Archives par mot-clé : « Shutdown »

Trump : Les cowboys et les Indiens, le 12 Janvier 2019 – Retranscription

Retranscription de Trump : Les cowboys et les Indiens, le 12 Janvier 2019. Merci à Eric Muller !

Bonjour nous sommes le samedi 12 janvier 2019, et les États-Unis sont entrés dans leur période de fermeture de l’administration fédérale, la plus longue jusqu’ici : on est au vingt-deuxième jour. La fermeture la plus longue jusqu’ici a été de vingt-et-un jours. On est dans une situation extrêmement tendue parce qu’il y a des gens qui ne sont plus payés, des fonctionnaires qui ne sont plus payés. Il y a des services de type fédéral qui ont épuisé le budget qui était le leur et qui vont commencer à fermer petit à petit. Il y a des choses qui se sont interrompues immédiatement, comme les gardes des parcs nationaux, il y a des gens qui ne sont plus payés mais qui continuent à faire leur boulot en se disant qu’ils seront payés un jour, comme les contrôleurs du ciel, mais c’est une situation extrêmement difficile, d’autant que on ne voit aucun progrès dans les discussions qui ont lieu entre les Démocrates et les Républicains. M. Trump – et il est suivi par le parti Républicain jusqu’ici – même s’il y a des craquements, même si il y a des gens qui, voilà, émettent des réserves sur cette histoire de mur avec le Mexique.

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UNE CONVERSATION AUJOURD’HUI AVEC JOHN DUNN

Je m’étais promis de renouer dès que possible la conversation entamée avec John Dunn en mai de cette année. Nous avons passé plusieurs heures ce matin dans la suite mise à sa disposition depuis 1970 dans le Gibbs building qui clôt la grande cour intérieure de King’s College à Cambridge. Il mettait un point final, au moment où je suis arrivé, à son « tutoring » de deux étudiants : il continue en effet, bien au-delà de l’éméritat, d’assumer le rôle de répétiteur pour les étudiants du collège. Nous avons parlé de sa vie quotidienne et il est dommage qu’aujourd’hui, aussi vieux que nous ayons la chance de vivre, des questions que j’appellerai pour la facilité, « de notes de gaz », s’évertuent à nous persécuter.

Nous avons heureusement évoqué aussi des choses plus intéressantes, comme le souvenir de John Maynard Keynes (1883-1946) qui hante King´s, dont il fut non seulement « fellow » mais aussi le trésorier de 1924 jusqu’à sa mort.

Keynes, me dit John, du moins dans la période qui précéda la crise cardiaque qui le terrassa en1937 et le laissa diminué une fois pour toutes, a laissé le souvenir d’une figure hautaine, souvent brutale dans ses manières, et autoritaire quand il intervenait au sein d’organes de décision. Joan Robinson (1903-1983), son interlocutrice de choix parmi les économistes, était bien davantage appréciée de ses collègues et de ses étudiants au sein du collège. « Le marxisme de Robinson passait bien mieux à King´s que le socialisme indéfinissable de Keynes », affirme John.

Nous avons aussi parlé de Robert Skidelsky, auteur de la monumentale biographie de Keynes en trois volumes, dont John me dit qu’il n’a pas pu chasser en la lisant, l’ombre que porte, selon lui, l’ouvrage que Skidelsky consacra aux politiciens britanniques durant la Dépression (1967) ainsi que la biographie ambigüe (1975) qu’il avait rédigée auparavant du fasciste Oswald Mosley, chef de file des Chemises Noires britanniques dans l’entre-deux-guerres.

Nous nous sommes interrogés sur le désistement d’Olivier Blanchard, économiste en chef du Fonds Monétaire International, pour l’audition publique sur la crise de la zone euro, qui se tiendra le 5 novembre au Parlement européen, où j’interviendrai. L’affirmation selon laquelle les membres du FMI n’ont pas le droit de s’exprimer devant un parlement est-elle sans arrière-pensées ? et si oui, s’agit-il d’un principe qu’il faille approuver ? Oui, dit John, si l’on considère que les prérogatives d’un parlement ne sont pas d’ordre heuristique : ne sont pas d’enquêter sur les causes des événements, aussi dramatiques que puissent être les conséquences de ces événements qui relèvent elles à juste titre de la compétence d’un parlement.

Nous avons pour finir réfléchi à l’étrange relation qui s’est instaurée entre la Chine et les États-Unis à l’occasion de la récente crise du « shutdown » et du replafonnement de la dette américaine. L’ensemble des principes confucianistes ont en effet été tournés en dérision par le gouvernement américain et par les membres du Congrès et du Sénat réunis. Aucun d’entre eux ne semble plus se préoccuper, non pas du « bien commun », notion après tout très occidentale, mais que chacun occupe de la manière qui convient le rôle que le sort a bien voulu lui confier. La « rectification » confucéenne a maintenant bien du chemin à reparcourir aux États-Unis : « Qu’un Congressiste soit (à nouveau) un Congressiste ; qu’un Sénateur soit (à nouveau) un Sénateur ; que Barack Obama soit (enfin) un Président ». Il n’est pas sain en effet, vu la manière autoritaire dont elle dirige ses affaires, que soit laissé à la Chine seule le rôle du maître d’école exaspéré qui ramène un peu d’ordre dans la salle de classe où le chaos s’est installé.

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ÉTATS-UNIS : UN RÉPIT DE QUELQUES DE MOIS

L’administration américaine est rouverte jusqu’au 15 janvier, et la question du plafond de la dette suspendue jusqu’au 7 février.

Aucune des questions de fond posées n’ayant été résolue, il ne s’agit que d’un simple répit.

Avec chaque jour qui passait, l’opinion publique blâmait toujours davantage le parti républicain de l’impasse sur la question de la fermeture de l’administration, le « shutdown », et surtout, de la menace qui planait d’un défaut du pays sur sa dette.

Le tournant dans la crise fut certainement la déclaration de la US Chamber of Commerce se désolidarisant de l’attitude jusqu’au-boutiste des libertariens du Tea Party. Au sein du parti républicain, la sortie de l’impasse signale donc la victoire des représentants du monde des affaires sur ceux de l’anti-État à tout prix.

Une victoire modeste donc des démocrates sur les républicains puisqu’il ne s’agit que d’un simple répit : Wall Street marque un point contre la Chambre de Commerce dans le combat de géants qui les oppose et agite les États-Unis depuis plusieurs siècles, même si la Chambre de Commerce l’emporte sur sa rivale anti-Étatique au sein de son propre camp.

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ET CHACUN VAQUAIT TRANQUILLEMENT À SES OCCUPATIONS

Nous sommes souvent consternés d’apprendre, à la lecture des livres d’histoire, qu’alors que des mondes s’écroulaient, « chacun vaquait tranquillement à ses occupations ». Nous sommes à l’heure où j’écris à moins de 48 heures d’un éventuel défaut des États-Unis sur leur dette et si la nouvelle fait la une de la plupart des journaux, elle ne fait qu’exceptionnellement les gros titres.

On me dit parfois : « Vous annonciez la crise des subprimes et personne n’y prêtait attention, comment cela est-il possible ? » La réponse est là aujourd’hui : le sentiment toujours communément partagé qu’« Il y a sûrement quelqu’un, quelque part, qui fera en sorte que cela n’arrive pas ». C’est cela qu’on découvre par exemple lorsque sont interrogés a posteriori les acteurs de la tragédie Dexia : la conviction de chacun de ceux-ci qu’il y avait sûrement quelque part, quelqu’un d’autre que lui-même, qui veillait au grain.

Les titres de dette américains : Treasury bills, Treasury notes et Treasury bonds, jouent au sein du système financier mondial un rôle essentiel de pseudo-monnaie : en sus de l’argent proprement dit, ils font office d’instruments de paiement et de collatéral privilégiés. Si un versement d’intérêt ou un remboursement de principal inscrit à l’échéancier devait ne pas intervenir, le prix d’un tel instrument de dette se déprécierait d’autant, et cette dépréciation se répercuterait dans l’ensemble du système financier, faisant basculer dans l’insolvabilité celui ou celle dont la bonne santé financière était liée au prix plein.

Pire encore, l’imprévisibilité désormais des versements qui auront lieu ou n’auront pas lieu, creuse alors un fossé entre le prix réclamé par les vendeurs de l’instrument de dette et ceux encore disposés à vouloir l’acheter, conduisant les transactions à s’interrompre. Comme s’expriment alors les intervenants sur les marchés financiers : « Il n’y a plus de prix ! ».

Or, je l’ai dit, les instruments de dette américains jouent à l’échelle de la planète un rôle de pseudo-monnaie essentiel – qu’il continuèrent d’ailleurs de jouer, à l’étonnement de certains, aux pires moments de la crise qui avait débuté en 2007. S’ils devaient cesser de jouer ce rôle, ce ne serait plus comme en septembre 2008 une partie majeure du système financier qui serait grippée, ce serait la machine financière toute entière, avec des conséquences impossibles à évaluer.

Nous en sommes là ce matin. Il y a sûrement quelqu’un, quelque part, qui sait comment stopper le processus de déliquescence entamé. Malheureusement pour nous, il ne s’agit ni de M. Obama, ni des membres du Congrès ou du Sénat américains.

Quant aux autres – à l’exception des Chinois dont la préparation aux événements qui menacent souligne selon certains, la malveillance – ils continuent tranquillement de vaquer à leurs occupations.

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CRISE DE LA DETTE AUX ÉTATS-UNIS : LA CHINE ANNONCE LA FIN D’UN MONDE

Vous avez dû noter avec quel empressement les commentateurs (*) s’étaient réjouis de la reprise des négociations entre démocrates et républicains : pour eux le spectre du défaut de la dette américaine s’évanouissait, ne laissant plus qu’un mauvais souvenir. C’était ignorer la polarisation de plus en plus marquée de la vie politique américaine, dont j’ai fait le compte-rendu ici au fil des années, et qui a conduit à la nouvelle impasse entérinée aujourd’hui dimanche.

La Chine n’imagine apparemment pas que les quatre jours restants suffiront à éviter le défaut, ni ne parviendront à renverser le « shutdown » : la fermeture des administrations américaines, puisque par le biais de l’agence officielle Chine Nouvelle, elle adresse aux États-Unis des reproches véhéments :

Alors que les hommes politiques américains [échouent à] trouver un accord viable pour refaire fonctionner normalement les institutions politiques dont ils sont si fiers, c’est peut-être le bon moment pour une planète abasourdie de commencer à envisager la construction d’un monde désaméricanisé.

Reproches adressés, on l’aura noté, sous la forme d’un faire-part de décès.

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(*) Même ici.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 11 OCTOBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

– Blog de PJ : Twitter Blues, le 7 octobre 2013

« Shutdown » et déplafonnement de la dette américaine

Paul Jorion : L’argent, mode d’emploi (Fayard 2009)

Dissensions au sein de la Troïka

Peut-on encore sauver le capitalisme ?

– Blog de PJ : Jean-Michel Naulot sur France-Culture, le 7 octobre 2013
– Blog de PJ : FRANCE CULTURE, « LES MATINS », mercredi 30 novembre 2011
– Blog de PJ : rtbf, MATIN PREMIÈRE, 5/5 de Marie Vancutsem dans le 5-7, vendredi 11 octobre 2013
– Blog de PJ : Sémiotique de la crise, par Jean Maxence Granier, le 18 février 2009

– Blog de PJ : Conférence au Luxembourg – « Une autre finance est possible » – Mercredi 16 octobre

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MONSIEUR OBAMA, RÉVEILLEZ-VOUS : VOTRE PAYS FOUT LE CAMP !

M. Obama s’apprête à annoncer que le candidat de son choix au poste de gouverneur de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, est Mme Janet Yellen, qui sera le successeur à ce poste de Ben Bernanke, non renouvelé.

Mais non M. Obama : le candidat de votre choix, c’était Larry Summers, l’homme qui pensait, quand il dirigeait l’université de Harvard, que s’il y a moins de femmes que d’hommes dans les carrières scientifiques, c’est en raison d’un problème lié à leur cerveau, l’homme qui préconisait, quand il était économiste en chef de la Banque Mondiale, de polluer de préférence les pays sous-développés parce que les frais de santé y sont moins élevés. Le fossoyeur du Glass-Steagall Act, c’est lui aussi. C’était Summers votre candidat, et seule une fronde des sénateurs au sein de votre propre parti a su le contraindre à retirer sa candidature.

M. Obama, plus d’un quart de vos fonctionnaires sont rentrés à la maison parce qu’on a cessé de les payer. Dans huit jours exactement, si rien n’est fait d’ici là, votre pays est en défaut de paiement. Oui, vous avez obtenu le Obamacare, l’assurance-maladie universelle, mais rappelez-vous : c’est un vieux projet d’Hillary Clinton ressuscité. M. Obama, là où vous avez le mieux réussi jusqu’ici, c’est quand vous avez aligné vos positions sur celles du Tea Party, la frange extrémiste du parti de vos adversaires républicains. M. Obama, votre pays fout le camp, mais toutes vos erreurs, c’est nous tous qui les paierons un jour ou l’autre. M. Obama, réveillez-vous !

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