Archives par mot-clé : Justice

You’re fired* !, par Roberto Boulant

Billet invité.

La vieille morale de nos grands-mères n’a plus cours. Il est devenu rentable d’enfreindre la loi pour peu que vous apparteniez aux classes dominantes. C’est déjà chose commune depuis longtemps pour le haut de la pyramide alimentaire, pour ces banksters qui pris la main dans le sac se contentent de fournir quelques sous-fifres à la justice en guise de victimes expiatoires, puis qui se remboursent sur la bête, pardon sur les employés et les clients, de l’amende infligée.

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La solution du dilemme entre amitié et justice, par Dominique Temple

Billet invité.

La philia née de la réciprocité de bienveillance ne peut être réservée qu’à peu d’amis. Elle exige la totalité de l’investissement de chacun pour le plus petit nombre. Entre amis, l’amitié est un impératif catégorique qui s’affranchit même de la justice, ce pour quoi elle est source d’une difficulté : l’amitié ne défie-t-elle pas la justice lorsqu’elle lie entre elles des individus qui la soumettent au calcul de leurs intérêts ? Une telle contrainte pose un dilemme qui résiste toujours à la réflexion philosophique. Comment peut-on passer de l’amitié du plus petit nombre à une amitié politique qui embrasse le genre humain ?
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Faire dire par Obama ce que l’on n’a pas l’habitude d’entendre en France, par Komensamarchvrèmant

Billet invité.

Hollande et Fabius ne se sont pas mis en tête de demander à Obama de prendre son téléphone pour demander aux Procs comme l’on dit ici, d’arrêter les ennuis faits à ces braves petits dirigeants de la BNP-Paribas. Ils laissent le soin à Sapin et Jouyet de gérer la casse. C’était pour obtenir la réponse officielle donnée par Obama lors du G7 : « Je ne connais pas le N° de tél de l’Attorney General ! »

Pourquoi il fait comme cela Hollande ? Eh bien parce qu’en France jusqu’en 2012, c’était une pratique habituelle des puissants de passer par les Politiques pour que les Procureurs cessent de regarder là où il y a des faits répréhensibles à imputer à tel ou tel VIP. Le summum c’était la Sarkosie et beaucoup n’ont toujours pas compris que c’est fini. La loi est récente, ils n’ont pas encore pris le temps d’en parler dans les dîners en ville mais ils croient encore que les magouilles dans leur monde de connivences entre gens intelligents bien élevés sont encore tout à fait possibles, après tout, aucun d’eux n’a encore été mis au cachot VIP à la Santé.

Les banques en France sont tenues sans doute autant qu’ailleurs par la grande bourgeoisie et cette grande bourgeoisie tient aussi les média. Lesquels média se gardent bien de rapporter les magouilles reprochées (ils ne sont pas abonnés à la presse US). Seul un journaliste de France 2 a lâché 3 secondes d’explications au 20h.

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KERVIEL : L’Affaire, que l’on ira liquider, par Zébu

Billet invité

J’ai écrit deux billets sur l’Affaire Kerviel : « Un rapprochement Kerviel/Dreyfus a-t-il un sens » et « L’Affaire, avec ou sans Jérôme Kerviel« .

Pour sa part, Paul Jorion a écrit toute une série de billets sur le sujet depuis 2008, comme il le rappelle dans sa vidéo récente.

Deux jours après l’arrêt de la Cour de Cassation, je voudrais donc faire le point sur l’Affaire, pour tenter d’y voir clair, entre les déclarations tonitruantes des uns, le silence des autres et les points de cet arrêt et ses potentielles suites juridiques.

On peut commencer comme Paul par rappeler que Kerviel n’est pas innocent. Il ne le prétend pas lui-même d’ailleurs et je partage l’analyse de Paul quant à sa vision ‘bourdieusienne’ des habitus manquants de Kerviel, qui lui auraient certainement permis soit de ne pas s’exposer sans assurances d’avoir été couvert par sa hiérarchie, soit de décrire le contexte comme aurait dû le faire un véritable ‘insider’, voir même de négocier sa sortie proprement avec la banque sans risque de passer trois ans en tôle.

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Et cette fois-ci, M. Moscovici, qu’allez-vous faire ?, par Zébu

Billet invité.

Cette fois-ci, ce n’est plus une histoire de défaut d’affichage de taux d’intérêt sur un fax de confirmation de prêt.

Cette fois-ci, c’est une commune, celle de Saint Maur des Fossés, qui gagne sur l’affaire des prêts toxiques en première instance contre Dexia mais aussi contre l’État français au travers de la CAFFIL, structure créée pour reprendre les créances pourries de la banque faillie et pour lesquels les États français et belge se sont portés garants, sur le fond même de l’affaire.

Cette fois-ci, ce sont les éléments constitutifs de l’identification des taux d’intérêts sur ces contrats dits ‘structurés’ qui sont jugés défaillants, à tel point que les juges ont estimé que non seulement le taux d’intérêt dit légal devait se substituer au taux d’intérêt qui s’est appliqué jusqu’à maintenant, soit un taux de 0,04%, mais aussi que les intérêts perçus au-delà de ce taux d’intérêt légal devaient être rendus à la commune et ce depuis la signature du contrat, soit depuis presque 7 ans.

Cette fois-ci donc, c’est bien la nature même de ces emprunts qui est en cause, la nature même des contrats qui est au cœur de l’affaire, puisqu’ils sont ‘structurés’ justement selon la justice de manière à ne pas permettre, même à une collectivité locale, d’identifier les tenants et aboutissants du crédit contracté.

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Procès Kerviel : le sursaut possible de la démocratie européenne, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Dans son appel à un sursaut de fierté de la magistrature dans l’affaire Kerviel, Paul Jorion décortique le déni de justice dans lequel le gouvernement de la République Française engage le citoyen français. La réalité financière des marchés globalisés, de la banque dérégulée et des privilèges fiscaux d’extra-territorialité sont placés au-dessus de l’exigence de justice qui est la condition d’un vivre ensemble civilisé.

Réalité financière de la justice

Afin de masquer l’élimination du bien commun de la démocratie dans la globalisation libérale, la puissance publique française impute au seul Jérôme Kerviel la cause de la perte de 4,9 milliards d’euro de la Société Générale. Le régime économique est exempté de tout vice qui a permis à un seul trader d’engager 50 milliards d’actifs et à quelques entreprises de spéculation de fabriquer des instruments pour prélever depuis 2008 plusieurs milliers de milliards de dollars sur la richesse mondiale.

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rtbf, MATIN PREMIÈRE, 5/5 de Marie Vancutsem dans le 5-7, mardi 8 octobre à 5h45

Deuxième épisode : L’affaire Kerviel – le scandale du LIBOR.

Marie Vancutsem reçoit cette semaine l’anthropologue Paul Jorion, observateur avisé du monde de la Finance.

Toute cette semaine nous balayons large : bilan 5 ans après le déclenchement de la crise, perspectives, alternatives possibles – ou non – au capitalisme tel qu’on le connait aujourd’hui. Ce matin, on va regarder de près les liens entre Finance et Justice. Des liens complexes, influencés par des enjeux majeurs. C’est donc ce que l’on voit tout de suite, avec Paul Jorion.

Le podcast est ici.

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