Archives par mot-clé : Jean-Claude Juncker

Négos européennes : UNE STRATÉGIE D’INFLUENCE PAR DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité

Réunis ce soir en sommet, les dirigeants européens se retrouvent en pays de connaissance afin de poursuivre – et si possible conclure – leur grand marchandage pour les postes à pourvoir. Ils persévèrent – faute de mieux – dans leur stratégie d’influence, à la suite de l’élection de Jean-Claude Junker à la présidence de la Commission par le Parlement européen. Le candidat avait auparavant multiplié les ouvertures en direction des députés socialistes hésitants, mais nombre d’entre eux n’ont pas voté pour lui ou se sont abstenus.

Il avait pourtant annoncé un pactole de 300 milliards d’euros d’investissements privés et publics, qu’il se propose de réunir dans les trois ans à venir afin de stimuler l’économie. Mais, comme de coutume, cette somme destinée à faire impression est un trompe-l’œil. 80 milliards d’euros viennent de fonds structurels disponibles, 180 milliards d’euros pourraient provenir de la Banque européenne d’investissement après avoir été levés sur les marchés, et les 40 milliards restant proviendraient des project bonds de José Manuel Barroso, le président sortant. Le Président Juncker ne sort pas de l’épure dont il a hérité.

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Présidence de la Commission : UN CHOIX QUI FAIT SYMBOLE, par François Leclerc

Billet invité

Une cinquième colonne serait-elle à l’œuvre à Bruxelles ? Tandis que se poursuivent les préparatifs de l’élection par le Parlement de Jean-Claude Juncker, ancien premier ministre du Luxembourg, à la présidence de la Commission, la direction de la concurrence de celle-ci a officiellement demandé au gouvernement de ce paradis fiscal des informations à propos du régime accordé à Amazon, dans le but de vérifier que les règles européennes en matière de concurrence sont bien appliquées.

Ce biais a été trouvé pour engager trois enquêtes à propos de l’optimisation fiscale d’entreprises comme Apple, Starbucks et Fiat, respectivement en Irlande, aux Pays-Bas et au Luxembourg. Parallèlement, la Commission a lancé une procédure d’infraction contre ce dernier pays, accusé d’avoir fourni « peu d’informations et de piètre qualité ».

Si le rapprochement s’impose, le symbole fait tâche. Mais comment se fait-il qu’il ne soit pas relevé ?

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Croissance : n’attendons pas de miracles de la BCE ! C’est à l’autorité politique d’agir ! par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Également publié ici.

Les déclarations de Jens Weidmann, Président de la Bundesbank, affirmant son opposition à d’éventuels rachats de dettes souveraine en zone euro, venant après les mises en garde de la BCE sur les bulles financières, confirment que la banque centrale n’a désormais que de faibles marges de manœuvre en matière de politique monétaire. Les discours de Mario Draghi sur la possibilité de recourir à des achats « illimités » de dettes souveraines risquent ainsi d’apparaître de plus en plus en décalage avec le texte des traités et avec les exigences de la stabilité financière.

Que les investisseurs rêvent de nouveaux miracles de la BCE est assez logique puisqu’ils en demandent toujours plus pour entretenir la hausse des marchés… Que les gouvernements les rejoignent, comme l’ont laissé entendre certaines déclarations récentes, est beaucoup plus étonnant. Les clés de la croissance sont désormais entre les mains de l’autorité politique, pas de la banque centrale.

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L’actualité de la crise : « ON NE FAIT PAS ÇA EN PLEINE RUE… », par François Leclerc

Billet invité

Tout reste à faire. Après avoir affiché hier son unité de vue avec Nicolas Sarkozy, Angela Merkel a lâché le morceau dès ce samedi matin devant le congrès du CDU à Berlin. Réaffirmant plus que jamais la nécessité de contributions « substantielles » des banques, tout en reconnaissant désormais la nécessité qu’elles soient « volontaires », la chancelière a fait valoir que « on ne fait pas cela en pleine rue »…

Réclamant que les négociations nécessaires pour aboutir à la mise en oeuvre de cette solution devaient être menées dans l’ombre, elle n’a pas nécessairement contribué à détendre l’atmosphère ! D’autant qu’il n’existe aucun dispositif pour mener à bien cette négociation et qu’une foire d’empoigne s’annonce, chacun voulant protéger ses banques. Enfin, pour couper court aux faux-semblants, Wolfgang Schaüble, le ministre des finances, a exigé que les contributions des banques soient « quantifiables » et « sûres »… Derrière les mêmes mots, il n’y avait décidément pas nécessairement les mêmes sens, lors du sommet franco-allemand.

Deux questions doivent être résolues, qui vont demander du temps : quel pourcentage de la dette grecque détenue par les banques va pouvoir être roulé, et quelles contre-parties vont devoir leur être accordées ? Car elles peuvent sans trop de difficultés – les principales d’entre elles l’ont fait savoir publiquement, en faisant état de leur exposition devenue mesurée – assumer des pertes si elles sont limitées, à condition de se récupérer par ailleurs, ce qu’elles n’ont bien entendu pas explicité mais ont bien l’intention d’obtenir.

A y regarder de plus près, le seul sacrifice que les banques devront consentir sera d’augmenter leurs besoins de financement du même montant que celui de la dette qu’elles feront rouler, ce qui permet de comprendre sur quel terrain elles vont chercher des compensations. Or, on sait que le marché est très encombré et que les banques craignent des hausses des taux qui amoindriraient leurs marges et pèseraient sur leur rentabilité. C’est cela qu’elle vont vouloir améliorer par anticipation des difficultés à venir.

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