Archives par mot-clé : Mark Carney

LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES N’ONT PLUS LA MAIN, par François Leclerc

Billet invité.

« De nombreux citoyens des pays avancés perdent confiance dans le système, font face à une incertitude plus élevée et s’inquiètent d’une perte de son contrôle », s’inquiète Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre. Il avait précédemment été celui de la Banque du Canada, suite à un long passage chez Goldman Sachs. Il est aussi le président du Conseil de stabilité financière (FSB), créé par le G20 de Londres en 2009 qui chapeaute la régulation financière. Ses termes sont choisis et ses paroles ne sont pas prononcées à la légère.

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« Notre amie c’est la finance, la bonne finance… ». Réponse à Michel Sapin, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Tribune publiée dans L’Humanité Dimanche (31 juillet 2014).

La petite phrase du ministre a beaucoup fait rire dans certains milieux mais elle a choqué nos concitoyens. En quelques mots, le ministre a vidé de son contenu le discours du Bourget. Il est vrai que la déclaration de guerre du Président à la finance devenait un peu gênante après le récent virage libéral ! Michel Sapin a en quelque sorte rendu service à un ami… Mais à quel prix ! Cela donne le sentiment que l’on peut tout dire en politique, une chose et son contraire, même sur des sujets graves. Or, c’est précisément ce double discours qui tue la politique.

En deux ans, nous avons eu plusieurs exemples de ce grand écart entre la parole et les actes. D’abord, le Traité de stabilité budgétaire (TSCG) qui devait être renégocié et qui a été signé tel quel. Angela Merkel a beau jeu de rappeler à tout propos le texte du traité. Ensuite, la loi bancaire qui avait pour objet de montrer que l’on « s’occupe de la finance » et qui n’a pratiquement rien changé dans la vie des banques. Les financements aux fonds spéculatifs n’ont même pas été filialisés. Enfin, la manière de procéder pour mener à bien le projet de taxe sur les transactions financières (TTF) a été particulièrement cynique. Pierre Moscovici avait affirmé très solennellement qu’elle devait rapporter « plusieurs dizaines de milliards d’euros » et au final nous avons eu une vraie peau de chagrin. Rien d’étonnant puisqu’il a lui-même plaidé en coulisse pour une taxe minimale. Comment nos concitoyens pourraient-ils ensuite faire confiance à leurs dirigeants politiques ?

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Mark Carney et le conflit d’intérêt, par Jean-Michel Naulot

Billet invité.

À propos de la vidéo de Paul Jorion, Le temps qu’il fait le 27 juin 2014, relative au shadow banking et de l’intervention de la Fed vis-à-vis des hedge funds.

La même évolution est en cours à Londres.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, a confirmé il y a quinze jours ce qu’il avait annoncé en octobre dernier : il va mettre lui aussi à disposition du shadow banking des lignes de financement.

Lorsqu’il s’agit des chambres de compensation et des organisations de marché type ICE (International Currency Exchange), c’est très bien et même nécessaire. On peut d’ailleurs se demander pourquoi ces organismes sont encore classés en shadow banking puisqu’ils sont désormais plus régulés que la moyenne.

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Sur le mode du changement : PUSILLANIMITÉ ET LÉGÈRETÉ, par François Leclerc

Billet invité

Au train où vont les choses, les années passant, les autorités qui sont aux commandes ne sont pas prêtes à reprendre l’initiative sur le déroulement des opérations, alors que la faible volatilité qui est constatée sur les marchés est source d’inquiétude grandissante, comparée au calme qui précède la tempête. Sans savoir d’où viendra le prochain coup de tabac et quand il interviendra. Une incertitude qui résume l’opacité et la complexité d’un système financier en permanence proche du dérapage incontrôlé.

Seules quelques tentatives voient à peine le jour afin de prendre en compte ce qui s’observe comme le nez au milieu de la figure en Europe où c’est le plus flagrant : la voie empruntée n’est pas la bonne ! Plus réalistes, mais aussi aventuristes, d’autres persévèrent en ne poursuivant qu’un seul objectif : recommencer comme avant, en mieux naturellement !

Ne disposant jusqu’à maintenant que de deux options – aider sous conditions un pays si sa dette est soutenable, ou préconiser sa radicale restructuration dans le cas contraire – le FMI explore actuellement une troisième voie : donner du temps au pays pour la rembourser en allongeant sa maturité. Cette réflexion est issue en droite ligne de la situation grecque et du refus des autorités européennes de pratiquer une remise de peine en bonne et due forme, alors que depuis des mois le FMI la proclame inévitable. Ne pouvant l’obtenir, cette nouvelle politique pourrait, une fois adoptée, donner un peu de souplesse à un désendettement des États qui coince irrémédiablement, en application du vieux principe selon lequel quand on ne sait pas quoi faire, il faut gagner du temps. Elle pourrait être ultérieurement utilisée avec d’autres pays, les candidats ne manquant pas. Le dos au mur, il n’est toutefois toujours pas question d’admettre qu’il faudra en passer par plus radical !

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VU DE CHINE ET DU JAPON, par François Leclerc

Billet invité.

S’éloigner un peu de l’Europe permet un recul salutaire et d’observer sous d’autres angles, dans d’autre contextes, les manifestations régionales de la crise mondiale. Pour y retrouver peu ou prou les mêmes problèmes de dette et de croissance, les mêmes faiblesses des systèmes bancaires, ainsi que les effets identiques des politiques d’assouplissement monétaire des banques centrales.

Depuis qu’il a été découvert, le secteur bancaire informel chinois fait l’objet de grandes inquiétudes, relayées publiquement par Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du Conseil de stabilité financière (FSB) du G20. C’est moins sa taille – dont les évaluations oscillent entre 3.100 milliards et 3.500 milliards de dollars, soit dans le cas minimum 20% de la taille secteur bancaire public – qui impressionne que le danger d’une propagation au secteur bancaire public de défauts de paiement en son sein. Plusieurs sont déjà intervenus depuis le début de l’année et l’attitude du gouvernement chinois est suivie de près. Va-t-il intervenir résolument pour éviter une crise de confiance et une réaction en chaîne ou laisser faire pour donner un avertissement ? Difficile de trancher : des signaux contradictoires ont été jusqu’à maintenant donnés, des investisseurs anonymes et bienveillants procédant à un renflouement dans un cas et ne se manifestant pas dans d’autres. Comme s’il fallait à la fois donner une leçon à la spéculation qui s’est développée à la suite de la distribution par la banque centrale d’une manne de liquidités et veiller à ce que les incidents restent circonscrits afin de ne pas se propager.

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Mégabanques et risque systémique : LES PARENTS BOIVENT, LES ENFANTS TRINQUENT ! par François Leclerc

Billet invité.

Ne faisant plus scandale à force de se prolonger et se répéter, les enquêtes, poursuites et condamnations des mégabanques à propos de leurs manipulations du Libor ou sur les marchés des devises et de l’or se succèdent dans l’actualité. Les régulateurs des grandes places financières sont sur la brèche, le FBI et le ministre de la Justice américain s’en mêlent dans le cas du trading à haute fréquence, des traders sont suspendus ou tombent, les notables sont épargnés. Le monde financier serait-il fait de tricheries systématiques dont les mégabanques seraient les comparses ? On ne peut se résoudre à le croire.

Le FMI attaque le problème posé par ces mêmes banques systémiques sous un autre angle : trop grandes pour faire faillite et menaçant à ce titre la stabilité du système financier, elles continuent selon lui de bénéficier abusivement de la protection des États (la mansuétude, on n’en parle même pas). Les mégabanques seraient pour cette raison subventionnées par des « garanties implicites », estimées jusqu’à 300 milliards de dollars pour la zone euro, 110 milliards au Royaume-Uni et 70 milliards aux États-Unis (chiffres 2012). Également critiquée par la Fed et le Conseil de stabilité financière (FSB), cette rente de situation encouragerait la prise de risque des mégabanques, s’alarment les auteurs du rapport.

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L’actualité de demain : LE FANTÔME DU CASINO (*), par François Leclerc

Billet invité.

Un fantôme hante les sous-sols du monde financier. En y en faisant allusion hier dans le cadre d’une envolée magistrale sur le thème « nous construisons le système de liquidités de demain », Mark Carney, le nouveau gouverneur de la Banque d’Angleterre, ne pouvait que susciter la curiosité. Non pour s’être donné le beau rôle en excipant que « la Banque d’Angleterre est aujourd’hui l’ami des banques résistantes, des marchés constants et de bon collatéral ; et nous sommes l’ennemi des sauvetages avec l’argent des contribuables, des marchés fragiles et de l’instabilité financière », mais par ses précisions qui en appellent d’autres. Dans l’immédiat, nous saurons que l’institution se prépare à prêter des liquidités et du « bon collatéral » pour une plus grande période, à accepter en échange des actifs selon un plus grand éventail, et à diminuer le coût de l’utilisation de ces facilités .

Collatéral, le nom qui fait trembler est lâché ! Les banquiers centraux abordent rarement le sujet épineux des actifs qu’ils prennent en garantie dans le cadre de leurs relations avec les banques commerciales, continuant pour ce faire d’utiliser les notations des agences après avoir opéré une décote. Mark Carney évoque cette fois-ci la distribution aux banques de « bon collatéral » – comme s’il s’agissait de celle des prix – accréditant l’idée qu’il ne l’est pas toujours et pourrait faire défaut sur le marché.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 5 JUILLET 2013

Sur YouTube, c’est ici.

La conférence de presse de Delphine Batho. Jérôme Kerviel devant les prud’hommes. Refus d’asile politique pour Edward Snowden en France. Interdiction faite à Mediapart de mentionner les enregistrements relatifs à l’affaire Bettencourt.

– Blog de PJ : La lettre de Jacques Seignan au Président de la République, le 5 juillet 2013

Mario Draghi (Banque centrale européenne) et Mark Carney (Banque d’Angleterre) : les taux d’intérêt ne monteront pas dans un avenir prévisible.

De la chenille au papillon.

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L’AMI QUI PREND PARFOIS TROP SES AISES

J’ai déjà eu l’occasion de mentionner la nouvelle d’Edgar Poe intitulée L’ange du bizarre, où il est question d’un maladroit dans l’art de la sarbacane qui se transperce accidentellement la trachée en aspirant au lieu de souffler.

L’admirable poète, doublé de l’inventeur du roman policier, attire notre attention sur le fait que le bizarre se distingue de la simple anomalie par la complexité invisible qui le sous-tend. L’anomalie n’est parfois rien d’autre en effet qu’une incompatibilité très localisée entre deux logiques globales, alors que le bizarre a lui nécessairement toute une histoire, d’une grande densité psychologique le plus souvent.

Pensons par exemple à la remontrance de M. Christian Noyer lundi, à l’égard de la City, accusée de monopoliser le business financier de l’euro, alors que l’euro, on le sait bien, en fait, non seulement la City s’en fiche, mais elle s’assied dessus.

Anomalie ? Non, certainement pas : bizarrerie caractérisée ! Mais quelle peut bien être l’histoire complexe qui se cache là-dessous ?

Y a-t-il un rapport par exemple entre cette sortie et le fait que le prochain gouverneur de la banque d’Angleterre : M. Mark Carney, sera une fois de plus un ancien de Goldman Sachs ?

Il est vrai qu’après M. Mario Monti à la tête du gouvernement italien, M. Lucas Papademos, récemment premier ministre grec, et M. Mario Draghi à la tête de la Banque Centrale Européenne, on frise la saturation en matière d’anciens d’une banque qui s’est trouvée sous le feu des projecteurs ces années récentes pour une série de malversations.

Mais si l’on ne s’est pas formalisé à l’époque de la nomination de M. Draghi à la tête de la BCE, pourquoi s’offusquer de celle de M. Carney à la tête de la Banque d’Angleterre ?

Parce que trop, ce serait c’est trop ?

Il y a à mon sens quelque chose de cet ordre-là, non pas que Goldman Sachs finisse par taper sur le système de tout le monde mais parce qu’il devient de plus en plus difficile de distinguer ce que fait Goldman Sachs et ce qu’aimerait faire la Federal Reserve Bank of the United States of America si elle était une banque comme les autres.

Mentionnons pour mémoire, parce que trop voyantes, les portes tournantes entre le personnel de Goldman Sachs et celui de l’administration et du gouvernement américains, attachons davantage d’importance à l’impunité systématique dont bénéficient la banque et ses dirigeants : affaire des CDO synthétiques trafiqués en 2008, débouchant sur un non-lieu au plan pénal, malgré l’épaisseur du dossier, affaire du swap de change trafiqué qui permit à la Grèce en 2002 de manipuler son bilan et d’entrer dans la zone euro, non-lieu également aux yeux de M. Ben Bernanke, épisode rocambolesque de l’affaire Sergueï Aleynikov, ce programmeur de la GS inculpé un jour de fête nationale, auteur d’un logiciel qui « en de mauvaises mains permettrait de manipuler les marchés boursiers… malhonnêtement », etc.

On évoque souvent une banque devenue à ce point puissante qu’elle ferait la pluie et le beau temps au sein du gouvernement américain mais il me semble qu’il s’agit plutôt de l’histoire de quelqu’un qui s’est fait prendre la main dans le sac et qui, en échange de la liberté de ses mouvements, rend de menus services à ceux qui possèdent à son sujet un lourd dossier qui pourrait être rouvert, si nécessaire, à tout instant.

À mon sens, l’emportement de M. Noyer se situe au sein d’une tradition française où l’on trouve avant lui les noms de Pierre Mendès France, Charles de Gaulle, François Mitterrand : une tradition où l’Amérique commence parfois à vous courir sérieusement sur le haricot.

On a eu du mal jusqu’ici à comprendre ce qui distingue la politique de M. Hollande de celle qu’aurait menée M. Sarkozy dans un deuxième mandat, mais l’emportement lundi de M. Noyer signale peut-être précisément une différence. L’incident signifie-t-il aussi que la nomination de M. Draghi à la tête de la Banque centrale européenne ne serait pas passée comme une lettre à la poste sous M. Hollande ? On est au moins en droit de se poser la question.

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