Archives de catégorie : Capitalisme

Démocratie ? Non, nous sommes les chevaux sur lesquels les milliardaires parient, par Jean-Baptiste Auxiètre

Nous prétendons vivre dans une « démocratie », alors que le système tout entier est dirigé par une élite, et que les journaux, internet, papier, radio et télévisés appartiennent pour leur majorité aux milliardaires de nos sociétés et ne nous livrent qu’une information filtrée avec un a priori de droite capitaliste qui se prétend libertaire. Il n’y a plus que deux sources d’informations actuellement : celle distillée par les milliardaires et celle des réseaux sociaux, de qualité aussi médiocre l’une que l’autre. Les braves gens, en quête d’autre chose, vont du coup se réfugier chez n’importe quel gourou , tellement aujourd’hui, ceux qui n’ont pas une éducation technique ou universitaire s’avèrent incapables de trouver l’information réelle, même si elle existe et est disponible mais au coût d’une recherche exigeant un certain travail.
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Le socialisme, la collectivisation et la propriété privée, par JeNeSauraisVoir

Albert EinsteinCe texte de JeNeSauraisVoir a paru initialement ici en tant que commentaire. Un autre commentateur a alors suggéré qu’il accède au statut de billet à part entière. Voilà qui est fait.

Je remercie M. Yorgos Mitralias de m’avoir fait découvrir ce texte sur « Pourquoi le socialisme » par Albert Einstein. Il m’arrive de recourir à une analogie avec le principe de la relativité pour tenter d’expliquer une intuition qui me fait penser que les humains se comportent selon un continuum individu-collectivité. Je sais maintenant qu’Albert Einstein lui-même a déjà envisagé la chose « l’homme est en même temps un être solitaire et un être social ». Il est regrettable qu’il n’ait pas poursuivi plus en avant pour mettre son observation en équation. Un grand service eut-été rendu à notre ‘science’ économique qui est bien en peine d’élaborer un modèle permettant de relier le solitaire au social.

J’aimerais toutefois revenir sur cette idée apparemment installée au sein de l’appareil idéologique de la gauche, cette idée que les moyens de production devraient appartenir à la société elle-même. Avec ce que cela comporte de « centralisation extrême du pouvoir politique et économique » Albert Einstein redoutait l’hypertrophie de la bureaucratie et l’asservissement de l’individu. Une certaine circonspection étreint également nos contemporains dès lors que l’on évoque la mise en cause de la propriété privée et la collectivisation de la production et de la consommation. Je pense en particulier à nos contemporains qui ont une sensibilité de gauche. J’entends par là ceux qui considèrent sans tortiller du fondement que la collectivité (l’Etat) doit favoriser les citoyens qui disposent principalement de leur force de travail, qui espèrent en vivre, que la dite force de travail ait trouvé preneur ou pas, et vivre bien pendant qu’ils sont actifs – dans la force de l’âge – mais également à la fin de leur existence.
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D’une économie capitaliste à une économie humaniste, par Paul Jorion & Vincent Burnand-Galpin

À paraître dans « Echos de Picardie » n°3 2021

Si le capitalisme est le système de répartition des richesses donnant la primauté au capital, l’humanisme en économie est le système de répartition des richesses donnant la primauté à l’humain à la fois en tant qu’individus, mais aussi en tant qu’espèce vivant au sein d’un écosystème. Il en découle la nécessité de protéger l’environnement qui l’entoure, condition de son existence. Dépasser les impasses écologique et sociale du capitalisme dans lesquelles nous sommes aujourd’hui signifie opter pour une économie humaniste demain.

Capitalisme, économie de marché et libéralisme comme sources de la destruction de l’Homme et de l’environnement

Le discours commun confond très souvent capitalisme, économie de marché et libéralisme. Si ces trois termes qualifient bien le système économique actuel, rien ne les lie de manière constitutive.
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La culture du CAC 40, par Chantal Montellier et Paul Jorion

Bonne question, qui demande la bonne réponse : “Le CAC 40 a-t-il une nature ? Une nature qui ferait que sa culture serait de produire des dividendes plutôt que des emplois ?”

Le CAC 40 est un indice boursier, reflétant la bonne santé boursière de 40 entreprises françaises parmi les plus prospères. La bonne santé boursière, c’est le prix des actions, lequel reflète la perspective de gras dividendes (c’est là la manière dont les analystes financiers évaluent le “fondamental” = le prix objectif d’une action = la somme escomptée (“actualisée”) des dividendes à venir).

En 2014, le MEDEF avait dit au gouvernement : “100 milliards de dégrèvements fiscaux et nous créons 1 million d’emplois”. J’avais répondu aussitôt par une chronique dans Le Monde : “Il n’y a pas de mécanisme connu qui transforme un dégrèvement fiscal pour une entreprise en création d’emplois par elle”.

Pourquoi ? Parce que la richesse est de plus en plus générée par du capital et de moins en moins par du travail. C’est quoi ce capital engendrant de la richesse ? Ce sont des robots, ce sont des logiciels, c’est du numérique, ce sont des algorithmes. Consentez un dégrèvement fiscal à une entreprise, elle l’investit en numérique et produit de la richesse. Et cette richesse, elle la redistribue en dividendes. Sans salaires à devoir payer, car la main d’œuvre est de plus en plus fantomatique.

Ce que Gattaz aurait dû dire, s’il avait été honnête, c’est : “100 milliards de dégrèvements fiscaux et nous multiplions les dividendes par deux !”, parce que là, oui, le mécanisme est connu : c’est celui que je viens de décrire. Ma chronique dans Le Monde avait paru le 10 février. De manière révélatrice, quatre semaines plus tard, le 6 mars, Gattaz accordait un entretien à Challenges, que la rédaction intitulait candidement “Les allègements de charges pourront servir à verser des dividendes”.

La solution ? Ma “taxe Sismondi” (9 ans d’âge), encore appelée “taxe-robot” : imposer les robots, logiciels, algorithmes, qui travaillent à la place des travailleurs d’autrefois, et leur faire contribuer ce qui doit être leur quote-part de la richesse nationale au financement de l’État-Providence, plutôt que de générer des dividendes de plus en plus gras à l’intention de ceux qui, de l’argent, ne savent déjà pas quoi en faire.

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rfi – Paul Jorion : « Nos gouvernants ne règlent pas les problèmes de la population », le 26 janvier 2021

rfi – Paul Jorion: « Nos gouvernants ne règlent pas les problèmes de la population »

Paul Jorion, analyste des systèmes financiers, anthropologue, et professeur associé au département d’éthique de l’université catholique de Lille, livre son analyse sur la relance possible de l’économie mondiale en pleine pandémie mondiale.

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Le Média : LE CAPITALISME SE SUICIDE ET VEUT NOUS EMPORTER AVEC LUI, le 14 décembre 2020

Les taux d’intérêt négatifs – la véritable “euthanasie” du rentier = “le capitaliste” – sont en train de détruire également le marché boursier car ils faussent entièrement le calcul du cours “juste” pour une action, lui fixant un montant excessif, coupé de la réalité économique.

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Domination par une élite économique : Pour illustrer ma vidéo d’hier

J’ai dit un certain nombre de choses dans ma vidéo d’hier à propos de notre système politico-économique et de la crise des subprimes, et ceci m’a fait repenser à un billet intitulé “La crise des subprimes pouvait être évitée” publié ici le 10 mai 2008, c’est-à-dire, notez le bien, plus de quatre mois avant ce que le public appellerait lui “la crise des subprimes”, à savoir l’effondrement de la mi-septembre.

Je reprenais hier pour désigner notre système politico-économique, “domination par une élite économique“, l’expression utilisée par Martin Gilens and Benjamin I. Page dans leur fameux article de 2014 intitulé “Testing Theories of American Politics: Elites, Interest Groups, and Average Citizens” (auquel j’avais consacré en 2016 le chapitre intitulé “Nos voix ont cessé d’être entendues” dans Le dernier qui s’en va éteint la lumière). Je vous rappelle qu’au moment de débuter leur étude, les deux chercheurs avaient retenu quatre hypothèses à tester comme caractérisant le mieux notre système économico-politique : démocratie électorale majoritaire, domination par une élite économique, pluralisme majoritaire et pluralisme biaisé.

Dans ma vidéo d’hier, je partais de la thèse de Johann Chapoutot d’un lien entre théorie du management et nazisme, j’évoquais ensuite un colloque à venir au début du mois de décembre où je suis invité en tant que “prophète” ayant annoncé la crise des subprimes, m’interrogeant sur le terme, et je terminais en évoquant une émission que je suis en train de préparer avec  Hervé Brusini à propos de la crise de 2008.

Ma conclusion en gros hier était que nous vivons bien dans un système de domination par une élite économique – avec une alternance à venir, comme en Allemagne et aux États-Unis, entre  gouvernements libéraux et populistes de droite – où la domination est exercée en arrière-plan contre vents et marées et de manière constante, par des syndicats patronaux.

Dans le billet ci-dessous, datant donc de mai 2008, vous verrez que le syndicat patronal responsable de la crise des subprimes s’appelle Mortgage Bankers Association. Je notais il y a quelques jours – c’était dans une autre vidéo je crois – que quand on m’interrogeait à l’époque, en me demandant : “Qui est responsable de la crise des subprimes ?”, et que je répondais “La Mortgage Bankers Association !”, la personne concluait invariablement l’entretien en disant : “Donc on ne sait pas qui est responsable de la crise des subprimes”. Quand je rappelais cela l’autre jour, je le mentionnais comme une simple curiosité, or, à y bien réfléchir, la raison pour laquelle on m’appelait “prophète” plutôt qu’« expert” ou “complotiste”, elle était bien là :

Vous connaissez manifestement trop bien le dossier pour que j’ose vous qualifier de “complotiste”, mais comme je suis quand même obligé de tenter de vous décrédibiliser vu le caractère sulfureux de votre affirmation, je vous appellerai “prophète”.

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Vidéo – Une feuille de route

La démocratie dirigée de fait par une élite économique

“Le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes est un essai du philosophe genevois Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) publié en 1755.”

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En finir avec l’utopie capitaliste…, par Régis Pasquet

Ma contribution à l’expansion de la radicalité.

Il faudra bien accepter un jour de prendre les choses par le bon bout et se résoudre à oublier ‘’un monde indigne ‘’. Le capitalisme est la cause première, entre autres ignominies, de la ruine de notre environnement, du dérèglement climatique, de l’effondrement du vivant, du pillage des ressources, de l’empoisonnement de l’eau, de l’air et des sols, de la production ininterrompue de déchets et de la misère galopante. De la misère.

Alors ne rien faire ? Et attendre au bord de nos tombes, que la camarde fauche en ricanant, parmi les sept milliards et demi encore vivants, ceux qui pourraient encore l’être ?

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