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Pour le chantier « Se passer de la volonté et de l’intention », par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

Dans sa vidéo « A nouveau au seuil d’une guerre mondiale », Paul Jorion a lié l’urgence de la situation géopolitique (un paquet de conflits distincts dont le nouement pourrait produire une guerre mondiale) avec celle d’un changement dans notre manière de penser la décision politique. Il s’agirait d’opérer un déplacement du même type que celui qu’il a apporté en économie : ayant montré le profit qu’on peut tirer de l’élimination de la notion de valeur, il propose que nous nous entraînions ensemble, dans ce blog, à nous passer de la conscience — de ses ressorts, la volonté et l’intention — pour penser la prise de décision politique. Grâce à quoi nous pourrions comprendre autrement les événements produits par les supposés acteurs de la scène mondiale, et penser de façon nouvelle notre propre participation à l’histoire.

Waouh. Excitant. Terrifiant. Comme il se référait aux travaux de Libet mais qu’il avait aussi en tête, je suppose, tous ceux qui ont suivi dans les neurosciences sur des sujets aussi divers que la conscience, l’intention, le libre arbitre, la volonté — ainsi que leur abord par les neurosciences sous l’angle de la motricité, par exemple –, je me suis retrouvée embarquée dans un tourbillon de souvenirs de lectures savantes. Lesquelles ne m’avaient pas permis de conclure à quoi que ce soit de solide dans aucun domaine — d’autant que ces disciplines sont en perpétuel renouvellement –, mais avaient assis définitivement la conception que j’avais pu me faire de l’agir humain à partir d’une expérience ethnographique de terrain. Je voudrais donc contribuer à ce chantier en réfléchissant à mon propre parcours intellectuel, mais en essayant de le faire aboutir à la crise géopolitique dans laquelle nous sommes pris.

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Chief Commander Ebenezer Obey

Le principal problème que je rencontre quand j’essaie d’évoquer la musique africaine, c’est la qualité des vidéos – quand elles existent. Il y a longtemps que j’ai envie de vous parler de Chief Commander Ebenezer Obey et je vais enfin y parvenir

Son style, c’est le « juju », un retour à la tradition après le syncrétisme afro-européen du « highlife » qui se jouait lui dans les salles de bal des grands hôtels nigérians, les musiciens de préférence en smoking.

Le « juju », ce sont les « sorts » : ces petits paquets, en forme de poupées ou autres, pleins de poudres, de clous, de dents ou d’os d’animaux et que quelqu’un cache dans vos affaires parce qu’il vous veut du bien ou le plus souvent du mal. Cyriaque en avait un jour trouvé un dans ma 4×4, caché sous un tapis de sol. Il l’avait fait analyser par un « pharmacien » et était revenu rassuré : c’était un bon « juju », fait pour nous protéger contre les accidents. Enfin, les accidents, ça n’existe pas : contre les mauvais sorts.

Brigitte, vous êtes au ciel, mais je sais que c’était vous qui aviez mis ça là. Vous étiez la nounou angélique et cela faisait partie de votre manière de prendre soin de mes enfants. On pense à vous souvent. Et on pleure.

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