Archives par mot-clé : Olivier Blanchard

Obligations indexées sur la croissance : L’HEURE DES SOLUTIONS HÉTÉRODOXES, par François Leclerc

Billet invité.

Les interrogations se multiplient, les propositions hétérodoxes également. En raison des phénomènes inexpliqués qui surgissent à tout bout de champ, mais aussi de l’absence de solution à ceux qui sont identifiés. L’irrésistible accroissement de la dette et les pressions récessionnistes persistantes y figurent en bonne place.

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Grèce – Poursuivant en sifflotant mon petit bonhomme de chemin…

Certains s’étonnent – dans les commentaires ici, et dans les mails que je reçois – de mon humeur égale depuis le 25 janvier, date de la victoire de Syriza aux législatives grecques. Ils me recommandent d’adopter leur propre point de vue qui, si j’en juge par la suite de leurs messages, est fait de montagnes russes, où les périodes de désespoir profond succèdent aux époques de folle exaltation.

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« Penser tout haut l’économie avec Keynes », en librairie le 2 septembre

jorion
Comment reconstruire la réflexion économique après la crise de 2007 et la débâcle d’une « science » aux ordres de la finance ? En quoi la lecture de Keynes peut-elle nous y aider ?

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Le « multiplicateur » aura un bel avenir : il deviendra un outil économique standard. Le multiplicateur budgétaire mesure l’impact sur le Produit intérieur brut d’une réduction du budget de l’État ; un multiplicateur inférieur à 1 signifie que si l’État diminue ses dépenses d’un euro, le PIB baissera de moins d’un euro, supérieur à 1, il signifie que si l’État diminue ses dépenses d’un euro, le PIB baissera de plus d’un euro.

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LA VÉRITÉ, TOUTE LA VÉRITÉ… par François Leclerc

Billet invité.

Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, est sur le départ et, ce qui lui donne l’opportunité de livrer sur son blog « quelques réflexions » pas tout à fait anodines. Il apporte ses réponses à quatre questions dérangeantes sur la Grèce, qu’il n’esquive pas : le premier programme de 2010 n’aurait fait qu’alourdir la dette, le financement accordé aurait servi à rembourser les banques étrangères, les réformes exigées auraient produit une dépression économique, et les créanciers persévèreraient dans l’erreur. Nous voilà loin des histoires pour enfants abondamment reproduites dans les médias.

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Le Monde / L’Écho, La « troïka » doit reconnaître de bonne grâce sa défaite, mardi 5 mai 2015

Le Monde : La « troïka » doit reconnaître de bonne grâce sa défaite

Le Fonds monétaire international avait dû admettre en octobre 2012, par la bouche d’Olivier Blanchard, son économiste en chef, que sa préconisation de l’austérité qui plonge depuis cinq ans la Grèce dans la misère, était fondée sur une erreur. Le chiffre utilisé pour le fameux multiplicateur budgétaire indiquant l’impact sur le Produit intérieur brut d’une nation d’une réduction du budget de l’État, était erroné. Faux d’ailleurs à ce point qu’il aurait dû conduire au rejet de la politique d’austérité en Europe et à adopter au contraire une relance de l’économie par la dépense publique.

Un chiffre inférieur à 1 du multiplicateur signifie que si l’État diminue ses dépenses d’un euro, le PIB baissera d’un montant moins important ; s’il est supérieur à 1, le PIB baissera de plus d’un euro. Le chiffre de 0,5 utilisé pour l’Europe en 2009 justifiait une politique d’austérité, alors que le chiffre réel, « significativement supérieur à 1 au début de la crise » (Blanchard & Leigh 2013 : 19), aurait encouragé une politique de relance. La Commission européenne et l’OCDE avaient elles aussi utilisé le chiffre erroné de 0,5.

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Keynes : « Lloyd George peut-il y parvenir ? » (1929)

« Can Lloyd George Do It ? » (Keynes et Henderson, 1929)

Créer un emploi en génère d’autres

« Can Lloyd George Do It ? » est un pamphlet publié en 1929, écrit conjointement par Keynes et Hubert Henderson (1890-1952), l’un des premiers étudiants de Keynes à Cambridge.

Ce texte de soutien à David Lloyd George est un peu inattendu si l’on pense à ce que Keynes avait écrit à propos du Président du parti libéral britannique dix ans auparavant, quand l’un de ses collègues à Cambridge lui avait conseillé de retirer du manuscrit de The Economic Consequences of the Peace (1919), la qualification de celui qui était alors Premier ministre en Grande-Bretagne, de « représentant de l’homme néolithique ».

Sur le plan de son argumentation, « Can Lloyd George Do It ? » est très faible, il s’agit en fait d’un simple effort de communication pour soutenir un manifeste du parti libéral intitulé « We Can Conquer Unemployment » : nous pouvons vaincre le chômage. Keynes a investi dans son pamphlet l’entièreté de son talent rhétorique, mais si l’on y trouve beaucoup d’effets de manche, on n’y trouve que très peu de preuves, si ce n’est des preuves par l’absurde.

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Olivier Blanchard : « Là où le danger est tapi »

Que quelqu’un répète en 2014 ce que vous avez dit en 2007 (La crise du capitalisme américain) devrait être l’exemple même du non-événement. Sauf si la personne qui le fait est Olivier Blanchard, économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI).

Dans un article publié ce mois-ci dans la revue Finance & Development : « Where danger lurks » (là où le danger est tapi), Blanchard met en doute l’existence des cycles économiques, un thème récurrent, comme vous le savez de ma propre réflexion (par exemple avant-hier dans Paul Jorion pense tout haut le 17 septembre 2014 à 7h42), s’intéresse à ce qui se passe quand de petites causes ont de grands effets, et recommande que les économistes intègrent la finance dans leurs réflexions.

Sept ans, c’est long, et Blanchard n’a encore découvert que les effets non-linéaires. Attendons donc avec impatience qu’il nous parle de la nature non-gaussienne des fluctuations de prix ou de la dynamique des bulles financières (dont le « caractère illusoire » avait été prouvé, je le rappelle, par un collaborateur d’Alan Greenspan – cf. La crise du capitalisme américain, pp. 202-203), mais saluons tout de même dans ce mea culpa d’une autorité reconnue de la « science » économique, un pas significatif dans la bonne direction.

 

Olivier Blanchard, « Where danger lurks », FINANCE & DEVELOPMENT, September 2014, Vol. 51, No. 3

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 12 JUILLET 2013

Sur YouTube, c’est ici.

Parlement européen, Comité des affaires économiques et monétaires, le 5 novembre 2013 : Succès et échec dans les pays en crise ; le programme est ici

Blog de PJ – Le seul moyen qui reste encore de sauver l’euro, le 24 juillet 2012
Blog de PJ – « La seule solution, c’est la mutualisation des dettes », le 4 septembre 2012
Blog de PJ – Dette publique, la seule approche raisonnable, le 11 juillet 2013
Blog de PJ – Projet d’article pour l’Encyclopédie au XXIe siècle : Dette (de l’État), le 11 juillet 2013

Conférences-débats au lazaret Ollandini d’Ajaccio, du 16 au 20 juillet

La biographie de Keynes en trois volumes de Robert Skidelsky (1983, 1992, 2000) n’a pas été traduite en français, le livre John Maynard Keynes (1975) de Hyman Minsky, non plus.

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BONJOUR MADAME LA TERRE, le mercredi 26 juin 2013 à 7h32

Sur YouTube, c’est ici.

Planète Terre :

– Financial Times – Warming oceans make parts of world ‘uninsurable’, say insurers, le 24 juin 2013
– Financial Times – Reinsurance investment pushes down prices for insurance companies, le 2 juin 2013

Science économique :

– Les Échos – Olivier Blanchard, les doutes de l’économiste star du FMI, le 25 juin 2013
– Blog de PJ – Faut-il mettre en place un droit à une allocation universelle ?, le 25 juin 2013

Démocratie :

– Financial Times – Snowden’s future, le 24 juin 2013
– Blog de PJ – Un échange de mails à propos du rapport de JP Morgan : « L’ajustement dans la zone euro : à mi-chemin ou à peu près », le 24 juin 2013

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LE FMI S’EST TROMPÉ !

Vous êtes plusieurs à me contacter aujourd’hui pour me demander pourquoi je ne parle pas de la nouvelle qui agite la presse et la blogosphère : « Le FMI s’est trompé ! ».

Il y a plusieurs raisons à cela :

1) La première, c’est que le Fonds Monétaire International s’est trompé sur à peu près toutes les questions depuis sa création en 1944. Pourquoi ? parce qu’il est (comme sa jumelle la Banque Mondiale), l’enfant-modèle de l’École de Chicago, auteur autrefois d’une caricature idéologique de « science » économique. Une recherche sur le blog (fonction « Chercher »), vous convaincra que je le critique en permanence, qu’il s’agisse de la politique qu’il a fait appliquer systématiquement dans les pays en difficulté financière ou de son évaluation récente du risque souverain des pays européens à partir du montant de la prime des CDS.

2) La seconde, c’est que l’article dont il est question partout aujourd’hui, par Olivier Blanchard et Daniel Leigh, Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers a déjà fait l’objet d’un excellent billet par François Leclerc, ici sur le blog en octobre dernier : Les économistes avec nous ! Trois mois d’avance, seulement !

 

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L’actualité de la crise : UN PLAN A’ VIRTUEL, par François Leclerc

Billet invité

Pour ceux qui ne veulent voir dans la responsabilité de la crise que la construction imparfaite de l’euro, les nouvelles en provenance du Royaume-Uni devraient être passablement perturbantes, puisque le pays ne fait pas partie de la zone euro. À leur sujet, on pense à la singulière explication que vient de délivrer Mario Draghi : « À l’origine, il y avait une rupture de confiance dans la zone euro entre les pays qui respectaient toujours, ou la plupart du temps, la sagesse budgétaire, et les pays qui ne le faisaient pas. Ces deux dernières années, il s’est agi de reconstruire la confiance et pour cela les pays ont consenti des règles budgétaires plus strictes ».

Pour ceux qui ne voient d’issue que dans l’austérité et le désendettement des États, les récentes remarques d’Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, doivent sonner étrangement : « La réduction des déficits, qui s’est pour le moment bien plus déployée en Europe qu’aux États-Unis, a eu un impact considérable sur la croissance. Si vous regardez pays par pays, vous arriverez à la conclusion que les pays qui ont mis en place les plans de réduction les plus drastiques sont ceux qui ont le moins de croissance ».

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Les gouvernements d’union nationale

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je terminais ma chronique pour Le Monde Économie du mois d’avril intitulée Le fil rouge de la manière suivante :

Qu’on ne s’y trompe pas : les chamailleries au sein de la zone euro au cours des semaines passées ne relèvent pas de la comédie mais de la tragédie. Suivons du regard le fil rouge : ce que nous voyons, c’est le repli des nations sur elles-mêmes dans un « Sauve qui peut ! Chacun pour soi ! » généralisé. La Chine et l’Allemagne ont indiqué la marche à suivre. Les gouvernements d’unité nationale sont pour bientôt, quand il sera devenu évident aux yeux de tous qu’aucun parti ne connaît à lui tout seul la solution des problèmes insolubles qui se posent, suivis alors de Comités de Salut Public, quand il sera clair que même tous ensemble ils n’y comprennent rien et – si Dieu nous prend alors en pitié – suivi enfin d’un nouveau Conseil National de la Résistance, au moment où il faudra, par-delà les divergences conçues aujourd’hui comme irréductiblement inconciliables, lancer une ultime tentative de sauver ce qui peut encore l’être.

Je crois de manière générale à ce que j’écris, je n’en ai pas moins été surpris de retrouver cette notion de gouvernement d’unité ou d’union nationale dans les réflexions d’un fonctionnaire des institutions européennes à Bruxelles avec qui je viens d’échanger quelques mails. Quand je lui demande ce qu’il suggère qu’on fasse, il me répond ceci :

1) inflation contrôlée (la ligne de Blanchard renforcée) [1]

– la déflation est intenable (voir la Grèce hier)

– un nouveau contrat social en faveur des emprunteurs/travailleurs (contre les rentiers/retraités) : la seule façon d’éviter une guerre civile jeunes/vieux à l’horizon 2050. D’un point de vue « jeune contribuable », les inconvénients d’une trop forte inflation sur des retraites moins réactives que les salaires ne sont après tout que le remboursement forcé de ce que les baby boomers nous ont pris (don’t take it personally).

2) gouvernements d’union nationale partout en Europe : c’est la guerre, le clivage gauche/droite apparaîtra vite dérisoire face à ce qui nous attend.

Si l’on n’évoque plus seulement les gouvernements d’union nationale dans mes billets, mais à Bruxelles également, les événements se précipitent singulièrement.

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[1] La « ligne de Blanchard », c’est une allusion aux propositions faites par Olivier Blanchard, Giovanni Dell’Ariccia, and Paolo Mauro dans un rapport du FMI daté du 12 février et intitulé : Rethinking Macroeconomic Policy d’autoriser une certaine inflation pour éviter la « trappe à liquidités », l’incapacité des banques centrales à jouer sur le révision des taux d’intérêt courts en raison du fait qu’ils ont déjà été ramenés à un très bas niveau.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : Déflation ou pas ?, par François Leclerc

Billet invité.

DEFLATION OU PAS ?

C’est le sujet de la rentrée. Rappel : certains analystes, au premier rang desquels les experts de la BCE, ont ces derniers temps insisté sur le fait qu’il y a avait déflation et déflation, ne pas confondre ! Que ce que nous enregistrions en avait certes l’apparence, mais que celle-ci était trompeuse. Qu’il ne fallait pas se fier aveuglément aux chiffres (pour une fois que ce sont eux qui le disent !) et prendre en compte que le niveau historiquement très élevé des prix du pétrole, il y a un an, faussait la comparaison. Tout va rentrer dans l’ordre à la fin de l’année, prédisent-ils, sans expliquer si c’est de la hausse du pétrole, et d’une manière générale des matières premières, qu’il va falloir attendre cette amélioration des données de l’inflation, effaçant un peu magiquement la déflation constatée. Car cela serait alors tomber de Charybde en Scylla, la déflation ne serait peut-être plus aux portes (ce qui reste à vérifier), mais la hausse du prix des « commodities » ferait en contrepartie obstacle à la relance économique. De fait, la hausse du prix des matières premières est attendue par de nombreux commentateurs financiers. Comme il sera difficile de l’expliquer par une forte demande résultant d’une croissance économique échevelée, les mauvais esprits considéreront certainement qu’elle résultera de la spéculation financière. Arguant du fait qu’il faut bien se refaire une santé et qu’il n’y a pas tant de terrains de jeux disponibles, depuis qu’un certain nombre d’entre eux sont désertés. Mais n’anticipons pas !

Quoi qu’il en soit, le Financial Times, vient d’annoncer que les prix des produits industriels avaient chuté de 7,8 % en un an en Allemagne, ce qui ne s’était jamais vu depuis la fin de la seconde guerre mondiale (1949), « éclairant la faiblesse des pressions inflationnistes dans toute l’Europe », précise le journal avec une de ces formules contournées qui sont l’apanage des financiers et le privilège de ceux qui ne veulent pas employer les mots qui blessent. Le même article, signé de Ralph Atkins, correspondant à Francfort, considère que cette donnée « renforce la crainte que les forces déflationnistes se renforcent dans la principale économie européenne. » Le mot est finalement dit.

L’appréciation des données déflationnistes n’est pas un exercice d’école. Les économistes sont familiers avec la notion de « core inflation » (noyau de l’inflation), qui exclut du calcul de celle-ci le prix de l’énergie et des produits alimentaires, considérés comme les plus volatiles et pouvant être trompeurs. Le malheur veut que cette mesure du noyau de l’inflation est déjà négative en Irlande et qu’il est difficile de soutenir que ce n’est pas un signe inquiétant qui pourrait se révéler précurseur. Selon Eurostat, l’office de statistiques Européen, les prix à la consommation, et donc le taux d’inflation (incluant pétrole et produits alimentaires), sont négatifs à -0,6% en juillet (sur une année), accentuant le – 0,1% du mois de juin précédent. Il ferait bien voir que ces pourcentages modestes ne puissent pas être considérés comme significatifs, alors que l’on fait des gorges chaudes de modestes pourcentages identiques lorsqu’ils mesurent la croissance (en Allemagne et en France).

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