Archives par mot-clé : J.P. Morgan Chase

Réalité mondiale du complot financier libertarien, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Le Wall Street Journal nous informe le 6 janvier de l’exonération pénale des dirigeants de JP Morgan dans la résolution du scandale Madoff. La banque américaine est mise en accusation par les régulateurs financiers étatsuniens pour n’avoir pas correctement conseillé et protégé ses clients sur les placements financiers confiés à Bernard Madoff. JP Morgan a agi comme intermédiaire entre ses clients et les fonds de gestion de Madoff.

La réglementation financière en vigueur aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe, oblige le courtier bancaire à informer clairement ses clients des risques contenus dans les placements qu’il vend. Un courtier tire une rémunération de son intermédiation. La rémunération de l’intermédiaire financier représente le travail qu’il doit accomplir pour le compte de ses déposants directs ou non, à contrôler et surveiller les professionnels de la gestion qu’il fait travailler.

Un gestionnaire de fonds achète des actifs financiers sur les marchés et en garantit la liquidité conformément aux engagements contractuels vendus à l’épargnant. L’intermédiaire bancaire qui commercialise un gestionnaire spécialisé, a réglementairement une fonction d’assureur de l’exacte application aux fonds gérés du profil de risque acheté par les épargnants. Si un gestionnaire de fonds est défaillant en une quelconque manière, il incombe à l’intermédiaire assureur de courtage de dédommager son client final.

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Wall Street Journal – Les dirigeants de J.P. Morgan épargnés par les amendes dans le compromis Madoff

Traduction de l’article de Dan Fitzpatrick, « J.P. Morgan Officials Excluded from Penalties in Madoff Deal », paru le 6 janvier 2014 dans le Wall Street Journal. Merci à Timiota pour la traduction !

Les dirigeants de J.P. Morgan Chase & Co.ne seront pas frappés d’amende dans le cadre d’un compromis que la plus grosse des banque étatsunienne négocie avec le Département de la Justice sur des allégations de manquement à l’obligation d’avertir, dans la fraude massive de l’affaire Bernard Madoff, suivant des sources proches des discussions.

Le procureur de Manhattan Preet Nharara et les autorités de régulation bancaire étatsunienne ont l’intention d’annoncer un total de plus de deux milliards de $ d’amende cette semaine, disaient ces personnes informées [2,6 milliards de $ selon l’annonce faite le 7 janvier]. Mais toutes les amendes seront au frais de la compagnie, et non des individus, ajoutaient ces mêmes sources.

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L’actualité de demain : COMBAT INCERTAIN CONTRE LA MAFIA BANCAIRE par François Leclerc

Billet invité.

Les amendes continuent de pleuvoir par milliards de dollars aux États-Unis, JP Morgan Chase plus que jamais en tête du classement. Afin de mettre fin aux poursuites du gouvernement américain au civil, la banque va payer 13 milliards de dollars d’amende, dont 9 milliards en liquide à différents États et institutions (dont Fannie Mae et Freddie Mac), et 4 milliards en allégement de prêts. Dans la tradition de ces accords à l’amiable, elle n’admet aucune violation de la loi, mais reconnaît cette fois-ci la « déclaration des faits » du Ministère de la Justice. Certains, parmi ceux-ci, pourraient se traduire par une action au pénal.

Cet accord porte sur la titrisation et la vente de titres subprime entre 2005 et 2007 et fait suite à un autre portant sur un montant de 4,5 milliards de dollars avec Fannie Mae, Freddie Mac, Goldman Sachs, Prudential et Blackrock sur ses ventes de titres subprime avant la crise. Mais d’autres poursuites au nom de réassureurs sont en cours, ainsi que des plaintes en nom collectif d’investisseurs, ainsi qu’un litige avec le régulateur américain des prêts immobiliers, la Federal Housing Administration (FHA). Principale banque de Bernard Madoff, JP Morgan est également soupçonnée de complaisance à son égard, ce qui pourrait aboutir à une « transaction conditionnelle » et à une nouvelle amende. Enfin, encore d’autres enquêtes tous azimuts sont en cours, notamment pour ses activités présumées de corruption en Chine, de malversations dans le courtage sur le marché de l’énergie et de manipulation de taux de change sur le Forex…

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L’actualité de demain : DU DANGER D’ÊTRE EXEMPLAIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Longtemps au firmament des grandes banques d’affaire, J.P. Morgan Chase est devenue l’objet de toutes les attentions. Les régulateurs, voulant faire oublier leur propension à détourner le regard, rattrapent leur retard et font de celle-ci sinon leur tête de Turc du moins un exemple, mais à leur manière : les enquêtes se multiplient, les amendes pleuvent. Au total, infligées par la SEC, la Fed et l’OCC (Office of the Comptroller of the Currency) aux États-Unis, et le FCA au Royaume-Uni ; celles-ci représentent 920 millions de dollars sur la seule affaire de la « baleine de Londres ». Elles viennent s’ajouter aux 6 milliards de dollars de pertes que cette dernière a occasionnées à la suite de spéculations ratées sur les produits dérivés, qualifiées en leur temps de « tempête dans un verre d’eau » par Jamie Dimon, le Pdg de la banque. Cela fait cher le clapotis. Contrairement aux usages qui veulent que les faits ne soient pas reconnus dans le cadre d’arrangements négociés, la banque a cette fois-ci du reconnaître ses manquements et avoir violé la loi à la faveur de contrôles internes défaillants. D’autres amendes pourraient suivre, le Departement of Justice et la CFTC (le régulateur des produits dérivés) poursuivant leur enquête.

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LA « BALEINE DE LONDRES » : HYPOCRITEMENT MAIS DÉONTOLOGIQUEMENT

Vous vous souvenez de la « baleine de Londres » ? C’est une affaire dont on parlait, y compris ici, au printemps 2012.

Au centre de cette affaire, Bruno Iksil, trader chez J.P. Morgan Chase à Londres, qui avait laissé gonfler une position, officiellement de couverture, dont la taille était devenue telle (d’où la référence à un cétacé) que son débouclage avait causé à la banque une perte de plus de 6 milliards de dollars.

Bruno Iksil se débrouille apparemment mieux que certains autres traders faisant ou ayant fait l’actualité puisque quand deux inculpations sont tombées mercredi dernier 14 août, l’une touchait son supérieur immédiat : M. Javier Martin-Artajo et l’autre, l’un de ses subordonnés : M. Julien Grout, lui-même étant apparemment exonéré. L’accusation porte sur la manière dont étaient valorisées en « reporting » quotidien, les positions prises par Iksil.

Les accusés travaillaient à Londres et leur présence lors d’un procès aux États-Unis dépend de leur bonne volonté à se rendre dans ce pays ou, si celle-ci est absente, de la bonne volonté à les extrader du pays qui est le leur et où ils se trouvent chacun en ce moment-même, à savoir respectivement l’Espagne pour M. Javier Martin-Artajo et la France pour M. Julien Grout.

Commentaire : Vous avez peut-être noté le style curieusement « communiqué de presse » des lignes ci-dessus, il y a à cela une raison : j’ai été contacté au mois de juin pour intervenir dans cette affaire en tant qu’expert en formation des prix (financiers) appelé à témoigner lors d’un éventuel procès aux États-Unis. J’en ai accepté le principe et je vais du coup m’abstenir jusqu’à nouvel ordre de commenter cette affaire (une première !) ; il serait néanmoins dommage qu’on n’évoque pas sur le blog ses futurs développements.

À la manière des personnes qui vont très diplomatiquement se chercher un verre d’eau en-dehors de la salle quand l’ordre du jour passe à une affaire qui les touche lui ou elle personnellement ou des membres de leur entourage, je lance hypocritement mais déontologiquement un appel à toute personne bien informée en ces matières, coutumière des analyses équilibrées, pour qu’elle rende compte ici des futurs développements de l’affaire de la « baleine de Londres ». On me contacte soit en utilisant le formulaire « Me contacter », en haut à droite, soit en m’écrivant directement ici.

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