DE QUOI LA GRÈCE VA-T-ELLE FINIR PAR ÊTRE LE SYMBOLE ? par François Leclerc

Billet invité.

Une réunion de deux heures aura été nécessaire, la nuit dernière, pour en rester toujours au même point : Angela Merkel et son comparse François Hollande n’auraient semble-t-il pas infléchi d’un iota leur position, et les points durs les opposant à Alexis Tsipras n’auraient pas varié. Rien n’indique dans les propos qu’ils ont tenu un arbitrage entre les positions divergentes qui se sont révélées à demi-mot au sein de l’ex-Troïka. Notablement, Jean-Claude Juncker n’était pas de la partie, et le premier ministre grec l’a rencontré dans un second temps. A se demander le sens de cette longue rencontre, si ce n’est pour accréditer que les deux dirigeants européens font tout pour masquer les désaccords afin de ne pas les trancher, et Alexis Tsipras pour tenter de trouver un accord sans se déjuger.

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AU JEU DU CHAT ET DE LA SOURIS, ON NE SAIT PLUS QUI EST QUI… par François Leclerc

Billet invité.

Sauf accident de parcours, ils ne sont pas prêts d’en avoir fini avec les Grecs ! Il serait maintenant question dans les sphères de l’Eurogroupe de décider d’une extension du plan de sauvetage en cours, qui se termine fin juin, ce qui permettrait de passer le cap de l’été et du remboursement à la BCE des titres de la dette venant à maturité. Le nez sur l’obstacle, ils finissent comme d’habitude par l’apercevoir au dernier moment. Cela donnerait également du temps avant d’engager la négociation sur la suite des opérations et permettrait auparavant au gouvernement grec d’organiser un référendum s’il en juge bon. Ce qui laisse entendre que des décisions difficiles à faire passer restent à prendre.

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LES LIMITES DE LA STRATÉGIE DE TENSION, par François Leclerc

Billet invité.

Au terme de l’interminable spectacle qui nous a été imposé, un coup de théâtre serait-il en passe d’intervenir ? L’agence Bloomberg annonce qu’Angela Merkel serait prête à avaliser un compromis, ferait son affaire de l’opposition des députés de son parti, et le justifierait auprès de l’opinion publique allemande. Elle ne s’opposerait pas à un « accord technique » intervenant au sein du « Groupe de Bruxelles », accord qui cependant reste encore à trouver.

« Nous allons voir si des possibilités de discussion se dégagent » avait commenté hier la chancelière, décidée à planter le décor du dernier acte. Avec François Hollande, qui a déclaré parler « le même langage », elle entend préparer un accord politique lors du sommet de Riga de jeudi et vendredi, car « nous devons faire en sorte que des progrès notables soient faits ». S’inscrivant dans le cadre des négociations qui se poursuivent à marche forcée au sein du « Groupe de Bruxelles », Jeroen Dijsselbloem avait précisé que l’Eurogroupe sera convoqué dès qu’un accord sera trouvé, « pour en discuter d’un point de vue politique ». Politique, le grand mot est lâché. Le président de l’Eurogroupe l’a déjà utilisé pour expliquer qu’une décote sur la dette grecque n’était pas concevable.

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LE DÉSASTRE QUI PEUT ENCORE TOUT JUSTE ÊTRE ÉVITÉ, par François Leclerc

Billet invité.

À l’approche de l’échéance qui se précise, un désastre est désormais dans toutes les têtes, l’unité de façade qui avait été tant que bien mal préservée ne tenant plus. Le FMI a le premier dévoilé ses batteries, et des rumeurs non établies se multiplient. Il est question d’un plan Juncker d’urgence qui consisterait à verser 5 milliards d’euros à la Grèce en contrepartie de l’établissement d’un taux unique de TVA, en préservant seulement quelques secteurs et un taux de 15 % appliqué pour les paiements par carte bancaire, ainsi que la maintien de la très impopulaire taxe sur l’immobilier. Ces deux mesures seraient censées rapporter la même somme en deux ans, et les discussions sur les autres réformes devraient reprendre une fois ce cap difficile passé. Ce qui ne réglerait donc rien, car les échéances vis-à-vis de la BCE de l’été ne seraient pas couvertes. Le chaud et le froid soufflent, car simultanément l’idée d’un référendum organisé en Grèce reçoit l’appui de Wolfgang Schäuble : il n’y aurait pas mieux à ses yeux que de faire ainsi avaliser une capitulation forcée du gouvernement, les Grecs sommés de choisir entre cela ou une sortie de l’euro qu’ils ne souhaitent pas. À moins qu’ils s’y refusent et prennent la responsabilité de la sortie.

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Grèce : LES EUROPÉENS JOUENT AUSSI AVEC LE FEU, par François Leclerc.

Billet invité.

« La Grèce doit faire encore plus, notamment dans l’assainissement de ses finances publiques, sur les retraites et sur le marché du travail ». Cette nouvelle injonction de Valdis Dombrovskis, le vice-président letton de la Commission, n’est pas pour surprendre et en dit long sur l’acharnement des autorités européennes ainsi que leur refus de tout compromis. Un acharnement qui a pour origine l’impossibilité dans laquelle elles se trouvent de reconnaître des prévisions d’excédent budgétaire totalement irréalistes, qui seules fondent la perspective d’un remboursement de la dette.

Alexis Tsipras a raison de rechercher un accord politique, car aucun accord reposant sur des bases économiques et financières tangibles ne peut être trouvé dans ces conditions, puisqu’il est posé comme principe que la Grèce doit à tout prix rembourser ses dettes, et qu’il est politiquement exclu de reconnaître que ce ne sera pas le cas. La dernière proposition de Yanis Varoufakis d’échange des titres de la dette grecque détenus par la BCE n’avait d’ailleurs pas d’autre objectif que de permettre aux dirigeants européens de sauver la face et de noyer le poisson, mais il y a fort à parier que la perche tendue ne sera pas saisie.

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Grèce : ILS JOUENT LES PROLONGATIONS, par François Leclerc

Billet invité.

Les propos que se sont tenus Christine Lagarde et Mario Draghi au nom du FMI et de la BCE dans le cadre d’une réunion sur la Grèce présentée comme informelle – ne prenant pas de décision – ne sont pas connus. Tout au plus peut-on se référer à l’annonce de la rencontre par Gerry Rice, le porte-parole du FMI, qui a rejeté les accusations d’inflexibilité par rapport à la Grèce et a déclaré « nous travaillons intensivement avec nos partenaires afin de trouver un accord le plus vite possible » et « nous examinons toutes les options »… Ce qui peut s’interpréter dans tous les sens, laissant toutefois poindre l’idée que les deux partenaires les plus fiables et responsables de l’ancienne Troïka ont éprouvé le besoin de se concerter à part de dirigeants européens divisés et faisant obstacle à un compromis.

Le gouvernement grec ne lâche de son côté de nouvelles concessions que petit à petit, en relançant cette fois-ci la privatisation du port du Pirée et en affirmant que la hausse de la TVA dans les iles, qui bénéficie d’un régime privilégié, n’interviendra pas avant l’été, c’est-à-dire la saison touristique qui s’annonce. Ce ne serait pas encore suffisant, comparé aux exigences qui se maintiendraient de toucher aux retraites, à la TVA en général, et de tailler dans la législation du travail. Les négociations sont présentées comme se poursuivant par téléconférence sans désemparer et le gouvernement demanderait une réunion exceptionnelle de l’Eurogroupe en début de semaine prochaine, au nom de l’urgence en raison de sa situation financière.

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Grèce : LE SURPLACE SE POURSUIT, par François Leclerc

Billet invité

Toujours déterminé à faire sortir la Grèce de l’euro, Wolfgang Schäuble refuse le principe évoqué la veille par Jeroen Dijsselbloem d’un versement partiel de fonds, car le Bundestag ne l’a pas décidé ! Faute d’opposition, il continue à donner le ton aux dirigeants européens qui se taisent.

Ni la BCE ni le FMI ne veulent cependant appuyer sur le bouton. Ce n’est pas nouveau pour la première, qui poursuit dans la même veine en décidant de ne pas augmenter la décote sur le collatéral que les banques grecques doivent fournir pour obtenir des liquidités d’urgence. Mais le FMI a de son côté accepté que la Grèce rembourse le prêt du second plan de sauvetage en utilisant ses DTS (droits de tirage spéciaux) détenus auprès de l’institution, ce qui dans les faits sinon dans la forme revient à accorder un nouveau prêt pour rembourser le précédent, ce que les banquiers appellent faire rouler la dette ! Enfin, Alexis Tsipras aurait insisté lors d’une nouvelle réunion de cabinet sur le respect des lignes rouges, et les spéculations sur une disgrâce de Yanis Varoufakis ont fait long feu, montrant le niveau de compréhension de la situation par ses homologues, qui ont pris leurs désirs pour des réalités.

Si l’issue de l’affrontement reste de plus en plus incertaine, un troisième plan est dans les limbes, au cas où. Il fait l’objet de chiffrages et il serait question de 50 milliards d’euros cette fois-ci, mais les écueils se multiplient déjà. Le FMI aurait averti que cela se ferait sans lui, et la position du gouvernement grec est de s’en tenir à une ligne de crédit, une position cohérente avec les propositions initiales de restructuration de la dette de son ministre des finances. Pour estimer l’enveloppe, en tout état de cause, cela dépendra cependant des prévisions de croissance adoptées, s’il n’est pas accepté de lier les remboursements à la croissance effective du pays. Un nouveau bras de fer sera en perspective si la question vient sur le tapis.

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Grèce : Rodomontades en tous genres

Souvenez-vous : « Dernière ultime limite pour trouver un accord : => demain < = ! Le gouvernement grec => acculé < = n’a d’autre choix que de plier ! »

Et patati et patata… Combien de fois n’avons-nous pas entendu ces rodomontades made in Troïkaland depuis la victoire de Syriza aux élections grecques du 25 janvier ?

La dernière échéance « Plus ça passe ou ça casse que ça, tu meurs ! », c’était le 11 mai.

Le 11 mai, rappelez-vous, c’était hier.

Chaque jour qui passe est un jour de gagné pour le gouvernement Tsipras et dans la lutte des peuples en général contre une religion féroce appelée Troïka. Ne nous y trompons pas !

Allez les Grecs !

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Grèce : ENCORE DEUX SEMAINES AU PLUS… par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement grec a encore deux semaines de trésorerie devant lui au plus selon Yanis Varoufakis qui ne veut pas « tourner autour du pot ». Mais en dépit d’un ton accommodant, une sorte de supplice chinois est poursuivi. Réunion après réunion des « progrès » sont constatés par les dirigeants européens, mais il reste toujours « un effort à faire ». Les fameuses lignes rouges qu’ils se gardent d’identifier font toujours obstacle à l’accord qu’ils veulent imposer et qui porterait un nom : capitulation. Traçant au contraire ses lignes de défense, le ministre grec des finances a formulé deux principes de base : « mettre fin au cycle déflationniste » et « mieux répartir le fardeau des plus faibles sur les autres ».

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Grèce : LES NOTES DU COMPROMIS SONT TROUVÉES, MAIS PAS LES PAROLES, par François Leclerc

Billet invité.

En prévision de la réunion d’aujourd’hui de l’Eurogroupe, Alexis Tsipras a réuni son cabinet durant 8 heures ce week-end, mais rien n’en a transpiré. Seules des rumeurs ont circulé, laissant entendre que le gouvernement pourrait ne pas payer la prochaine échéance de remboursement du FMI du lendemain, ce qui ressemble fort à une pression destinée à obtenir des autorités européennes qu’elles donnent du mou dans la laisse. « Il faut montrer que les choses avancent » a déclaré Michel Sapin, ne donnant à la réunion que des objectifs limités.

Il est opportunément rappelé que, selon la procédure du FMI, un éventuel défaut de payement ne serait constaté qu’au bout d’un délai d’un mois, et que celui-ci est d’ailleurs mentionné dans les accords entre le gouvernement grec et le Fonds européen de stabilité (FESF). En cas de non payement, une période serait ouverte si Athènes décidait de jouer sa dernière carte. Car Alexis Tsipras, en référence au ballet des rencontres et des coups de téléphone de la semaine passée, a fait valoir devant le Parlement, que « nous avons fait ces derniers jours tout ce qu’on pouvait pour arriver à la conclusion d’un accord honnête et utile avec les créanciers ».

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Grèce : SUR QUOI FONDER SON OPTIMISME ?, par François Leclerc

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Combien de temps l’interminable bras de fer avec le gouvernement grec va-t-il encore durer ? Les avis sont partagés et personne ne sait trop bien, son agonie financière durant plus longtemps qu’il n’était prévu. Dans l’immédiat, le FMI a été remboursé de 200 millions d’euros, et la BCE a une nouvelle fois déplafonné les liquidités d’urgence qui maintiennent les banques grecques en vie, sans accroître ses exigences de garantie – l’augmentation de sa décote sur le collatéral – comme il en était question. Le gouvernement continue de racler les fonds de tiroir afin de faire face à tous ses engagements, privilégiant outre les remboursements de sa dette le versement des salaires et des retraites au payement de ses factures. En contrepartie des avancées réalisées dans les négociations, il espère toujours être autorisé à reprendre ses émissions de bons du Trésor, dont les banques pourraient se porter acquéreur, ce qui permettrait de reculer l’échéance de la fin de partie.

Faute de moyens, le gouvernement aligne les gestes symboliques et revient sans en demander l’autorisation sur des mesures passées – 1.500 fonctionnaires vont être réintégrés, les émissions de la télévision publique ERT vont reprendre – et annonce de nouvelles taxes sur les grosses fortunes et les produits de luxe. Côté négociations, les propos tenus devant les micros témoignent d’une volonté d’apaisement, mais celle-ci se manifeste plus dans la forme que sur le fond, exprimant avant tout la volonté de jouer les prolongations.

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Grèce : COMMENT DÉNOUER UN SAC DE NŒUDS ?, par François Leclerc

Billet invité.

Une certaine agitation a été recensée hier dans le but de minorer l’importance des propos tenus par le représentant du FMI lors du dernier Eurogroupe. Selon des hauts fonctionnaires, la menace de quitter le bord n’en serait pas une, l’intention se résumant à souligner que toute concession vis à vis d’Athènes impliquerait une restructuration de la dette. A Bruxelles, certains attribuaient même au FMI la fuite de cette information, l’assimilant à une tactique de négociation destinée à faire barrage à tout assouplissement sur le dossier des retraites. Car le Fonds, qui sera tiré d’affaire en 2016 au contraire de ses partenaires européens qui en ont pris sur le papier pour trente ans, préfère des coupes budgétaires à effet immédiat à des recettes fiscales futures et incertaines, afin de conforter son remboursement.

En réalité, les doutes sur la soutenabilité de la dette grecque ne datent pas d’hier, le FMI en ayant fait part dès 2012 et ayant simplement choisi ne plus en faire publiquement état dans la perspective de sa sortie du dispositif d’accompagnement financier, bien décidé à ne plus y revenir. Mais la révélation fait mal, venant déranger le scénario qui se mettait en place en cas de persistance du blocage actuel avec ses conséquences, afin d’en attribuer toute la responsabilité aux Grecs. Profitant de l’occasion, ceux-ci n’ont pas manqué de retourner sans tarder la politesse à leurs créanciers, soulignant que leurs « stratégies différentes » faisaient « entrave » à tout progrès dans les négociations. Et ils ont dévoilé le pot aux roses en expliquant que, si « le FMI est d’accord pour la réduction de l’excédent budgétaire primaire, avec comme arrière pensée l’effacement de la dette publique du pays pour qu’elle reste viable », il est intransigeant sur « les réformes du marché du travail et le système de retraite ». En revanche, la Commission est opposée à toute restructuration de la dette, mais plus sensible aux tentatives d’accroître les recettes fiscales et « plus souple » sur les lignes rouges de Syriza. Au réalisme des uns s’oppose la tentative de noyer le poisson des autres, mais au final tous ont tout faux.
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Appel pour soutenir la Grèce qui résiste et sa Commission pour la Vérité sur la Dette publique

Pour le droit des peuples d’auditer la dette publique.

4 mai

Aux peuples d’Europe et du monde entier,
À toutes celles et à tous ceux qui rejettent les politiques d’austérité et n’acceptent pas de payer une dette publique qui nous étrangle et qui a été contractée sans nous et contre nous.

Nous, signataires de cet appel, nous nous rangeons au côté du peuple grec qui, par son vote aux élections du 25 janvier 2015, est le premier en Europe et dans l’hémisphère nord à avoir rejeté les politiques d’austérité appliquées au nom du paiement d’une dette publique contractée par « ceux d’en haut » sans le peuple et contre le peuple. En même temps, nous considérons que la création, à l’initiative de la Présidente du Parlement grec, de la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque, constitue un événement historique d’une importance capitale, non seulement pour le peuple grec mais aussi pour les peuples d’Europe et du monde entier !

Le problème de la dette constitue un fléau qui sévit presque partout en Europe et dans le monde

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Le Monde / L’Écho, La « troïka » doit reconnaître de bonne grâce sa défaite, mardi 5 mai 2015

Le Monde : La « troïka » doit reconnaître de bonne grâce sa défaite

Le Fonds monétaire international avait dû admettre en octobre 2012, par la bouche d’Olivier Blanchard, son économiste en chef, que sa préconisation de l’austérité qui plonge depuis cinq ans la Grèce dans la misère, était fondée sur une erreur. Le chiffre utilisé pour le fameux multiplicateur budgétaire indiquant l’impact sur le Produit intérieur brut d’une nation d’une réduction du budget de l’État, était erroné. Faux d’ailleurs à ce point qu’il aurait dû conduire au rejet de la politique d’austérité en Europe et à adopter au contraire une relance de l’économie par la dépense publique.

Un chiffre inférieur à 1 du multiplicateur signifie que si l’État diminue ses dépenses d’un euro, le PIB baissera d’un montant moins important ; s’il est supérieur à 1, le PIB baissera de plus d’un euro. Le chiffre de 0,5 utilisé pour l’Europe en 2009 justifiait une politique d’austérité, alors que le chiffre réel, « significativement supérieur à 1 au début de la crise » (Blanchard & Leigh 2013 : 19), aurait encouragé une politique de relance. La Commission européenne et l’OCDE avaient elles aussi utilisé le chiffre erroné de 0,5.

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Grèce : LE FMI PLACE LES EUROPÉENS DEVANT LEUR IRRESPONSABILITÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Yanis Varoufakis n’était pas pour grand chose dans le grand énervement constaté suite à la dernière réunion de l’Eurogroupe de Riga. Selon le chef du bureau du Financial Times à Bruxelles Peter Spiegel, qui le tient de deux hauts fonctionnaires non identifiés, le FMI aurait lors de cette réunion mis un coup de pied dans la fourmilière. Poul Thomsen, son directeur pour l’Europe, aurait menacé d’un retrait des négociations du FMI si une nouvelle restructuration de la dette grecque n’intervenait pas, constatant déjà que le pays se dirigerait cette année vers la réalisation d’un déficit budgétaire de -1,5%, et non pas un surplus de 3% comme prévu. Ce qui n’est pas sans rappeler l’épisode précédent de 2012, à l’occasion duquel le FMI avait finalement obtenu une telle restructuration. Mais la donne est cette fois-ci différente, la majeure partie de la dette grecque étant détenue par des institutions publiques, ce qui la rend impossible aux yeux d’autorités européennes qui en portent la responsabilité.

Depuis cet épisode qui ne pouvait rester longtemps dissimulé, Alexis Tsipras a multiplié les contacts téléphoniques en Europe, cherchant dans un premier temps à obtenir le payement partiel de la dernière tranche du plan de sauvetage, en contre-partie des avancées déjà réalisées dans les négociations. Devant le refus qui lui a été publiquement signifié par Jeroen Dijsselbloem, tout repose désormais sur un éventuel relèvement par le BCE du plafond d’émission des bons du Trésor de la Grèce, ce sera l’enjeu de la réunion de l’Eurogroupe du 11 mai prochain. A cet effet, une offensive tous azimuts va se dérouler ces prochains jours, avec des rencontres à Paris, Bruxelles et Francfort. Yannis Dragasakis, le vice-premier ministre, et Euclid Tsakalotos, qui dirige le « Groupe de Bruxelles », vont rencontrer Mario Draghi, et Yanis Varoufakis va en faire autant avec Michel Sapin et Pierre Moscovici. Voilà qui ressemble fort à une offensive de la dernière chance.
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Grèce : POUR EN RAJOUTER DANS LA CONFUSION, par François Leclerc

Billet invité.

De nouveaux arbitres de la situation émergent à propos de la Grèce, qui ne contribuent pas spécialement à clarifier une situation déjà particulièrement confuse. La plus haute Cour administrative grecque s’introduit dans le jeu et pourrait cette semaine déclarer inconstitutionnelle les coupes dans les retraites décrétées ces deux dernières années à l’initiative de la Troïka. Les besoins de financement du gouvernement seraient du même coup accrus de 1,5 à 4 milliards d’euros, suivant les estimations, et l’équation globale du pays modifiée vu sa grande fragilité financière actuelle et à venir.

Selon Reuters, trois des quatre principales agences de notation – Standard & Poor’s, Fitch et DBRS – ne baisseraient pas la note de la Grèce pour défaut si une échéance de remboursement du FMI ou de la BCE était ratée, car le défaut ne serait pas constitué s’agissant de deux créditeurs publics, Moody’s distinguant toutefois le cas de la BCE. Une telle décision ne serait pas sans conséquences sur la politique de cette dernière en matière de liquidités d’urgence et de décote du collatéral. Le programme qui maintient actuellement les banques grecques le nez hors de l’eau pourrait se poursuivre en cas de retard de remboursement, mais cette politique ouvrirait en même temps la porte à une augmentation de la décote, sur laquelle le conseil des gouverneurs doit d’ailleurs statuer cette semaine. Au final, du temps pourrait être gagné avant que l’irrémédiable intervienne, ce qui confirme bien la volonté de l’éviter.
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Grèce : NÉGOCIATIONS SUR LA LIGNE DE CRÊTE, par François Leclerc

Billet invité.

Dans la perspective d’une nouvelle réunion de l’Eurogroupe qui pourrait être convoquée en début de semaine prochaine, in-extremis avant les nouvelles échéances de remboursement du FMI, une réunion du « groupe de Bruxelles » va se tenir sans désemparer tout le week-end du 1er mai à Athènes. Nouveauté, il aurait été décidé de ne rien laisser filtrer sur ses travaux, ce qui est présenté comme signe de la volonté d’aboutir.

Le gouvernement grec se trouve plus que jamais coincé sur une étroite ligne de crête s’il veut respecter ses deux promesses électorales : ne pas abandonner l’euro et refuser de nouvelles mesures d’austérité. Un récent sondage montre cependant que les trois quarts des Grecs privilégient le maintien dans l’euro, quitte à en accepter le coût. Les autorités européennes ne sont pas moins mal à l’aise, à enregistrer les déclarations de Jeroen Dijsselbloem, qui préside l’Eurogroupe, et de Benoit Coeuré, membre du directoire de la BCE. Le premier prétend maintenant qu’il existe un plan B en cas de maintien des désaccords avec la Grèce, sans le dévoiler, et le second annonce que la BCE pourrait débloquer le plafond des émissions de bons du Trésor que le gouvernement grec est autorisé à émettre, si « un accord était en vue ». La confusion qui est reprochée à Athènes est partagée…
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« La Troïka doit reconnaître de bonne grâce sa défaite »

Je ne l’ai pas encore écrite, mais ma prochaine chronique pour Le Monde s’intitulera « La Troïka doit reconnaître de bonne grâce sa défaite ».

P.S. Je ne suis pas seul à être sur le sentier de la guerre : je m’associe à un important appel sur la Grèce qui sera diffusé demain soir.

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GrèceLES DANGEREUX JUSQU’AU BOUTISTES, par François Leclerc

Billet invité.

En raison de sa résistance opiniâtre, Yanis Varoufakis a été chargé de tous les pêchés par ses interlocuteurs européens lors du dernier Eurogroupe, une intense campagne s’en suivant dans les médias : il ne fait pas bon de refuser d’entrer dans leur jeu. Les dirigeants européens disent perdre patience, mais c’est à se demander si ce ne sont pas leurs nerfs qu’ils commencent à perdre.

Depuis, les évènements se sont précipités. Mais le remaniement de l’équipe de négociation du gouvernement grec intervenu hier fait l’objet d’interprétations précipitées, comme s’il annonçait un important tournant d’Alexis Tsipras. Il est préférable d’y regarder de plus près. Ce dernier a non seulement confirmé depuis les points durs sur lequel il ne voulait pas céder – les lignes rouges – mais annoncé qu’il pourrait organiser un référendum s’il devait y être contraint, renouant avec la menace de George Papandréou de 2011, qui n’avait pas été mise à exécution en raison de pressions auxquelles il n’avait pas résisté. Et si les négociateurs entrants sont réputés de ses proches, Euclid Tsakalotos, le ministre délégué aux relations économiques internationales, qui va coordonner les négociations l’est également de l’aile gauche de Syriza.

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