SORTIR DU CADRE ? par Thierry Melchior

Billet invité

Chacun le sait (ou devrait le savoir), nous sommes confrontés à une triple crise.

Celle dont il est le plus question dans ce blog, est, bien sûr la crise économico-financière, qui, dans la foulée de la crise des subprimes est loin d’avoir été résolue.

Elle se conjugue avec deux autres crises qui sont comme les deux faces d’une même médaille, la crise énergétique et la crise climatique. La crise énergétique résulte d’une exploitation toujours plus effrénée des sources d’énergie fossile depuis une centaine d’années, sources qui, en conséquence, commencent à se tarir. L’approvisionnement énergétique n’est pas encore très gravement menacé, mais tout laisse présager qu’il le sera bientôt. La crise climatique est loin d’avoir encore fait sentir tous ses probables effets, mais ils risquent d’être dévastateurs (montée du niveau des océans mettant en péril de nombreuses villes côtières, aridité croissante de nombreuses zones aujourd’hui fertiles, perte massive de la biodiversité, augmentation de l’intensité et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes…). Il est extrêmement probable que ce réchauffement global est la conséquence de l’oxydation massive des énergies fossiles et du rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (CO2). Il risque de s’emballer par diverses boucles de rétroaction positives (aggravantes) telles que la diminution de la capacité de réfléchissement des glaces (albédo) du fait de leur fonte, libération massive de méthane du fait de la fonte du pergélisol (le méthane étant un gaz à effet de serre 23 fois plus puissant que le CO2), diminution de l’obscurcissement planétaire du fait qu’une diminution de l’émission de poussières industrielles (qui atténuent le réchauffement) sera la conséquence prévisible du ralentissement voire de l’écroulement de la production industrielle consécutive au tarissement des sources d’énergie fossile.

La crise économico-financière et la crise énergético-climatique sont elles aussi liées. C’est parce que notre système économique est fondée sur l’impératif de maximisation des profits que la « croissance économique » est requise et cette croissance du PIB implique que toujours davantage de biens et services soient produits et consommés. Mais il y a aussi contradiction entre cette maximisation des profits et l’augmentation de la production-consommation, contradiction ayant mené depuis une quarantaine d’année à un partage toujours plus inégal entre les revenus du capital et ceux du travail. En conséquence de quoi, la consommation a été stimulée par l’encouragement du recours au crédit jusqu’au point de déséquilibre où des emprunteurs se retrouvaient de plus en plus souvent en défaut de payement, d’où la dette des banques et celle des Etats ayant tenté de leur venir en aide.

A quoi il faut ajouter qu’une bonne partie des capitaux cherchant à s’investir l’ont fait stérilement dans des paris sur des fluctuations de prix responsables de diverses bulles financières qui tôt ou tard éclatent, désorganisant encore davantage la situation.

Nous en sommes là et ces faits sont bien connus.

Comment sortir de cette triple crise ? Bien malin celui qui pourrait fournir un ensemble de solutions cohérentes pour y parvenir et je n’ai nullement cette prétention.

Je souhaiterais seulement attirer l’attention sur quelques éléments qui me paraissent pertinents par rapport à cette problématique.

Tout d’abord, il me paraît évident que la croissance requise par le système pour fonctionner doit être radicalement remise en question. Cette croissance, on le sait, est en fait une croissance purement comptable du PIB dans lequel s’additionnent la valeur de tous les biens et services produits et achetés. Ce qui signifie que plus il y a de maladies, plus il y aura d’honoraires de médecins et de factures d’hôpitaux et donc plus le PIB augmente. Vive les maladies ! Et que plus il y a de délinquance et de criminalité, plus il faut construire des prisons, payer des gardiens, des policiers, des magistrats, des avocats, installer des caméras de surveillance, des portes blindées, des serrures et des verrous et plus le PIB augmente. Vive la délinquance, vive la criminalité ! On pourrait multiplier les exemples de toutes ces choses que n’importe quel être humain sensé considère comme négatives et dont l’augmentation entraine une croissance du PIB. Cette croissance a comme corollaire l’augmentation de l’épuisement des ressources fossiles et des matières premières, et donc l’augmentation du réchauffement climatique.

Comment remettre radicalement en question cette obsession de la croissance ?

En produisant moins et en consommant moins. Moins de quoi ? Moins de ce que nous produisons et consommons actuellement, ou d’au moins une partie de tout cela.

Je me souviens que, sur les bancs de l’école, le maître nous avait appris « qu’il faut manger pour vivre et non vivre pour manger ». Ce que l’on peut généraliser en disant qu’il faut certes produire et consommer pour vivre, mais qu’il ne faut pas vivre pour produire et consommer. Or c’est pourtant ce que notre société nous encourage à faire depuis des décennies. Elle nous y encourage de deux manières au moins.

La première, c’est qu’elle valorise le travail. Le travail est devenu une valeur en soi, peut-être dans la foulée de l’éthique protestante, comme s’est attaché à le montrer Max Weber. Quelles qu’en soient les raisons, le travail a été sacralisé et l’obsession de nos contemporains est de « trouver un emploi ». Cela tient au fait qu’à présent, trouver un emploi est pratiquement devenu une question de survie si l’on ne veut pas végéter dans une situation de pénurie et de difficultés due aux maigres allocation de chômage ou de minima sociaux (RMI ou RSA, Minimex). Il fut une époque où tel n’était pas le cas, du moins pas à un tel degré : la privatisation généralisée d’à peu près tout, depuis le mouvement des enclosures au Moyen-Age a pratiquement forcé les citoyens à vendre leur force de travail pour ne pas mourir, sauf s’ils étaient suffisamment nantis pour exploiter celle des autres. Cette situation s’est accompagnée d’une valorisation du travail et d’une stigmatisation croissante de l’oisiveté, mère de tous les vices. Des relents d’idéologie judéo-chrétienne y contribuent (« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front »), mais, encore une fois, cette sacralisation a pris une ampleur inédite au cours de la période récente. Rappelons, pour mémoire, que, selon l’anthropologue Marshall Sahlins, le temps de travail moyen dans les sociétés de chasseurs-collecteurs du Kalahari ou du Grand Désert australien n’était que d’environ trois heures par jour (21 heures par semaine), et ce ne  sont pourtant pas des Pays de Cocagne. Ce temps correspond à ce que nous, Occidentaux, considérons être du « travail », c’est-à-dire à toutes les activités qui ont une utilité pratique. Remarquons au passage que quand nous disons que nous travaillons par exemple 38 ou 40 heures par semaine, cela n’inclut pas le temps passé en navettes domicile-lieu de travail, ni le temps à faire des courses, à préparer des repas, à faire la lessive, à nettoyer l’appartement, à faire de la paperasserie administrative, toutes choses qui ont pourtant une utilité pratique. Si on les comptabilisait en sus des heures passées au bureau ou à l’usine, combien d’heures travaillerions-nous par semaine ? Par ailleurs, relevons aussi que le concept même de travail n’existe purement et simplement pas dans de nombreuses sociétés. Pierre Vernant, faisait, par exemple, remarquer qu’il n’y a pas de mot en Grec ancien correspondant à ce que nous appelons travail. Il y a cinq ou six mots différents qui se partagent le champ sémantique que ce concept a pour nous (mais qui recouvrent d’autres signifiés également). Si l’on demandait à un Bororo ou à un Grec de l’Antiquité « Est-ce qu’en ce moment tu es en train de « travailler » ou non ? », il serait bien en peine de nous répondre.

Cette sacralisation contemporaine du travail est d’autant plus absurde que nous nous sommes donnés les moyens, grâce à la science et à la technologie, de nous épargner beaucoup d’efforts et que nous pourrions nous permettre de travailler nettement moins tout en vivant bien. Le seul correctif que cette affirmation me paraît susceptible de requérir, est qu’une partie de cette technologie ne fonctionne que grâce aux hydrocarbures et que la quantité de ceux-ci décroissant, nous risquons de nous retrouver progressivement dans une situation moins favorable à cet égard. Mais quand on voit l’étendue du gaspillage, la quantité de biens et de services fort peu utiles que nous produisons et consommons, il est permis de penser que, même dans une situation de pénurie d’hydrocarbures, il serait possible, globalement, de travailler moins.

Sans doute pourrait-on penser aussi à estomper la distinction travail / loisir. Il est considéré comme normal, de nos jours, que le travail soit pénible (même si l’idéologie ambiante prétend qu’il peut, qu’il doit être « épanouissant »). C’est même de sa pénibilité qu’il reçoit sa valeur, songeons aux trémolos rhétoriques accompagnant les louanges de « ceux qui travaillent dur pour gagner leur pain ». On pourrait parfaitement imaginer que non seulement le temps de travail soit réduit, mais qu’une attention toute particulière soit consacrée à son amélioration en termes de qualité de vie. Bien des tâches pénibles pourraient le devenir beaucoup moins si elles étaient repensées. Je pense par exemple à l’interdiction pure et simple du travail répétitif et monotone transformant les gens en robots.

Les techniques de management moderne qui enferment les travailleurs dans des doubles voire des triples contraintes insupportables génératrices de stress, d’anxiété, de troubles psychologiques multiples devraient également faire l’objet d’un contrôle extrêmement rigoureux sous la surveillance des travailleurs eux-mêmes.

En terminant sur ce thème je veux rendre hommage à Paul Lafargue, le gendre de Marx, qui nous a laissé son immortel Doit à la Paresse, livre dont je connais hélas peu d’équivalents actuels, là où les Bolcheviks nous ont légué l’odieux culte de Stakhanov.

La deuxième manière dont notre société nous encourage à la croissance du PIB tient aux techniques de marketing et à la publicité. Je suis toujours étonné de constater que la critique de leurs effets délétères soit si souvent absente des discours critiques par rapport au système. Elles jouent pourtant un rôle énorme dans son maintien. Il n’est certes pas certain que si la firme X finance une intense campagne de pub pour ses produits elle en récoltera des bénéfices, mais il est infiniment plus certain que quand des milliers de firmes nous abreuvent jour après jours de milliers de publicité, sur des panneaux, des spots TV, des pubs radiophoniques, des cyber-pubs ciblées à la Google ou à la Facebook, elles nous conditionnent sans relâche à penser que notre bonheur passe par l’acquisition de biens ou de services. La propagande à laquelle étaient soumis les peuples dans les systèmes totalitaires était, somme toute, peu de choses, comparée à l’intensité de cet omniprésent message : consommez ! Il y a quelques raisons de penser, à cet égard et à quelques autres, que nous sommes entrés dans une sorte de totalitarisme « soft », ce que j’appellerais volontiers l’ère du softalitarisme.

Chercherions-nous autant à consommer (et donc à autant travailler pour produire) si nous n’étions pas soumis à cet intense conditionnement ? J’ai la faiblesse de penser que non. Je pense que nous pourrions sans doute retrouver un peu plus de sobriété dans nos désirs et investir d’autres sources de plaisir que celles liées à la consommation.

Comme il n’est pas sûr qu’une progressive interdiction radicale de toute forme de publicité suffise à cet égard, aussi impérieusement nécessaire soit-elle, un peu de sagesse y contribuerait. Cette sagesse suscite de toute évidence un intérêt croissant de nos jours. En témoignent l’importance des ventes d’ouvrages comme ceux de Krishnamurti, d’Eckhart Tolle, d’Arnaud Desjardins, de Swami Prajnapad, de Sri Aurobindo,  d’Alan Watts, de Matthieu Ricard, d’Anselm Grün, de Jean Klein, d’Eric Baret ou d’Epictète  et de bien d’autres ou encore le succès grandissant des techniques de méditation du type vipassana ou mindfulness. Oh, bien sûr, il y a dans ces eaux-là nombre de pseudo-gourous désireux de faire leur beurre sur le dos de la spiritualité. Comme le disait déjà, il y a longtemps, le philosophe Jean-François Revel (le père de Matthieu Ricard), « Moins les philosophes croient au monde extérieur, plus ils travaillent à s’y tailler une place » (je cite de mémoire). Et il y a dans toute cette mouvance une grande abondance de pacotille plus ou moins New Age exploitant sincèrement, naïvement ou au contraire sans vergogne le goût des gens pour le merveilleux.

Mais il me semble qu’il y a nombre de points communs entre les divers courants de la sagesse traditionnelle, de la « spiritualité », si l’on préfère, qui pourraient nous aider (que l’on soit croyant ou non, et pour ma part je serais plutôt agnostique).

La première est le fait de nous libérer de l’emprise de la pensée, de l’emprise du mental. La pensée est utile, extrêmement utile même, mais elle ne cesse de nous happer, de nous embarquer dans mille et un soucis, que ce soit l’inquiétude de ce qui pourrait arriver, l’espoir que ce que nous souhaitons puisse vite arriver, les regrets par rapport à tel ou tel événement passé, la comparaison entre ce que nous vivons et ce que nous aurions pu vivre, etc.

Il s’agit de gagner de la liberté intérieure par rapport à elle en apprenant à ne pas trop adhérer, ne pas trop souscrire à toutes ces pensées qui nous viennent. Apprendre à garder une certaine distance à leur égard. Et peut-être aussi de davantage les évaluer à l’aune des effets qu’elles ont sur nous. Favorisent-elles un rapport serein à nous-même, à autrui et au monde ? Ou au contraire nous mettent-elles dans le tourment ?

La pensée, c’est aussi, étymologiquement, la pesée, et donc, la comparaison, le jugement.

Il est utile de pouvoir poser des jugements, certes, mais nous sommes aussi les esclaves de cette propension à juger les autres et à nous juger nous-même. Et c’est aussi en adhérant à nos jugements et en combattant ceux des autres que nous renforçons notre Ego.

Ce regard évaluatif sur nous-même donne, en effet, lieu au Moi, à l’Ego et à tous les espoirs et toutes les peurs que nous nourrissons à son égard. Apprendre, petit à petit, à se déprendre de son Ego, à s’en désidentifier est sans doute un des axes principaux des courants traditionnels de sagesse (« Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés ; absolvez, et vous serez absous. », Luc 6:37). « Si l’on vient te dire qu’un tel dit du mal de toi, ne cherche point à te justifier sur ce qu’on te rapporte ; réponds seulement : « Il faut qu’il ne soit pas au courant de ce qu’on peut encore dire sur mon compte ; autrement il ne se serait pas borné là. » (Epictète, Manuel). On pourrait multiplier les citations portant sur ce thème.

Or nous savons qu’une bonne part de notre addiction consumériste vient de là. Bien souvent, ce n’est pas tant la valeur d’usage de la chose qui nous motive à l’acquérir, c’est sa valeur sociale, la façon dont son acquisition peut, dans un parfait mimétisme rivalitaire, nourrir notre valeur différentielle par rapport à autrui, notre image de nous-même, notre Ego. Les firmes publicitaires le savent fort bien et en usent tant et plus.

Et cet Ego, c’est aussi ce qui bien souvent nous mène par le bout du nez quand il nous pousse à faire un travail qui ne nous intéresse guère, dans lequel nous nous faisons quotidiennement violence, mais qui peut nous procurer un certain prestige social et ainsi conforter notre narcissisme défaillant.

Vivre moins dans l’esclavage du mental, du jugement, de l’Ego, c’est vivre davantage dans la perception, dans le sentir et c’est en sentant et en percevant que l’on peut être en contact avec la réalité présente. Nous passons le plus clair de notre vie dans l’attente du futur, attente pleine d’espoir ou pleine de crainte (les deux faces d’une même médaille, en fait) ou dans la rumination du passé. Nous ne sommes guère dans le présent. Or, on pourrait dire que dans le présent rien ne manque, une fois les besoins de base satisfaits. Le manque vient de la façon dont notre pensée compare : avant / après ; ce qui est / ce qui pourrait être ou aurait pu être ; soi /autrui…

Il est difficile de commencer à adopter cette façon de voir, particulièrement dans une époque où à tout moment des messages nous assaillent cherchant à nous faire croire que notre bonheur ne peut être atteint que par l’acquisition. Il en résulte une continuelle orientation vers le futur qui abime notre rapport au présent et une permanente frustration dont je pense qu’elle est à l’origine de bien des violences sociales et personnelles. Il s’agit au contraire d’apprendre à vivre la vie au présent, tout en restant attentif aux conséquences probables de nos pensées et de nos actes. Mais ce n’est pas simple, cela requiert un long apprentissage

C’est la raison pour laquelle la sobriété choisie (qu’on appelle aussi simplicité volontaire) n’est pas évidente à mettre en pratique et j’ai moi-même bien des difficultés à l’appliquer tous les jours. Il me semble pourtant que c’est la seule voie qui peut nous aider à nous en sortir. Il ne s’agit pas à mes yeux d’une nouvelle forme d’ascétisme doloriste. Il s’agit d’un hédonisme ! Mais d’un hédonisme intelligent qui a compris que le plaisir ne passe pas par le consumérisme (ni par conséquent par le productivisme stakhanoviste qui va de pair avec lui).

Les plaisirs ont leur importance, toute leur importance, à condition de veiller à ne pas trop s’y attacher. Question de tempérance. Et, de préférence, à condition qu’il s’agisse de plaisirs partagés. Question d’empathie et de solidarité.

Cette sagesse qui, nourrie de ce qu’il y a de commun, au-delà de leurs différences, dans les traditions du tantrisme, du vedanta, du bouddhisme, du christianisme originel, du soufisme, du taoïsme, du stoïcisme, de l’épicurisme et de bien d’autres courants, pourrait constituer une sagesse pour notre temps, on pourrait l’appeler, après le philosophe norvégien de l’écologie profonde Arne Naess, après le psychanalyste et philosophe Félix Guattari et après d’autres, une écosophie*.

Elle aurait à maintenir clairement une dimension politique et écologique, une réflexion sur le vivre ensemble de ceux qui habitent la cité,  qui trop souvent, dans les courants de sagesse s’estompe largement au profit d’un cocooning intérieur dans lequel il s’agit d’essayer de s’en sortir pas trop mal, de manière purement individuelle, dans un repli sur soi. « Individu-citadelle », comme dit le philosophe Pierre Hadot, « individu-hors-du-monde », comme dit l’anthropologue Louis Dumont. Son émergence me paraît constituer une condition peut-être pas suffisante mais en tous cas nécessaire si l’on veut vraiment tenter de « sortir du cadre ».

Elle devrait nous aider entre autres à modifier notre rapport à la propriété qui, comme on sait, constitue l’un des socles de la pensée libérale. Elle pourrait le faire en nous aidant à cultiver une conscience plus claire du fait que, bien souvent, là où nous pensons posséder les choses, ce sont elles qui nous possèdent.  (« Une personne, c’est l’ensemble des choses qui ont pu capturer son nom », Paul Jorion). Il y aurait lieu, à cet égard, de prêter une attention particulière à la façon dont nos objets techniques contribuent à façonner nos façons d’être, de penser et d’agir. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. Une « vision écosophique des choses » pourrait nous aider à repenser également, le rapport que nous entretenons avec ce qu’il est convenu d’appeler le « capital ». Tant que nous pensons qu’il est normal que ceux à qui la fortune a permis d’en détenir, touchent des intérêts quand ils le prêtent, ce simple mécanisme obligera à la croissance du PIB. Il s’agit donc de radicalement le remettre en cause, mais cette remise en cause ne saurait rester une posture purement théorique. Elle suppose un changement d’ethos, un changement d’habitus que seul un travail sur nous-même peut favoriser. C’est à un tel changement de mentalité qu’une écosophie pourrait contribuer.

Il y aurait sûrement bien d’autres choses à en dire, mais ceci peut peut-être initier un début de discussion…

* J’ai essayé d’en articuler quelques éléments dans mon livre 100 mots pour ne pas aller de mal en psy, Empêcheurs de penser en rond / Le Seuil, 2003.

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279 réflexions sur « SORTIR DU CADRE ? par Thierry Melchior »

  1. Merci pour cette tentative d’aller plus au fond des choses qu’il n’est de coutume. Il y a quelques années, je me suis livré à ce genre d’exercice, sans le diffuser faute de porte de sortie bien encourageante à proposer. Ce texte s’appuie surtout sur le changement climatique, mais s’applique aussi bien à la crise des ressources en général. Je vous le soumets un extrait à toutes fins utiles, pour compléter votre réflexion :

    « Dieu semble muet aujourd’hui, il ne survient pas de nouveau prophète pour diffuser une nouvelle mouture du message divin : étonnant, puisque ce prophète du 21ème siècle aurait à sa disposition tous les médias de la planète globalisée pour la meilleure et plus fidèle diffusion de la parole divine dont le Créateur puisse rêver ! Il a pourtant fait montre de persévérance jusqu’ici ; s’est-il enfin rendu compte de la vanité de Ses efforts, de Son impuissance à vaincre les résidus sauvages du cerveau humain, indispensables pour les luttes de l’évolution mais autodestructeurs à partir d’un certain niveau de population et de technique ?

    Il n’a cependant peut-être pas dit Son dernier mot : il Lui reste la méthode « on efface tout et on recommence » : le Déluge, 2ème !

    Mais à quoi bon un second déluge ?

    Les résultats du premier ne plaident pas pour le renouvellement de l’expérience : la légende de Noé enchaîne directement sur la tour de Babel, point de départ de l’incompréhension générale. Si les hommes étaient pires avant le déluge, qu’est-ce que ça devait être ! S’Il est Lui-même, Dieu ne peut pas manquer de le savoir, et ne va pas refaire un nettoyage par le vide inutile.

    Pourtant, c’est bien parti pour : c’est une bascule climatique maximale qui s’enclenche. Non seulement l’atmosphère se charge plus vite que jamais en gaz à effet de serre, mais le processus s’autoalimente partout où il y a de la glace qui commence à fondre, par effondrement de l’albédo, et les premiers signes d’une entrée dans la danse du méthane des fonds océaniques et des toundras, sous l’effet de leur dégel, viennent d’être repérés. Dans la fourchette du GIEC 2007, c’est le chiffre haut qui gagne, 4 à 6°C de plus en un siècle, et une hausse du niveau des océans qui va chasser de chez eux des centaines de millions de pauvres gens qui n’auront pas les moyens de s’installer pacifiquement ailleurs.

    De quoi faire exploser le ressentiment des anciens colonisés qui sauront vite que ce ne sont pas eux qui ont mis l’essentiel de ces gaz dans l’air, mais leurs anciens maîtres. Qui parie pour un traitement pacifique de la situation, à moins que les coupables reconnaissent rapidement leur responsabilité et paient ce qu’il faut pour désintéresser les victimes ?

    Décidément, Dieu ne doit pas avoir trempé dans cette évolution catastrophique autrement que par la conception des mécanismes qui la sous-tendent.

    Comment en est-on arrivé là ?

    Quels sont donc ces mécanismes profonds qui ont conduit l’humanité à engendrer ce désastre auquel seule une pluie de miracles lui permettrait à présent d’échapper ?

    Vue de Sirius par un écologue extra-terrestre, le phénomène est globalement bien connu et parfaitement classique : comme toute espèce vivante qui se respecte, l’espèce humaine a simultanément poussé à fond l’exploitation des ressources que ses moyens lui permettaient d’extraire de son environnement et proliféré parallèlement. En tant qu’espèce, elle ne s’est pas comportée plus intelligemment qu’un banc de méduses (par exemple) ou toute autre espèce animale dont le nombre s’ajuste, plus ou moins violemment, à la nourriture disponible.

    Le côté original de notre aventure est que nous sommes moins menacés par le manque de nourriture que par la saturation des systèmes naturels d’épuration et de recyclage de nos déchets (ce que sont en particulier les gaz à effet de serre issus de nos combustions, fermentations et fuites diverses).

    Pourquoi cet aveuglement ? Suffit-il d’accuser la bien connue stupidité des foules ? « Le pluriel ne vaut rien à l’homme », chantait Brassens, « Et sitôt qu’on est plus de quatre on est une bande de cons ! » De fait, la mondialisation commerciale et financière a surtout exacerbé la prédation des ressources sans qu’une collaboration de même intensité se mette en place pour en prévenir les dégâts environnementaux et sociaux. Même dans le cadre des pays démocratiques, la réduction drastique des émissions de GES, pourtant vitale, se heurte aux intérêts particuliers de toute nature ; comme ce sont ces derniers qui orientent en fait les choix des électeurs, les décideurs politiques, dont le talent, voire le génie, n’est le plus souvent que celui de la prise et de la conservation du pouvoir, sont sélectionnés pour suivre la tendance générale imposée par les plus nombreux ou les plus influents de ces intérêts particuliers ; celui qui se muerait en défenseur de l’intérêt général à long terme de toute l’humanité ne ferait pas de vieux os à son poste (ni même de vieux os tout court).

    Au 19ème siècle, Tocqueville décrivait ce vice congénital de la démocratie représentative, déjà à l’œuvre

    Revenons à notre second déluge : sera-t-il au moins pédagogique ?

    Tous unis dans l’adversité ? Face à une attaque d’extraterrestres style Guerre des mondes, ou la découverte (à temps) qu’un méchant astéroïde va venir nous rendre visite de trop près dans quelques années, peut-être… encore que, sitôt le péril écarté, on puisse parier sur la reprise des bonnes vieilles habitudes.

    La situation en ce début de siècle ne s’annonce même pas aussi bien, l’énorme différence avec les menaces évoquées plus haut est qu’il y a des coupables et que les moins coupables s’annoncent plus victimes que les plus coupables ! Comme déjà noté, les ressentiments accumulés vont trouver matière à s’enfler jusqu’à exploser à la figure des principaux pollueurs.

    Il y a peu de chances donc que, spontanément, la menace climatique impose à elle seule une gouvernance mondiale assez puissante pour répartir équitablement les gigantesques efforts à fournir et les sacrifices à consentir par les plus riches sur leur niveau de vie. On doit plutôt s’attendre à ce que, lorsque les vraies catastrophes auront commencé et qu’il sera clair que des «points de bascule » climatiques auront été franchis, le « sauve-qui-peut et chacun pour soi » l’emporte et fasse voler en éclats les faibles dispositifs onusiens actuels. Malheur à ceux qui seront désignés comme boucs émissaires et adieu la démocratie représentative !

    Une fois le grand bazar des migrations vers le nord et vers l’altitude déclenché, il ne restera plus qu’à attendre la fin de l’épisode pour compter les survivants et enclencher une longue et laborieuse réorganisation. Souvenons-nous qu’il a fallu presque un millénaire pour absorber la chute de l’empire romain.

    C’est donc avant la catastrophe qu’il faut nous préparer pour en atténuer les conséquences : acquérir les connaissances nécessaires sur sa gestation, surmonter les culpabilités et ressentiments, beaucoup mieux comprendre comment nous fonctionnons, individuellement comme en groupe, répandre ce savoir dans tous les pays, pour mettre en place des systèmes politiques capables, à tous niveaux, de ne pas reproduire les erreurs de la démocratie actuelle. En résumé, transformer un ramassis de tribus concurrentes en une humanité capable de maîtriser sa position écologique pour ne plus tomber dans les pièges inhérents à l’évolution.

    Connais-toi toi-même : la maxime gravée à Delphes, reprise par la philosophie socratique et aristotélicienne, garde son actualité. On ne cesse de découvrir de nouveaux processus cachés par lesquels nous sommes à tout instant manipulés. Psychologie individuelle, sociologie, anthropologie, comportement des groupes, manipulation des masses, psychanalyse dans touts ses variantes, éthologie humaine, hormones puis neuromédiateurs, les disciplines et découvertes se succèdent et s’accumulent ; depuis quelques années, les neurosciences peuvent s’appuyer sur l’examen du cerveau en fonctionnement pour débusquer des mécanismes qui vont jusqu’à remettre en question l’idée que l’on se faisait de notre libre-arbitre.

    On s’est aperçu que nos mouvements étaient préparés par le cerveau avant que nous ayons pris consciemment la décision de les faire, et que notre liberté se limitait à ne pas les exécuter !
    On a découvert l’existence de neurones-miroirs, qui peuvent déclencher automatiquement l’imitation des autres : puissante aide à l’éducation des enfants, à la socialisation, à l’empathie ; mais aussi aide au déclenchement de mouvements de foule panurgiens, de la mode aux grandes paniques, levier pour la manipulation des groupes, frein à l’autonomie des adolescents et des adultes, tendance au tribalisme et à la formation de bandes. On a découvert aussi qu’une petite proportion de personnes semblaient dépourvus des réflexes d’empathie courants, ce qui en fait des individus sans scrupules qui peuvent devenir extrêmement dangereux s’ils sont en situation de pouvoir.

    Sur un plan plus anodin, deux chercheurs ont pu publier un « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens », qui illustre certains de ces phénomènes d’imitation et d’empathie. Mais rien n’empêche des gens pas tout-à-fait honnêtes de s’en servir…

    Dès que l’on parle d’imitation, la figure de René Girard se profile à l’horizon. Il a tout d’abord mis au jour l’origine mimétique de tout désir : selon lui, c’est une illusion de croire que, à l’exception des besoins vitaux fondamentaux, notre désir est original, que nous pouvons désirer quelque chose ou quelqu’un de nous-mêmes, sans influence extérieure ; nous ne faisons jamais que désirer ce que l’autre désire, et que, du fait qu’il le désire, il rend désirable. Ce processus, qu’il a baptisé mimésis, il s’est attaché à le débusquer méticuleusement d’abord dans la littérature européenne (Mensonge romantique et vérité romanesque) puis dans les mythes fondateurs des grandes religions.

    Il observe que les périodes de crise se traduisent par la perte des structures habituelles des sociétés, et que cette « indifférenciation » est vite insupportable et conduit à des violences par lesquelles de nouveaux repères cherchent à s’établir sur la base de la chasse aux responsables de la crise, dont l’absence serait absurde donc insupportable, impensable. La mimésis exacerbe les rivalités et mène à la résolution violente de la crise en désignant, sur la base de «différences » qui permettent de les repérer, un individu ou un groupe chargé de la culpabilité de la crise (bouc émissaire). Sa mise à l’écart conduit à la fin de la crise avec la création de nouvelles structures redonnant sa place à chacun ; le bouc émissaire finit par être crédité de ce retour de la paix civile, il devient l’objet d’un culte où l’on rejoue rituellement et régulièrement la crise et sa résolution.

    Pour lui, Jésus est la seule victime de ce processus qui l’ait compris et dénoncé par avance, dans l’espoir qu’on n’utilise plus ce « truc » du bouc émissaire pour expulser de la société la violence par la violence. Cette « mise en supériorité » du christianisme provoquera de puissantes attaques contre la théorie girardienne, alors que cet aspect de son œuvre n’est venu qu’après la théorie mimétique.

    Notons incidemment que c’est abusivement que cette théorie de la naissance des religions, contrairement aux ambitions de René Girard, prétend à l’universalité : comment appliquer le processus girardien à ces religions nées au 20ème siècle, cultes océaniens du cargo, culte du Ras Tafari, scientologie, raëliens, ordre du temple solaire et autres sectes (mais perçues comme religions par leurs adeptes) où la violence est plus souvent finale qu’initiale ? La théorie mimétique du désir, confortée par les neurosciences, apparaît plus fondamentale et mieux étayée par les faits.

    Le piège infernal de l’évolution :

    La découverte des neurones-miroirs et des attitudes d’imitation spontanée chez les enfants et même les adultes (rire, bâillement « communicatifs ») apportent beaucoup d’eau au moulin de René Girard. Rien de surprenant d’ailleurs : ce qui n’est pas « câblé » à la naissance dans le cerveau doit être appris, et appris d’autres individus pour ne pas avoir à redécouvrir tout ce qui a été laborieusement mis au point au cours des centaines de miliers d’année de l’histoire d’homo sapiens sapiens. Quel autre moyen que l’observation et la reproduction des gestes des autres, donc l’imitation, pour y parvenir, surtout tant que langage et lecture ne sont pas acquis ? Il faut bien, aussi, que le mécanisme de l’imitation fasse partie du « logiciel de base » de chaque cerveau, dès la naissance.

    Chez un adulte, supposé libre et indépendant, le maintien de ces mécanismes d’imitation, qui est patent, pose par contre de graves limitations, justement, à cette liberté et à cette indépendance, d’autant plus que la « victime » en est rarement consciente. Toute déstabilisation sociale grave présente alors le risque de dégénérer en crise mimétique accompagnée de violences irrationnelles avec focalisation sur des boucs émissaires. »

    Je m’étais arrêté là. L’ensemble des crises actuelles peut donc se regrouper sous le terme de « crise évolutive », tout simplement, et le défi posé à notre espèce, sous peine de retour violent à un niveau de population adapté aux ressources restantes, est de parvenir à s’émanciper collectivement de ces mêmes lois de l’évolution des espèces qui l’ont conduite là où elle est.

    Parler de « tuer Dieu le père » (ce qui reste à faire en bien des endroits) ou de crise d’adolescence ne fournit que des images parlantes, mais pas de solution. Vaporiser de l’ocytocine urbi et orbi ou en faire faire une cure à tous les dirigeants et décideurs de la planète ne semble ni praticable, ni éthique. Mettre au moins un meilleur système socio-politique dans un pays particulier ne peut pas faire de mal, mais est rendu très difficile par l’interdépendance des états; si l’on y parvient, ce système n’aura probablement pas le temps de se répandre sur toute la planète avant l’effondrement du système économique actuel : au mieux, on pourra s’en souvenir et le ressortir pour la reconstruction.

    1. @Cassandre
      Merci, ton message est très intéressant. On voit rarement des réflexions à ce niveau.

      Comme toi, comme les gens qui ont fait l’effort de se frayer un chemin à la machette dans la cacophonie des controverses écologiques, j’ai compris que nous allions droit dans le mur et vite, qu’il y allait de la survie de nos sociétés, de la santé de la biosphère et d’une crise existentielle pour beaucoup d’espèces, y-compris la notre. Comme toi, je me suis demandé comment on en était arrivé là.

      Tout-à-fait d’accord, les crises actuelles sont notre œuvre collective. Elles résultent de ce que nous sommes. Elles témoignent de notre stade dans l’évolution. Comme ces crises menacent notre existence même, commençons par nous connaître nous-mêmes pour comprendre ce qui est en train de nous tomber sur la figure (ou plutôt ce que nous sommes en train de nous lancer nous-mêmes à la figure). C’est un préalable essentiel à toute tentative de modérer les dégâts.

      Tout à fait d’accord aussi, il faut commencer maintenant, avant que la dislocation de nos sociétés, les haines et les rancœurs ne rendent tout débat cohérent impossible.

      Connais-toi toi même, donc. Il y a de nombreux chemins pour ça et le résultat dépend du chemin.

      Paul Jorion et d’autres s’appuient sur la psychanalyse pour se comprendre eux-mêmes et par delà comprendre mieux l’humain. Tu regardes vers les progrès des neurosciences pour ta lumière; j’ai tendance à faire la même chose. Il y a d’autres approches. Chaque approche ne nous révèle qu’un aspect, bien que dans l’éblouissement de la découverte, chacun de nous est persuadé pendant un temps d’avoir découvert le saint Graal. Il ne faut pas tomber dans le piège de croire que nous avons trouvé l’unique nœud de la question; restons ouverts aux découvertes des autres, présentons la notre et tentons de faire une synthèse.

      Ta réflexion s’attache à la manipulation et ses mécanismes psychologiques, l’exploitation de nos faiblesses. Bien sûr la manipulation des individus et de l’opinion se pratique beaucoup dans la vie publique. Nous sommes aisément dupes; la désinformation est une arme redoutable contre nous. Ce que tu en dis m’intéresse beaucoup. J’ai entendu parler des neurones miroir, mais je ne connaissais pas René Girard. Je vais creuser ça.

      De mon côté je me suis intéressé à ce que pourraient être ces dernière mutations qui ont fait notre espèce:
      C’est très récemment qu’une des dernières étapes de notre évolution a été franchie; il y a environ 100000 ans. L’installation de ces gènes modifiés dans notre patrimoine n’est certainement pas achevée. La contribution de ce changement à notre identité personnelle varie selon les individus de par la variété de nos cultures et de nos environnements, de nos parcours dans nos sociétés.
      Chez les hominidés que nous étions au début de cette dernière aventure il y a eu un nouveau développement, une différentiation plus grande du cortex préfrontal ( en anglais, désolé; la page wikipédia en français existe mais n’est pas aussi pertinente ) et de son interaction avec le circuit de récompense dopaminergique (Sutton and Barto (1998), Thèse Landmann (2004). Ce nouveau développement mental, si fragile qu’il soit, nous a permis de prendre la place des hominidés, nos ancêtres et nos cousins, de peupler la terre entière, d’y pulluler et de développer des connaissances et des sociétés beaucoup plus sophistiquées que n’étaient celles de nos prédécesseurs.

      Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette caractéristique mentale si essentielle à ce que nous sommes n’a pas été historiquement identifiée ou nommée dans nos cultures, nos langages ou nos sciences. Son identification n’est que très récente. Ce n’est ni un QI élevé, ni le langage, ni une longue période d’apprentissage et de maturation. Nos ancêtres et cousins hominidés avaient déjà tout ça. Les neurologues ont tendance à appeler cette capacité la « fonction exécutive ». Il est probable que les hominidés dont nous sommes issus la possédaient à un certain degré mais que la dernière mutation la renforce de manière décisive. Je l’ai découverte il y a quelques années grâce à Goldberg (2001), critique ici(désolé, mes références sont souvent en anglais, c’est ma langue de travail).

      On peut essayer de cerner ce qu’est la fonction exécutive (ou les fonctions exécutives) en termes psychologiques vulgaires en examinant notre croissance individuelle. La croissance des mammifères du fœtus à l’adulte semble suivre la chronologie de l’évolution de l’espèce. Il est de plus en plus accepté qu’un dernier stade de notre croissance, de l’adolescence à 25 ans ou plus concerne le développement de la fonction exécutive. C’est donc ce qui distingue un pré-adolescent ou adolescent d’un adulte (pas facile à cerner). On peut aussi se guider sur les facultés qui manquent aux schizophrènes (symptômes dits « négatifs ») dont le processus de récompense dopaminergique endommagé bloque le développement de la fonction exécutive (pas très net non-plus).
      Les psychologues s’y sont attachés mais ne donnent pas de caractérisation simple et nette pour un non-initié voir un article de wikipedia en anglais. Une introduction assez simple est donnée en français ici.

      Nous avons un problème de société:
      Les fonctions exécutives, celles qui nous permettent de faire des plans, de nous concentrer pour affronter des situations nouvelles complexes, de résister aux impulsions automatiques de notre cerveau plus ancien , celles qui font de nous des humains à part entière se développent donc de 18 à 25 ans (et plus) à un âge où ironiquement pour la majorité d’entre nous la période d’apprentissage est considérée comme passée, où beaucoup doivent affronter des responsabilités d’adulte, une compétition féroce pour les emplois, un partenaire et un statut social.

      Dans cet environnement défavorable, de nombreux humains (la majorité) n’atteignent jamais leur niveau de développement potentiel. Les fonctions exécutives n’ont pas l’occasion de se développer. Certains spécialistes du développement humain brandissent des études qui révèlent qu’un grand nombre d’adultes sont bloqués quand confrontés à une situation nouvelle ou complexe et incapables d’étudier la situation et de prendre une décision (quelqu’un parle de 58% des adultes dans cette vidéo).

      Comment s’étonner alors que ce mécanisme d’imitation dont tu nous parles remplace la réflexion dans nos débats et nos décisions démocratiques? Comment s’étonner que nous soyons si facilement manipulables?

      La structure sociale actuelle est défavorable à l’expression de notre humanité. Ma conviction personnelle est que c’est au tour de la société d’évoluer pour s’adapter à nos besoins. Le développement de la technologie et de l’automation nous le permet. Plaçons nos efforts dans le développement de l’adulte, de ses fonctions exécutives, de sa confiance en lui-même, de sa capacité d’affronter des situations nouvelles, complexes et exigeantes, de créer des solutions nouvelles. Notre survie est l’enjeu.

      1. @John,merci tres interessant ,je suis sensible au faite que vous parliez d’ « ADULTE », ARNAUD DESJARDINS ,mort il y a peu de temps, dans son livre « la voie et ses pieges » envisage l’eveil comme le fait de devenir ADULTE .

  2. En vrac quelques faits : la forêt qu’on exploite près de chez nous est coupée à l’aide d’une machine énorme ; surdimensionnée ; l’arbre parait être un brin de paille . monde de monstres dinosaures . verra -t-on la fin des dinosaures ? évidemment le bucheron(?) ne nous a pas vu.
    Dans la bouche d’un élève s’adressant à un autre, désignant un prof :  » ça, ça ne travaille pas … etc..  » … ambiance …

  3. Bonjour à Tous…
    Avez-vous pris.connaissance du rapport du Club de Rome…2012 ?
    Quarante an après « Halte à la croissance. » (1972)
    ……………..Une vue apocalyptique chère à nôtre civilisation occidentale……..
    Vôtre avis….

  4. Je fais partie des gens qui sont beaucoup plus prudent sur les conséquences du réchauffement climatique.

    Il y a eu un temps où le climat était bien plus tempéré qu’aujourd’hui et d’autres époques où c’était l’inverse (ère glacière et mini ère glacière). Pour preuve on appel groënland un pays qui était vert (groën=vert) quand ceux qui l’ont colonisé l’on baptisé.
    Nous constatons depuis trois ans que la courbe ne suit pas les prévisions du GIEC mais que la température à baissée.

    Ce qui est certain c’est que nous avons tous le sentiment d’être allé trop loin quelque part, mais où ?

    D’abord prenons le mal à la racine:
    Haro sur le CO2 ?
    Des tonnes de matière carbonée obtenue par l’énergie solaire et en grande partie la photosynthèse se sont retrouvée sous des tonnes de sédiments, c’est pour cela qu’on l’appel énergie fossile.

    Les énergies fossiles ne sont peut-être pas en soi la seule cause des causes; les zones forestières sont de grosses productrices de CO2 mais elle le digère en même temps par l’activité du sous-bois de sorte que la forêt se réalimente pratiquement en vase clos.

    La végétation a majoritairement cette propriété : elle capte l’énergie lumineuse pour croître et s’entretenir et donc ce qui est capté sous forme de liaison moléculaire ne l’est pas sous forme de chaleur. En clair un arbre réduit le réchauffement climatique pas seulement par l’ombre qu’il procure à ceux qui sont assis dessous mais aussi par le fait de l’absorption de l’énergie lumineuse.

    Pour vérifier ce principe rien de tel que de comparer un tissus noir et un tissus blanc laissé au soleil pendant une durée identique, le tissus noir stocke l’énergie lumineuse tandis que le blanc renvoi presque tout les rayons.

    Ce qu’il faut savoir sur le CO2:
    Le CO2 dégagé par la décomposition et la macération carbonique des tissus végétaux d’une forêt humide de type tropicale est une source de loin supérieure à celle d’un milieu urbain industrialisé de type occidentale.
    Le taux de CO2 n’est pas le même au voisinage de la surface de la terre que dans la stratosphère où il est quasi-inexistant.
    Un fort taux de CO2 associé à la chaleur et au rayonnement solaire favorise considérablement la croissance végétale.

    Le mythe de l’Atlantide ?
    Autre mythe celui de la fonte des glaciers qui entraînerait une élévation du niveau des mers du fait de l’augmentation de la température par effet de serre.

    La mer contient des quantités importantes de chlorure de sodium et d’autres sels minéraux, tandis que les glaciers sont constitués d’eau douce. Un principe physique démontre que les deux ne se mélangent pas car ils n’ont pas la même densité de sorte que l’eau douce est plus « légère » que l’eau salée restant au dessus.
    La diffusion de l’eau douce suit le même phénomène que lors de la rencontre entre les eaux fluviales et la mer.

    Pourquoi le volume d’eau contenu dans les glaciers serait-il à rajouter au volume de l’eau des mers ?
    Un transfert intégral de volume est un raccourci simpliste, même en tenant compte de la réduction volumique de l’eau lors du changement d’état solide vers liquide.

    Les principes physico-chimiques décrivent que l’eau s’évapore selon une courbe progressive en fonction de la température et de la tension de vapeur.
    C’est à dire que l’eau se transforme perpétuellement en vapeur à l’endroit où les conditions climatiques le permettent et vient se recondenser là où la baisse de température est suffisante.

    Une élévation de la température accroîtrait le processus d’évaporation parallèlement à celui de la fonte des glaciers. Il n’est pas impossible que des conditions climatiques plus clémentes avec des précipitations plus régulières apparaissent dans des zones arides.

    Ce dernier élément me met sur une voie qui mérite qu’on s’y attarde …

    Les zones humides et les zones forestières couvraient plus de 80% du territoire français il y a deux mille ans.
    L’eau est présente dans la végétation, à la fois l’eau constitutive des tissus végétaux et animaux, des hydrates de carbone, comme le pétrole, mais aussi et en grande quantité l’eau contenue autour des tissus et par capillarité dans l’humus du sous bois.
    Cette eau en remobilisation constante agit comme un fluide de transfert des éléments vitaux dans chaque cellule vivante.
    Ce serait donc davantage un déséquilibre entre végétation et urbanisme la cause de notre angoisse bien plus que les scrupules que nous devrions avoir par ailleurs à dilapider des ressources minérales et organiques sans tenir compte du sur-lendemain.

    1. @ Thibault Carlini

      A supposer même que la combustion des énergies fossiles ne soient pas la cause du réchauffement climatique (ce que je ne crois pas) et à supposer même qu’il n’y ait pas de réchauffement climatique (ce que je crois encore infiniment moins), il demeure que peu à peu nous n’aurons plus de pétrole ni de gaz naturel (pour le charbon on a encore un peu plus de temps) et que cela va apparemment poser des problèmes énormes à tout notre système actuel de production et de consommation. Et il me paraît évident qu’il y a lieu d’anticiper les bouleversements que cela va engendrer si l’on veut qu’ils n’entraînent pas un chaos économique, social et politique généralisé.

      1. à Thierry,

        Les bouleversements que vous évoquez sont déjà apparus, y compris en Europe.

        En ce qui me concerne, je pense que c’est la toute puissance de l’économie qui s’est développée dans le cadre du capitalisme industriel depuis deux siècles qui est à l’origine de tous nos maux. Le pillage des ressources et les maladies de la planète en sont des conséquences.
        Il faut envisager de sortir de l’économie (voir ma contribution et le lien en 16)

    2. @Thibault Carlini
      En effet les modèles utilisés par les climatologues sont très complexes. Ils ne considèrent pas l’effet de serre dû à l’émission de CO2 par nos sociétés en isolation.

      La concentration de CO2 est le facteur de départ (une concentration maintenant supérieure à ce qu’elle a été ces dernier 800000 ans) mais d’autres facteurs entrent en jeu, comme la déforestation et la pollution atmosphérique par des particules. Certains facteurs accroissent le réchauffement (e.g. la déforestation qui ralenti l’absorption du CO2 atmosphérique), certains le retardent (l’émission de particules). Un point est déjà atteint où des phénomènes d’avalanche s’enclenchent:
      On constate la disparition rapide de la calotte arctique en été qui réduit l’albédo terrestre et entraîne des variations des grands courants marins, la fonte du pergélisol sibérien qui relâche d’importantes quantités de méthane dans l’atmosphère, un gaz à effet de serre beaucoup plus important que le CO2, le changement de latitude des grands courant jet (jet streams) qui conduit à des variations de latitude des précipitations et de la salinité des eaux marines de surface, et donc aussi des courants et du plancton ainsi que de la faune et de la flore océanique.

      Je ne suis pas un spécialiste et je n’imagine pas pouvoir construire un modèle plus prédictif que ceux que des équipes de spécialistes avec des moyens de mesure et de calcul beaucoup plus sophistiqués que les miens ont mis des années à affiner.

      Je suis donc d’accord qu’il faut être très prudent et regarder les chiffres recueillis pour avoir une idée d’où nous en sommes. Pour ça j’ai tendance à être très conservateur et regarder surtout les chiffres des grandes équipes scientifiques du secteur public dans les pays où elles n’ont pas encore été trop profondément endommagées par le rétrécissement de l’activité gouvernementale.

      C’est le cas chez nous, en Australie. Notre CSIRO, l’équivalent de votre CNRS à publié en Mars dernier son rapport sur l’état du climat (PDF). le rapport ne se penche pas sur les causes de l’augmentation du CO2, du méthane, de la hausse du niveau des mers, du changement des précipitations. Le rapport ne donne pas non plus de prédictions à moyen ou à long terme de ces variations. Il ne fait que donner les variations historiques et les chiffres actuels. Avant de spéculer sur les causes, il faut commencer par ça.
      Le Rapport s’adresse aux non-spécialistes et utilise des graphiques très parlants; je vous laisse regarder (en anglais, malheureusement).

    3. On trouve l’essentiel et les détails sur le changement climatique ici : http://www.realclimate.org/ (surtout en anglais), ici : http://www.manicore.com/ et encore ici : http://sauvonsleclimat.org/new/spip/.

      P. ex. sur le méthane : http://www.realclimate.org/index.php/archives/2012/01/an-online-model-of-methane-in-the-atmosphere/ ainsi que http://www.realclimate.org/index.php/archives/2012/01/an-arctic-methane-worst-case-scenario/ et que http://www.realclimate.org/index.php/archives/2012/01/much-ado-about-methane/

      Etat de la banquise arctique au jour le jour ici : http://nsidc.org/arcticseaicenews/

      Les arguments des climatosceptiques sont démontés soigneusement sur le site realclimate (passer par l’index), parfois traduits. Voici la liste des rubriques ad hoc :

      Responses to common contrarian arguments:

      Michaels misquotes Hansen
      Refroidissement de l’Antarctique, réchauffement global ? (English)
      Quelle information sur le réchauffement climatique nous apportent les études qui concluent à un retard du CO2 sur la température, réalisées à partir des carottes de glace? (English)
      Are Temperature Trends affected by Economic Activity?
      Fox News gets it wrong
      L’état de confusion de Michael Crichton (English)
      Michael Crichton’s State of Confusion II: Return of the Science
      Climate Change Disinformation
      Will-full ignorance
      George Will-misled and misleading
      Le mythe du refroidissement global (English)
      En Etrange Compagnie (English)
      Myth vs. Fact Regarding the « Hockey Stick » (Español) (English)
      Et si …. la “Crosse de Hockey” était fausse ? (English)
      Water vapour: feedback or forcing? (Deutsch) (English)
      L’accroissement du CO2 atmosphérique: sommes nous entièrement responsable? (English)
      Inhofe and Crichton: Together at Last!
      How to be a real sceptic
      The Wall Street Journal vs. The Scientific Consensus (Español) (English)
      Senator Inhofe on Climate Change
      CO2 Fertilization
      Calculating the greenhouse effect
      Good climate debate FAQ
      Bush on “The Fundamental Debate”
      Incurious George
      Heat Rising at the Washington Post
      Open Thread on Lindzen Op-Ed in WSJ
      Lindzen: point by point
      Thank you for emitting
      Global cooling, again
      La Science Coucou (English)
      English vineyards again….
      Avery and Singer: Unstoppable hot air
      Inhofe’s last stand
      Swindled! (Türkçe) (English)
      Swindled: Carl Wunsch responds (Türkçe) (English)
      Does a Global Temperature Exist? (Português) (English)
      Lindzen in Newsweek
      The lag between temperature and CO2. (Gore’s got it right.) (Italian) (Español) (English)
      Beck to the future
      The weirdest millennium
      Curve manipulation: lesson 2
      Oregon Institute of Science and Malarkey
      BBC contrarian top 10
      Les Chevaliers de l’Ordre de la Terre Plate, Part I: Allègre and Courtillot (English)
      Les Chevaliers de l’Ordre de la Terre Plate, Part II: Courtillot’s Geomagnetic Excursion (English)
      The global cooling mole (Español) (Polski) (English)
      Impressions from the European Geophysical Union conference 2008
      Freeman Dyson’s selective vision
      Once more unto the bray
      Not the IPCC (“NIPCC”) Report (Italian) (English)

      Point sur l’activité solaire ici : http://sidc.be/sunspot-index-graphics/sidc_graphics.php

      Si vous avez encore des doutes sur la gravité de la menace et ses causes après avoir épluché tout ça (un bon mois devrait suffire), faites-moi signe !

      Ceci posé, comme rien de sérieux n’a été fait à temps pour stopper le processus, nous allons sauf miracle subir la version la plus sévère imaginée d’après les modèles. Tout se passe donc comme s’il s’agissait d’un changement climatique « naturel » auquel nous ne pourrions que nous résigner !

      L’heure est donc plutôt à l’adaptation (localement, en attendant l’exode dans quelques décennies) et, à la rigueur, à la compensation par la « géoingénierie » (ne semblent techniquement faisables avec les moyens actuels que la séquestration du carbone par la biomasse et la pulvérisation d’aérosols d’anhydride sulfurique dans la stratosphère, à l’instar des volcans).

      1. Cassandre, n’émule pas trop littéralement ton pseudo.
        Tu as raison pour les faits climatiques, mais nous n’avons pas le droit de ne pas tout faire pour modérer les dégâts. Laisses-nous donc imaginer les conséquences nous-même et nous mobiliser.
        Il y a plus de réponses possibles que tu n’imagines, même si nous allons vers la version la plus sévère envisagée par les modèles.

        Je te propose ce papier de Jan Inglis sur 4 approches potentielles et complémentaires pour faire face à la crise climatique.
        C’est le résultat d’un forum de gens qui comme nous acceptent les faits scientifiques mais qui veulent sauvegarder tout ce qui peut encore l’être.

        Le découragement n’est pas de mise.

  5. ce soir au 20h00 de france 2 un « petit » sujet sur les quantité astronomiques ( 100 millions de tonnes ai je cru entendre ) de plastique se concentre dans certaines zones des océans

    la zone pacifique a une superficie de 6 x la france

    sachant que l’industrie du plastique a 60 ans ( oui oui pas beaucoup plus et pourtant tout le monde pense que ça existe depuis « toujours » ) on imagine la rapidité de la destruction du milieu qui a vu naitre la vie

    mais on est tous d’accord, le plus important c’est la viande halal ……………….

    socialisme ou barbarie

  6. N’ayant vu nul part le mot « décroissance », je me permets de rappeler que le courant du même nom a théorisé et développé les idées présentées dans ce post depuis quelques années. Cf les livres de Serge Latouche, Paul Ariès, le trimestriel ‘le sarkophage’, et bien d’autres! pour découvrir ces idées.

  7. Le Co2 et le méthane sont très clairkheiment les gazs qui influencent le plus le réchauffement climatique.

    Le méthane est 23 plus puissant que le Co2, hors je n’ai trouvé à ce jour aucune étude qui désigne très clairkheiment le plus nocif à court/moyen/long terme, celui qui enfin de compte serait le plus déterminan à ses différents stadest. L’un étant autant important que l’autre, mais le méthane a été le responsable de l’extinction du Permien, causant une disparition de près de 95% de la vie.

    La question du méthane qui est nettement moins produit par rapport aux Co2 deviendrait une priorité moins difficile (moins disparate à l’échelle planétaire) à mettre en oeuvre. Pas de clean méthane, déjà pour le charbon, ça n’est pas du tout crédible.

    1. On trouve l’essentiel et les détails sur le changement climatique ici : http://www.realclimate.org/ (surtout en anglais), ici : http://www.manicore.com/ et encore ici : http://sauvonsleclimat.org/new/spip/.

      P. ex. sur le méthane : http://www.realclimate.org/index.php/archives/2012/01/an-online-model-of-methane-in-the-atmosphere/ ainsi que http://www.realclimate.org/index.php/archives/2012/01/an-arctic-methane-worst-case-scenario/ et que http://www.realclimate.org/index.php/archives/2012/01/much-ado-about-methane/

      Etat de la banquise arctique au jour le jour ici : http://nsidc.org/arcticseaicenews/

      Les arguments des climatosceptiques sont démontés soigneusement sur le site realclimate (passer par l’index), parfois traduits. Voici la liste des rubriques ad hoc :

      Responses to common contrarian arguments:

      Michaels misquotes Hansen
      Refroidissement de l’Antarctique, réchauffement global ? (English)
      Quelle information sur le réchauffement climatique nous apportent les études qui concluent à un retard du CO2 sur la température, réalisées à partir des carottes de glace? (English)
      Are Temperature Trends affected by Economic Activity?
      Fox News gets it wrong
      L’état de confusion de Michael Crichton (English)
      Michael Crichton’s State of Confusion II: Return of the Science
      Climate Change Disinformation
      Will-full ignorance
      George Will-misled and misleading
      Le mythe du refroidissement global (English)
      En Etrange Compagnie (English)
      Myth vs. Fact Regarding the « Hockey Stick » (Español) (English)
      Et si …. la “Crosse de Hockey” était fausse ? (English)
      Water vapour: feedback or forcing? (Deutsch) (English)
      L’accroissement du CO2 atmosphérique: sommes nous entièrement responsable? (English)
      Inhofe and Crichton: Together at Last!
      How to be a real sceptic
      The Wall Street Journal vs. The Scientific Consensus (Español) (English)
      Senator Inhofe on Climate Change
      CO2 Fertilization
      Calculating the greenhouse effect
      Good climate debate FAQ
      Bush on “The Fundamental Debate”
      Incurious George
      Heat Rising at the Washington Post
      Open Thread on Lindzen Op-Ed in WSJ
      Lindzen: point by point
      Thank you for emitting
      Global cooling, again
      La Science Coucou (English)
      English vineyards again….
      Avery and Singer: Unstoppable hot air
      Inhofe’s last stand
      Swindled! (Türkçe) (English)
      Swindled: Carl Wunsch responds (Türkçe) (English)
      Does a Global Temperature Exist? (Português) (English)
      Lindzen in Newsweek
      The lag between temperature and CO2. (Gore’s got it right.) (Italian) (Español) (English)
      Beck to the future
      The weirdest millennium
      Curve manipulation: lesson 2
      Oregon Institute of Science and Malarkey
      BBC contrarian top 10
      Les Chevaliers de l’Ordre de la Terre Plate, Part I: Allègre and Courtillot (English)
      Les Chevaliers de l’Ordre de la Terre Plate, Part II: Courtillot’s Geomagnetic Excursion (English)
      The global cooling mole (Español) (Polski) (English)
      Impressions from the European Geophysical Union conference 2008
      Freeman Dyson’s selective vision
      Once more unto the bray
      Not the IPCC (“NIPCC”) Report (Italian) (English)

      Point sur l’activité solaire ici : http://sidc.be/sunspot-index-graphics/sidc_graphics.php

      1. @cassandre
        Tu connais la politique de l autruche
        C est celle qui est pratiquée
        Personne ne se plaindras ou essayeras de faire quelque chose avant le naufrage
        Tous ces adeptes de la science et de l ingénierie qui ne sont pas capables ou ne veulent pas faire du durable du pratique etc
        On continue a faire des voitures pour rouler a 200km/h pourquoi puisque on roule a 130 maxi
        Des 4X4 pour rouler en ville
        Continuer à gaspiller du pétrole des arbres etc pour bourrer nos boites a lettres
        Tant que quelqu’un pourras amasser un sous faire de l argent il n y aura aucun changement
        L Homme est avide et rien ne peux l arrêter
        Il y a une phrase qui resume tout
        – Quand le dernier arbre aura été abattu
        – Quand la dernière rivière aura été empoisonnée
        – Quand le dernier poisson aura été péché
        – Alors on saura que l’argent ne se mange pas.

        La pollution
        La surpopulation
        Les limites de la terre
        Etc
        Voila ou vas le monde
        De toute les façons on y vas et c est trop tard pour revenir en arrière

  8. @pladao
    Ne désespérez pas, la première chose est de prendre conscience des problèmes. Une fois bien définis les problèmes peuvent être et seront résolus.

  9. Ne pas confondre soigner et guérir.

    Rechercher la sagesse pour sauver notre seule personne de ce monde fou n’empêchera aucune de ces 3 catastrophes. Cette solution individualiste pour résoudre la fameuse dissonance cognitive, les fameuses injonctions paradoxales, ne fait que les renforcer car elle nous éloigne en fait encore plus de la solution. Cette issue individuelle renforce donc ces contradictions et le malaise.

    En effet, la solution est celle d’un mouvement politique radical qui propose une autre société. Et ce projet politique s’appuie bien sûr en partie sur les enseignements de sagesse cités. La solution n’est pas un repli individualiste mais un sursaut collectif, politique, universel.

    J’espère que le blog de P Jorion est un lieu d’un tel rebond.

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