Archives par mot-clé : « Penser tout haut l’économie avec Keynes »

Keynes : « La tâche la plus importante de l’État, c’est faire les choses qui ne sont faites par personne »

jorion

Paul Jorion, Penser tout haut l’économie avec Keynes, Odile Jacob 2015 : 90

La crise de 2008 annonçait, dit-on, le retour en force des idées de Keynes en économie. Celui-ci a effectivement lieu en ce moment-même, et sous de multiples formes, mais c’est sans doute dans la fin du laisser-faire que le retour de Keynes se manifeste le plus clairement, fin honteuse sans doute, qui n’ose dire son nom, mais fin néanmoins.

Où l’État doit-il exercer de préférence son empire ? La première distinction à établir, dit Keynes, est celle que Bentham, recourant au latin, avait établie entre les choses qu’il convient de faire, Agenda et celles dont il convient au contraire de s’abstenir, Non-Agenda :

Continuer la lecture de Keynes : « La tâche la plus importante de l’État, c’est faire les choses qui ne sont faites par personne »

24Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Keynes : Les prix et les taux sont dans la tête avant d’être dans le monde

jorion

Paul Jorion, Penser tout haut l’économie avec Keynes, Odile Jacob 2015 : 40

Keynes économiste n’est […] ni sociologue, ni historien, et il n’est pas non plus physicien. Il est psychologue et « idéaliste », au sens de la philosophie : les prix et les taux iront se situer là où nous les observons en tant que produits de nos représentations. Les prix et les taux sont dans la tête avant d’être dans le monde : fruits de spéculations intellectuelles sur ce qu’ils seront à l’avenir. Ceci explique pourquoi le prix chez Keynes est avant tout le fruit des cogitations du vendeur et le taux, celui des cogitations du seul prêteur.

Continuer la lecture de Keynes : Les prix et les taux sont dans la tête avant d’être dans le monde

12Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

John Maynard Keynes : Peut-on sauver le capitalisme ?

jorion

Paul Jorion, Penser tout haut l’économie avec Keynes, Odile Jacob 2015 : 91-92

Dans son essai intitulé « The end of laissez-faire », Keynes termine son examen de la doctrine du laisser-faire par quelques dures remarques sur la nature du capitalisme :

« Je pense pour ma part que le capitalisme, géré avec sagesse, peut probablement être rendu plus efficace dans la tâche de réalisation de buts économiques que tout autre système dont nous avons connaissance, mais qu’en lui-même, il est de bien des manières extrêmement répréhensible […] ce qui me semble être la caractéristique essentielle du capitalisme, c’est la manière dont l’appel intense qu’il adresse aux instincts des individus qui les poussent à faire de l’argent et à aimer l’argent, constitue chez lui la principale force motrice de la machine économique ».

Continuer la lecture de John Maynard Keynes : Peut-on sauver le capitalisme ?

19Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Le Monde, Au-delà de Keynes, par Margherita Nasi, le 12 novembre 2015

jorion

Quand la pensée économique a-t-elle ramené les conflits d’intérêts entre les classes sociales au rang d’illusion? Quand la propriété privée a-t-elle disparu des manuels d’économie ? Quand la spéculation est-elle devenue un mirage ? Paul Jorion, économiste, anthropologue et chroniqueur au Monde, situe le tournant à partir des années 1870, lorsque l’économique politique opère un tournant radical pour devenir une « science » économique, qui s’épanouit sous la houlette du milieu financier. Des départements d’économie universitaires, la production de la théorie économique se déplace vers les écoles de commerce, dans la sphère d’influence des milieux financiers.

La suite sur le site du Monde.

3Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

France Info – Un monde d’idées, mardi 10 novembre 2015

jorion

Je me suis entretenu avec Olivier de Lagarde au sujet de « Penser tout haut l’économie avec Keynes » dans son émission « Un monde d’idées ».

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

LA BOÎTE À OUTILS DE PAUL JORION, par François Leclerc

jorion

Billet invité.

Si vous voulez faire une belle balade, n’hésitez pas à « penser tout haut l’économie avec Keynes » (*). Vous y croiserez au fil des pages des célébrités de la pensée économique : suivant les côtés de la route, Smith, Schumpeter, Walras ou Marx et Polanyi, et bien entendu John Maynard Keynes dont vous emprunterez les pas. Vous y rencontrerez décryptés « les mystères du taux d’intérêt », de l’énigmatique « préférence pour la liquidité » ou du « miracle de l’intérêt composé », sans oublier l’incontournable « euthanasie des rentiers » dont vous avez beaucoup entendu parler, sans toujours vous interroger à leur propos.

Continuer la lecture de LA BOÎTE À OUTILS DE PAUL JORION, par François Leclerc

18Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

LE TEMPS QU’IL FAIT LE 23 OCTOBRE 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 23 octobre 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 23 octobre 2015. Et, vous verrez, le ton de cette vidéo est différent de celui des autres. Bon, j’ai déjà fait des vidéos où j’ai un ton grave, mais ici, j’aurai un autre ton : j’aurai un ton militant. Si vous avez regardé les vidéos que j’ai publiées, les centaines de vidéos que j’ai publiées ici le vendredi, le ton militant, ce n’est pas ce que je fais d’habitude. Je ne crois même pas avoir jamais utilisé le mot « militant » dans une vidéo.

Continuer la lecture de LE TEMPS QU’IL FAIT LE 23 OCTOBRE 2015 – (retranscription)

11Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Je ne suis pas Keynésien mais je risque bien de le devenir !

jorion

Penser tout haut l’économie avec Keynes est, sous ma plume, une critique – parfois assez acerbe – de l’oeuvre économique de John Maynard Keynes. J’ai choisi celle-ci comme un tremplin pour tenter de rebâtir sur les ruines de la « science » économique d’aujourd’hui. Mais lorsque je me trouve face à un journaliste radio sur qui le mot « Keynes » fait l’effet d’une muleta (il ne reste pratiquement plus qu’eux sur les ondes françaises, semble-t-il) et qui déverse alors sur moi tout le venin que ce nom lui inspire, je ne peux m’empêcher de faire de mon corps un bouclier pour protéger celui qui a cessé de pouvoir se défendre contre sa hargne livide. Et me voilà alors, instantanément devenu keynésien, pour protéger le spectre de Keynes des coups que lui assènent – par journaliste interposé – les prêtres d’une religion féroce ! (Ce n’est pas encore programmé ; je vous tiendrai au courant – dans un sens ou dans l’autre).

ATTENTION DANGER !Penser tout haut l’économie avec Keynes – y compris les fantaisies les plus anodines de l’économiste anglais qui s’y trouvent rapportées – est jugé dangereux par ceux qui ont raison de craindre le message que véhicule ce livre ! Lisez-le, mais soyez prévenus, c’est à vos risques et périls : vous serez aussitôt suspecté de dissidence à tout le moins mentale !

24Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Une leçon de Keynes : Équilibre économique et équilibre social

jorion

Paul Jorion, Penser tout haut l’économie avec Keynes, Odile Jacob 2015, pages 51 et 52 :

Quand Keynes parle de conséquences négatives [de l’inflation et de la déflation], il a en tête une chose bien précise, qui n’a pas tant à voir avec un équilibre économique qu’avec un équilibre social. Des équilibres économiques peuvent apparaître dans diverses configurations socio-politiques et le critère qui permet de préférer l’une de celles-ci aux autres, c’est la contribution qu’elle apporte à l’équilibre social. Ce qu’il s’agit de maintenir aux yeux de Keynes, c’est, sinon une maximisation du consensus, tout au moins une minimisation du dissensus sociétal : qu’aussi hétérogène que puisse être l’ordre social existant, aucune composante de la société n’en vienne à juger la situation comme étant désormais intolérable, considération que nos dirigeants politiques actuels ont bien tort de négliger. Les conséquences négatives de l’inflation et de la déflation, ce sont les « débordements » du ressentiment que celles-ci suscitent dans certaines couches de la population, mettant en danger l’édifice social tout entier. Lorsqu’une situation d’équilibre social a été atteinte, sinon par une maximisation du consensus, du moins par une minimisation du dissensus, le maintien de la stabilité des prix permet de la perpétuer.

15Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Penser tout haut l’économie avec Keynes, de Paul Jorion, éd. Odile Jacob, 2015, Une synthèse, par Roberto Boulant

jorion

Billet invité.

Le livre de Paul Jorion au travers la vie et l’œuvre de John Maynard Keynes, nous parle de la genèse de la pseudo ‘science économique’, et comment bien que reposant sur des postulats erronés, elle réussit à métastaser dans tous les secteurs de nos sociétés. Jusqu’à nous amener aujourd’hui au bord du gouffre.

Mais Penser tout haut l’économie avec Keynes, nous incite au contraire à ne pas désespérer. En nous montrant ce qu’une éducation pétrie d’une longue tradition d’humanisme, peut apporter aux hommes en les obligeant à s’élever au-dessus de leur égoïsme de classe. Comment elle tend alors à dissiper l’épaisse et aveuglante fumée de nos croyances, celles qui nous cachent l’accaparement des richesses par quelques-uns.

Continuer la lecture de Penser tout haut l’économie avec Keynes, de Paul Jorion, éd. Odile Jacob, 2015, Une synthèse, par Roberto Boulant

47Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Penser tout haut l’économie avec Keynes, de Paul Jorion, éd. Odile Jacob, 2015. Une note de lecture (VIII) : la folie du rapport de force que notre espèce a engagé… avec la Nature, par Roberto Boulant

jorion

Billet invité.

La lignée Homo a traversé à plusieurs reprises des goulets d’étranglement qui ont failli la faire disparaître. Le dernier événement catastrophique datant de 69.000 à 77.000 ans, quand le ‘super-volcan’ Toba sur l’île de Sumatra, explosa en causant un hiver nucléaire qui amena la population de nos ancêtres au bord de l’extinction.

Et nous voici de nouveau devant un tel goulet d’étranglement. À la différence  près, qu’il ne s’agit pas cette fois-ci d’un accident exogène. De ceux où une nature aveugle décime des pans entiers de l’écosystème planétaire à l’aide de titanesques explosions volcaniques ou d’Himalayas célestes nous percutant à des vitesses de plusieurs dizaines de kilomètres par seconde.

Continuer la lecture de Penser tout haut l’économie avec Keynes, de Paul Jorion, éd. Odile Jacob, 2015. Une note de lecture (VIII) : la folie du rapport de force que notre espèce a engagé… avec la Nature, par Roberto Boulant

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Penser tout haut l’économie avec Keynes, de Paul Jorion, éd. Odile Jacob, 2015. Une note de lecture (VII) : dépasser Keynes pour bâtir une économie au service du bien commun, par Roberto Boulant

jorion

Billet invité.

Keynes aurait pu faire sienne la devise d’Érasme, « Nulli concedo » (je ne fais de concessions à personne). Non par orgueil, mais par la grâce de la merveilleuse alchimie résultant d’une éducation humaniste et d’une grande intelligence. Avec des résultats socialement détonants ! Les anecdotes abondent sur les petites phrases insolentes et sur les remarques cinglantes qu’il n’hésitait pas à décocher aux ‘puissants’, fussent-ils Premier Ministre. C’est ainsi que beaucoup de ses contemporains ne perçurent pas la véritable personnalité de Keynes. De lui ne voyaient-ils au mieux, que l’excentricité toute britannique d’un génie, ou au pire, que l’arrogance de ceux qui se sachant intellectuellement supérieurs, s’imaginent dispensés des marques élémentaires de la civilité.

Continuer la lecture de Penser tout haut l’économie avec Keynes, de Paul Jorion, éd. Odile Jacob, 2015. Une note de lecture (VII) : dépasser Keynes pour bâtir une économie au service du bien commun, par Roberto Boulant

10Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail