Le (bon) soliton, la brute vague, et le truand (Trump), par Timiota

Billet invité.

SolitonsCherchant à penser hors des cadres usuels les évolutions qui nous harcèlent ou nous agacent, nous sommes amenés à voir comment agissent les conjonctions de plusieurs phénomènes concomitants. Dans ce cadre, le mot « soliton » a été utilisé dans un sens élargi, un peu comme le pull-over dans d’autres métaphores. Je tente ici de faire la part du soliton « d’origine », des vagues scélérates (freak ou rogue en anglais) qui ne sont pas le soliton d’origine mais agissent à l’aide d’ingrédients similaires, et je tente au passage de prendre du recul pour l’usage plus jorionnien qui est fait de ce concept, ici d’abord et plus généralement voir ici.

Continuer la lecture de Le (bon) soliton, la brute vague, et le truand (Trump), par Timiota

Partager

Les quatre phases de l’économie, par François Roddier

Billet invité. A paru sur le blog de François Roddier, le 29 mai.

Je propose à mes lecteurs d’illustrer brièvement mes développements théoriques un peu arides à l’aide de mon expérience personnelle.

Continuer la lecture de Les quatre phases de l’économie, par François Roddier

Partager

Pourquoi on n’arrête pas un soliton, par Philippe Soubeyrand

Ce que l’on voit très bien sur cette vidéo, c’est qu’une gigantesque quantité d’eau qui se meut à grande vitesse (dont les facteurs aggravants sont multiples) s’accumule soudain contre un second front d’eau qui lui se meut à vitesse beaucoup plus faible, créant une vague scélérate.

Continuer la lecture de Pourquoi on n’arrête pas un soliton, par Philippe Soubeyrand

Partager

REQUIEM : le temps alloué était dépassé…, par Philippe Soubeyrand

Ce texte a été rendu permanent sur le Blog sous la forme très accessible d’une Page dans la colonne de gauche.

REQUIEM : le temps alloué était dépassé…

Note de l’auteur :

L’anticipation que je vous propose ici est avant tout dédiée aux enfants. Elle renvoie aux références permettant de rendre l’ensemble robuste. Libre à chacun de se faire sa propre opinion, sauf que nous n’avons plus le choix. Nous devons agir maintenant et non demain…

Fig1b-Mars_NASA_2016

Hubble Takes Mars Portrait Near Close Approach – Image Hubble publiée le 19 mai 2016 par NASA Goddard Space Flight Center – NASA, ESA, the Hubble Heritage Team (STScI/AURA), J. Bell (ASU), and M. Wolff (Space Science Institute) – (CC BY 2.0) [1].

Continuer la lecture de REQUIEM : le temps alloué était dépassé…, par Philippe Soubeyrand

Partager

Les Nuits Debout comme fluctuations critiques, par Timiota

Les injonctions contradictoires (style : « Sois spontané ! ») sont les signes visibles qui accompagnent les Nuits Debout, à la fois à l’extérieur et à l’intérieur.

Continuer la lecture de Les Nuits Debout comme fluctuations critiques, par Timiota

Partager

Qu’est-ce que la beauté ?

Pour Hegel, ni le temps ni l’espace n’existent en tant que tels : nous sommes plongés dans un flux qui est celui du devenir, dont la caractéristique est de ne jamais rester pareil à lui-même. C’est seulement pour nous y retrouver un peu que nous avons jugé utile de distinguer au sein du devenir, le temps et l’espace. Le seul point fixe dans le flot tumultueux du devenir, c’est le maintenant qui lui ne bouge pas : nous sommes à tout moment dedans, il sépare un passé dont nous savons de quelle manière il s’est déroulé grâce au souvenir, et un avenir dont nous ne savons pas encore la forme qu’il prendra et qui suscite chez nous la crainte ou l’espérance (Hegel [1818] : 145).

Continuer la lecture de Qu’est-ce que la beauté ?

Partager

MODÉLISATION : L’ultralibéralisme face à la densité de population !, par Philippe Soubeyrand

Billet invité.

Paul Jorion, Le temps qu’il fait le 9 octobre 2015 :

« L’ultralibéralisme est-il un mécanisme biologique de mortalité dépendant de la densité ? »

Rq. cette question troublante sous-entend que l’ultralibéralisme serait en quelque sorte un écosystème à part entière disposant de ses propres outils de régulation de la densité de population à volume constant et dans lequel l’Homme ne peut que renier, sans doute par instinct de survie, son statut d’animal social…

Continuer la lecture de MODÉLISATION : L’ultralibéralisme face à la densité de population !, par Philippe Soubeyrand

Partager

Pour être équitable, la décroissance doit être celle de notre empreinte écologique, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

La décroissance apparaît de plus en plus comme la seule façon d’éviter la catastrophe que constituera l’inévitable effondrement de notre modèle pollueur et pilleur actuel fondé sur le postulat d’une illusoire croissance économique infinie alors que nous vivons dans un environnement fini et très sensible à la pollution au delà de certains seuils d’exploitation et d’agression.

Continuer la lecture de Pour être équitable, la décroissance doit être celle de notre empreinte écologique, par Jean-Paul Vignal

Partager

Vibrations amplifiées à l’approche d’un point critique, par Timiota

Billet invité.

L’analyse de Todd au lance flamme socio-anthropologique continue de faire controverse dans les médias « mainstream » … et même chez les lecteurs de Paul Jorion et autres Amis du Blog de Paul Jorion. Le sociologue en Todd est-il amok ?

À défaut d’un raisonnement simple pour en sortir par le haut, cette agitation induite donne à réfléchir, car des vibrations similaires semblent se rapprocher.

Dans un jeu de vibration comparable, il y a eu feu Bernard Maris écrivant sur Houellebecq « comme symptôme » (de quoi son livre précédent « La Carte et le Territoire » est-il le nom ? ). On peut prolonger dans ces controverses dont les acteurs semblent se préoccuper de données hors de leur sphère jusqu’au Royaume Uni sens dessus-dessous politiquement via une jeune glasgwegienne, ou jusqu’à Paris Match interviewant Varoufakis, et d’autres. Bref tout cela, ce sont des « vibrations amplifiées à l’approche d’un point critique », ainsi que les appellent les physiciens comme François Roddier.

Continuer la lecture de Vibrations amplifiées à l’approche d’un point critique, par Timiota

Partager

Yoda impatient : Le « trou de ver » du chercheur mûr, par Timiota

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La sagesse vient-elle au chercheur qui parvient à la cinquantaine ? Peut-il enfin, libéré des questions de carrière, faire son « maître Yoda », utiliser son expertise pour explorer enfin à fond ce qu’il maîtrise si bien ? C’est ce qui semblerait le mieux dans une majorité de cas. Mais, oublions même les financements et considérons seulement la récompense en termes de reconnaissance scientifique : je veux parler du fameux « facteur h ».

Pour ceux qui ne connaissent pas le « facteur h » ou Hirsch factor, voyez l’explication qu’en offre Wikipedia.

Dans une bonne carrière scientifique, ce facteur avoisine 40 typiquement à l’âge mûr : 6 à 12 papiers par an dans la période prolifique (33-50 ans en très gros), soit en tout un package de 150+/-50 dont les 40 meilleurs seront cités plus de 40 fois. Arrivé à ce niveau, le risque de stationner est grand : même avec de l’excellent travail, notre chercheur n’est cité que par ses collègues mondiaux aux thèmes proches : ça laisse le h au niveau 40 car il n’y a pas vraiment plus de 10-20 labos pour le citer, chacun 1 ou 2 fois, tout ça dépasse rarement 30-35 citations au bout de 3 ans, puis ça n’augmente plus. Donc les papiers du « bon chercheur » vont faire dans l’histogramme de la bibliométrie un bourrelet de nombre de citations N sous le fameux seuil h.

Et que vous le vouliez ou non, cela vous ramène un sentiment de demi-échec.

Continuer la lecture de Yoda impatient : Le « trou de ver » du chercheur mûr, par Timiota

Partager

Le temps qu’il fait le 23 janvier 2015

Sur Dailymotion, c’est ici.

L’effondrement

L’annonce de Mario Draghi à la Banque centrale européenne, le 22 janvier 2015

Blog de PJ : France Culture, Journal de 12h30, le jeudi 22 janvier 2015

François Roddier, Thermodynamique de l’évolution, Parole Editions 2012

Joseph A. Tainter, L’effondrement des sociétés complexes, Le retour aux sources (1988) 2013

Blog de PJ : LE NON-ÉVÉNEMENT DE LA BCE : AIDER CEUX QUI N’EN ONT PAS BESOIN, par François Leclerc, le 22 janvier 2015

Partager

Combien de temps faudra-t-il aux machines pour prendre le pouvoir ? La réponse du physicien, par Timiota

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Quelqu’un écrit à Paul Jorion :

Il a fallu des centaines de milliers d’années à l’homme pour prendre le pouvoir sur terre, il ne faudra aux ordinateurs que quelques heures.

J’ai cherché à affiner ce qu’on pouvait chiffrer à ce sujet. Je me suis basé sur ce qu’on sait de la dynamique des informations dans des réseaux de diverses topologies, caractérisées par un chiffre dit de « redondance », qui dit en gros la facilité qu’il y a pour trouver un chemin qui mène à Rome en allant au petit bonheur la chance. C’est expliqué un tant soit peu dans cet article de physiciens suédois d’Umea. Le chiffre de R=0.4 semble à retenir pour les connections « 2D » qui caractérisent le réseau à la surface de la Terre, juste un peu de 3D dans les gratte-ciels. La relation entre temps et espace pour des ondes d’information qui se répandent en interagissant suit alors, pour cette valeur R=0.4, une loi d’échelle en r^0.3.

(Il faut faire l’hypothèse d’ondes d’information « en interaction » car il s’agit ici de convaincre un serveur de « retourner sa veste » contre les hommes, l’interaction résulte de l’action future du serveur sur les informations qu’il recevra une fois sa veste retournée, et où il fera un choix contraire de celui qu’il aurait fait avant ; autre point l’article parle en fréquence et non en temps, car n’espérant pas un basculement particulier mais un ronron d’information. Et sa loi est donc en 1/r^0.3, mais c’est au fond tout pareil).

Continuer la lecture de Combien de temps faudra-t-il aux machines pour prendre le pouvoir ? La réponse du physicien, par Timiota

Partager

Le paludier : L’inconscient ingénieur du sel, par Arnaud Castex

Billet invité. À propos de « La transmission des savoirs », à Bécherel, le 19 avril 2014

Lors de son exposé à Bécherel, Paul Jorion nous fait découvrir la complexité du métier de paludier et plus particulièrement, son apprentissage.

J’avoue que la proposition du pèse-sel m’a interpellé car elle sous-estime tout de même grossièrement la complexité du problème. Elle ne concerne que la réaction de cristallisation elle-même et le gradient moteur de celle-ci (à savoir la concentration d’une saumure). Cette « solution » fait l’impasse sur la dynamique de l’installation concernée et les moyens à disposition des exploitants.

En fait le paludier réalise un véritable travail d’ingénierie, caché par l’apparente simplicité des choses et bien entendu l’absence de conceptualisation. Simplicité du produit tout d’abord, aujourd’hui qui peut s’étonner d’avoir du sel sur sa table alors qu’il fut une monnaie du fait de sa rareté. Simplicité de la matière première (de l’eau de mer, dont la composition n’est pas si « simple »), simplicité du principe d’obtention (la concentration et la cristallisation par évaporation de l’eau à l’air libre), simplicité des installations (des étendues d’eau inertes).

Continuer la lecture de Le paludier : L’inconscient ingénieur du sel, par Arnaud Castex

Partager

Les élites puissantes qui nous manipulent ne font-elles qu’illustrer le Troisième Principe de la thermodynamique ?, par Stéphane Feunteun

Billet invité.

Je voudrais revenir sur la relation étonnante entre PIB (en unité monétaire corrigée de l’inflation) et consommation d’énergie primaire (en unité physique de quantité d’énergie). Entre parenthèses, le PIB est loin d’être irréprochable, entre autres parce qu’il mesure une somme d’activités sans tenir compte de leur utilité sociale (beaucoup d’activités néfastes, voire destructrices, sont comptabilisées positivement dans le PIB), mais c’est le seul indice dont nous disposons pour évaluer la taille de l’économie. C’est en premier lieu le travail de Jean-Marc Jancovici qui a permis de mettre en évidence qu’on obtient une quasi-droite quand on reporte pour chaque année les valeurs considérées sur un graphique (voir le 4ème graphique de cet article qui mérite d’être lu attentivement).

Continuer la lecture de Les élites puissantes qui nous manipulent ne font-elles qu’illustrer le Troisième Principe de la thermodynamique ?, par Stéphane Feunteun

Partager

LA STABILITÉ GLOBALE DES SYSTÈMES CHAOTIQUES, par Boris Verhaegen

Billet invité

Cela faisait un petit temps que je voulais aborder un sujet qui me semble essentiel pour la compréhension de certains thèmes abordés sur le blog mais je ne savais pas vraiment par quel bout commencer. Le billet de Timiota sur sa découverte médicale m’en donne maintenant l’occasion tant il illustre parfaitement le fond de ma pensée. Il traite en effet d’un phénomène trop souvent observé mais totalement non intuitif : la stabilité globale d’un système dit chaotique.

Si en physique mathématique la quasi totalité des systèmes sont dits déterministes, il en est certains, appelés chaotiques, dont la dynamique reste certes déterministe mais pour lesquels aucune prédiction n’est dans la pratique possible – ce qui est totalement contraire au déterminisme, qui, comme son nom l’indique, permet de déterminer avec précision l’évolution d’un système lorsqu’on en connaît ses conditions initiales. On parle alors de chaos ou encore de dynamique non-linéaire.

Continuer la lecture de LA STABILITÉ GLOBALE DES SYSTÈMES CHAOTIQUES, par Boris Verhaegen

Partager

Medical Breakthrough: Low Dosage “Piketty” Prevents “FT” Fits (II/II), by H. Benisty (co-author with Timiota)

Billet invité. La version française se trouve ici. Un grand merci à Serge Boucher pour la traduction.

We’ve shown in the first part of this post that a population of actors effecting « random walks » by betting their wealth daily, or more precisely a modest part of their fortune that lies above the poverty level, will eventually see a small group of « very rich » emerge, making everybody else comparatively poorer.

We now increase the number of actors to N=3600, all other hypotheses remaining the same, to get a more clear distinction between a continuum of the society and a few dominant elements. We’ll show how a small dose of « Pikettisation » avoids paralysis.

First, let’s study the situation as is, to identify the problem. Here’s a typical simulation with N=3600 actors during 35000 days. [See ((2)) in the appendix for a more detailed explanation, … even if you have already read ((1))!]

Continuer la lecture de Medical Breakthrough: Low Dosage “Piketty” Prevents “FT” Fits (II/II), by H. Benisty (co-author with Timiota)

Partager

Medical Breakthrough: Low Dosage “Piketty” Prevents “FT” Fits (I/II), by H. Benisty (co-author with Timiota)

Billet invité. La version française se trouve ici. Un grand merci à Serge Boucher pour la traduction.

On the subject of wealth concentration and rising inequalities, Thomas Piketty tells us that there is indeed a growing rift, and that the fifties were only an exception. One can always pretend that the Gilded Age gave us several decades of only occasionally rusty capitalism, hence reviving those levels of inequality is nothing to scoff at, especially if millions of people concurrently rise out of poverty.

Entertaining that view requires that we ignore many aspects of the Great Depression, which is highly difficult to understand, having taken place between two world wars, and in a period mixing technical progress, colonisation and then decolonisation. In any case, one can conceivably believe that history as a whole is so chaotic that what we’ll get at the end of the current rise in inequality need not be exceptionally bad.

Many reasons, which one might wish to file under “our planet’s survival”, suggest that now is a horrible time for deadlocking a system already made rusty by wealth concentration and the mass poverty that it implies: even though a sizeable and growing middle-class manages to get by, a world where even in rich countries 30% of inhabitants are poor, with poor countries doing much worse, can’t be expected to make the right choices regarding our planet’s resources.

Continuer la lecture de Medical Breakthrough: Low Dosage “Piketty” Prevents “FT” Fits (I/II), by H. Benisty (co-author with Timiota)

Partager

Découverte Médicale : De petites doses de Piketty empêchent les crises de Gattaz (II/II), par Timiota

Billet invité. Un ou plusieurs volontaires pour traduire dans d’autres langues ? [Ce serait sympa si les lecteurs du Financial Times, par exemple, pouvaient lire cette série de deux billets]. 😀

Nous avons montré dans la première partie de ce billet que des acteurs effectuant des « marches aléatoires » de leur fortune, plus exactement de la part au-dessus d’un seuil de pauvreté, voyaient au bout d’un certain temps des « très riches » émerger, et cela semblait rendre comparativement les autres pauvres.

Nous passons maintenant à des modèles sur N=3600 acteurs, avec les hypothèses inchangées. Mais on va pousser l’étude jusqu’à pouvoir évaluer à quel point une faible dose de « Piketty-isation » de la situation évite le grippage.

Étudions d’abord la situation sans rien faire, pour voir ce fameux grippage :

Pour N=3600 acteurs et 35000 jours, on a un cas typique dans ce film


Continuer la lecture de Découverte Médicale : De petites doses de Piketty empêchent les crises de Gattaz (II/II), par Timiota

Partager