LA GRÈCE ET APRÈS ? par François Leclerc

Billet invité.

Non sans application, il est tenté de refermer sans faire de vagues le dossier grec, après que sa gestion a dévoilé sous un jour fort peu flatteur, des mois durant, les dessous d’une gouvernance européenne s’épuisant à trouver une issue. Cela laisse des traces.

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LEUR EUROPE AU BOUT DU CHEMIN, par François Leclerc

Billet invité.

La première réunion de finalisation du 3ème plan est annoncée se tenir aujourd’hui à Athènes : il n’y a pas de temps à perdre si, comme annoncé à Athènes et à Bruxelles, les négociations doivent être bouclées à temps pour qu’un premier transfert de fonds intervienne, permettant au gouvernement grec d’honorer son remboursement à la BCE du 20 août prochain. Dans le cas contraire, un nouveau crédit-relais devra être trouvé pour attendre leur conclusion et éviter un défaut de paiement. L’idée qui domine est de ne pas s’engager dans de nouvelles interminables négociations qui risqueraient de s’enliser et qui contribueraient à la poursuite de l’effondrement de l’économie, accentuant un fait déjà largement accompli.

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DU RIFIFI CHEZ LES CRÉANCIERS, par François Leclerc

Billet invité.

Le FMI ne veut pas s’en laisser compter et prend les créanciers européens la main dans le sac, si l’on en juge une nouvelle analyse de la soutenabilité de sa dette qui vient d’opportunément fuiter et dont Reuters a eu la teneur. « La détérioration dramatique de la soutenabilité de la dette rend nécessaire un réaménagement de la dette à une échelle bien supérieure à celle qui a été jusqu’à maintenant considérée ».

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Qui va voter l’armistice ?, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Également sur son propre blog.

L’accord européen a été salué par les déclarations triomphalistes des chefs d’Etat et de gouvernement qui y ont vu, chacun à sa façon, son succès personnel. Il est vrai que les dirigeants européens nous ont habitué depuis quelque temps à qualifier « d’historique » tout accord à partir du moment où ils y apposent leur signature. En revanche, les médias ont exprimé de manière assez générale un grand scepticisme, en soulignant la fragilité de l’accord et ses conditions extrêmement dures. Dans l’opinion, des critiques très vives ont été exprimées, de tout horizon, pour dénoncer ce qu’il faut bien appeler une solution allemande à la crise.

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COMBINAISON CHINOISE D’UNE BULLE ET D’UN ENDETTEMENT, par François Leclerc

Billet invité.

L’endettement et le trop plein de liquidités sont des problèmes mondiaux, ainsi qu’en témoigne le krach boursier chinois qui est en cours, et comme ses mécanismes le démontrent. A Shanghai et Shenzen, les deux principales places boursières, les principaux indices ont plongé d’un tiers en moins d’un mois, et les conséquences ne sont pas calculables.

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LA MACHINE INFERNALE DE LA DETTE GRECQUE, par François Leclerc

Billet invité.

Le FMI vient de jeter un gros pavé dans la mare en rendant public un « avant-projet d’analyse de la viabilité de la dette » de la Grèce daté du 26 juin dernier. De ce document de 23 pages très denses, il ressort que le 3ème plan de sauvetage de la Grèce devrait être d’un montant de 52 milliards d’euros pour couvrir ses besoins de financement jusqu’à la fin décembre 2018. Mais cela ne tient pas compte de l’annulation des 16 milliards d’euros qui est intervenue suite à l’absence d’accord entre les créanciers et le gouvernement grec, ce qui porte son montant à 68 milliards d’euros.

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AUTOUR DU POT DES TAUX, DE LA DETTE, DE LA RELANCE ET DE L’INFLATION, par François Leclerc

Billet invité.

La remontée des taux sur le marché obligataire est-elle momentanée ou l’amorce d’une tendance durable ? La question a opposé Ben Bernanke et Lawrence Summers aux États-Unis et n’est pas accessoire : la poursuite de cette hausse redonnerait de l’air à un système financier qui prend des risques et inquiètent la Fed, afin de trouver du rendement, mais elle alourdirait le poids d’un endettement public qui ne cesse de croître, après l’avoir soulagé. Dans l’immédiat, les ventes soudaines d’obligations ont pris à contrepied les investisseurs qui n’y ont pas procédé, ou ne s’étaient pas couverts, imprimant leur marque sur le marché en dépit des achats Jde la BCE. Pour la suite, l’incertitude demeure…

La Banque du Japon et la BCE vont-elles contenir cette hausse ? Cela dépendra de l’attitude de la Fed, selon qu’elle se décide ou non à augmenter son taux directeur, une perspective qui s’éloigne. Remarquons cependant que, présentée comme provisoire lors de son lancement, la politique d’assouplissement quantitatif est devenue permanente, toutes banques centrales confondues. Et s’il est prématuré de conclure que les banques centrales ont perdu le contrôle d’un marché obligataire mondialisé, elles ne parlent plus de l’assécher des liquidités qui continuent à y être déversées.

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Appel pour soutenir la Grèce qui résiste et sa Commission pour la Vérité sur la Dette publique

Pour le droit des peuples d’auditer la dette publique.

4 mai

Aux peuples d’Europe et du monde entier,
À toutes celles et à tous ceux qui rejettent les politiques d’austérité et n’acceptent pas de payer une dette publique qui nous étrangle et qui a été contractée sans nous et contre nous.

Nous, signataires de cet appel, nous nous rangeons au côté du peuple grec qui, par son vote aux élections du 25 janvier 2015, est le premier en Europe et dans l’hémisphère nord à avoir rejeté les politiques d’austérité appliquées au nom du paiement d’une dette publique contractée par « ceux d’en haut » sans le peuple et contre le peuple. En même temps, nous considérons que la création, à l’initiative de la Présidente du Parlement grec, de la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, constitue un événement historique d’une importance capitale, non seulement pour le peuple grec mais aussi pour les peuples d’Europe et du monde entier !

Le problème de la dette constitue un fléau qui sévit presque partout en Europe et dans le monde

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L’IMPOSSIBLE RÉFORME DU SYSTÈME FINANCIER, par François Leclerc

Billet invité.

Il y a de quoi donner le tournis : le shadow banking représentait 75.000 milliards de dollars d’actifs en 2014, selon le Conseil de stabilité financière (FSB), soit 50 % des actifs bancaires et 120 % du PIB mondial. Mais le plus impressionnant réside dans l’augmentation de 7 % de sa taille en une seule année, signifiant qu’une mutation est en cours.

Sans aller chercher plus loin et pénétrer dans les arcanes du système financier, cette constatation relativise singulièrement la portée de mesures de régulation principalement destinées aux banques. Cela a d’ailleurs conduit Vitor Constâncio, le vice-président de la BCE, à réclamer une vigilance renforcée des frontières entre ces dernières et les entités du shadow banking, comme si la cause était perdue d’avance en ce qui concerne la régulation de la finance de l’ombre.

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GROS EFFET DE CISEAU ENTRE DETTE ET CROISSANCE, par François Leclerc

Billet invité.

Que peut-on attendre de l’économie dans les années à venir ? Préparant avec la Banque mondiale sa réunion de printemps de la semaine prochaine à Washington, le FMI nous livre en avant-première le fond de sa pensée, et l’on n’en sort pas ébloui.

Non pas tant à cause des médiocres perspectives qu’il dessine, aussi bien pour les pays avancés que pour les émergents, mais en raison de la multiplicité des raisons à cette situation qu’il invoque, ce qui fait que l’on ne sait plus par quel bout prendre la question. En d’autres termes, comme si les dés étaient jetés, ce que corrobore l’importance que le Fonds accorde dans son analyse au vieillissement de la population dans les pays avancés, sur lequel on ne peut pas agir, auquel s’ajoute un chômage qui ne donne pas signe de se résorber si l’on considère le taux de participation au marché du travail.

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EN EUROPE, LE NŒUD GORDIEN DE LA DETTE N’EST TOUJOURS PAS TRANCHÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Ce n’est pas une découverte, l’un des grands points de faiblesse du système bancaire européen provient de son rôle déterminant dans le financement de la dette publique, qui se traduit par la détention d’un important volume de titres souverains. Cette situation repose en effet sur une dangereuse ambiguïté : ces titres sont censés conforter les bilans des banques, mais ils peuvent imposer – sauf à les conserver jusqu’à maturité – d’importantes dépréciations de leurs titres en cas de crise sur le marché obligataire se traduisant par une hausse des taux et une baisse corrélative de leur valeur. Quand le chapitre est abordé, il est habituel de qualifier de nœud gordien ce problème parfaitement identifié mais pas du tout résolu, ce qui est d’ailleurs la règle dès que l’on aborde le chapitre de la dette.

Avec son dispositif d’achats de titres de plus de 1.000 milliards d’euros – principalement souverains – la BCE a tout au contraire élargi le problème aux banques centrales nationales. 80 % de ces titres vont être inscrits à leurs bilans, faisant principalement reposer le risque sur celles-ci, sur le même mode que les banques commerciales. Fruit d’un compromis avec la Bundesbank et ses alliés au sein du Conseil des gouverneurs, cette disposition a permis de lancer le programme de la BCE, mais elle a comme conséquence de créer un risque de désagrégation de la zone euro : au cas où une banque centrale nationale serait prise dans une tourmente, elle n’aurait pas la ressource de compenser ses pertes en émettant des euros, comme c’est le cas de la BCE, et devrait se retourner vers son actionnaire l’État… Au lieu de desserrer le nœud gordien, la BCE y lie les banques centrales nationales, principalement celles de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie, où la viabilité de la dette publique est plus particulièrement sujette à caution. La Banque de Grèce n’est en effet pas concernée dans l’immédiat, étant provisoirement exclue du programme de la BCE.

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LA GRÈCE N’EST PAS UN FRUIT POURRI… par François Leclerc

Billet invité.

L’issue du bras de fer qui se poursuit en Grèce reste toujours incertaine et l’indécision semble appelée à durer les deux prochaines semaines. « Nous cherchons un compromis honnête avec nos partenaires. Mais ne vous attendez pas à ce que nous signions une reddition sans condition. C’est pourquoi nous sommes attaqués sans pitié, mais c’est la raison pour laquelle la société nous soutient », a déclaré lundi dernier Alexis Tsipras devant le Parlement.

Il a précisé : « notre priorité est le renforcement de l’économie réelle avec des investissements qui vont tonifier la croissance avec la participation du secteur public », et qu’il était « crucial que les recettes provenant de l’utilisation de la propriété publique ne soient pas jetées dans un gouffre sans fond pour le remboursement de la dette, mais placées là où le pays en a besoin, la sécurité sociale, la croissance ». Il a aussi rappelé qu’un second round de négociations devait s’ouvrir à propos de la dette, qui représente 177 % du PIB et dont « le remboursement sera impossible », et qui devra selon lui s’inscrire dans le cadre d’un « nouveau contrat de développement ».

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À L’ENTRÉE DES TERRITOIRES INCONNUS, LES TAUX NÉGATIFS… par François Leclerc

Billet invité.

Les taux négatifs de la dette souveraine n’ont pas fini de faire parler d’eux. Pointant du doigt leur apparition et leur développement, la Banque des règlements internationaux (BRI) s’inquiète de leurs conséquences sur le monde financier, l’économie réelle et la situation politique et sociale. Tout en se défendant de mettre en cause la BCE qui en est à l’origine, Wolfgang Schäuble y voit de son côté la source « d’énormes problèmes », sans toutefois les identifier.

Le phénomène a pris une grande ampleur dans la zone euro, dont le stock de la dette souveraine à plus d’un an assortie d’un taux négatif est de l’ordre de 1.800 milliards d’euros. 60 % du stock de la dette allemande à plus d’un an est assorti d’un taux négatif, son rendement ne devenant positif que pour les titres à 8 ans de maturité et au-delà. Pour la France, le stock équivalent est de 40 % et la maturité inférieure à 5 ans, au-delà de laquelle le taux des titres devient légèrement positif. Dans le cas de la Suisse, même les titres à dix ans ont un rendement négatif. L’Italie et l’Espagne bénéficient de taux légèrement positifs et anormalement bas, ce qui est moins flagrant au Royaume-uni et aux États-Unis, où les banques centrales ont également adopté des taux directeurs proches de zéro et devancé les achats en grand de dette souveraine de la BCE.

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Nommons l’innommable !, par Roberto Boulant

Billet invité.

On estime à environ 14 millions, le nombre d’êtres humains réduits en esclavage entre la fin du 15ème siècle et le début du 19ème siècle, dans le cadre du commerce triangulaire. Cinq millions sont morts immédiatement, des suites des violences de la capture, des mauvais traitements ou des maladies. Ce qui laisse entre neuf et dix millions d’esclaves livrés vivants aux Amériques (ne pas oublier l’Amérique latine et les Caraïbes). – Cette approche statistique édulcorant la barbarie, il faut bien avoir à l’esprit qu’elle découle directement de l’approche comptable utilisée par les marchands : si elle servait à calculer le tonnage des navires, elle avait également pour but de rendre abstraite, donc acceptable, l’horreur d’un crime contre l’humanité. –

Mais si la violence et la terreur sont présentent d’un bord à l’autre de l’Atlantique pour les esclaves (chats à neuf queues, ‘poucettes’, colliers, menottes,… requins), elles sont également présentes pour les équipages.

Alors, qu’est-ce qui pouvait pousser des marins, des hommes libres, à s’engager sur un négrier ? À prendre leur petite – mais indispensable – part, à la machinerie de l’horreur ?

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ILS NE VONT PAS S’EN TIRER À SI BON COMPTE, par François Leclerc

Billet invité.

Lorsqu’elle a éclaté, la crise a été marquée par un déni majeur dont l’on continue à payer les effets, et un autre s’est depuis institué. Soi-disant, les banques ne connaissaient qu’une crise de liquidité – et non de solvabilité – et les gardiens du Temple s’en tiennent aujourd’hui mordicus à la fiction de la soutenabilité de la dette, tandis que les banques centrales continuent de lutter pour stabiliser un système financier sous-assistance.

La Grèce illustre de manière particulièrement criante que cela n’est pas le cas, et cela va être l’enjeu du nouveau round de négociations, si celui qui est en cours n’aboutit pas à un clash. Que faire, va-t-on alors devoir s’interroger, une fois révolus les quatre mois de l’extension du plan de sauvetage en négociation acquis ?

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IL FAUT QU’UNE PORTE SOIT OUVERTE OU FERMÉE, par François Leclerc

Billet invité.

Quelles sont les chances de réussite de Syriza ? Le tournant engagé peut-il se confirmer en s’élargissant ? S’il est prématuré de tenter d’apporter une réponse à ces deux questions, il n’est pas interdit de mesurer le rapport de force dans lequel ses artisans vont évoluer.

Les dirigeants européens sont désormais comptables vis à vis d’eux-mêmes de l’échec de leur politique. Sauf à assumer un défaut sur la dette grecque, détenue à 80% par des intérêts publics, ils sont condamnés à la refinancer, la faire rouler comme disent les banquiers qu’ils sont devenus. Ils sont pris à leur propre piège, coupables de soutien abusif estimerait un tribunal. En conséquence, leur menace de fermer le robinet n’est pas crédible, car ils en seraient les premières victimes, ce qui éclaire leur intention de négocier.

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EN PLUS GRAND, LA PARTIE DE MISTIGRI SE POURSUIT… par François Leclerc

Billet invité.

Les quelques mille milliards d’euros achetés par les banques centrales nationales (BCN) ne seront que huit cent milliards, mais qu’importe ! Il faut en effet déduire le montant des titres des agences gouvernementales qui vont être achetés par la BCE, ainsi que la part des achats des banques centrales grecque et chypriote qui paraissent exclus.

Cela reste néanmoins substantiel et donne un nouvel éclairage à l’initiative de la BCE. Son programme va permettre de poursuivre le transfert vers des institutions publiques – les BCN – d’importantes quantités de dette détenues par des investisseurs privés. Qu’il s’agisse de banques, d’assureurs, de fonds de pension ou même de caisses de retraite (organismes de droit privé chargés d’une mission de service public, ou d’intérêt général). Dans la pratique, cela va constituer un obstacle de plus à toute restructuration de la dette, car le soulagement budgétaire qu’un gouvernement pourrait en retirer se traduirait immédiatement par des pertes équivalentes pour sa banque centrale, s’il se vérifie que chacune d’entre elle va privilégier l’achat de la dette de son propre pays.

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PASSER PAR LE CHAS DE L’AIGUILLE, MAIS PASSER ! par François Leclerc

Billet invité.

Plus l’on se rapproche des échéances de la semaine – demain jeudi pour la BCE, et dimanche pour les élections grecques – plus les hypothèses se multiplient et le paysage se trouble. Sauf pour les Bourses, qui nous ont accoutumés à produire des signes d’impatience dans la période précédant les injections de liquidités des banques centrales, la grande question est celle de la Grèce.

Il en est plus attendu du traitement qui lui sera finalement réservé, quel que soit d’ailleurs le résultat des élections, que des effets du nouveau programme de la BCE, ce qui en dit long sur celui-ci. Ne pouvant en espérer une relance économique – déjà que le mirifique plan Juncker d’investissement s’est lamentablement dégonflé – il est espéré un assouplissement des contraintes infligées à la Grèce, sans le dire ouvertement. Signe précurseur, est-il espéré, d’une modération qui atteindrait toute l’Europe, ce tournant qui ne vient toujours pas. Le ministre des finances français Michel Sapin n’a pas exprimé autre chose dans les colonnes du Financial Times, depuis Tokyo, en préconisant des négociations entre le gouvernement grec issu des élections et les autorités de l’Union européenne.

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LES PARADOXES DANS LESQUELS ILS S’ENFONCENT, par François Leclerc

Billet invité.

Une grande confusion règne à propos des deux grands évènements présumés de la semaine. Jeudi, la BCE devrait annoncer le lancement de son programme d’achat de titres, et dimanche les électeurs grecs vont élire leur parlement et changer de gouvernement. Beaucoup d’hypothèses circulent dans les deux cas, l’incertitude pouvant être appelée à durer, car l’époque s’y prête désormais après tant d’assurances démenties : il n’est pas exclu que tous les détails du programme de la BCE ne soient pas immédiatement divulgués, tandis qu’émerge comme probable l’hypothèse que Syriza remporte les élections mais ne dispose pas d’une majorité parlementaire et soit obligé de composer.

Le calibrage du programme de la BCE fait moins l’objet d’interrogations sur ses résultats – le sujet est peu abordé, et quand c’est le cas avec circonspection – que de supputations sur les arbitrages qui pourraient être rendus afin que les autorités gouvernementales allemandes laissent faire en manifestant leurs réserves. Figurent parmi les principales éventualités la démutualisation du risque – qui serait porté par les banques centrales nationales – un volume limité du programme, ou la limitation des achats à des titres de dette à courte maturité, pour minimiser sa durée.

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ILS BOUGENT QUAND ILS NE PEUVENT PLUS FAIRE AUTREMENT, par François Leclerc

Billet invité.

Quelle surprise ! le nez sur l’obstacle, les dirigeants européens paraissent abandonner leurs positions guerrières et chercher au dernier moment, comme toujours, à sortir du guêpier dans lequel ils se sont une fois de plus fourrés. En éclaireur, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem admet publiquement que, victoire de Syriza ou pas, il est nécessaire de continuer à financièrement soutenir la Grèce, qui n’est pas en mesure de revenir sur le marché.

« Quel que soit le nouveau gouvernement, nous allons travailler avec lui » a-t-il annoncé, en précisant : « pour peu que ces derniers [les Grecs] s’en tiennent aux engagements pris (…) nous sommes prêts si nécessaire à faire plus ». Si elle se confirme, cette prise de position prélude à de futures négociations sur les nouvelles mesures d’austérité que la Troïka exigeait sans succès et pourrait permettre à Syriza, en cas de victoire, d’accomplir partiellement sa promesse de desserrer son étau. Car c’est cela le véritable enjeu, commencent à comprendre ceux qui craignent que cela se termine en révolte.

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