Archives par mot-clé : Paul Lafargue

Préface à Fuck Work ! de James Livingston

La préface que j’ai rédigée pour No More Work. Why Full Employment Is a Bad Idea (2016) de James Livingston, publié en français sous le titre Fuck Work ! (Champs Flammarion 2018). Ouvert aux commentaires.

Le texte que vous allez lire vous donne la pêche. J’espère que vous ne bouderez pas votre plaisir à sa lecture, de la même manière que je n’ai pas boudé le mien. Je l’ai découvert à la faveur de la lecture de son introduction publiée dans la revue américaine Aeon en novembre 2016. Je l’avais lu, beaucoup ri, et cherché quelqu’un qui, malgré sa longueur, serait prêt à le traduire pour Le blog de Paul Jorion. Sa publication en septembre 2017, suivie en décembre par un compte-rendu signé de Madeleine Théodore, avait suscité plus de 200 commentaires.

Continuer la lecture de Préface à Fuck Work ! de James Livingston

19Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

SORTIR DU CADRE ? par Thierry Melchior

Billet invité

Chacun le sait (ou devrait le savoir), nous sommes confrontés à une triple crise.

Celle dont il est le plus question dans ce blog, est, bien sûr la crise économico-financière, qui, dans la foulée de la crise des subprimes est loin d’avoir été résolue.

Elle se conjugue avec deux autres crises qui sont comme les deux faces d’une même médaille, la crise énergétique et la crise climatique. La crise énergétique résulte d’une exploitation toujours plus effrénée des sources d’énergie fossile depuis une centaine d’années, sources qui, en conséquence, commencent à se tarir. L’approvisionnement énergétique n’est pas encore très gravement menacé, mais tout laisse présager qu’il le sera bientôt. La crise climatique est loin d’avoir encore fait sentir tous ses probables effets, mais ils risquent d’être dévastateurs (montée du niveau des océans mettant en péril de nombreuses villes côtières, aridité croissante de nombreuses zones aujourd’hui fertiles, perte massive de la biodiversité, augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes…). Il est extrêmement probable que ce réchauffement global est la conséquence de l’oxydation massive des énergies fossiles et du rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (CO2). Il risque de s’emballer par diverses boucles de rétroaction positives (aggravantes) telles que la diminution de la capacité de réfléchissement des glaces (albédo) du fait de leur fonte, libération massive de méthane du fait de la fonte du pergélisol (le méthane étant un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2), diminution de l’obscurcissement planétaire du fait qu’une diminution de l’émission de poussières industrielles (qui atténuent le réchauffement) sera la conséquence prévisible du ralentissement voire de l’écroulement de la production industrielle consécutive au tarissement des sources d’énergie fossile.

Continuer la lecture de SORTIR DU CADRE ? par Thierry Melchior

2Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Toujours la même chose, mais autrement. Ou le retour du socialisme platonique, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité

« Semper eadem, sed aliter. » La formule est célèbre. Elle se rencontre sous la plume d’Arthur Schopenhauer, dans Le monde comme volonté et comme représentation (1819). C’est le même Schopenhauer qui a bien obligeamment livré aux communicants modernes les clés sophistiques de l’évitement du débat (L’art d’avoir toujours raison, 1864). Pourquoi citer en exergue de ce billet un homme dont la philosophie politique se borna à offrir à la troupe une vue surplombante depuis ses fenêtres sur les insurgés de 1848 ? Parce que c’est le même homme qui fit de son caniche son unique héritier. Par ce gag énorme, hommage déguisé aux cyniques, ces dégonfleurs de gloire, Schopenhauer pensa rompre le cycle tragique de sa propre histoire. Malheureusement, son geste n’était pas sans précédent – l’empereur Caligula n’avait-il pas formé le dessein d’élever au consulat son cheval Incitatus ? – et n’empêcha pas certains admirateurs souffreteux et mélancolâtres de s’instituer ses héritiers. On ne peut pas interdire aux morts de vous imiter et aux idiots d’aller baver sur vos restes. La même chose, mais autrement, toujours.

Continuer la lecture de Toujours la même chose, mais autrement. Ou le retour du socialisme platonique, par Bertrand Rouziès-Léonardi

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail