LA « BALEINE DE LONDRES » : HYPOCRITEMENT MAIS DÉONTOLOGIQUEMENT

Vous vous souvenez de la « baleine de Londres » ? C’est une affaire dont on parlait, y compris ici, au printemps 2012.

Au centre de cette affaire, Bruno Iksil, trader chez J.P. Morgan Chase à Londres, qui avait laissé gonfler une position, officiellement de couverture, dont la taille était devenue telle (d’où la référence à un cétacé) que son débouclage avait causé à la banque une perte de plus de 6 milliards de dollars.

Bruno Iksil se débrouille apparemment mieux que certains autres traders faisant ou ayant fait l’actualité puisque quand deux inculpations sont tombées mercredi dernier 14 août, l’une touchait son supérieur immédiat : M. Javier Martin-Artajo et l’autre, l’un de ses subordonnés : M. Julien Grout, lui-même étant apparemment exonéré. L’accusation porte sur la manière dont étaient valorisées en « reporting » quotidien, les positions prises par Iksil.

Les accusés travaillaient à Londres et leur présence lors d’un procès aux États-Unis dépend de leur bonne volonté à se rendre dans ce pays ou, si celle-ci est absente, de la bonne volonté à les extrader du pays qui est le leur et où ils se trouvent chacun en ce moment-même, à savoir respectivement l’Espagne pour M. Javier Martin-Artajo et la France pour M. Julien Grout.

Commentaire : Vous avez peut-être noté le style curieusement « communiqué de presse » des lignes ci-dessus, il y a à cela une raison : j’ai été contacté au mois de juin pour intervenir dans cette affaire en tant qu’expert en formation des prix (financiers) appelé à témoigner lors d’un éventuel procès aux États-Unis. J’en ai accepté le principe et je vais du coup m’abstenir jusqu’à nouvel ordre de commenter cette affaire (une première !) ; il serait néanmoins dommage qu’on n’évoque pas sur le blog ses futurs développements.

À la manière des personnes qui vont très diplomatiquement se chercher un verre d’eau en-dehors de la salle quand l’ordre du jour passe à une affaire qui les touche lui ou elle personnellement ou des membres de leur entourage, je lance hypocritement mais déontologiquement un appel à toute personne bien informée en ces matières, coutumière des analyses équilibrées, pour qu’elle rende compte ici des futurs développements de l’affaire de la « baleine de Londres ». On me contacte soit en utilisant le formulaire « Me contacter », en haut à droite, soit en m’écrivant directement ici.

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