben on ne saura pas à quoi tu faisais allusion concrètement.

  17. Je comprends l’idée, mais ce n’est pas vrai.
    1. Vous avez une idée complètement fausse de ce en quoi consistait l’enseignement médiéval à l’université.
    – La logique, la sémiotique, ca ne relève pas des choses « vérifiables expérimentalement » (enfin pas comme vous l’entendez ici)
    – La métaphysique non plus, mais
    a- Dans la lignée d’Aristote, on n’a fait de la métaphysique sans avoir soigneusement étudié au préalable (dans les conditions de l’époque) les sciences de la nature (par exemple la vie des animaux). Pour être tout à fait honnête, cela incluait aussi l’étude préalable des « vérités » surnaturelles (non testables par l’expérience, à moins d’avoir un St François d’Assise de poche sous la main…).
    b- La métaphysique, ce n’est pas de la logique pure, mais ce n’est pas la dogmatique non plus.
    Bref, même dans l’enseignement des matières « naturelles », pour reprendre votre lexique, il y a différentes catégories qui ne relèvent pas du protocole expérimental, sans être arbitraires pour autant. La pensée, ca n’est rien de « physique » et ca ne se plie qu’à 0,00000000000000000000000000001% au protocole expérimental, mais personne n’irait dire qu’il s’agit là de quoique ce soit de « surnaturel ».
    3. Cette distinction « naturel »/ »surnaturel » est très christiano-centrée. Un « yogi » ne considère pas c qu’il fait comme « surnaturel ». Il explore juste des possibilités laissées lettre morte pour 99,99999999999% des gens. Que ce qu’il accomplit soit non pas invisible, mais rarement vu, n’implique pas qu’on sorte du domaine du naturel. Je caricature pour être compris. Entre les deux, les méridiens de l’acupuncteur, quoique (pour l’instant) invisibles, relèvent également de la « nature ».
    4. Les dogmes constituent une partie seulement de la formation d’un prêtre. Et on peut être saint sans connaître les dogmes, alors qu’on peut connaitre les dogmes sans être saint pour autant. La compréhension du domaine des choses surnaturelles implique de mobiliser tous les moyens à disposition, les sciences experimentales comme le reste.

    Ceci, ce ne sont que des précisions aux marges parce que votre propos est super limpide.
    Par contre, j’ai un problème avec la conclusion.
    Il y a une différence fondamentale entre l’enseignement type université médiévale et ce que vous constatez.
    Notez que la différence, entre autre, c’est qu’on n’a tenu aucun compte de cet enseignement médiéval (par exemple, on vous apprenait que le réel, naturel ou surnaturel, existe indépendamment de vous… ou que l’orgueil est la matrice de tout péché, du plus infime au plus grave, ce qui aurait évité de réduire le réel au moi égocentré qui considère que sa description du réel, à un certain niveau fondamental, n’est jamais qu’une question de « choix personnel »…).
    Mais surtout, et c’est pour ça que je tiens à ce qu’on ne mélange pas les torchons et les serviettes, l’enseignement du dogme n’enlevait rigoureusement rien à la necessité de connaître l’univers physique naturel (on a toujours su, y compris au Moyen Age, que la Terre était une sphère et qu’elle tournait autour du soleil, et non l’inverse… par exemple). Il ne s’y substituait pas, sauf dans les cas où on ne savait pas trop dans quelle mesure la matière en question relevait du monde surnaturel ou du monde naturel.
    C’est là l’énorme différence avec ce qui se passe actuellement dans les universités US (et anglaises?) : qui est de liquider tout effort de compréhension de la manière dont semblent fonctionner le monde naturel et du monde surnaturel (indépendamment de nous). Autrement dit, l’université médiévale avait une vision complète du réel (le naturel et le surnaturel) – jugée erronée par ceux qui pensent, de moins en moins nombreux d’ailleurs, que le surnaturel « n’existe pas » – , alors que la tendance actuelle, non seulement ampute le réel du surnaturel, mais l’ampute même également du monde naturel. C’est le réel lui-même qui est « cancellé ».
    Pour conclure, on ne peut pas faire plus opposé entre l’université médiévale et l’université qui se dessine dans ce qui est de leur rapport au réel.
    L’université que nous avons connu, vous et moi, était plus proche de l’université médiévale (la même chose moins le surnaturel, avec le bénéfice de l découverte du protocole expérimental) que de ce qui se passe actuellement…

    Si vous avez un doute à ce sujet… regardez le contenu et le niveau de l’enseignement et d’exigence chez les jésuites, et comparez le à ce qui se passe aujourd’hui à l’université.

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  18. Foin des jésuites ! Un parfum de printemps souffle à Paris. Non ce n’est pas encore le temps des cerises : Le gang du clito a frappé et aujourd’hui c’est la journée des femmes et la fête au clito au Troca, qu’on se le dise !
    La Tour Eiffel n’a pas fait de commentaire. Elle s’instruit. Les universitaires, non plus, pour le moment. :-)))))

    A noter : l’auteure de l’oeuvre
    « Elle rappelle que seul un manuel de sciences et vie de la terre (SVT) sur huit «représente correctement» le clitoris pour les élèves de 4ème. »
    Ce qui est grande peine pour l’instruction de nos chères têtes brunes et blondes et rousses analphabètes. Y en marre des platistes !

    Un clitoris géant au Trocadéro pour « dénoncer l’analphabétisation sexuelle sur le clitoris »
    https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Un-clitoris-geant-au-Trocadero-pour-denoncer-l-analphabetisation-sexuelle-sur-le-clitoris-1728077

    1. Pour la petite histoire, c’est grâce aux femmes excisées que la Faculté s’est intéressée à l’innervation du clitoris pour la reconstruction. Avant ça n’intéressait personne m’a-t-on dit, c’est très récent 20 ans, mais une pratique n’a pas besoin d’être éclairée pour opérer (la masturbation). La bébête du Trocadéro a son petit coté maman d’Alien, ça pourrait faire fuir les mâles…

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