Archives de catégorie : France

Les ressources consacrées à la défense augmentent partout, par Alexis Toulet

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Pourquoi les ressources consacrées à la défense sont-elles en augmentation un peu partout dans le monde ? Etats-Unis, pays européens dans une certaine mesure, Russie également, surtout la Chine.

  1. Il y a clairement plusieurs raisons, les principales me semblent être :1. Montée en puissance rapide de certains pays, avant tout la Chine, d’où d’une part ambitions avivées et désir de davantage de pouvoir chez le pays en ascension, d’autre part craintes de déclassement et de perte de position hégémonique chez le pays actuellement dominant, les Etats-Unis
    2. Série de décisions déséquilibrantes dans les vingt dernières années, essentiellement de la part des Etats-Unis, de l’invasion de l’Irak aux déstabilisations de régime et aux embargos à objectif d’écrasement comme actuellement contre l’Iran, d’où craintes avivées chez les pays qui peuvent se sentir visés, de la Russie à l’Iran en passant bien sûr par la Corée du Nord, et craintes par effet secondaire chez les pays qui peuvent se sentir menacés par la réaction des précédents, de la Pologne à Israël et l’Arabie saoudite en passant par Corée du Sud, Japon ou Suède
    3. Extension des zones d’Etats faillis, au Moyen-Orient bien sûr entre Irak et Syrie, dans certaines parties de l’Afrique de l’ouest et centrale, la corne de l’Afrique, en Libye, au Mexique etc. d’où développement d’organisations violentes de type idéologique (djihadistes) et/ou criminel (drogue), lesquelles posent des problèmes croissants aux Etats constitués qui réagissent par une augmentation de leur budget de défense

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Il ne s’est rien passé à Rouen, par Roberto Boulant

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Cinq semaines après la catastrophe de Lubrizol, M Macron a fait un premier bilan tout à l’éloge de l’action de l’État et de son gouvernement. « Les services de l’État ont agi avec compétence, avec beaucoup de sang froid, beaucoup de professionnalisme » a-t-il affirmé, précisant que « toutes les enquêtes et mesures ont été conduites », et terminant sur « le travail des pompiers ‘qui n’ont pas connu la peur, qui ont permis de contenir ce qui s’est passé à Lubrizol et d’éviter des conséquences qui auraient pu être bien plus dommageables’ ».

Des déclarations présidentielles qui ajoutées à celles du PDG de Lubrizol nous assurant que « 90% des produits brûlés ont généré du carbone, et que cela est sans risque », achèveront de nous convaincre qu’il ne s’est rien passé de bien grave à Rouen. Alors, dormons sur nos deux oreilles ?

Hmm, peut-être une ou deux vérifications avant de laisser les marchands de sable officier.

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L’« acceptabilité sociale » vs. nos aspirations profondes, par Vincent Burnand-Galpin

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Ce que la crise des Gilets jaunes a bien montré (si ce n’était déjà clair), c’est que les puissants ne peuvent gérer les affaires publiques sans le consentement du peuple. En voulant s’attaquer un tant soit peu aux enjeux climatiques, le gouvernement a cru bien faire en introduisant la taxe carbone sur les carburants dans l’effet de renchérir leur prix et donc diminuer leur consommation. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase : un déferlement sans précédent de frustrations jusque-là contenues s’est exprimé sur les ronds-points de toute la France, dépassant le cadre du déclencheur.

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Alice et le Maire, ce que j’en pense

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J’ai vu hier Alice et le Maire de Nicolas Pariser. C’est un film qui vous explique avec beaucoup de subtilité pourquoi on ne peut plus faire de politique en France aujourd’hui. La démonstration est implacable. Je vous encourage à aller le voir : c’est très bien fait. Fabrice Luchini est très convaincant en maire découvrant les limites de sa fonction. Anaïs Demoustier nous montre comment une personne ayant « des idées » – c’est tout ce qu’on lui demande – suffit à faire exploser la politique comme on la fait aujourd’hui. Quant à Thomas Chabrol, il incarne à la perfection un « grand intellectuel » creux comme un tambour, comme il se doit.

Mais en nous montrant comment écrire ce qui serait un vrai discours politique (dont les spectateurs constateront que j’aurais pu l’écrire moi-même), Nicolas Pariser nous explique mine de rien comment on peut faire de l’excellente politique aujourd’hui : en faisant un film comme le sien. M’offrant au passage la possibilité de faire moi-même de l’excellente politique en vous recommandant d’aller voir son splendide petit film (pas de course-poursuite) où l’on dit, comme je viens de le dire, ce que je n’arrête pas de vous dire.

Faites de la politique, comme Nicolas Pariser et moi : allez-voir Alice et le Maire ! Et parlez-en !

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La démocratie en petite forme, le 5 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de La démocratie en petite forme, le 5 octobre 2019

Bonjour, on est le samedi 5 octobre 2019 et ma vidéo s’intitulera « La démocratie en petite forme ».

Je vais parler essentiellement de 3 pays. Je vais parler de la France. Je vais parler de la Grande-Bretagne et je vais parler des États-Unis. Ça ne veut pas dire qu’il ne faudrait pas parler des autres. Je pourrais parler de la Belgique où on a encore essayé de constituer des gouvernements, en tous cas un gouvernement fédéral. Les autres, on a trouvé la solution. Je veux dire les régionaux.

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G7 : Le coup dans le nez de Tonton Donald

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Je viens de lire dans la presse et de regarder à la télé, les principaux commentateurs américains à propos de la prestation de leur président au G7 qui s’est terminé hier à Biarritz.

Les remarques vont bien entendu en sens divers mais elles peuvent être résumées en une image qui s’est imposée à plusieurs d’entre eux : « Il n’est encore que 15 heures à la fête de famille et Tonton Donald, la tête près du bonnet même en temps ordinaire, a déjà la cuite ».

Que faire ? L’empêcher à tout prix de gâcher le fête pour les autres invités !

Alors, ça se passe comme ça : « Tonton Donald, venez donc vous asseoir à l’ombre, avec votre splendide cravate et votre costume qui vous va si bien, pendant que nous accueillons un visiteur que vous ne connaissez pas (l’envoyé du gouvernement iranien, alors que Tonton Donald a promis « la fin officielle de l’Iran »).

Ou alors : « Tonton Donald, asseyez-vous donc ici : on vous apporte une limonade. Les enfants aimeraient tant jouer bataille avec vous pendant que nous nous occupons des derniers préparatifs du dîner (nous coordonnons la lutte contre le réchauffement climatique, auquel Tonton Donald ne croit pas [ou plus probablement, fait semblant de ne pas croire]).

Cela dit, tous ces commentateurs et toutes ces commentatrices américains font la gueule devant le constat que chacun a pu faire durant le week-end : les États-Unis sont sur la touche, le monde occidental règle ses affaires à six, avec le septième, Tonton Donald, confortablement installé sous le parasol le plus éloigné du jardin à siroter une boisson sans alcool.

Ah ! avant que j’oublie, autre conclusion unanime à laquelle les commentateurs américains parviennent – ne me tombez pas dessus à bras raccourcis, je ne fais que rapporter ce que j’ai entendu : « Le monde occidental a désormais un leader incontesté, et son prénom n’est pas Donald mais Emmanuel ».

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Le Monde – « Gilets jaunes » : Bordeaux la bourgeoise paie ses fractures, le 4 août 2019

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À propos de « Gilets jaunes » : Bordeaux la bourgeoise paie ses fractures, un commentaire que je viens de laisser sur le site du quotidien.

Excellent article mais, une fois de plus, les rédacteurs du Monde seront consternés par les réactions des lecteurs de leur journal, qui ont eux choisi leur camp : ils savent, et s’en irritent, que ceux qui se plaignent sont des envieux, des louseurs trop stupides pour comprendre comment on fait de l’argent, qui trouvent qu’« être tous ensemble dans la misère c’est quand même plus sympa ! » (sic), etc.

Comme aux États- Unis en ce moment, l’esprit « brioches de Marie-Antoinette » exprimé dans les commentaires du Monde signale une affaire qui risque de très mal finir.

P.S. Rédacteurs du Monde continuez de dire aux lecteurs de votre journal ce que vous pensez d’eux – ce n’est pas de l’éducation populaire mais de l’éducation élitaire. C’est aujourd’hui aussi utile, voire davantage.

Je n’avais même pas relevé que nous sommes le 4 août (230e anniversaire).

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Affaire de Rugy – Ce que j’en pense

Vous me demandez ce que j’en pense. Je vous dirai donc ce qui suit.

Les distractions agréables font partie des choses désirables en soi ; elles sont cependant d’habitude plus nuisibles qu’utiles car elles nous incitent à négliger et notre santé, et nos finances. Les adeptes de ce genre d’amusements sont très appréciés à la cour des princes car ils offrent à ceux-ci le moyen de se rendre populaires auprès de leurs obligés en leur procurant les distractions qu’ils désirent.

Si l’on pense ordinairement que les amusements contribuent au bonheur du fait que les princes et les puissants de ce monde y consacrent leurs loisirs, il se peut cependant que ni les princes, ni les potentats, n’offrent le genre de confirmation que l’on attendrait. Car la vertu et l’intelligence, qui sont à l’origine des actes les plus élevés, ne dépendent aucunement du degré de pouvoir dont chacun dispose… 

Oups ! j’ai oublié les guillemets (je ne serais pas le premier !), bon, d’accord, j’ai trouvé ça ici : Éthique à Nicomaque (X, vi, 3-4), d’un certain Aristote (le prénom n’est pas indiqué).

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La presse française au crible de l’analyse automatique des données

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Il y a d’une part ce que les gens affirment d’eux-mêmes, et d’autre part ce qui transparaît de ce qu’ils racontent.

Les psychanalystes s’intéressent à cette différence. L’analyse automatique des données la fait apparaître par des méthodes statistiques.

Une étude vient de paraître, intitulée Unfolding the Multi-layered Structure of the French Mediascape, par Dominique Cardon, Jean-Philippe Cointet, Benjamin Ooghe, Guillaume Plique.

Elle fait apparaître, entre autres, un grand nombre de rapprochements qui vous intéresseront. [La question se pose toujours de comment nommer les familles « souterraines » qui émergent de cette manière ; dans certains cas, un nom s’impose, dans d’autres c’est un peu plus problématique.] Quoi qu’il en soit, quelques découvertes intéressantes.

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Renault – Fiat Chrysler – Comment interpréter l’éditorial du Monde ? par Jacques Seignan

L’éditorial du Monde daté du 29 mai 2019 attire avec force notre attention sur une nouvelle affaire industrielle : « Renault-Fiat Chrysler [Automobiles, FCA] : un mariage douteux ».

La démonstration de cet excellent édito est implacable et mérite d’être lue en entier. 

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« Que faire ? Que faire ? », le 5 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Que faire ? Que faire ? », le 5 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 5 mai 2019 et mon exposé d’aujourd’hui s’intitulera « Que faire ? Que faire ? ».

Vous l’avez vu – je commence par là – les listes pour le Parlement européen ont été déposées et sur aucune de ces listes, vous ne trouverez mon nom. Alors, la tentation de la nature humaine, c’est de dire : « Eh bien finalement, je n’ai pas vraiment essayé ! » mais là, vous me diriez : « Non, non, M. Jorion, vous avez essayé et vous avez consacré beaucoup d’énergie au cours des mois derniers à essayer de vous trouver sur une de ces listes et vous  n’avez pas réussi ! » et je vous dirai : « Monsieur ou Madame, vous avez parfaitement raison : je me suis donné beaucoup de mal ! ». J’ai essayé d’avoir un débat public avec M. Hamon dont vous vous souvenez peut-être, qui a été décommandé à la dernière minute – pas par moi. J’ai eu l’occasion de passer une soirée à discuter avec M. Hamon. J’ai eu l’occasion de plusieurs conversations assez longues avec M. Olivier Faure. J’ai eu M. Paul Magnette au téléphone, M. Di Rupo aussi et vous m’avez vu me joindre au mouvement Place Publique qui s’est créé en France. J’ai participé à l’échelon local, dans le Morbihan où j’habite. J’ai participé même à une réunion – je suis revenu spécialement un jour où j’étais à Bruxelles – pour participer à une réunion à Lille aux côtés de Claire Nouvian. Des amis à moi ont lancé une pétition que vous avez été nombreux, dans le cadre en question, à signer, appelant le Parti socialiste et Place Publique à me mettre en position utile sur leur liste.

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L’Écho : Sommes-nous dans le très inhabituel ? le 7 mai 2019

Ce texte a également été proposé à deux quotidiens français. Qui n’ont pas souhaité le publier. Ouvert aux commentaires.

Sommes-nous dans le très inhabituel ?

À quelques très rares exceptions près – ceux qui parviennent à prendre suffisamment de recul pour adopter le véritable rôle de témoins – les acteurs d’une époque sont de très piètres analystes de ce qui s’y passe vraiment. 

Prenons les périodes de très grands troubles et lisons les journaux de l’époque. À moins d’une véritable catastrophe ponctuelle, faisant de très nombreux morts, la presse nous présente les périodes de révolutions comme des moments où tout se passe essentiellement comme cela a toujours été, c’est-à-dire, comme avant. Pour reprendre une expression commune, le sentiment qui prévaut est que les journalistes de toutes les époques ont en permanence « le nez dans le guidon », qu’ils ne parviennent pas à prendre de la hauteur, qu’ils n’arrivent jamais à dire : « cela, on ne l’a jamais vu ».

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Que faire ? Que faire ?

Elections européennes
Extinction du genre humain

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