Archives par mot-clé : Victor Hugo

Notre-Dame de la Vie, par Cédric Chevalier

Ouvert aux commentaires.

Pour quoi pleurons-nous ? L’œuvre humaine et l’œuvre d’art

Pourquoi pleurons-nous d’avoir vu brûler Notre-Dame de Paris ? Pourquoi s’émouvoir pour de vielles pierres et d’antiques charpentes, si vénérables soient-elles ? Quel sens donner à l’émotion qui nous étreint dans une sorte de communion internationale ? Qu’est-ce qui est affecté en nous exactement ?

On a vu le spécialiste de l’histoire et du patrimoine Stéphane Bern très ému à la télévision. Est-ce indécent ? J’ai pour ma part du mal à cerner cette grande tristesse qui m’affecte. Quand des êtres humains sont touchés dans leur chair, la légitimité de notre détresse est évidente. Quand il s’agit de dégâts matériels sur des objets, si précieux soient-ils, j’ai ressenti une gêne d’être si affecté, je l’avoue.

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« De l’anthropologie à la guerre civile numérique » – X. L’homme est un robot sentant

Suite et fin de l’entretien du 5 mai 2016 avec Franck Cormerais et Jacques-Athanase Gilbert de la revue Études digitales, en complément de l’entretien intitulé De l’anthropologie à la guerre civile numérique.

X. L’homme est un robot sentant

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Grands hommes d’autrefois

… Alexandre Dumas qui, dans une lettre bouleversante du 29 janvier 1855, la veille de l’enterrement de Gérard de Nerval « suicidé ou assassiné », dit à Victor Hugo sa décision de laisser sa place vacante parmi les porteurs du cercueil, afin de ne « perdre aucune occasion de protester contre votre absence. Demain vous serez donc au milieu de nous ».

Annie Le Brun, Les arcs-en-ciel du noir : Victor Hugo, Gallimard, 2012

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« Écartons tout ce qui ressemble au couvent, à la caserne… », par V. H.

Billet invité.

Certaines théories sociales, très distinctes du socialisme tel que nous le comprenons et le voulons, se sont fourvoyées. Écartons tout ce qui ressemble au couvent, à la caserne, à l’encellulement, à l’alignement. Le Paraguay, moins les Jésuites, est tout de même le Paraguay. Donner une nouvelle façon au mal, ce n’est point une bonne besogne. Recommencer la vieille servitude est inepte. Que les peuples d’Europe prennent garde à un despotisme refait à neuf dont ils auraient un peu fourni les matériaux.

Victor Hugo, William Shakespeare, 1864, II, v, iii

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Qui étions-nous ? – Paul de Tarse selon Victor Hugo

Ouvert aux commentaires.

Victor Hugo, Shakespeare (1864), Livre II, Les génies, chapitre X

L’autre, Paul, saint pour l’Église, pour l’humanité grand, représente ce prodige à la fois divin et humain, la conversion. Il est celui auquel l’avenir est apparu. Il en reste hagard, et rien n’est superbe comme cette face à jamais étonnée du vaincu de la lumière. Continuer la lecture de Qui étions-nous ? – Paul de Tarse selon Victor Hugo

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À CEUX QU’ON FOULE AUX PIEDS

L’une d’entre vous m’envoie ceci en commentaire à mon entretien ce matin sur France Inter.

XIII

Oh ! je suis avec vous ! j’ai cette sombre joie.
Ceux qu’on accable, ceux qu’on frappe et qu’on foudroie
M’attirent ; je me sens leur frère ; je défends
Terrassés ceux que j’ai combattus triomphants (*) ;
Je veux, car ce qui fait la nuit sur tous m’éclaire,
Oublier leur injure, oublier leur colère,
Et de quels noms de haine ils m’appelaient entre eux.
Je n’ai plus d’ennemis quand ils sont malheureux.
Mais surtout c’est le peuple, attendant son salaire,
Le peuple, qui parfois devient impopulaire,
C’est lui, famille triste, hommes, femmes, enfants,
Droit, avenir, travaux, douleurs, que je défends ;
Je défends l’égaré, le faible, et cette foule
Qui, n’ayant jamais eu de point d’appui, s’écroule
Et tombe folle au fond des noirs événements ;
Etant les ignorants, ils sont les incléments ;
Hélas ! combien de temps faudra-t-il vous redire
À vous tous, que c’était à vous de les conduire,
Qu’il fallait leur donner leur part de la cité,
Que votre aveuglement produit leur cécité ;
D’une tutelle avare on recueille les suites,
Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,
Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin ;
Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;
C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.
Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;
Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;
Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse
Et plus morne là-haut que les branches des bois ;
Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,
Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ?
En tournant dans un cercle horrible, on devient ivre ;
La misère, âpre roue, étourdit Ixion.
Et c’est pourquoi j’ai pris la résolution
De demander pour tous le pain et la lumière.

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