Archives de catégorie : Capitalisme

L’ADN, Pour survivre, il va falloir repenser notre économie, le 20 mai 2019

Propos recueillis par Jeremy Lopes. Ouvert aux commentaires.

Pour survivre, il va falloir repenser notre économie

Paul Jorion est un anthropologue, sociologue et essayiste belge. Parmi ses sujets de prédilection : la finance et l’avenir de l’humanité. Un avenir qui, pour aboutir selon lui, doit revoir sérieusement ses priorités. Interview.

Nous souhaitions aujourd’hui aborder avec vous la notion de patrimoine, quel futur imaginez-vous pour la transmission de biens à l’heure où l’idée même de possession est remise en cause ?

Paul Jorion : En introduction, j’aimerais rappeler que la plus grande part de la transmission n’est pas matérielle. Elle est de l’ordre du savoir, ce qui signifie qu’elle s’est principalement effectuée dans une culture de l’oral, même si l’écriture a rendu cette transmission plus pérenne par la suite. Aujourd’hui, nous sommes tombés d’accord sur un langage commun pour pérenniser cette transmission : celui de la science. Au-delà des biens matériels, il est donc important de rappeler la place de l’immatériel dans ce questionnement.  

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Fin du monde ! Fin du mois !

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Xavier Dupret, Dis, c’est quoi le capitalisme ?, Postface : Dialogue entre Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin

Xavier Dupret, Dis, c’est quoi le capitalisme ? Waterloo : La Renaissance du Livre, vient de paraître. Ouvert aux commentaires.

Postface : Dialogue entre Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin

Quand Xavier Dupret nous a proposé de préfacer cet ouvrage, nous avons accepté avec enthousiasme. Son initiative ne pouvait être que soutenue de rendre accessible à tous une notion clé d’économie. Que ce soit dans la position d’anthropologue et économiste de Paul, professeur associé à l’Institut catholique de Lille, ou de Vincent en tant qu’étudiant en économie et statistique à l’ENSAE ParisTech, nous regrettons que l’enseignement des sciences économiques soit un discours opaque mais surtout formaté. Contrairement à nombre de nos contemporains, Xavier Dupret met ici en relief, avec clarté, les débats qui peuvent (et doivent !) traverser l’économie et son mode de production dominant aujourd’hui, le capitalisme.

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Fin du monde : l’appel d’Aurélien Barrau – Qu’en penser ?

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Bon, tout ça est très juste, tout ça est très bien dit : il n’y a rien que j’aurais voulu dire autrement, mon seul souci, c’est que j’aurais situé mon analyse dans un cadre socio-économico-politique, pour dire ce qu’il faut faire collectivement pour que ça change, pas seulement ce qu’on peut changer chez soi, comme ce qu’on met dans son assiette ou qu’on jette dans sa poubelle.

En restant muet sur le capitalisme, sur l’économie de marché, et sur le libéralisme, en ne disant pas qu’il est impératif de les changer, Barrau s’expose au même reproche qu’il fait aux jeunes de la Rébellion contre l’extinction, que leur rébellion ne les empêche pas de manger de la viande ou de prendre l’avion pour un weekend : sa rébellion ne l’empêche pas de cautionner le cadre socio-économico-politique existant, non pas en le soutenant explicitement mais en laissant entendre par son silence à son propos, que le problème n’est pas là. Alors que c’est là que l’obstacle se situe.

On ne préviendra pas l’extinction « en changeant un peu ses habitudes », il faut prendre le problème à l’envers : il faut d’abord éliminer la logique prédatrice de la recherche du profit, et du versement d’intérêts pour les ressources qui manquent là où elles sont indispensables. C’est cela qui détruit notre monde jour après jour et le rend invivable. Quand cela aura été résolu, chacun aura son jardin sans pesticides, mangera moins de viande et pourra se déplacer à vélo, pas avant. C’est dans cet ordre là que le changement peut se faire et doit se faire – sans tarder.

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Université catholique de Lille, « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? » 5 de 6 : capitalisme, économie de marché, libéralisme, le 5 mars 2019

Retranscription de Université Catholique de Lille, Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? Le capitalisme, l’économie de marché, le libéralisme, face à l’état d’urgence pour le genre humain, le 5 mars 2019. Merci à Eric Muller !

Bonsoir. Si vous avez assisté à la séance du mois de février, vous savez qu’il a été question des risques existentiels, des risques qui menacent l’espèce humaine, qu’il s’agisse de risques dus à la nature telle qu’elle est autour de nous, les météorites, les volcans, les épidémies, mais aussi les risques qui sont liés à la présence même de l’homme, de l’espèce humaine, du genre humain, à la surface de la Terre. Je vais essayer de faire un exposé systématique sur ce thème de Faut-il déclarer un état d’urgence pour l’humanité ? J’espère vous avoir convaincu que, oui, il y a justification.

Il y a déjà eu quatre séances. Dans les deux dernières, je vais m’intéresser en particulier aux moyens dont nous disposons, si nous déclarons l’urgence, l’état d’urgence, comment pouvons-nous réagir, avons nous les moyens de le faire ? Et je lisais l’autre jour le compte-rendu d’un de mes livres qui a paru il y a quelques mois en allemand, celui qui s’appelait Le dernier qui s’en va éteint la lumière, le titre en allemand était une traduction littérale, et la personne qui a résumé mon livre venait avec une conclusion qui m’a un peu surpris – mais si vous écrivez ou si vous racontez des choses en public, vous savez qu’il faut toujours faire très attention à la manière dont les gens vous entendent et vous lisent, ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent dans ce que vous avez dit – et là, ce compte-rendu m’a un peu surpris et j’ai réfléchi à pourquoi la personne disait : « Jorion dit que nous avons déjà fait le deuil de l’espèce humaine, le constat – auquel d’ailleurs ce critique souscrivait – le constat qu’il fait est que c’est une affaire réglée et que le processus dans lequel nous sommes, c’est simplement de nous habituer à l’idée que cette affaire se termine. » et je réfléchissais au livre. Il a donc été publié en 2016 et je me dis « ce n’est pas ça que que je crois avoir écrit ». J’avais le sentiment d’être un lanceur d’alerte en disant : «  Voilà le risque d’extinction de l’humanité est un risque réel et il faut que nous le prenions au sérieux. » Et quand on me dit  « Personne ne réagit, personne ne fait attention, il ne se passe rien » eh bien, non : entre ces trois années, ce qui est peu de chose – 2016 et 2019 – j’ai le sentiment qu’une véritable prise de conscience est en train d’avoir lieu.

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Macron et les Gilets Jaunes – II. L’éveil, par Dominique Temple

Première partie : Macron et les Gilets Jaunes – I. L’Autre et le Tiers. Ouvert aux commentaires.

II. L’éveil

 Qui du capital ou du travail doit mettre l’autre à son service ? Le capital, répond l’idéologie libérale, parce qu’il est du travail accumulé sous forme de savoirs matérialisés dans les machines : le capital est donc capable de produire la richesse en réduisant la participation de l’ouvrier qui n’est ici considéré que comme de la main d’œuvre. Le capitalisme est même capable de substituer à l’homme la machine à moins de traiter l’ouvrier lui-même comme une part de la machine voire d’en faire un robot humain, mais pour cela la machine doit absorber par la technologie tous les savoir-faire, sauf, du moins pour le moment, l’intelligence qui décide des innovations ou des inventions qui mettent la machine au service de l’homme. C’est aux compétences qu’appartient la création de la valeur pourvu que la valeur soit elle-même soumise à la production de valeur d’échange, et que ces compétences soient ordonnées à l’organisation de la puissance industrielle du capital. Il suffit donc de maîtriser le capital pour être investi de la responsabilité de l’avenir humain. Quel avenir ? La croissance du capital en décidera… répondent les capitalistes.

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La Justice bouge encore : la privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac annulée, par Roberto Boulant

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C’est après 4 années de procédure, le jugement rendu hier par la cour administrative d’appel de Paris.

Pourtant la privatisation s’était déroulée conformément aux us et coutumes de l’époque. Il avait été fait appel à un oligarque, pardon, à un investisseur chinois, dont le consortium s’enchâssait dans une cascade de sociétés et de fonds d’investissement où une poupée russe n’aurait pas retrouvé ses petits. La holding de tête comme il se doit, était réglementairement établie dans un paradis fiscal, celui des Iles prétendument Vierges. Et rajoutons que pour faire bonne mesure et emporter l’adhésion enthousiaste du ministre de l’Économie de l’époque, un certain Emmanuel Macron, le consortium s’appuyait alors sur le groupe canadien SNC-Lavalin. Groupe qui avait réussi l’exploit peu commun de se faire radier, avec toutes ses filiales, pour corruption par la banque mondiale.

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Macron et les Gilets Jaunes – I. L’Autre et le Tiers, par Dominique Temple

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I. L’Autre et le Tiers

Lors du “Grand débat” réservé aux intellectuels[1] qu’il avait invités, Emmanuel Macron, Président de la République, estimait que dans une société libérale la question du choix individuel est oblitérée du fait de la tension entre la liberté de chaque individu et la liberté de l’autre lorsqu’il n’y a pas de contrainte collective qui en limite l’arbitraire car dès lors on ne peut juger les choix d’autrui que comme attentatoires à l’idée du commun que l’on se fait de ce qui doit être partagé.  À moins que ces intérêts soient identiques, les définitions du commun sont l’enjeu de forces divergentes en fonction de la différence de ces intérêts. Il veut, assure-t-il, l’épanouissement de la liberté de chacun, normé par la vérité objective. Son projet est la coordination des efforts des uns et des autres, aussi différents soient-ils, pourvu qu’ils contribuent au destin commun en raison de leur complémentarité pour réaliser des objectifs identifiés collectivement. Le commun doit assurer le développement d’un destin individuel dans un destin collectif. Admettons ! Mais se pose la question de savoir qui peut s’approprier légitimement la définition du commun pour pouvoir lui imposer des limites collectives ?

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Université Catholique de Lille, Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? aujourd’hui 5 mars de 17h30 à 19h00

Paul Jorion, professeur associé à Ethics vous donne rendez-vous pour la 5ème date de son cycle de conférences Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? Le 5 mars, de 17h30 à 19h00, dans l’open space de la Maison des Chercheurs.

  • 5 mars : Le capitalisme, l’économie de marché, le libéralisme, face à l’état d’urgence pour le genre humain

-Le profit commercial n’est pas maîtrisé : il est potentiellement illimité
-La finance est prédatrice ; la spéculation était interdite jusqu’en 1885
-Les droits des personnes morales sont aujourd’hui plus étendus que ceux des individus
-Les règles comptables sont définies par des organismes privés : elles mettent en œuvre une philosophie rapace
-La définition de l’abusus (l’une des trois composantes de la propriété, avec l’usus et le fructus) doit être reformulée pour tenir compte de la durabilité, du caractère renouvelable ou non d’un bien

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Le programme du Blog de PJ pour les élections européennes, par Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin

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Quel modèle économique pour une société écologique ?

L’avènement d’une société écologique est impossible sans un changement radical de modèle économique. La politique actuelle du gouvernement en est l’exemple a contrario : concilier, sur le plan politique, libéralisme économique et préservation de l’environnement débouche nécessairement sur l’inaction écologique. L’environnement est sacrifié sur l’autel de la sacro-sainte équation « business + croissance = emploi + élection ».

Ce qui nous conduit à notre perte : le modèle économique capitaliste et néolibéral

Le capitalisme : un rapport de force en faveur du détenteur de capital

Le capitalisme, c’est le système économique qui donne l’avantage sur le plan politique au capitaliste, le détenteur de capital. Or qu’est-ce que le capital ? Ce sont les ressources qui, manquant à la place où elles seraient nécessaires pour permettre la production, la distribution ou la consommation des biens et des services, doivent être empruntées. Si les ressources manquent à la place où elles sont nécessaires, c’est que la propriété privée y fait artificiellement obstacle. Continuer la lecture de Le programme du Blog de PJ pour les élections européennes, par Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin

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Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (IV) Qu’est-ce que le capitalisme et pourquoi faut-il s’en débarrasser ?

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

GD : Pour aller dans votre sens, vous excluez que le système, parce que le capitalisme, il y a longtemps qu’on a prévu son effondrement chez Marx chez d’autres, mais il a toujours réussi à se régénérer jusqu’à présent. Est-ce que cette fois, vu l’état de la crise de la société, est-ce que c’est exclu qu’il s’adapte une nouvelle fois ?

PJ : On attire toujours l’attention, on dit « Oui mais, le capitalisme, il nous a rendus très très riches. Regardez l’évolution ! ». Il y a un certain monsieur qui s’appelle Steven Pinker, un Américain, qui dit « Oui, on n’a jamais été aussi riches, on n’a jamais été autant bonne santé, on n’a jamais…  » et tout ça est absolument vrai, mais il faut souligner que le fait qu’on soit en meilleure santé, qu’on soit plus riche, etc. est tout à fait indépendant de savoir si on maîtrise ou non l’extinction possible de l’humanité. Nous pourrons peut-être disparaître alors que nous n’avons jamais été aussi vieux. Nous pourrions même être à la limite de l’immortalité, ça n’empêcherait en rien le fait que ce système capitaliste a été un système purement et simplement de pillage de la nature autour de nous, et que nous atteignons la limite de ce qu’on appelle la capacité de charge d’une espèce par rapport à son environnement. Continuer la lecture de Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (IV) Qu’est-ce que le capitalisme et pourquoi faut-il s’en débarrasser ?

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« Externalités négatives » ? Non : brutalisation ! par Vincent Burnand-Galpin

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« En sciences économiques, on n’a rien inventé depuis Marx » lancent les journalistes du Monde Diplomatique et coordinateurs du Manuel d’économie critique, Hélène Richard et Renaud Lambert lors d’une conférence à l’ENSAE ParisTech le 6 décembre 2018. Leur idée ? Les concepts de la science économique actuelle sont « pauvres », autrement dit, ce sont des rustines que l’on appose par-ci par-là pour que la théorie néoclassique reste valide : un remake du géocentrisme de Ptolémée faisant face à la théorie de Copernic ? La science économique actuelle manque d’un vrai travail sur les concepts, un concept devant être une notion qui tend, par sa simple définition, à coller au mieux à une réalité. Plus il rend compte et explique un spectre de phénomènes par lui-même, plus le concept est riche.

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Où en sommes-nous ? par Dominique Temple

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La révolte qui gronde n’est pas due à une puissance révolutionnaire extérieure comme ce fut le cas du temps où les communistes, parfois les socialistes, prétendaient apporter une alternative : bien au contraire ces illusions ont disparu, avec le communisme avant hier, avec le socialisme hier et le syndicalisme aujourd’hui. Comme les signes qui annoncent un tremblement de terre, la secousse vient de l’intérieur du système. Le capitalisme en réalité se fragilise lui-même. Et l’épicentre se trouve où il est le plus avancé, la France. Alors la stigmatisation et la répression des victimes démunies n’est pas une solution. Comme le disent les partisans de l’ultra-libéralisme, elles n’ont pas d’alternative. Mais l’on ne peut non plus demander aux populations de reconduire les causes de cette crise. 

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