Archives par mot-clé : vote blanc

LE VOTE BLANC NOUS PRIVERAIT DU CHOIX D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE, par Patrick Duprez

Billet invité, en réponse à la proposition de manifeste de Zébu

Cher Paul Jorion,

Je ne sais pas si je fais partie de ceux qui « désespèrent » auxquels (entre autres déçus de la politique), s’adresse le manifeste qui est paru sur votre blog le 14 novembre 2013, mais je suis d’accord pour l’essentiel avec le  « programme » pour sortir de la crise que « Zébu » a exposé à notre critique.

J’ai été particulièrement interpellé par l’appel pour le vote blanc contenu dans ce manifeste tant la tentation pour moi,  vieil électeur socialiste, de ne plus participer aux simulacres de démocratie qui nous sont régulièrement offerts dans les pays occidentaux, est grande.

Pourtant, réflexion faite et au vu de la situation politique française présente, il est peu probable que je franchisse un jour le pas. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette attitude favoriserait la venue au pouvoir en France de la droite extrême et rajouterait à la crise socio-économique actuelle, une composante anti-démocratique bien éloignée de la fraternité et de la morale que prônent tous les Républicains authentiques.

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LA MACHINE À FABRIQUER LE CONSENTEMENT EST EN PANNE, par Michel Leis

Billet invité. Réponse à L’ÉTAT SE MEURT, L’ÉTAT EST MORT de Bertrand Rouziès-Leonardi.

Et si ce qui était en jeu n’était pas une incapacité généralisée à fabriquer le consentement ? Cet épuisement serait tel qu’il entrainerait un peu partout la remise en cause des institutions. Le pain et les jeux et la consommation d’un côté, l’accrochage à des normes sociales ancrées dans un dogme de l’autre (religieux ou politique), rien n’y fait, l’individu n’y trouve pas son compte. C’est peut-être le seul point commun de tous ces mouvements qui traversent un peu partout la planète. En Occident, la spécificité de la norme de progrès était d’avoir remplacée une dimension qui se voulait intemporelle (le pouvoir absolu et la religion) par une dimension future qui portait l’espoir de beaux lendemains. La dimension temporelle a changé à la fin des Trente glorieuses avec une dimension plus immédiate, celle de la consommation. Mais cette dimension tourne à vide, elle est remise en cause par la crise et ne reste plus que le vide et la peur. La dimension locale est peut-être la seule à porter encore une dimension d’appartenance, d’où le succès apparent des mouvements régionalistes comme des initiatives locales ou les stratégies des villes évoquées dans votre billet. La proximité permet de mobiliser les citoyens. Dans cette analyse, le vote blanc ne fait que refléter le vide, mais peut-on survivre dans le vide ? Dans d’autres régions du monde, c’est la volonté du pouvoir d’ancrer le consentement dans une dimension intemporelle fondée sur un dogme qui pose question. On n’impose pas une norme sociale, mais en même temps, des situations disparates permettent encore à des logiques traditionnelles de s’imposer. Pour combien de temps encore ? Une norme sociale ne se décrète pas, elle finit par s’imposer. Il est urgent de tracer une voie, histoire de redonner une dimension temporelle et collective aux aspirations individuelles, sauf à se perdre dans le vide.

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L’ÉTAT SE MEURT, L’ÉTAT EST MORT, par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité.

Il n’y a plus de saisons. Le changement climatique affecte jusqu’au climat politique, qui peut renvoyer simultanément l’image de l’efflorescence irrésistible et de la caducité inexorable. Voilà qu’au beau milieu de l’automne, dans l’autre hémisphère, un autre printemps se lève. Ce qui bourgeonne, au Brésil, c’est une masse politique ; ce qui tombe, c’est une caste politique. Les commentateurs de l’autre hémisphère, aveugles à ce que signifie le cas turc, s’étonnent encore qu’avec tous ses atouts d’émergent presque adoubé grand parmi les grands (ressources considérables de tous types, agriculture et industrie puissantes, classe moyenne nombreuse, politique assez généreuse de redistribution), le Brésil connaisse un large mouvement social non partisan, ou plus exactement transpartisan et antisystème, qui va jusqu’à s’attaquer à l’institution footballistique et au barnum olympique. – Comment ? Vous avez le pain et les jeux, et vous vous plaignez ? Mais que vous faut-il de plus ? – Un État. Un État pour un Peuple, car nous assistons à un nouveau printemps des peuples. Dans l’émergent économique émerge un peuple, un peuple qui estime que la redistribution est non seulement incomplète mais outrageusement ridicule, au vu des dépenses englouties en infrastructures tape-à-l’œil, superflues et mal conçues, en pots-de-vin divers pour décourager les critiques, ainsi qu’en expropriations d’indigents accusés de gêner la marche du progrès avec leurs quatre murs de parpaings.

Oh, certes, ce peuple n’a pas de leader(s) et, exemple des Indignés à l’appui, cela suffit aux railleurs pour affirmer que ce peuple sans tête joue contre la politique, contre la délégation représentative, comme s’il n’était pas permis, en démocratie, d’avoir et le choix de la tête et le choix de n’en choisir aucune, quand aucune n’est digne du tronc vigoureux qui la supporte. Il n’y a que les partis honteux d’eux-mêmes pour croire que les citoyens révoltés par leurs pratiques veulent liquider la représentation. Ce n’est pas après la représentation qu’ils en ont, c’est après la vérole qui l’a défigurée. Pour prendre une analogie dont on se doute bien qu’elle parle au cœur des Brésiliens, ce n’est pas le football en lui-même, sport populaire en ce qu’on n’a besoin que d’un ballon et d’un terrain vague pour le pratiquer, qui pose problème, c’est le décorum dont on l’entoure pour épater un chaland auquel l’augmentation de son niveau de vie n’apparaît pas avec la même évidence qu’aux faiseurs de moyennes. Le chaland n’est pas dupe de la manœuvre, car le citoyen n’est pas tout à fait mort en lui. En revanche, il ne se croit pas outillé pour démanteler le système politique mafieux par les voies naturelles. – Et les réseaux sociaux ? – Ils servent le révolté autant qu’ils le serrent, les opérateurs cédant assez vite aux pressions inquisitrices de l’oligarchie au pouvoir.

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Les réactions du Parti Socialiste à l’appel à l’« abolition des privilèges », par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

Quand bien même ces dix chevaliers blancs ne seraient pas si blancs (leurs petits camarades s’empresseront d’ailleurs de nous informer), et après l’écriture de mon billet d’hier (Servir le peuple, punir l’opinion), je ne vois plus comment voter autrement que blanc aux prochaines élections, quel qu’en soit le risque : depuis « n’être pas pris en compte » (ça ne nous changera pas), jusqu’à « faire un marchepied au Front National » (désolant, mais je n’en suis pas la seule responsable).

Il m’est devenu radicalement impossible d’alimenter une fois de plus cette machine politique qui, jour après jour, détruit la société. Je sais bien que le problème central est de pouvoir modifier l’offre politique, je sais bien que M. Hollande essaie, avec sa cuillère à café, de vider la mer des intérêts parlementaires, mais je ne le vois pas y parvenir. Et en même temps qu’il utilise sa petite cuillère sur cette question, il vide les forces sociales de leur énergie à pleines louches.

C’est une décision politique où bien sûr, mon âge et le fait que je vote à Marseille ont leur part, mais qui procède de l’urgence que je ressens de sortir du jeu mortel qui nous est proposé, et dans lequel nous acceptons pour finir, une élection après l’autre, de nous enfermer.

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