Archives de catégorie : Effondrement

Veille effondrement #87 – Le peuple de l’herbe, par Arkao

Les insectes sont en voie de raréfaction selon certaines études. Sans remettre en cause les résultats globaux, de fortes disparités régionales sont remarquables et sources d’optimisme. Si les grandes plaines vouées à l’agro-industrie tiennent le palmarès de l’effondrement de la biodiversité, il reste dans ce pays des espaces où l’équilibre entre les champs, les herbages, les forêts et les zones humides reste préservé. Les insectes « disparaissent », soit, mais encore faudrait-il s’y intéresser. Quand prend-on la peine d’y prêter attention ? Quand d’agaçants moustiques nous empêchent de dormir, quand des mouches viennent nous chatouiller la peau alors qu’on voudrait lire un livre tranquille à l’ombre d’un arbre, quand des guêpes s’invitent à table, allant du verre de bière à la tranche de melon, quand le vrombissement sourd d’un imposant frelon vient semer la panique chez les convives. Finalement, qui s’intéresse aux milliers d’autres espèces qui nous entourent ? Continuer la lecture de Veille effondrement #87 – Le peuple de l’herbe, par Arkao

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Veille effondrement #62 – Taxes dissuasives, sur le carburant, sur la viande…

Un courrier envoyé tout à l’heure, dans le cadre d’un débat au sein de l’Assemblée statutaire de Greenpeace.

Toutes les mesures coercitives qui visent à encourager les riches à se convertir à la frugalité (in)volontaire (taxe sur le carburant, taxe sur la viande, etc.) impactent en premier les pauvres parce qu’ils sont déjà (involontairement) dans la frugalité, et que tout coût supplémentaire les fait basculer dans la précarité. 

Tous ces raisonnements à la noix (taxe sur le carburant, taxe sur la viande, etc.) sont fondés sur le même calcul en termes d'”utilité” propre à la pensée ultralibérale : un agent “rationnel” allouera ses ressources de manière optimale en fonction de choix évalués en termes d’utilité subjective. Et donc il les allouera différemment si les prix augmentent. 
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Veille effondrement #6 – Les Plans B et C – retranscription

Retranscription de Les Plans B et C, le 9 août 2021. Bonjour, nous sommes le lundi 9 août 2021 et la…

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Veille effondrement #20 – Il y a 2 sortes de gens

Je suis encore furieux de ce commentaire ici sur le blog du style “Vous les boomers n’avez rien fait !”. J’avais répondu brutalement à l’auteur que chaque génération contient son lot de gens qui se décarcassent et son lot de saboteurs. Bien sûr, s’il avait fait partie à la génération présente des gens qui se décarcassent, il aurait été au courant.

Oui, il y a deux sortes de gens : ceux qui se battent pour que ça change et en face, dans le meilleur des cas, ceux qui par le poids de leur indifférence rassemblée constituent une énorme force d’inertie, et dans le pire des cas sont soit de véritables “marchands de doute”, soit les mercenaires que ceux-ci ont recrutés et qui vont tenter de nous convaincre que le réchauffement climatique n’existe pas, pas plus en tout cas que le “complot communiste” (je viens de regarder les nouvelles US) du Covid-19.

Oui, il y a deux sortes de gens, je le rappelle chaque fois qu’on me pose la question : “A-t-on tiré les leçons de la crise des subprimes ?”. Absolument ! on a tiré les leçons, on a les a mises sur papier, on les a bien expliquées, mais en face, il y avait le monde des affaires qui pensait que ces leçons étaient déplaisamment anti-business. J’ai fait partie, vous le savez, d’un “Haut comité pour l’avenir du secteur financier en Belgique”. Quand notre rapport a été publié, la presse a dit : “Le ton ‘de gauche’ du rapport est quand même tout à fait étonnant…”. J’ai dit : “Merci, Messieurs-Dames, à 1 contre 7, ce n’était pas joué d’avance !”. Quelle différence cela a-t-il fait, ce “ton de gauche” ? Cela a fait qu’au lieu que le ministre soutienne l’une des 17 mesures que nous préconisions, la rapport soit simplement mis dans un tiroir *.

Mais voyez où nous en sommes : pendant tout le temps que j’ai écrit ce billet je me suis reproché de ne pas travailler plutôt à l’article que je rédige en ce moment : “An unconscious path to general Artificial Intelligence: a roadmap”, comment donner aux robots une intelligence “universelle”, comme on dit une “clé universelle”, plutôt que spécialisée comme aujourd’hui. J’y retourne séance tenante : je me suis toujours soucié de l’avenir.

N.B. IPCC = GIEC.

* J’ai retrouvé ceci, qui illustre très bien ce que je dis (même Ecolo s’insurge contre un peu plus de justice sociale) :

L’Écho, La Messe est finie, par DOMINIQUE LIESSE, le 28 janvier 2016

Le rapport d’experts sur le secteur financier

Le rapport sur l’avenir du secteur financier belge a le mérite d’exister. Rédigé par un groupe d’experts de haut vol, il a le mérite de faire état d’une réalité économique. Mais ce rapport, commandé par le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA), aura-t-il le mérite de faire changer les choses? Rien n’est moins sûr.

Présenté hier en commission des Finances, le rapport s’est heurté aux réflexes politiques. Toucher à la fiscalité de l’épargne? “La population veille à ses intérêts, a lancé Peter Dedecker (N-VA). Comment concilier la théorie économique et cela? Les électeurs vont nous juger là-dessus.”

Le rapport des experts sur le secteur financier s’est heurté aux réflexes politiques.

Plafonner le montant de l’emprunt hypothécaire à environ 85% de la valeur du bien? “Mais, c’est un frein à l’accès à la propriété!”, clament en chœur plusieurs députés.

Réduire la pression régulatoire nationale sur les banques pour plus de compétitivité? “C’est un paradoxe: vous voulez développer de nouveaux services financiers pour un secteur plus résilient, mais vous plaidez pour moins de gold plating (régulation nationale plus sévère que les exigences européennes NDLR)”, déclare Georges Gilkinet (Ecolo).

Et pourtant, une après-midi durant, Luc Coene (ex-gouverneur de la BNB), Geert Noels (économiste) et Paul Jorion (professeur universitaire) ont expliqué la situation: une épargne avantagée fiscalement qui fuit et profite donc à l’étranger par le biais d’entités des banques étrangères. Mais des risques, qui eux, pèsent sur l’épargnant belge!

Un secteur immobilier important qui n’est pas sans risque d’emballement. “Le marché avale tout avantage fiscal et l’intègre avec des suppléments de prix. En plafonnant l’emprunt hypothécaire, nous tentons de protéger le consommateur des aléas du marché.”

Le ministre, lui-même, aurait déclaré aux experts: “Vous ne me rendez pas la vie plus facile avec ce rapport.” Il aurait même déjà ajouté que la révision de la fiscalité du carnet d’épargne n’était pas une priorité du gouvernement.

La messe semble donc être dite!

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Double deuil, mon œil !, par Terence

À propos de ma vidéo “Double deuil” de ce matin.

– Edgar Morin vient de fêter ses 100 ans. Je ne connais pas ton état de santé mais il n’est pas impossible que tu ne sois qu’à 75% de ton temps de vie 😉 . Néanmoins je suis d’accord qu’il est rationnel à cet âge de “mettre en ordre ses papiers”. Une fois que cette formalité est réalisée, une fois le devoir psychanalytique et philosophique accompli (avoir appris à mourir à soi-même), au fond, on peut alors profiter d’une certaine sérénité, durant les éventuelles 25 années qui suivent.

– J’ai déjà investigué aussi l’hypothèse que mon propre souci de l’extinction de l’humanité n’était qu’un paravent destiné à masquer habilement, sous le couvert grandiloquent et commode de la philanthropie, ma propre peur égoïste de ma propre mort. La psychanalyse, c’est sa force, a tendance à réduire à des choses peu glorieuses toutes les élucubrations et grandiloquences de l’esprit…
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60 ans d’échec de l’alarme scientifique : l’ethos scientifique est-il rationnel ?, par Terence

L’affaire de la fuite dans les médias du brouillon du rapport du GIEC sur le climat pourrait être l’illustration d’une des principales causes de l’échec le plus patent de l’histoire de la communauté scientifique : ne pas être parvenus à sonner une alarme écologique effective pour l’humanité, suffisamment tôt et clairement pour engendrer une prise de conscience et une mobilisation générales. Pour qu’un message passe d’un émetteur à un récepteur, il faut établir un canal de communication, coder et décoder le message en neutralisant les bruits parasites. Et quand bien même un message est correctement émis et reçu, il n’appartient qu’au récepteur d’agir en conséquence. Il serait donc injuste d’attribuer à la seule communauté scientifique l’échec des alarmes répétées depuis plus d’un demi siècle, vu l’adversité et l’autisme auxquels ils ont dû faire face. Néanmoins, tant que cet échec demeure et malgré une apparence trompeuse de “prise de conscience”, il reste pertinent de proposer une critique radicale des pratiques de la communauté scientifique par rapport à l’urgence écologique. Continuer la lecture de 60 ans d’échec de l’alarme scientifique : l’ethos scientifique est-il rationnel ?, par Terence

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“Si tu veux la décroissance, prépare la guerre”, par Cédric Chevalier

Imaginons que deux pays soient les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde, imaginons qu’ils soient également parmi les plus vulnérables au réchauffement climatique, même si de façon différenciée, et imaginons qu’ils soient entrés dans une lutte pour l’hégémonie mondiale… Nous parlons bien sûr des Etats-Unis et de la Chine.

Voici un des plus gros obstacles pour contrer le dilemme du prisonnier face au réchauffement climatique et engendrer de la coopération. C’est aussi un des plus gros obstacles à la décroissance (quantitative) choisie par les Etats pour mettre fin à l’overshoot et revenir dans les limites planétaires. Il s’agit du problème de la puissance politique, liée à la puissance militaire, liée à la puissance économique, liée à la puissance énergétique, liée aux énergies fossiles et nucléaires, dont la densité de puissance est la plus élevée parmi toutes les énergies. Ainsi, géopolitiquement aujourd’hui, il semble qu’un Etat puissant est un Etat polluant. Or les élites politiques d’un pays ont tendance à vouloir en augmenter leur puissance et l’Etat est leur véhicule pour ce faire. Chacun joue dans sa division et les grandes puissances ont en général tendance à vouloir devenir hégémoniques. C’est cette dynamique de recherche de puissance qui explique durant l’histoire la course aux armements, au propre et au figuré. La guerre n’étant que la continuation de la politique par d’autres moyens, et vice versa ! Même le PIB et la taille de la population deviennent géostratégiques.
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La France ainsi qu’une bonne partie de l’Europe sont devenus des pays post-développés !, par Jean-Baptiste Auxiètre

Premièrement, nous utilisons certes de nouvelles technologies mais nous ne les concevons plus et ne les fabriquons plus. En Europe nous sommes incapables de concevoir ou de fabriquer un micro-processeur pour un smartphone ou une tablette ou un ordinateur, ni d’assembler ces derniers, et quand cela reste le cas ce n’est vraiment plus qu’à la marge.

Deuxièmement, les anciennes technologies du XXe siècle sont toujours celles sur lesquelles nous misons en confondant la fin et les moyens. Pour la voiture et l’avion nous croyons que d’en fabriquer est une fin, alors que cela n’est qu’un moyen pour être en relation avec les autres, mais avec l’arrivée massive de la visio-conférence cette fin est beaucoup moins pertinente. De plus, le tourisme de masse était lié au fait que les vols étaient principalement financés par les clients professionnels hors vacances qui payaient plein pot leur trajet et rentabilisaient les trains et les avions, et si ceux-ci disparaissent, il n’y aura plus d’avions ou de trains disponibles ou rentables pour les périodes dans l’année de vacances à bas coût. On voit la déroute financière dans laquelle est entrainée la SNCF après avoir parié sur la rentabilité des clients professionnels en excluant une partie de ses clients historiques moins riches au profit (sic) du bus.

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