L’Humanité, vendredi 12 décembre – « L’inapprivoisable finance », par Cynthia Fleury

Extrait de la chronique de Cynthia Fleury publiée aujourd’hui dans L’Humanité

Ce qu’il y a de bien avec les économistes, c’est qu’ils peuvent être aussi anthropologues. Et nous rappeler que des mesures (que certains osent dire utopiques), non seulement ont été historiquement possibles, mais plus que nécessaires aujourd’hui. Dans Penser l’économie autrement (Fayard, 2014), Paul Jorion (ledit anthropologue) et Bruno Colmant pensent, dans leurs différences, des alternatives au monde économique actuel. Ces deux-là s’entendent, malgré tout, sur la radicalité des transformations à commettre.

Prenons la spéculation. L’économiste belge préconise une interdiction pure et simple de la spéculation ; mesure qui ferait revenir entre 40 et 80 % de la richesse vers l’économie. Faut-il le rappeler – oui, visiblement – la spéculation était interdite en Suisse jusqu’en 1860, en Belgique jusqu’en 1867, et en France jusqu’en 1885. Si l’on dément ainsi le caractère non utopique de la chose, on n’en justifie pas cependant la nécessité. Une stricte séparation des activités bancaires pourrait-elle suffire, sur le modèle de la règle Volcker ? Et de l’historique Glass-Steagall Act, créé en 1933, abrogé en 1999 ? Jorion répond par la négative. Car les techniques bancaires permettent aujourd’hui de contourner aisément la loi par la création – notamment – de positions synthétiques. « Une pratique est interdite par la loi ? Ce n’est pas gênant : on la recrée synthétiquement en combinant des éléments qui ne sont pas, eux, spécifiquement interdits. (…) L’esprit de la loi n’est bien entendu pas respecté, mais la lettre n’est pas enfreinte. »

La suite ici.

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Les propositions de Paul Jorion et Bruno Colmant dans « Penser l’économie autrement » (IV) Effacer la dette

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Mais un défaut de paiement, ce serait une catastrophe pour les banques qui détiennent la dette mais aussi pour les particuliers, rentiers ou pas, qui détiennent des obligations étatiques.

Paul Jorion : C’est toutefois la seule façon de remettre les compteurs à zéro et de repartir sur des bases assainies. De toute manière, le défaut de paiement est déjà à mes yeux la réalité sous-jacente.

Bruno Colmant : Il est intéressant de noter que les rentiers ne constituent plus une classe sociale segmentée, puisque nous sommes tous débiteurs et créanciers d’un système d’impôts, de cotisations, de transferts sociaux et de pensions. De surcroît, si la solution est d’appauvrir les rentiers, ces derniers sont dilués dans toute la population au travers de systèmes de pensions et de protection fondés sur la répartition collective et non pas sur la capitalisation individuelle.

En d’autres termes, la dette publique a « déstratifié » les classes sociales. Nous sommes solidairement liés les uns aux autres dans un inextricable imbroglio intra- et intergénérationnel, à savoir un schéma sociologique compliqué qui assure un certain ordre social en empêtrant chaque citoyen dans une relation compliquée à l’État.

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Les propositions de Paul Jorion et Bruno Colmant dans « Penser l’économie autrement » (I) Introduction

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Dans Français, si vous pensez qu’il existe toujours une alternative à gauche (la retranscription s’en trouve ici et la discussion qui y avait lieu se transporte désormais ici-même), je mentionnais le contraste qui existe dans la manière dont sont reçues en Belgique et en France les propositions faites par Bruno Colmant et moi dans Penser l’économie autrement (Fayard 2014). En Belgique, les propositions sont présentées et évoquées comme méritant débat, alors qu’en France, il est dit d’elles seulement qu’on les trouvera dans le livre qui justifie que je sois invité, mais qu’on me demandera en fait de parler de tout autre chose (l’invitation à Blois le 11 octobre dans le cadre de L’économie aux Rendez-vous de l’histoire constitue de ce point de vue une exception ; on peut toujours l’entendre ici).

L’explication que je donnais pour ce contraste est que le sentiment existe toujours en Belgique qu’il y a des politiques distinctes de droite ou de gauche, alors que la France ayant connu depuis des dizaines d’années maintenant des gouvernements dits « de gauche » et « de droite » faisant exactement la même politique, le sentiment s’est installé d’un TINA (There is no alternative) : il n’y a qu’une seule politique possible, celle des gens raisonnables que vous voyez au gouvernement, et que tout le reste n’est qu’élucubrations qui ne méritent pas même d’être évoquées.

J’ajoutais que je me proposais du coup, pour sortir de cette torpeur et de cette résignation des esprits en France, de reprendre ici sur le blog les propositions de ce livre, telles qu’elles y sont discutées dans une perspective de droite par Bruno Colmant et de gauche par moi-même. C’est ce que vais entreprendre de faire en feuilleton.

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La vie autrement, selon les économistes Jorion et Colmant, par Yvan Vandenbergh

Billet invité. Se trouve également sur son propre blog : bruxselsfuture.

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La Belgique est encore un pays riche, mais les inégalités ne cessent de croître et ne sont pas débattues. La classe moyenne s’appauvrit dangereusement dans l’indifférence générale. Les riches plus riches, les pauvres plus pauvres. C’est ainsi que Paul Jorion et Bruno Colmant ont entamé leur débat hier soir chez Filigranes. Passionnant comme un roman de série noire. Rassurez-vous, je ne suis pas économiste et j’ai (presque) tout compris.

Quelques phrases prises au vol en attendant que vous vous procuriez leur livre Penser l’économie autrement chez Fayard ou lisiez la chronique d’Amid Faljaoui.

A Bruxelles la situation est encore exacerbée, la dualité plus criante et le contrat social plus fragile.

* Si on veut éviter la guerre civile, il faut que l’Europe s’en sorte par le haut et que l’Euro soit une monnaie moins forte

* Il faut un défaut de payement généralisé de la zone Euro. Ce sont les banques et les assurances qui en feront les frais

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Librairie Filigranes à Bruxelles, « Penser l’économie autrement », le mercredi 1er octobre de 18h à 20h

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Bruno Colmant et moi présenteront « Penser l’économie autrement », paru le 10 septembre chez Fayard, à la librairie Filigranes à Bruxelles, le mercredi 1er octobre de 18h à 20h

 
 
 

Filigranes
Avenue des Arts 39-42, 1040 Bruxelles
+32 2 511 90 15
 
 

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BFM Business, La librairie de l’Éco d’Emmanuel Lechypre, vendredi 26 septembre à 22h

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Je serai l’un des deux invités d’Emmanuel Lechypre dans la La librairie de l’Éco, vendredi 26 septembre à 22h sur BFM Business.

 
 
 
 
 
 

Lors de mon dernier passage sur BFM : c’était le 9 avril.

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rtbf, La chronique économique d’Amid Faljaoui : « Penser l’économie autrement », le 18 septembre 2014 à 7h55 et 19h

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Le podcast de La chronique économique d’Amid Faljaoui.
 
 
Et sa retranscription dans Trends.be.
 
 
 
 
 

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LE VIF/L’EXPRESS – « C’est le retour du servage ! », entretien avec Paul Jorion et Bruno Colmant

L’hebdomadaire belge Le Vif/L’Express publie un entretien à l’occasion de la sortie de « Penser l’économie autrement »

Cliquer ici pour agrandir, ou bien utiliser les outils qui apparaissent sur le PDF ci-dessous.

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L’ÉCHO, jeudi 11 septembre – « Penser l’économie autrement avec Paul Jorion et Bruno Colmant »

Le quotidien belge d’information économique publie aujourd’hui les bonnes feuilles de « Penser l’économie autrement »

Cliquer ici pour agrandir, ou bien utiliser les outils qui apparaissent sur le PDF ci-dessous.

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RTBF – Paul Jorion et Bruno Colmant dans « Face à l’info », mercredi 10 septembre à 18h30

Paul Jorion et Bruno Colmant, à l’occasion de la sortie de « Penser l’économie autrement », étaient les invités de Eddy Caekelberghs dans l’émission Face à l’info.

Le podcast est disponible ici.

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Bruno Colmant et moi

Couverture choisiePenser l’économie autrement

Sort aujourd’hui en librairie Penser l’économie autrement, co-signé de Bruno Colmant et moi-même ; une conversation orchestrée par Marc Lambrechts.

C’est pour moi, mon sixième ouvrage publié chez Fayard, qui me fait confiance depuis sept ans. Je les en remercie.

L’initiative de ce livre revient à Marc Lambrechts, rédacteur en chef adjoint de L’Écho (autrefois L’écho de la Bourse), le principal titre de la presse financière belge francophone (son équivalent néerlandophone : De Tijd appartient au même groupe de presse).

Lambrechts voulait mettre en scène deux géants de la pensée économique belge. Pour représenter la droite libérale, Bruno Colmant était incontournable : membre de l’Académie Royale, enseignant aux universités de Bruxelles, Louvain, Gand et à l’école Royale militaire, ancien président de la Bourse de Bruxelles, inventeur des « intérêts notionnels » qui ont rendu la Belgique si alléchante aux entreprises, chef de cabinet de Didier Reynders au ministère des Finances, membre en Belgique du Conseil central de l’économie, administrateur de nombreuses sociétés, Commandeur de l’Ordre de Léopold.

Pour représenter la gauche, le choix de Lambrechts s’est porté sur moi.

C’est un honneur. C’est un honneur parce que, comme vous le savez, je suis économiste et ingénieur financier autodidacte : c’est sur le tas, en travaillant dans des banques, souvent au départ en tant que simple programmeur, que j’ai acquis une expertise dans ce domaine.

J’explique dans le livre pourquoi j’ai accepté le dialogue avec Bruno Colmant. Parce que Colmant est un économiste dont les titres de gloire ne sont pas immérités : il connaît parfaitement son métier et il vous sera épargné dans Penser l’économie autrement ce qui caractérise sinon les dialogues entre économistes de droite et de gauche : un désaccord sur la définition même des termes les plus élémentaires du vocabulaire économique ou des désaccords fondamentaux sur la représentation des mécanismes économiques. Sachant véritablement tous les deux « comment ça marche », nous allons droit au but : « À partir de là, voici la proposition de gauche sur ce qu’il faut faire et voici la proposition de droite ! »

Autre bénéfice pour le lecteur, Colmant m’a forcé de me prononcer sur des questions qui n’appartenaient pas jusque-là à mon horizon, soit parce qu’elles n’avaient pas retenu mon attention, soit peut-être parce qu’épineuses à mes yeux je les avais soigneusement évitées jusque-là. J’ai dû me déterminer en terrain inconnu et j’ai moi aussi entraîné Colmant sur des terres inexplorées pour lui.

On entend dire que la pensée économique en Belgique est en train de glisser à gauche. Je pense en toute modestie ne pas y être pour rien. Ce n’est qu’un début…

Quant à vous, bonne lecture !

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