Étiquette : Meyer Fortes

  • Cambridge University II. Le spectre d’Elsie R. Masson

    Leach était tout particulièrement enthousiasmé par notre projet d’histoire de l’anthropologie. Quand j’allais le voir pour lui faire part de mes progrès dans l’écriture, il m’attendait souvent avec impatience, ayant glané de nouvelles anecdotes dont il voulait me faire part, ayant découvert, en étant allé fouiner de son côté dans les archives, de nouveaux documents qu’il voulait me montrer. Il m’arriva aussi de l’épater un jour. Pour comprendre comment, il faut en dire davantage sur Malinowski, qui il était, et quel était son but dans la vie.

    Bronislaw Malinowski (1884-1942) était issu de la petite noblesse polonaise. Il avait pour ami intime celui qui deviendrait le fameux dramaturge et peintre talentueux Stanislaw Wietkiewicz (1885-1939).… Lire la suite…

  • Cambridge University I. Le projet d’une histoire de l’anthropologie

    Complétant en 1977 ma maigre pitance de « professeur » à Bruxelles, rémunéré en fait en vacataire, par une nouvelle bourse de la fondation Wiener-Anspach, j’étais cette fois doctorant de l’Université de Cambridge proprement dit, et non comme ç’avait été le cas de 1975 à 1976, doctorant de l’Université de Bruxelles en résidence à Cambridge. Ma thèse serait une histoire de l’anthropologie dans une perspective épistémologique inspirée de la philosophie des sciences qui connaissait alors un nouveau souffle sous l’influence de philosophes et d’historiens des sciences comme Thomas Kuhn (1922-1996), Paul Feyerabend (1924-1994), Joseph Sneed (1938-2020) et Wolfgang Stegmüller (1923-1991). Mon directeur de thèse était Sir Edmund Leach (1910-1989).… Lire la suite…

  • Meyer Fortes (1906 – 1983)

    J’ai déjà rédigé il y a près de cinq ans un billet de ce nom. Je n’y disais en fait pas grand-chose de Meyer Fortes, sinon ceci :

    Meyer Fortes, le sage « talmudique » (je ne sais pas ce que le mot signifie exactement, mais je crois que c’est bien cela que je veux dire !), qui se décrétait grand-père de certains étudiants thésards à Cambridge et devenait pour eux à partir de ce moment, leur ange tutélaire, chacun des mots qu’il leur adressait prenant alors la forme d’une bénédiction. Il est toujours là, perché à jamais sur mon épaule.

    Lire la suite…

  • Reprendre à zéro (bis) (1986)

    Reprendre à zéro (bis) a paru dans L’Âne Le magazine freudien, 27, 1986 : 17-18. Si l’anthropologie n’a pas produit jusqu’ici…

    Vous devez être connecté pour lire le contenu complet de l’article. Vous pouvez vous abonner iciLire la suite…

  • Gloire à nos grands maîtres !

    À la conclusion d’une séance de psychanalyse ce matin, je me suis dit : « Qu’aurais-je pu entendre sans les réflexions de Lacan sur le nom ? » Comme m’est revenue avant-hier l’observation de Pouillon sur le côté « approximatif » des cultures humaines. Comme l’illustration des « hypothèses saturantes » par Lévi-Strauss m’a permis de comprendre la grille de lecture d’un de mes contemporains. Comme l’aimable reproche que me fit un jour Meyer Fortes sur le pouvoir déformant de l’espérance. Comme la taquinerie de Leach sur la généalogie des poissons. Comme la remarque  de Jakobson sur la Scolastique qui me montra par quel bout prendre l’Intelligence Artificielle.… Lire la suite…

  • Meyer Fortes (1906 – 1983)

    MeyerJe me souviendrai toujours de ces regards qui se sont tournés vers moi – on devait être en 1998 à Pasadena – et qui voulaient dire : « C’est probablement toi qui connais la réponse ! », et je me disais moi : « Wo ! Wo ! Wo ! Wait a minute ! », attendez une seconde : je ne suis qu’un (pauvre) ethnologue (solitaire, et loin de chez moi !) appliquant la méthode de l’« observation-participante », je ne suis pas vraiment un… (gaspation !) banquier … (re-gaspation !) américain !… Lire la suite…