Archives par mot-clé : TINA

Les aventures de TINA bientôt remisées aux côtés des histoires désuètes, par Pascal

Billet invité.

Le libéralisme décomplexé nous récite depuis bientôt 40 ans, partout à travers le monde, l’histoire de TINA (There Is No Alternative), allant même jusqu’à affirmer « la fin de l’Histoire ». Nous avions enfin trouvé le paradis sur Terre, il était ultralibéral. Et chacun de se soumettre à l’austérité comme autrefois les malades, à la saignée des médecins de Molière. Seulement voilà, depuis peu, beaucoup de par le monde se lassent de TINA, la petite marchande d’allumettes, et des mensonges des vitrines qui ne sont destinées qu’aux 1%. Certains prétendent aujourd’hui qu’une autre narration économique est possible.

Continuer la lecture de Les aventures de TINA bientôt remisées aux côtés des histoires désuètes, par Pascal

Partager :

Le Monde / L’Écho, La « troïka » doit reconnaître de bonne grâce sa défaite, mardi 5 mai 2015

Le Monde : La « troïka » doit reconnaître de bonne grâce sa défaite

Le Fonds monétaire international avait dû admettre en octobre 2012, par la bouche d’Olivier Blanchard, son économiste en chef, que sa préconisation de l’austérité qui plonge depuis cinq ans la Grèce dans la misère, était fondée sur une erreur. Le chiffre utilisé pour le fameux multiplicateur budgétaire indiquant l’impact sur le Produit intérieur brut d’une nation d’une réduction du budget de l’État, était erroné. Faux d’ailleurs à ce point qu’il aurait dû conduire au rejet de la politique d’austérité en Europe et à adopter au contraire une relance de l’économie par la dépense publique.

Un chiffre inférieur à 1 du multiplicateur signifie que si l’État diminue ses dépenses d’un euro, le PIB baissera d’un montant moins important ; s’il est supérieur à 1, le PIB baissera de plus d’un euro. Le chiffre de 0,5 utilisé pour l’Europe en 2009 justifiait une politique d’austérité, alors que le chiffre réel, « significativement supérieur à 1 au début de la crise » (Blanchard & Leigh 2013 : 19), aurait encouragé une politique de relance. La Commission européenne et l’OCDE avaient elles aussi utilisé le chiffre erroné de 0,5.

Continuer la lecture de Le Monde / L’Écho, La « troïka » doit reconnaître de bonne grâce sa défaite, mardi 5 mai 2015

Partager :

À partir d’une conférence de Kojève, par Nikademus

Billet invité.

Une conférence de Kojève en janvier 1957, publiée en 2 fois dans Commentaire, la première partie en 1980, la seconde – ils ont pris leur temps -, en 1999.

A lire attentivement pour la hauteur de point de vue et parce qu’il y rappelle entre autres qu’« il est avantageux, non seulement du point de vue politique, mais encore de celui de l’économie elle-même, de payer pour le travail non pas le minimum, mais le maximum possible » et que c’est cela et rien d’autre qui a sauvé le capitalisme première manière (Ford).

On sait que les ministres du premier cercle du pouvoir ont choisi une voie contraire puisqu’ils proclament ces jours-ci que l’antithèse exacte de cette proposition les mène certes au suicide politique mais n’en est pas moins la seule envisageable, avec un fatalisme que l’on jugerait digne de l’antique s’il ne rappelait pas plutôt ces idéologues soviétiques qui trouvaient très en-dessous d’eux d’accepter une quelconque validation par la réalité ou l’expérience quand seule une sanctification finale par l’Histoire était à leur mesure. Mais pour ces derniers celle-ci n’est jamais venue, comme on sait ; et pour leurs pâles imitateurs, elle ne viendra pas.

Continuer la lecture de À partir d’une conférence de Kojève, par Nikademus

Partager :

Dessiner un paysage global pour le futur et un chemin pour y parvenir, par Michel Leis

Billet invité.

Une vraie course de vitesse s’est engagée qui se joue à plusieurs niveaux. Sur le plan économique, la poursuite d’une politique vouée à la résorption des déficits et au maintien de la compétitivité entraîne inexorablement les populations vers la voie de la pauvreté. Sur le plan politique, les mauvais génies de la droite extrême surfent sur un discours social dans une stratégie de passager clandestin schizophrène qui les rapproche dangereusement du pouvoir.

Le contre-discours existe, on peut le trouver sans trop chercher, son problème est qu’il n’a droit de cité qu’à la marge dans les médias de masse.

L’option d’une dénonciation sur un mode sensationnaliste, c’est rejoindre les discours populistes dont le positionnement primaire est essentiellement le « contre » (c’est ce qui en fait un mauvais populisme). De tels discours cristallisent les mécontentements mais cachent le manque de caractère opératoire des programmes proposés. Au final, c’est adopter le positionnement d’imprécateur qui n’est pas sans rappeler celui de Jean-Marie Le Pen au début des années 2000.

Continuer la lecture de Dessiner un paysage global pour le futur et un chemin pour y parvenir, par Michel Leis

Partager :