L’AMI QUI PREND PARFOIS TROP SES AISES

J’ai déjà eu l’occasion de mentionner la nouvelle d’Edgar Poe intitulée L’ange du bizarre, où il est question d’un maladroit dans l’art de la sarbacane qui se transperce accidentellement la trachée en aspirant au lieu de souffler.

L’admirable poète, doublé de l’inventeur du roman policier, attire notre attention sur le fait que le bizarre se distingue de la simple anomalie par la complexité invisible qui le sous-tend. L’anomalie n’est parfois rien d’autre en effet qu’une incompatibilité très localisée entre deux logiques globales, alors que le bizarre a lui nécessairement toute une histoire, d’une grande densité psychologique le plus souvent.

Pensons par exemple à la remontrance de M. Christian Noyer lundi, à l’égard de la City, accusée de monopoliser le business financier de l’euro, alors que l’euro, on le sait bien, en fait, non seulement la City s’en fiche, mais elle s’assied dessus.

Anomalie ? Non, certainement pas : bizarrerie caractérisée ! Mais quelle peut bien être l’histoire complexe qui se cache là-dessous ?

Y a-t-il un rapport par exemple entre cette sortie et le fait que le prochain gouverneur de la banque d’Angleterre : M. Mark Carney, sera une fois de plus un ancien de Goldman Sachs ?

Il est vrai qu’après M. Mario Monti à la tête du gouvernement italien, M. Lucas Papademos, récemment premier ministre grec, et M. Mario Draghi à la tête de la Banque Centrale Européenne, on frise la saturation en matière d’anciens d’une banque qui s’est trouvée sous le feu des projecteurs ces années récentes pour une série de malversations.

Mais si l’on ne s’est pas formalisé à l’époque de la nomination de M. Draghi à la tête de la BCE, pourquoi s’offusquer de celle de M. Carney à la tête de la Banque d’Angleterre ?

Parce que trop, ce serait c’est trop ?

Il y a à mon sens quelque chose de cet ordre-là, non pas que Goldman Sachs finisse par taper sur le système de tout le monde mais parce qu’il devient de plus en plus difficile de distinguer ce que fait Goldman Sachs et ce qu’aimerait faire la Federal Reserve Bank of the United States of America si elle était une banque comme les autres.

Mentionnons pour mémoire, parce que trop voyantes, les portes tournantes entre le personnel de Goldman Sachs et celui de l’administration et du gouvernement américains, attachons davantage d’importance à l’impunité systématique dont bénéficient la banque et ses dirigeants : affaire des CDO synthétiques trafiqués en 2008, débouchant sur un non-lieu au plan pénal, malgré l’épaisseur du dossier, affaire du swap de change trafiqué qui permit à la Grèce en 2002 de manipuler son bilan et d’entrer dans la zone euro, non-lieu également aux yeux de M. Ben Bernanke, épisode rocambolesque de l’affaire Sergueï Aleynikov, ce programmeur de la GS inculpé un jour de fête nationale, auteur d’un logiciel qui « en de mauvaises mains permettrait de manipuler les marchés boursiers… malhonnêtement », etc.

On évoque souvent une banque devenue à ce point puissante qu’elle ferait la pluie et le beau temps au sein du gouvernement américain mais il me semble qu’il s’agit plutôt de l’histoire de quelqu’un qui s’est fait prendre la main dans le sac et qui, en échange de la liberté de ses mouvements, rend de menus services à ceux qui possèdent à son sujet un lourd dossier qui pourrait être rouvert, si nécessaire, à tout instant.

À mon sens, l’emportement de M. Noyer se situe au sein d’une tradition française où l’on trouve avant lui les noms de Pierre Mendès France, Charles de Gaulle, François Mitterrand : une tradition où l’Amérique commence parfois à vous courir sérieusement sur le haricot.

On a eu du mal jusqu’ici à comprendre ce qui distingue la politique de M. Hollande de celle qu’aurait menée M. Sarkozy dans un deuxième mandat, mais l’emportement lundi de M. Noyer signale peut-être précisément une différence. L’incident signifie-t-il aussi que la nomination de M. Draghi à la tête de la Banque centrale européenne ne serait pas passée comme une lettre à la poste sous M. Hollande ? On est au moins en droit de se poser la question.

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33 réflexions sur « L’AMI QUI PREND PARFOIS TROP SES AISES »

  1. Le Fliegende Hollände(r) fera fuir les gars de GS. Paul, nous en sommes au stade de l’écœurement, je sais pas si c’est de Poe, mais on y est !

  2. Bon papier, surtout le début…

    Je me disais : si on pense à deux logiques globales comme Goldman et JP Morgan – les deux bras armés US dans le monde financier…

    Quelle pourrait être l’étrangeté qui en découle et qu’il suffirait de voir, de discriminer… comme on réalise tout d’un coup que ce machin au milieu du visage c’est un nez…

  3. On a eu du mal jusqu’ici à comprendre ce qui distingue la politique de M. Hollande de celle qu’aurait menée M. Sarkozy dans un deuxième mandat, mais l’emportement lundi de M. Noyer signale peut-être précisément une différence. L’incident signifie-t-il aussi que la nomination de M. Draghi à la tête de la Banque Centrale européenne ne serait pas passée comme une lettre à la poste sous M. Hollande ? On est au moins en droit de se poser la question.

    Abracadabra!

    On a eu du mal jusqu’ici à comprendre ce qui distingue la politique de M. Hollande de celle qu’aurait menée M. Sarkozy dans un deuxième mandat, mais l’emportement dimanche de M. Montebourg signale peut-être précisément une différence. L’incident signifie-t-il aussi que la passivité vis-à-vis de M. Mittal dans le démantèlement de Grandrange ne serait pas passée comme une lettre à la poste sous M. Hollande ? On est au moins en droit de se poser la question.

    CQFD? Ceci dit, on peut se poser toutes les questions du monde, c’est notre droit…

  4. Il y a bien une différence entre Hollande et Sarkozy. L’une des preuves réside dans la distance observée par le gouv. francais face au gouv. de Merkel. Celle-ci est, comme on sait, plus proche du capitalisme dur de style anglosaxon. Le problème c’est l’endettement et la pieuvre de la finance internationale. Hollande ne peut échapper à cette pression, le risque d’un breakdown économique, accompagné d’une vague de paupérisation jamais connue auparavant, est très grand.

  5. @ Paul
    « …non pas que Goldman Sachs finisse par taper sur le système de tout le monde… »
    Ha ha ha !
    Quant à ça : « …quelqu »un qui, en échange de la liberté de ses mouvements, rend de menus services à ceux qui possèdent à son sujet un lourd dossier qui pourrait être réouvert, si nécessaire, à tout instant. »
    TOUS les politiques fonctionnent ainsi , SANS EXCEPTION .

    1. Exact. Une des fonctions de l’Etat, c’est, pour protéger la classe dominante,
      de constituer des dossiers sur toute personne d’influence,
      comme responsable politique ou syndical,
      et les « tenir », avec la menace de balancer un « dossier », ou si ils n’ont pas,
      avec un poste, une mangeoire, un virement discret.
      C’est à cela que servent divers services et leurs sous-traitants « privés »
      En France, comme ailleurs.
      Y échappent seulement ceux qui sont convaincus qu’il faut en finir
      avec cette dictature de la bourgeoisie et sont prêts à en prendre les risques.

  6. Là ,on a envie de dire un maximum de méchancetés,mais les mots nous manquent.Il y a le parcours désuet de la carte du tendre,vous savez ce labyrinthe amoureux ou l’on ne couche pas le premier soir, et les nouveaux parcours professionnels ,les ascensions fulgurantes avec pour marqueur de réussite, le passage obligé par un sommet, la banque new-yorkaise ,la bienfaitriste.

  7. Reçu 5/5

    Ce billet en quelques mots fait un résumé parfait de la situation Européenne, de la main invisible qui la gouverne, et enfin de la levée de bouclier de plus en plus voyante qui s’exprime à travers des personnalités et non des moindres.

    Christian Noyer pour l’aspect financier, mais pas que …
    Dans les médias, les intervenants (économistes habituels) commencent à renâcler et prendre le large avec la pensée unique qui a mangé son pain blanc.

    En tout cas merci d’exposer au nez de tous la vérité sur les années passées et sur la situation présente.

  8. Paul,

    Goldman Sachs n’a pas oublié l’Europe du Sud en cooptant ses ex-cadres, et pour que la fête soit complète, n’oublions pas d’inviter Mr Luis de Guindos Ministre de l’Economie et des Finances de l’Espagne, nommé préventivement (la comparaison avec les frappes préventives pratiquées ci-ailleurs me plait assez) par Mr Rajoy dès sa nomination -au vu de l’imposition de Mr. Monti en Italie par le FMI faisant fi de tout processus démocratique, et de peur qu’il lui arrive la même chose-, ainsi que Mr Carlos Moedas, plus discret mais au titre tout aussi ronflant de Chef de Cabinet du 1er Ministre du Portugal.

  9. Il n’y a pas que la Grèce , Arcelor Mittal est un autre exemple .En 2006 quand Mittal lance une OPA hostile sur Arcelor ,il a une aide de taille Goldmann Sachs et celle-ci peut alors par l’intermediare de Mittal financiariser l’acier , ventes à termes, contrats dérivés…Fin 2011 22.5 milliards de dettes, et le groupe distribuait encore 2,3 milliards d’euros de dividendes. Heureusement le gouvernement vient de prendre les choses en main et Mittal à promis 180 millions d’euros d’investissements.
    Ne rigolez pas si ça se trouve vous allez être actionnaire, avec vos impôts !!!! A mon avis ne compter pas trop sur les dividendes

    Depuis 2008, Lakshmi Mittal fait partie du conseil d’administration de la banque d’investissement américaine Goldman Sachs2.
    http://www.rtbf.be/info/economie/detail_mittal-un-colosse-aux-pieds-d-argile-en-train-de-flancher?id=7886483

    1. GS a déjà parié contre ses propres clients, mais aurait-il poussé la pureté du geste et parié contre l’un de ses actionnaires ? Ce serait tellement beau et touchant 🙂

    1. Yes…Eu la chance de le voir en concert sur la scène du Parc Floral de Vincennes il y a quelques années, tournée anniversaire des ses 80 bougies…Magique…
      Et ça fait le lien avec un autre souvenir, un concert du ‘petit taureau’poète…

  10. Bonsoir

    Si j’ai bien compris, Noyer ce serait un peu Haddock et GS Séraphin Lampion?

    Cordialement

    PS Paul vous avez oublié MF Global & Corzine qui a inventé la « vaporisation » des fonds des clients! ( futur Prix Nobel d’économie ou de chimie?)

  11. Rapport lointain avec un jubilatoire billet, certes, mais rapport tout de même : il existe un (merveilleux à mon sens) album d’Alan Parson qui a pour titre « Tales of Mysteries and Imagination From Edgar Allan Poe « .

    Il peut être écouté durant la lecture dudit billet (trop court, mais la concision fait toujours mouche), ou rien que pour le plaisir.

    Je dégage illico de ce site.

    A vous lire , M. Paul J.

  12. Au-delà du cadre global, le titre est très approprié en la circonstance. A souhaiter que l’entendement sera au rendez-vous, je ne vais pas faire un dessin….
    Je pense que la signification liée à la tradition française est d’une grande justesse. La conclusion du billet est intéressante et nous transporte dans une réflexion géopolitique.
    J’aimerai revenir particulièrement sur certaines interrogations légitimes qui suscitent l’étrange mais surtout des craintes. En dehors du cadre traditionnel des flux financiers, nous pouvons nous interroger sur les actions ou les champs d’actions, d’interventions du FSE (Exchange Stabilization Fund) aux US. En ce sens, jusqu’où pourrait-il intervenir et quelle pourrait être la nature de ses interventions sur les marchés et sur les pays ? Le FSE n’a pas à informer le Congrès US à propos de quoi que ce soit à l’avance. Il est placé sous la seule autorité du Secrétaire au Trésor et du président. Certaines rumeurs parlent même d’un lien entre le FSE et la Bundesbank ?
    Ensuite les US ont deux bras armés par l’intermédiaire de Goldman Sach (pour le monde politique) et de la JP Morgan (pour le monde économique : matières premières) afin d’imposer leur vision du monde mais pas uniquement (cf hedges funds, city of London,…).
    Si la maîtrise du monde politique est effectivement simple parce que les contraintes naturelles ne s’y opposent pas et les contraintes humaines sont illusoires car financées (« Atlantisme »), il n’en est pas de même du monde économique (la rareté).
    En effet, le marché des matières premières pose un réel problème et le comex par exemple en est l’illustration parfaite… La taille mais surtout l’importance stratégique de ces types de marchés sont cruciales géopolitiquement pour le système économique capitaliste (cf par exemple 1873 avec démonétisation de l’argent, 1965 avec la constitution, les frères Hunt, Warren Buffet,…).
    Ainsi, la loi Volcker ne permet plus aux banques (comme la JP Morgan) de manipuler directement les cours des matières premières en mettant en danger leurs fonds propres ainsi que les fonds de leurs clients mais elle peut aujourd’hui sortir de leur bilan les positions qu’elle prend avec un apport illimité pour le compte du trésor et de la FED (leurs clients). N’y aurait-il pas eu un lien entre les affaires Bear stearns, MF Global,… et la manipulation des cours des matières premières par le biais des produits dérivés comme instrument de gonflement des positions permettant de définir les tendances désirées sur les différents marchés ? D’ailleurs, les ordres « stop loss » permettent avec des calculateurs (HFT) de contrôler les marchés dans le sens voulu mais au détriment des petits intervenants (cf les affaires étranges où l’on découvre Corzine, Maguire,….). L’endettement ne serait-il pas aujourd’hui plus qu’un mode de financement mais un instrument de spéculation sur les marchés stratégiques. Ne serait-ce pas l’arme ultime de conservation des privilèges par une oligarchie mais également de maintien relatif et provisoire du niveau de consommation au sein des pays développés. L’inflation comme indice ne serait-il pas devenu un simple outil de propagande ou plutôt de camouflage des réalités ?
    Alors ne serait-ce juste qu’un gain de temps puisque l’on se rapproche de plus en plus du jour ou l’on ne pourra plus honorer les livraisons desdits produits malgré les instruments de « leverage » (cf réserves physiques) ? Je rappelle que notre société est gourmande en pétrole mais aussi matières premières et surtout en argent métal pour les composantes électroniques (dont apple, microsoft, samsung,..), le photovoltaïques, la santé, l’aérospatial et bien d’autres secteurs. Faut-il nécessairement que les populations soient de simples variables d’ajustement comme l’histoire nous l’a montré à de nombreuses reprises ? La démocratie serait-elle devenue une forme hybride de dictature : celle d’une oligarchie qui se sert des marchés. Je rappelle toutefois que l’Europe n’a pas de pétrole mais dispose de presque 30% des réserves mondiales d’argent métal (principalement en Pologne), de nombreuses ressources, de territoires fertiles et bien d’autres atouts.
    Pour conserver le système économique et monétaire actuel, les US sont dans l’obligation de manipuler le cours de certaines matières premières et donc procèdent à des actions spéculatives avec ses prises de positions qui sont financées dangereusement par les contribuables : pour combien de temps encore ? Quand l’épargne de toute une vie des citoyens américains (les fonds de pension cad retraites) ou les acquis sociaux des Européens partiront en fumée, j’ai bien peur que la colère des peuples emporte tout sur son passage et installe des dictatures bien avant la possibilité de créer un marché transatlantique….
    Parler résolution d’inégalités et de pauvreté au nom de la globalisation, de la mondialisation, du libre échange est illusoire et démagogique parce que les manipulations des cours des matières premières entraînent justement les disparités territoriales et sociales conservatrices. Il suffit pour cela de regarder la situation aux EU : l’illusion d’égalité des chances (voir sur arte « 740 Park avenue »), l’augmentation de la pauvreté,…. La domination commerciale internationale du modèle américano-anglais au nom du libéralisme fondé sur les inégalités (modèle économique) ne peut que créer des conflits internes (tensions sociales) et externes (Brics). L’originalité du modèle social français (chômage, santé, retraite,…) ne pourrait-il être un extincteur des tensions internes liées aux capitalisme ? Pour ce qui concerne les tensions externes, ce ne sont pas les chinois, les russes ou les brésiliens qui nous posent un réel problème mais notre stratégie prédatrice face à la rareté supposée (ou provoquée) des ressources mondiales. C’est pourquoi, « un programme européen » de valorisation des déchets, d’économie d’énergies, de lutte contre les gaspillages, de promotion des économies domestiques et renouvelables, de relocalisation des productions, de développement de la durée de vie des produits et de recyclage efficient est notre seule porte de sortie pour un monde raisonné (économie du bien-être et non pas du bien avoir). Les taxes pour l’environnement ne sont que de la poudre aux yeux si elles ne sont pas directement investies dans ces domaines pour les citoyens. Il me semble qu’il resterait assez de secteurs pour faire du « business » en conservant des relations internationales raisonnables, durables mais également productives….La spéculation et la main mise sur le commerce des produits de premières nécessités sont le reflet de la barbarie des capitalistes libéraux qui vous font des beaux discours sur la violence et l’absurdité des autres courants de pensée mais qui se comportent comme de vrais dictateurs en refusant le progrès social. La concurrence pour les pauvres et la solidarité pour les riches (cartellisation) sont les normes de la société capitaliste. La normalisation systématique nous conduit inévitablement à l’impossibilité d’une réflexion saine sur les enjeux de la nouvelle problématique des ressources limitées, de la redistribution des gains de productivité, des conditions futures d’existence,….
    L’Europe doit écrire sa propre histoire car si elle laisse les autres le faire à sa place alors elle n’aura que des miettes d’un système qui ne met pas l’humain au premier plan mais uniquement la propriété de la matière et de la technique (et par la guerre si il le faut) sans se soucier des réserves disponibles et des progrès possibles. C’est un comportement suicidaire au-delà d’être guerrier (la conservation des statuts) !

    1. olivier69,

      Je vous rejoins volontiers sur cette ligne de pensée. Pour l’appliquer, il est impératif de sortir du système des dettes ou système financier actuel. Avec ce dernier, le blocage de la situation est assuré, total et appelé à durer. Après et seulement après, il sera possible d’appliquer vos propositions que je trouve être simplement de bon sens.

      Ce critère me suffit pour les accepter.

  13. et bien Olivier69, vous avez tout craché. Vous avez du mettre pas mal de temps à rédiger votre article.
    Pour éviter toute manipulation sur les matières premières, yaka interdire les marchés à termes : si j’achète du blé, on me le livre, je ne peux vendre que du blé que je possède. C’est simple, et ça marche.

    Pour le recyclage des matières premières, je me demande pourquoi nous ne construisons pas à côté d el’usine de Flins (qui produit des voitures), une usine qui les déconstruit. On m’a dit que la Chine était un gros acheteur d’épaves de voitures. vrai faux, je n’en sais rien. Si c’est vrai, on est idiot.

    Malheureusement tant que les salaires chinois, indiens, africains n’auront pas rattrapé les notres dans des proportions raisonnables, nous souffriront. A moins qu’ on se réveille… mais comment ? A vos plumes. Les salaires portugais ne me semblent pas très élevés… pourquoi aler en Chine. Je ne comprends pas. Tout ceci ne mène de tout façon à rien… il vaut mieux le bien être que le bien avoir…
    Pour une reprise, c’est une reprise.

    1. Bonjour Remy,
      Pour éviter les manipulations de cours sur les marchés à terme, le fixing par exemple serait déjà un progrès considérable sachant que mr Jorion a donné l’ensemble des recettes applicables.
      Pour le recyclage des matières premières, il faut savoir que « la prime à la casse » était une idée des chinois qui sont gros demandeurs de métaux en contrepartie d’être des fournisseurs de produits mais également aujourd’hui des détenteurs de capitaux .

  14. Bonsoir Paul.

    « On évoque souvent une banque devenue à ce point puissante qu’elle ferait la pluie et le beau temps au sein du gouvernement américain mais il me semble qu’il s’agit plutôt de l’histoire de quelqu’un qui s’est fait prendre la main dans le sac et qui, en échange de la liberté de ses mouvements, rend de menus services à ceux qui possèdent à son sujet un lourd dossier qui pourrait être rouvert, si nécessaire, à tout instant. »

    Au regard d’un avis rendu le 29 novembre de cette année par la Cour européenne de justice qui a statué que la BCE pourra garder sous le sceau du secret ses dossiers concernant la fameuse entente entre Goldman Sachs et la Grèce en 2002, ce qui a permis au pays de camoufler la véritable étendue de ses dettes et de se joindre à la zone euro, il n’y a pas qu’au sein du gouvernement US que cette banque fait la pluie et le beau temps!

    Le plus amusant est dans la motivation de la CEJ, celle-ci « estime que la publication de ces documents mettrait en danger l’intérêt général en ce qui concerne la politique économique de l’UE et de la Grèce ».

    Il est bien évident que M Draghi n’était pour rien dans ces magouilles concernant la Grèce, c’est d’ailleurs pour ses compétences et sa grande probité qu’il a été porté à la tête de la BCE et que c’est aussi un pur hasard que les documents relatifs à cette escroquerie seront gardés secrets!

    Cette décision rendue par un ramassis de larbins qui se prétendent juges, qui n’est en fait pas une décision de justice mais politique, est un scandale sans précédent.

    Monsieur Draghi peut dormir définitivement du someil du juste, Goldman Sachs ne sera pas condamné ni les politiques grecs corrompus de l’époque. Personne ne sera inquiété pour s’être sciemment servi de la Grèce comme d’un cheval de troie mettant à mal la zone euro et ruinant la population grecque.

    La CEJ et la BCE travaillent pour qui?

    1. Comme dit Michel Surya: » La justice passe ».
      Dans L’Argent la ruine de la politique ,tome2 de de La domination.

      Ps:et Où est passé Jérémie.

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