Archives par mot-clé : Jean-Claude Juncker

Europe : les masques tombent, par Bruno Colmant

Billet invité. Sur son propre blog.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission, vient de commettre une affirmation qui sonne conme un avertissement en écho au résultat des élections grecques : Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens.

Le propos a le mérite d’être clair, à tout le moins au niveau de ce que le Président de la Commission représente : les pays de la zone euro avaient déjà perdu leur souveraineté monétaire, leur souveraineté fiscale (au travers de la signature du Pacte de Stabilité et de Croissance), mais voici que c’est l’orientation démocratique qui devrait désormais faire l’objet d’un abandon d’expression.

Même si le propos de Jean-Claude Juncker est certainement juridiquement incontestable, il faut être très prudent dans le déni du choix grec car l’adhésion démocratique européenne vacille, ainsi qu’il fut démontré aux dernières élections européennes.

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ON N’EN A PAS FINI AVEC LES LUXLEAKS, par François Leclerc

Billet invité

Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) cultive le sens de l’opportunité : l’équipe a choisi la veille de la prestation de serment de la Commission Juncker devant la Cour de justice européenne comme date pour la publication de ses nouvelles révélations dans une sélection de grands titres de la presse européenne !

Trente-cinq nouvelles entreprises figurent à ce palmarès d’un nouveau genre – parmi lesquelles Skype (Microsoft), Invista des frères Koch, Bombardier ou encore Walt Disney – pour avoir bénéficié d’une même complaisance fiscale de la part du Luxembourg, via le mécanisme du « tax ruling » (rescrit fiscal). Selon le quotidien belge Le Soir, on trouverait à la manœuvre le gratin des cabinets d’audit et de conseil : PricewaterhouseCoopers (PwC), KPMG, Deloitte et Ernst & Young. Leur rôle central serait enfin mis à jour. Au total, selon les précédentes révélations, quelques 340 transnationales auraient bénéficié de cette optimisation fiscale pratiquée à l’échelle industrielle, représentant des milliards d’euros de recettes fiscales évaporées en fumée.

Quatre enquêtes avaient été lancées par la Commission, en juin dernier, impliquant non seulement le Luxembourg, mais également l’Irlande et les Pays-Bas pour des pratiques similaires favorisant Apple, Starbucks, Fiat et Amazon. Sur la défensive, Jean-Claude Juncker fait valoir qu’il n’a « rien de plus à {se} reprocher que ce que d’autres auraient à se reprocher » et promet de ne pas interférer avec les enquêtes en cours, qui sont menées par Margrethe Vestager, la commissaire à la concurrence. « Je ne suis pas l’architecte du système (…) mais objectivement parlant je suis affaibli.», avait-il déjà reconnu, après avoir fait face à une motion de censure au Parlement européen, rejetée grâce au soutien réitéré manifesté par le groupe des socialistes et démocrates.

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LE PATAQUÈS EUROPÉEN (suite), par François Leclerc

Billet invité.

Est-il utile de revenir sur un plan Juncker d’investissement, soutenu « sur le principe » et du bout des doigts par Angela Merkel, et que le gouvernement français voudrait « améliorer ». Ces réactions toutes diplomatiques enregistrées, il est quasi-unanimement décrié. Que l’on considère la faiblesse de son montant, l’absence de fonds publics, ou son mécanisme d’appel à des fonds privés, il est peu crédible et il en va de même de ses résultats. Mais, il faut le concéder, ce plan ne fait qu’exprimer l’étroitesse des marges de manœuvre de ses concepteurs, que l’on connaissait déjà.

Vitor Constancio, le vice-président de la BCE, est-il mieux loti que Jean-Claude Juncker, qui vient d’être conforté par un confortable vote de confiance du Parlement européen, sociaux-démocrates compris, en dépit des LuxLeaks ? Présentant le rapport bi-annuel de stabilité financière de la banque centrale, il a annoncé que « tous les indicateurs de risque systémique en zone euro sont à un niveau très bas, et certains d’entre eux à des niveaux similaires à ceux d’avant la crise ». Toutefois, ayant évacué tout semblant d’interrogation sur la qualité de ces indicateurs, il s’inquiète que « le shadow banking représente 60% du total des actifs bancaires en Europe », avec comme leçon que « nous devons en savoir plus, et avoir une meilleure connaissance de l’exposition du secteur réglementé de la finance vis-à-vis de secteurs moins réglementés ».

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C’EST À PEINE CROYABLE ! par François Leclerc

Billet invité.

Au fil des fuites, le mirifique plan d’investissement sur 5 ans de Jean-Claude Juncker se réduit comme une peau de chagrin. Sans attendre sa présentation au Parlement de demain, le chef du bureau du Financial Times à Bruxelles, toujours bien informé mais cette fois-ci prudent, en a donné les grandes lignes possibles. Il reposerait désormais sur l’octroi de 21 milliards d’euros de garanties de la Commission et de la Banque européenne d’investissement (BEI) à un fonds géré par cette dernière, en vue de lever sur les marchés 315 milliards d’euros auprès d’investisseurs privés. Cela représenterait un effet levier potentiel de 15, chiffre qui explique que l’objectif soit passé de 300 à 315 milliards, une fois fixé l’apport initial de 21 milliards d’euros. Derrière la magie des chiffres, l’arithmétique…

Depuis le début, il a été expliqué qu’il serait fait appel à des fonds privés aux côtés de fonds publics, mais l’on cherche en vain ces derniers dans ce montage financier – si ce n’est sous forme de garanties qui ne sont que des promesses – et l’on s’interroge sur les motivations des investisseurs à mettre au pot s’ils ne sont pas mieux et plus fortement prémunis contre les pertes, comme il en était question et comme cela pourrait revenir sur le tapis dans un second temps.

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PAGAILLE ET GESTICULATIONS EUROPEENNES, par François Leclerc

Billet invité.

C’est un début de semaine de rumeurs et de ballons d’essais. Quel sort va être réservé aux projets de budgets italien et français ? Quelles mesures de soutien à la croissance la mission franco-allemande Jean Pisani-Ferry/Henrik Enderlein va-t-elle préconiser (et lesquelles seront finalement adoptées) ? Quel vont être les contours du plan d’investissement de Jean-Claude Juncker ?

Toutes les réponses ne seront pas apportées dans l’immédiat car la réunion de l’Eurogroupe du 1er décembre, qui devait statuer à propos de la première question, a été reportée pour cause d’intense bagarre, d’après le quotidien allemand Handelsblatt. Les propositions du couple franco-allemand seront quant à elles bien dévoilées jeudi, mais elles ne sont pas encore finalisées, affirme le magazine Der Spiegel qui croit cependant en connaitre les grandes lignes. Sans attendre, des distances avec leur contenu supposé sont prises par le chef de file des députés socialistes français, Bruno Le Roux. Enfin, le plan Juncker, qui devrait s’appeler « Investir en Europe », sera présenté au Parlement européen mercredi, après avoir été « techniquement finalisé » ce week-end, ce qui signifie que des arbitrages politiques sont encore à rendre.

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L’ENA hors-les-murs, « 2014 : Malversations financières en tout genre », N° 447, décembre 2014

L’année financière 2014 a débuté dans l’inquiétude qui avait caractérisé le deuxième semestre 2013 : que se passerait-il lorsque le quantitative easing américain, la création mensuelle de 85 milliards de nouveaux dollars, prendrait fin ? Une annonce anticipée avait causé en juin la panique sur les marchés boursier et obligataire, l’injection d’argent frais ne trouvant pas de débouchés dans une économie mondiale anémique, et alimentant du coup les bulles financières. Sur ce plan, c’est en laissant dans son sillage un parfum d’amateurisme que Ben Bernanke quitta la direction de la Federal Reserve dont il avait été le gouverneur pendant huit ans. Mme Janet Yellen, personne connue pour sa compétence et sa modération de centre-gauche, prit sa suite en janvier 2014. Son mari, George Akerlof, prix Nobel d’économie en 2001, par ailleurs très respecté, lui serait de bon conseil.

Janvier secoua la direction du Parti Communiste chinois quand il apparut que les familles de dirigeants chinois parquaient leurs économies dans les havres fiscaux, et leurs enfants à des postes décemment rémunérés dans les grandes banques d’investissement américaines. La preuve était faite que ce n’était pas seulement au capitalisme sauvage que la Chine s’était convertie mais aussi au capitalisme de connivence, et là aussi avec l’enthousiasme du nouveau converti.

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Le Monde, Et le Luxembourg apparut soudain sur la carte, mardi 18 novembre 2014

Et le Luxembourg apparut soudain sur la carte

Le Grand-Duché de Luxembourg est apparu sur la carte de l’indignation mondiale, ou en tout cas européenne, le 5 novembre, avec la parution des documents dits Luxleaks : 28.000 pages dérobées aux archives de la firme d’audit PricewaterhouseCoopers, révélant le rôle joué par elle dans l’obtention de « tax rulings » pour 548 sociétés, décisions administratives délivrées par le service Sociétés 6 et permettant à une firme domiciliée au Luxembourg de bénéficier d’une imposition privilégiée dont le taux est en général très inférieur aux 29% officiels et parfois proche de zéro, ainsi, le moins d’1% d’imposition dont bénéficie le service postal FedEx.

Comment expliquer cet émoi alors que tout ouvrage consacré aux havres fiscaux consacre un de ses premiers chapitres au Grand-Duché ? Comment l’expliquer alors que l’affaire ne date pas d’aujourd’hui puisque c’est en 1929 que le pays s’est engagé dans cette voie en exonérant d’impôt les compagnies holding qui s’y domicilient ? « Secret de polichinelle ! » titre un article de la presse financière, et en effet. C’est qu’il existe une différence essentielle entre un secret de polichinelle pour les gens du métier et pour Monsieur et Madame Tout-le-monde.

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Euractiv.fr, Paul Jorion : « L’autorité morale de Juncker est mise à mal », le 14 novembre 2014

L’entretien est également disponible en anglais ici

Euractiv.fr, Paul Jorion : « L’autorité morale de Juncker est mise à mal »

Le scandale des LuxLeaks représente-t-il un risque pour la nouvelle Commission ?

L’autorité morale de Jean-Claude Juncker a été mise à mal. Certes il veut redonner espoir avec un plan d’investissement, et c’est une bonne idée. Surtout si cela permet de donner du travail et donc de rendre du pouvoir d’achat aux Européens. Mais sa crédibilité est entachée par les révélations sur les pratiques fiscales du Luxembourg.

Nous avons aujourd’hui à la tête de la Commission un homme qui a mené la mise en place de l’austérité au sein de l’Eurogroupe. Et ce, tout en organisant l’évasion fiscale des grandes entreprises au Luxembourg. Les États ont perdu des milliards notamment par sa responsabilité, et maintenant il voudrait nous imposer des politiques d’austérité. On dit au peuple qu’on a plus d’argent alors qu’on sait où il est. C’est une position intenable.

La suite sur le site Euractiv.

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RIEN QUE DES BRAVES GENS… par François Leclerc

Billet invité.

On n’a pas fini de sortir des cadavres des placards : le Luxembourg favorisait à grande échelle l’optimisation fiscale de 340 grandes entreprises transnationales entre 2002 et 2010, du temps où Jean-Claude Juncker en était le premier ministre, et la BCE a en 2010 pratiqué un chantage caractérisé sur le gouvernement irlandais, afin que l’État fasse sa demande d’un plan de sauvetage et prenne à sa charge le sauvetage des banques du pays, et celles des banques européennes qui en étaient les créancières du même coup, du temps où Jean-Claude Trichet en était le président.

Les deux larrons sont pris la main dans le sac, et même si ce ne sont pas à proprement parler des révélations, les preuves en sont désormais étalées sur le tapis. Le Irish Times a publié la lettre adressée par la BCE au ministre irlandais des Finances de l’époque, Brian Lenihan, et le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a rendu public, sous le nom de Luxleaks, 28.000 pages de documents provenant de PriceWaterhouseCoopers, la grande société d’audit, de conseil et d’expertise comptable, en première ligne au nom de ses mandants lors de négociations fiscales à répétition sous couvert de la procédure du « tax ruling » luxembourgeoise.

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Europe : DIRIGEANTS AU BORD DE LA CRISE DE NERFS, par François Leclerc

Billet invité.

Halte au feu, ça tire dans tous les sens ! Jean-Claude Juncker prend à partie Matteo Renzi et David Cameron en les traitant de menteurs, Passos Coelho fait en public acte de résistance à la Troïka et, last but not least, Mario Draghi est mis en cause par des gouverneurs de Banques centrales. Chacun de ces épisodes a son propre contexte et ses raisons, mais ensemble ils témoignent de la rencontre avec un même obstacle grandissant : la stratégie de désendettement européenne est à force tout au bout du rouleau.

Le panorama ne laisse pas place à beaucoup d’ambiguïté. Un avertissement a été prodigué à Mario Draghi, sous la forme d’une fuite organisée dont a bénéficié l’agence Thomson Reuters. Derrière la mise en cause de son style trop personnel pointe le refus de le voir poursuivre sur la trajectoire qu’il a choisie, annoncée lors de son discours de Jackson Hole qui a semble-t-il pris au dépourvu les membres du conseil des gouverneurs. Hors de question, sous-entendent en substance ses opposants, que des interventions reposant sur une création monétaire massive soient engagées, une mise en garde pouvant signifier qu’une telle intervention serait considérée avec attention. Bien que minoritaires, les opposants ont la capacité de bloquer des décisions qui dans la tradition de la BCE supposent un large consensus, nous faisant assister non pas à un épisode de plus de l’opposition larvée entre les autorités allemandes et Mario Draghi, mais à un véritable clivage qui paralyse désormais la BCE pour toute grande décision. Les marchés ne vont pas aimer.

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L’IMPUISSANCE ÉRIGÉE EN RÈGLE DE CONDUITE, par François Leclerc

Billet invité

Pas un mot n’a été prononcé à voix haute à Bruxelles sur la sortie des clous de la France et de l’Italie, mais on n’y a parlé que de cela, tout se passant derrière le rideau. Pas tout à fait d’ailleurs, car Matteo Renzi a rompu tous les usages en rendant publique sur le site du ministre des finances une lettre « strictement confidentielle » du commissaire européen Jyrki Katainen relevant des prévisions budgétaires 2015-2017 s’écartant des objectifs et demandant des clarifications.

Le président du Conseil italien a mené une opération politique : « le temps d’une totale transparence est venu, je pense que les lettres secrètes appartiennent au passé. Avec l’Italie, les données seront intégralement publiques : nous voulons que tout soit clair avec Bruxelles, car c’est seulement de cette manière que les citoyens pourront tout comprendre ». François Hollande a refusé d’en faire autant, arguant du caractère « banal » du courrier qu’il a également reçu, le résumant à un acte de procédure.

De la politique, la BCE ne répugne pas non plus d’en faire. Quelle crédibilité va-t-on en effet pouvoir accorder aux résultats des stress-tests des banques et à l’examen de leurs bilans (Asset Quality Review) si, comme des fuites le laissent présager, un nombre limité de victimes expiatoires est déjà prévu pour tomber au champ du déshonneur ? Yves Mersch, membre du directoire de la BCE, clame déjà victoire : même avant l’annonce des résultats, « l’évaluation globale » (le nom officiel de l’exercice) a rempli ses objectifs, les banques ayant renforcé leurs bilans. On serait tenté de lui dire qu’il est inutile, dans ces conditions, d’en publier les résultats, et qu’il vaudrait peut-être mieux ne pas lever l’incertitude en décrochant l’épée de Damoclès !

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Gros hoquet des marchés : PAS GLOP ! PAS GLOP ! (*) par François Leclerc

Billet invité

Tel un volcan qui donne soudainement les signes précurseur d’un réveil toujours possible, les marchés ont eu hier et poursuivent ce matin un gros hoquet, se rappelant ainsi à notre mauvais souvenir. De tous côtés, aux États-Unis, au Japon et en Europe, la situation reste précaire et les signes s’en sont dernièrement multipliés, les incertitudes sur l’atterrissage et la stabilisation de l’économie chinoise venant s’y ajouter. Aucun pays ne peut toujours se prévaloir d’avoir retrouvé une santé restant florissante.

Les marchés financiers ont hier perdu pied et Wall Street en a donné le signal à la suite de la publication de trois indicateurs indiquant une baisse des ventes au détail aux États-Unis, un fort ralentissement de la production industrielle dans la région de New York et un accroissement des stocks des entreprises. L’Allemagne venait tout juste d’envoyer de mauvais signaux. Les bourses européennes ont suivi et enregistré des baisses brutales, concédant jusqu’à plus de 6% à Athènes et de 3 à 4% en moyenne. A Tokyo, le Nikkei enchaînait ensuite à la baisse.

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COMPTE À REBOURS DU SOMMET DES 23 ET 24 OCTOBRE, par François Leclerc

Billet invité.

Jour après jour, les nouvelles tombent et vont dans le même sens :, celui de la détérioration de la situation en Europe. Selon l’Office fédéral de statistiques, la production industrielle allemande enregistre une chute de 5,7% en août, et il est difficile de la résumer au contrecoup de la forte progression de juillet dernier afin de ne pas y voir un signe de faiblesse n’ayant rien de conjoncturel. La croissance s’était déjà contractée en Allemagne au second trimestre, va-t-il en être de même au troisième, ce qui signifierait techniquement une récession ? La baisse enregistrée est principalement à attribuer aux exportations, en premier lieu en-dehors de la zone euro (là où sont placés tous les espoirs), mais le ralentissement des exportations est général, au sein de la zone comme vers les pays de l’Est européen et les pays émergents. Le modèle du salut par l’exportation n’en sort pas confirmé.

Pour la zone euro, les prévisions d’inflation à cinq ans continuent de diminuer, tandis que celles à deux ans le font encore plus fortement. Elles s’établissent à 1,094% aujourd’hui, pour un objectif d’inflation de la BCE « proche de 2% », rappelons-le. L’Istat, l’institut italien de statistiques, ne décèle aucune amélioration à ce sujet à l’horizon qui est le sien. Il prévoit par ailleurs une progression du PIB de la zone euro de 0,2% aussi bien au 3ème que 4ème trimestre, et de 0,3% au premier trimestre de l’année prochaine (et il s’agit de moyennes !). Cette très faible croissance profiterait avant tout de l’effet d’entrainement des nouvelles liquidités déversées par la BCE, selon l’institut. Continuer la lecture de COMPTE À REBOURS DU SOMMET DES 23 ET 24 OCTOBRE, par François Leclerc

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AU PARLEMENT EUROPÉEN, LA CRISE POLITIQUE DÉBORDE, par François Leclrerc

Billet invité.

La crise politique qui parcourt toute l’Europe trouve son expression naturelle au Parlement européen, à l’occasion des auditions des candidats aux postes de commissaires. Une grande coalition composée des sociaux démocrates, des libéraux et des groupes de droite (PPE) avait pourtant été constituée avec pour objectif de garantir que les choses se passent sans mal. Mais tout est allé de travers, et une réunion de crise va réunir mardi ses protagonistes avec Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, afin d’éviter une catastrophe lors du vote d’investiture prévu le 22 octobre prochain.

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Europe : L’IRRÉSISTIBLE ABSENCE D’UNE POLITIQUE DE REMPLACEMENT, par François Leclerc

Billet invité

Comment transformer l’essai marqué il y a bientôt une semaine par Mario Draghi ? La question reste sans réponse, bien que ce dernier ait recherché une formule permettant de débloquer la situation en suggérant de conditionner des marges de flexibilité fiscale accrues à la réalisation de réformes libérales. De quoi, espérait-il, rassurer un gouvernement allemand qui n’a pas saisi la perche tendue, conforté par ce que le changement de gouvernement en France pourrait annoncer, qu’il encourage du geste et de la voix.

Renouvelant leurs pressions antérieures, bien qu’elles soient restées sans succès, Matteo Renzi et François Hollande proposent aujourd’hui une planche de salut sous la forme d’un sommet sur la croissance et l’emploi, qui pourrait se tenir en octobre prochain. Ils espèrent que le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, saura mettre en musique son mirifique projet de plan pluriannuel d’investissement fait de bric et de broc, qui n’a pas suscité de grand enthousiasme outre-Rhin, c’est le moins que l’on puisse dire. Se cantonnant sur les marges, ces jeux d’esquive ne sont pas à la hauteur de la situation. Le sort réservé au projet de Mario Draghi peut-il laisser des illusions ?

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