Les réactions du Parti Socialiste à l’appel à l’« abolition des privilèges », par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

Quand bien même ces dix chevaliers blancs ne seraient pas si blancs (leurs petits camarades s’empresseront d’ailleurs de nous informer), et après l’écriture de mon billet d’hier (Servir le peuple, punir l’opinion), je ne vois plus comment voter autrement que blanc aux prochaines élections, quel qu’en soit le risque : depuis « n’être pas pris en compte » (ça ne nous changera pas), jusqu’à « faire un marchepied au Front National » (désolant, mais je n’en suis pas la seule responsable).

Il m’est devenu radicalement impossible d’alimenter une fois de plus cette machine politique qui, jour après jour, détruit la société. Je sais bien que le problème central est de pouvoir modifier l’offre politique, je sais bien que M. Hollande essaie, avec sa cuillère à café, de vider la mer des intérêts parlementaires, mais je ne le vois pas y parvenir. Et en même temps qu’il utilise sa petite cuillère sur cette question, il vide les forces sociales de leur énergie à pleines louches.

C’est une décision politique où bien sûr, mon âge et le fait que je vote à Marseille ont leur part, mais qui procède de l’urgence que je ressens de sortir du jeu mortel qui nous est proposé, et dans lequel nous acceptons pour finir, une élection après l’autre, de nous enfermer.

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