Archives par mot-clé : Union soviétique

Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (V) Tour de passe-passe involontaire ou délibéré ?

Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (I) Une trouvaille
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (II) Keynes pressé par son agenda politique ?
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (III) « Le taux d’intérêt tend à être égal au rendement marginal du capital »
Le mystère du fantomatique « chapitre 5 » (IV) Le rendement du capital provient du travail appliqué aux ressources naturelles

La révolution, Keynes l’écarte, et la raison qu’il donne, c’est le lourd prix humain à payer, dont on sait qu’il sera très élevé alors que le résultat est par nature incertain. L’un de ses étudiants écrit dans les notes qu’il prend lors d’un de ses cours en 1933 : « La tentation existe pour nous de guérir les maux qui découlent de notre incompréhension en recourant à une destruction encore plus massive sous la forme d’une révolution » (Skidelsky 1992 : 502).

Keynes restera attaché toute sa vie à la position qu’il exprime déjà dans l’essai qu’il consacre à Edmund Burke (1729-1797), alors qu’il n’est encore qu’un étudiant de 21 ans, passage que j’ai déjà eu l’occasion de citer :

Notre capacité à prédire est si faible qu’il est rarement avisé de sacrifier un mal actuel pour un hypothétique avantage futur […] il ne suffit pas que l’état de fait que nous cherchons à promouvoir soit meilleur que celui qui le précède, il faut encore qu’il soit à ce point préférable qu’il compense aussi les tragédies qui accompagnent la transition (Skidelsky 1983 : 155-156).

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HEURS ET MALHEURS DU TOURISME SOCIAL

Ce matin, j’ai fait une communication à la réunion annuelle de l’Organisation internationale du tourisme social (OITS). L’idée, c’était que j’explique un peu à ce mouvement, sur la défensive vu sa baisse de fréquentation, quelles sont les raisons de celle-ci.

Un monsieur m’a dit au déjeuner qu’il aurait préféré que je me concentre sur les bonnes nouvelles. Je lui ai demandé un exemple. Il en a trouvé un, le voici : davantage d’emplois sont créés en France par des entreprises étrangères qui s’y installent qu’il n’y a d’emplois perdus du fait des délocalisations.

Zut, moi qui croyais tenir une explication simple de la baisse brutale du nombre de gens qui partent en vacances en France depuis 2009 !

Le temps fort de la matinée fut l’intervention impromptue du délégué russe, qui a tenu à décerner une médaille au président belge de l’organisation.

Il expliqua qu’en Union soviétique, il n’y avait pas de tourisme social parce que tout le tourisme était social, étant assuré par les syndicats. Avec la venue du capitalisme, le tourisme social avait disparu et le mot « social » était d’ailleurs devenu un gros mot, avec « assurance-maladie » et quelques autres.

Heureusement, a-t-il ajouté, avec le Président Poutine, la moitié du chemin a déjà été refait.

J’aurais dû demander au monsieur qui préfère les bonnes nouvelles si cette information l’avait rassuré.

J’écris ceci, entouré de la mer du Nord, au café de l’estacade, à Blankenberghe, qui connut son heure de gloire avec les « congés payés », conquis autrefois de haute lutte.

Le « h » dans Blankenberghe a disparu durant mon enfance, gageons que les congés payés le suivront dans l’oubli.

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QUI EST KEYNES ? (III) EST-IL UN ANTICOMMUNISTE (PRIMAIRE) ?

Un peu plus de sept ans s’étaient écoulés depuis la Révolution d’octobre quand Keynes fut invité en Union soviétique au mois de septembre 1925 en tant que représentant officiel de l’université de Cambridge. Le tapis rouge fut déroulé devant lui durant les deux semaines de son séjour. Le mois précédent, il avait épousé celle qui était sa compagne depuis plusieurs années : la ballerine russe Lydia Lopokova, qui l’accompagna durant ce voyage. Il fut également reçu dans la famille de celle-ci et l’occasion lui fut ainsi donnée de voir la société soviétique sous différents éclairages : celui des dirigeants qui étaient ses hôtes mais aussi celui des gens ordinaires : le père de Lydia était ouvreur de cinéma.

Académie des sciences, Moscou 1925

John Maynard Keynes (tourné vers nous au premier rang) à l’Académie des sciences à Petrograd en 1925. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Keynes fit part de ses impressions de l’Union soviétique dans trois articles dont la teneur fut rassemblée plus tard dans « A Short View of Russia », un cahier qui fut publié par les Hogarth Press de Leonard et Virginia Woolf, fait qui n’est pas purement anecdotique si l’on pense qu’à cette époque Bloomsbury se convertissait en masse au marxisme et à l’admiration de la Russie sous son nouveau régime.

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ESSAI SUR LA CHUTE DU SYSTÈME SOVIÉTIQUE, par Paul Tréhin

Billet invité

Essai sur la chute du système soviétique à la fin du siècle dernier et les désorganisations similaires à craindre pour les régimes capitalistes de marché, avec à peu près les mêmes raisons, au courant de ce siècle…

Et si la chute des systèmes soviétiques planifiés était en fait analysable selon le matérialisme historique marxiste ? Et si cela devait arriver également bientôt aux pays occidentaux ?

La chute du système soviétique ne pourrait-elle pas être attribuée en partie au moins à des facteurs que la théorie marxiste avait envisagés : ce sont les évolutions des infrastructures, entre autres technologiques, d’un côté et la cupidité des dirigeants privés et publics de l’autre, qui conduisent à des révolutions. Analyse qui avait été inspirée à Marx, entre autre, par les situations catastrophiques qu’il avait pu observer lors de la révolution industrielle en Angleterre. Or des changements technologiques profonds ont affecté l’Union soviétique et ses satellites au milieu du siècle dernier : débuts de l’informatique, diversification des besoins apportée par la diffusion de l’information par des médias nouveaux à l’époque (radio et télévision). Les pays occidentaux vivent actuellement le même genre de changements technologiques amplifiés par les avancées techniques des équipements numériques… Les mêmes causes ne pourraient–elles pas provoquer les mêmes effets ?

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L’actualité de la crise: le mirage aux alouettes de l’ajustement du yuan, par François Leclerc

Billet invité.

LE MIRAGE AUX ALOUETTES DE L’AJUSTEMENT DU YUAN

Que peut-on voir dans l’annonce par la banque centrale chinoise de son ajustement prochain du taux de change du yuan ? Un geste politique symbolique, à la vieille du G20 de Toronto de la semaine prochaine, devant la montée de la pression exercée en faveur d’une telle décision ? Le début d’un réel ajustement favorisant, comme il est espéré par ceux qui le réclament le plus fort, la croissance américaine  ?

Cette décision est présentée comme pouvant réparer la panne dans laquelle se trouve l’économie occidentale, en réduisant le déséquilibre global caractérisé de manière superficielle comme commercial. Voulant tenter, dans les faits, de corriger les effets de la mondialisation telle que le capitalisme financier l’a brutalement dessinée. Qui a abouti à une désindustrialisation rapide des pays développés, et au processus inverse dans les pays émergents. Non sans provoquer d’important dégâts. Sociaux des deux côtés, lourdement environnementaux dans les seconds.

De ce point de vue, une convergence a pu être décelée, des deux côtés, dans l’aggravation des inégalités sociales, cachées dans les pays émergents par l’amélioration des conditions de vie de classes intermédiaires qui s’y développent, bénéficiant des retombées de la croissance du produit intérieur brut (PIB). Au contraire encore dissimulée dans les pays développés, en raison de l’importance de celles-ci, en dépit de la détérioration du statut de leurs couches inférieures.

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