Archives de catégorie : La vie de tous les jours

RÊVE DIVERS, par Vicè

Billet invité.

Était-ce l’un de ces rêves prémonitoires, comme en faisait ma grand-tante après les catastrophes ?

Plutôt une variation cauchemardesque sur un événement annoncé. – J’emploi le terme d’événement (accent aigu de rigueur), bien qu’il soit galvaudé, car il rend bien compte de l’état d’agitation extrême, d’anxiété et de suspicion qui régnait au bureau, ces dernières semaines. – Du jour au lendemain, il semblait qu’on se fût avisé que les poules pondaient des œufs, grâce aux coqs ou malgré eux, et que les fonctionnaires continuaient de s’acquitter de leurs tâches, plus ou moins bien, malgré la crise et tout l’tintouin.

Deux stagiaires de l’ENA avaient été missionnés pour préparer le terrain, en jetant sur l’activité de la préfecture leur regard neuf, impartial et « hyper-compétent ». À titre indicatif, le cabinet d’audit avait fourni des grilles d’évaluation, sur des domaines précis, ainsi que des fiches de procédure. Et l’on imagine difficilement le caractère pointilleux voire intrusif desdites fiches, qui ne laissent – pour peu qu’elles soient appliquées à la lettre, condition sine qua non à l’obtention du label convoité – à-peu-près aucune liberté de geste ou d’esprit aux agents. Tout est prévu, même la façon dont ils doivent s’asseoir à leur bureau ou ranger leurs affaires : le moindre pas de côté et tout le bel édifice serait ruiné. On s’arrange donc pour qu’ils la respectent, par tous moyens – en particulier, une communication qui tourne à la propagande et au harcèlement mental, entretenant un climat… de révolution ou de guerre permanentes, osons le mot, comme dans tout régime totalitaire (voyez 1984 d’Orwell). Cela détourne des vraies préoccupations, qui sont la baisse des effectifs, la dégradation des conditions de travail et du pouvoir d’achat, ainsi que la mise à l’encan des missions de Service Public.

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PHILIA & CABERDOUCHE – À PROPOS DE « MISÈRE DE LA PENSÉE ÉCONOMIQUE », par Un Belge

Billet invité. Rencontre entre un fidèle du blog – « Un Belge » – et Paul Jorion, le 22 octobre, au café Le Vicomte à Bruxelles, à propos de Misère de la pensée économique.

Je mentionne le magazine International Times parmi les publications britanniques importantes dans les années 1966-68, ainsi que le magazine Oz.

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NOUS AVIONS RETIRÉ NOTRE PLANÈTE DE L’ÉQUATION

Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Le tsunami au Japon l’année dernière, l’ouragan Sandy sur la côte Est des États-Unis, aujourd’hui, la nature se rappelle à notre bon souvenir, mais non plus une nature extérieure à ce que nous sommes : une nature que nous modifions par notre présence brouillonne et envahissante. Un ouragan à New York, est-ce la nature toute seule ou la nature un peu poussée par nous ? Un tsunami au Japon, c’est bien la nature toute seule (en attendant un tsunami dans un lac provoqué par l’exploitation du gaz de schiste), mais des centrales nucléaires bâties sur des failles sismiques, c’est bien nous, décidant d’ignorer la manière dont notre planète est faite.

Un débat a lieu en ce moment sur le blog à propos du nucléaire civil et il est vrai que le nucléaire sur le papier, c’est formidable ! mais sur une vraie planète avec des tremblements de terre, des ouragans, des tsunamis, sans oublier des êtres humains admirateurs de Milton Friedman, pour qui une firme travaille uniquement pour le profit de ses actionnaires, c’est une tragédie planétaire qui menace en permanence.

L’image du soliton dévastateur dont j’ai fait le fil conducteur de Misère de la pensée économique (2012), semble frapper les esprits. Le deuxième élément de sa combinaison mortifère, c’est la complexité que nous avons cessé de maîtriser, le troisième, c’est la machine à concentrer la richesse que nous plaçons avec enthousiasme au coeur de nos systèmes économiques et financiers, mais le premier, c’est la manière dont nous prétendons ignorer la planète que nous habitons, et notre destinée d’animaux colonisateurs et opportunistes (pp. 64-71) : notre comportement détruit la planète que nous habitons, qui par nature est déjà beaucoup moins clémente que nous n’aimons l’imaginer. Le retour du refoulé est toujours douloureux. Ou pire encore.

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TOUT EST NOUVEAU !

Je me retrouve dans la ville que j’ai quittée quand j’avais vingt-cinq ans. Mais l’apparente familiarité est trompeuse : toutes les constructions qui étaient noires sont maintenant blanches : la porte de Hal, les maisons de la grand-place, la cathédrale Sainte-Gudule – qui a aussi changé de sexe, et qui s’appelle maintenant : Saint-Michel !

Acheter une carte de tram est devenu une énigme plus dure à résoudre que le mystère de l’oreille cassée lui-même. Alors que c’était la chose la plus simple du monde : on en demandait une au receveur, qui ne vous riait pas au nez si votre carte de crédit n’était pas belge – lesquelles n’existaient d’ailleurs même pas !

Je prépare des cours, comme je l’avais fait pour la dernière fois dans un tout autre pays en 1984 – j’aurais dû y lire un signe sur les temps à venir.

À part quelques très rares amis ici ou là, d’il y a quarante, cinquante, voire soixante ans, tous les visages auxquels je m’adresse dans une journée sont ceux de gens que j’aperçois pour la première fois : des visages que je scrute à tout hasard pour les resituer, mais qui me sont en réalité inconnus.

Tout est nouveau ! À nouveau !

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UNE APRÈS-MIDI AU MUSÉE, par Vicè

Billet invité

Ce samedi, au lieu de déambuler dans la FeNAC, à l’abri (le traditionnel crachin du 14 juillet tombait sur la bonne ville de R***, rendant l’air poisseux et vous glaçant jusqu’aux os), je décidai d’aller au Musée : un singulier musée, à vrai dire, tout neuf, dont le souvenir embrumé de mystère, pour moi, reste obscurci par une forte dose d’onirisme. Je m’explique – non, je raconte.

Rêve ou pas, en tout cas, je payai bel et bien les 5 euros d’entrée, plein tarif : avec sa casquette bleu-marine pour livrée (l’écusson de la ville était brodé sur la visière), le caissier détacha de sa souche un petit coupon cartonné, numéroté, au timbre de la « Recette municipale », puis il le poinçonna en m’indiquant le début de la visite.

Tout d’abord, je faillis m’égarer, malgré les panneaux : deux flèches, l’une indiquant le Musée, l’autre la Préfecture, qu’un petit malin avait semble-t-il interverties. Ces nobles institutions partageaient désormais le même toit, par souci d’économie ; on avait profité de l’occasion pour éliminer des « doublons », par la mise en commun de postes budgétaires (l’entretien des locaux, le gardiennage et le secrétariat, entre autres).

C’est mon collègue Bernard – Nanard – délégué C.G.F. du service, qui surveillait le hall de la Grande Galerie : il m’avait vivement enjoint à « faire le Musée », comme on dit – de même qu’à Paris, il faut « faire le Louvre » – me présentant la chose comme un « devoir » sacré, un hommage rendu aux victoires du combat syndical. Si je n’ai toujours pas saisi en quoi ce « devoir » consistait, je sais en revanche fort bien ce que j’y ai vu.

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AVEUGLE DANS SA VILLE NATALE

Je viens de passer une demi-heure dans les rues de Bruxelles. Comme l’hôtel où l’on m’a invité est proche de la grand-place, j’y suis allé, et je l’ai regardée, j’allais dire « avec des yeux neufs », mais ce n’est même pas ça : plutôt « pour la première fois ».

Je me suis même penché sur la dentelle dans la vitrine des magasins à touristes, pour voir comment c’est fait la dentelle de Bruxelles, de Malines ou de Bruges.

Pourquoi est-on aveugle, pourquoi n’a-t-on jamais rien vu dans sa ville natale ? Peut-être parce qu’on connaît déjà tout ça par cœur avant même de comprendre ce que veut dire  « réfléchir à quelque chose ».

 

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PIQÛRE DE RAPPEL : Insistance de 68, par Christian Laval

Originellement publié le 19 janvier 2008.

I

Notre génération

Il n’y a peut-être jamais eu de génération sur le compte de laquelle et à propos de laquelle on a plus menti, déformé, trafiqué, que celle de 68. Ce travestissement se fait au nom de l’histoire et des données politiques (écroulement du communisme), au nom aussi du destin de quelques-uns qu’on a sommairement désignés comme les représentants officiels d’une génération politiquement vaincue mais culturellement gagnante. Ceux-là, dont les noms courent sur les lèvres des gens informés, seraient les incarnations durables de l’événement, les porteurs de sa mémoire, les détenteurs de son sens. Le dérisoire de la chose est trop évident pour s’y arrêter. Cette génération est démocrate, elle est tolérante. On pourrait laisser encore se perpétuer le mensonge s’il ne concernait que le petit nombre de personnes intéressées par l’imposture de ceux-là qui, par un besoin étrange, prennent sans cesse la pose de qui a vécu “ les événements de 68”, de l’intérieur et au plus profond de leur intimité. Ces personnalités sont de tout temps, de tout lieu. Mais cette génération n’est pas seulement tolérante, elle est patiente. Elle a laissé dire, elle continue de laisser croire. Elle s’est faite souvent silencieuse. Elle sait aussi mépriser, et même beaucoup, ceux qui prétendent depuis trente ans parler en son nom, faire boutique et profit, gagner en puissance et en visibilité sur la mémoire de 68, sur le trafic de la mémoire de 68. Mais cette longue patience a un coût, cette générosité a un coût. Laissant dire, laissant faire, nous avons laissé confondre patience et repentance, mépris et humilité, générosité et complaisance. La génération 68, pour le dire simplement, était assez bonne pour endosser la responsabilité de tous les maux de la société, pour prendre sur elle tous les torts du monde, pour porter le manteau d’infamie. Laissant dire, cette génération, devenue très humble, devenue modeste, s’est laissée faire, s’est laissée interprétée. Prise au piège de son propre mythe, de son héroïsme juvénile de sa sainte pureté, de son sens du sacrifice, de ses rêveries, de ses utopies. Parce qu’elle a rêvé, parce qu’elle a déliré parfois sans doute, parce qu’elle a été mystique comme l’a dit Péguy à propos d’une autre génération, parce qu’elle a vécu un temps l’insurrection comme l’état permanent du quotidien, elle devrait rétrospectivement payer, elle devrait se charger du poids de tout ce qui est dérive, destruction, pourrissement dans une société qui irait tellement mieux s’il n’y avait pas eu 68. Ce faux historique, nous le payons mais, avec nous, ce sont toutes les générations après nous qui le payeront.

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WOODSTOCK ET LE MONDE OÙ NOUS VIVONS AUJOURD’HUI, par Asami Sato

Billet invité.


C’était il y a quarante-trois ans, le 15 août 1969 à Bethel, dans l’État de New York, aux États-Unis : un festival musical se déroula pendant trois jours sur les terres d’une ferme laitière appartenant à Max Yasgur.

Au tout début du projet, les organisateurs envisageaient d’accueillir dix à vingt mille spectateurs. Il en vint un demi-million.

Woodstock est passé à la légende : le plus grand moment certainement de la musique folk-rock, mais aussi un rassemblement symbolique de la culture hippie des années 1960. Il y eut surtout, dans notre monde réel à nous, trois jours de miracle : un demi-million de personnes mues par la passion de la musique et les valeurs que cette musique convoyait, qui constituèrent instantanément une « commune » de la taille d’une grande ville.

186.000 billets avaient été vendus et l’on comptait sur 200.000 spectateurs en tout. Les 300.000 en excès conduisirent rapidement les organisateurs à rendre le festival gratuit. Des problèmes environnementaux et sociaux apparurent : des embouteillages monstres sur les voies d’accès, un manque d’eau et de nourriture, des sanitaires insuffisants, la drogue (un mort d’overdose), la sexualité s’exprimant en public et, finalement, des montagnes d’ordures. Les à-côtés familiers de la vie en société. Mais ce qui fut tout à fait remarquable, c’est que tout cela se passa le mieux du monde. Pourquoi ? Parce que l’entraide généralisée fut la règle du jeu. L’un des buts des organisateurs était de recréer l’atmosphère qui avait été celle du « Human Be-In » qui avait eu lieu en janvier 1967 à San Francisco, véritable lancement du mouvement hippy : faire la preuve qu’avec la bonne volonté de chacun, il était pleinement possible de vivre heureux en société, tout en se réalisant aussi à titre personnel, et sans la nécessité autour d’un appareil répressif.

La question qui se pose à nous quarante-trois ans plus tard, c’est pourquoi cela nous semble-t-il aujourd’hui absolument impossible ?

Peut-être l’explication se trouve-t-elle dans les réponses à apporter aux questions « Pour qui ? » et « Dans quel objectif ? » posées sur les faits de notre vie quotidienne. Par exemple :
– Le festival de Woodstock : pour qui et dans quel objectif ?
– Le nucléaire civil : pour qui et dans quel objectif ?

Et le fermier Max Yasgur, qui vit sa ferme envahie par un demi-million de visiteurs, qu‘en avait-il pensé ? Ayant attiré l’attention sur l’absence totale de violences qui avait caractérisé le festival, il avait ajouté : « Si nous voulions simplement nous joindre à eux, nous pourrions transformer toute cette adversité qui constitue les problèmes de l’Amérique aujourd’hui en l’espoir d’un avenir meilleur et plus pacifique ».

Nous étions en 1969, c’était il y a quarante-trois ans aujourd’hui.

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LA DIFFÉRENCE ENTRE UN BON FILM DE SÉRIE B ET LE MONDE QUI NOUS EST OFFERT

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’ai commencé à regarder hier soir un autre de ces films d’époque de la RKO, que rééditent les Éditions Montparnasse. Celui-ci s’appelle Five Came Back : « Il y eut cinq survivants » (1939). C’est l’ancêtre des films catastrophe : un avion s’abîme dans la jungle, ils étaient douze au départ et il ne sont déjà plus que onze parce que le steward est malencontreusement tombé par la portière en plein vol.

Je ne sais pas encore comment ça se termine, si ce n’est le nombre des survivants, qui nous est donné par le titre, mais je sais que j’ai repensé ce matin à la partie que j’ai vue, une fois lues les nouvelles économiques et financières. M. Juncker dit : « Faisons un feu contre les bêtes sauvages ! », M. Monti ajoute : « Construisons une hutte, il fait trop chaud dans la carlingue éventrée ! », M. van Rompuy fait observer : « En tapant fort, il y a peut-être moyen de redresser l’hélice ! », M. Draghi, lyrique, s’écrie : « Dégageons la jungle pour faire une piste d’envol ! » L’important, n’est-ce pas, c’est de garder le moral.

Dommage qu’il n’y ait pas à Washington ou à Bruxelles, comme dans le film, une call-girl au grand cœur qui a compris comment ça marche la vie, ni un anarchiste ayant une vue d’ensemble, en route vers son pays d’origine pour y être pendu. C’est qu’à Washington ou à Bruxelles, on n’a pas comme dans Five Came Back, Nathanael West et Dalton Trumbo, aux commandes du scénario.

La différence est claire du coup entre un film de série B absolument fauché et le monde qui nous est offert : dans le premier, on emploie des scénaristes de génie parce qu’ils ne coûtent pas cher et dans le second, des scénaristes de luxe quant à leurs émoluments, mais manifestement de série B sur le plan intellectuel.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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LA CONCLUSION DE GRÉGORY

Vous souvenez-vous du Pléistocène ? Durant le Pléistocène, Grégory Maklès concevait La survie de l’espèce, une bande dessinée inspirée d’histoires qu’on trouve dans mes billets et dans mes livres. Incroyable mais vrai, le livre est maintenant en voie d’aboutir et devrait même paraître chez Futuropolis avant l’extinction de l’espèce. Il y a quelques jours, Grégory m’a dit : « Tu te souviens de cette histoire que tu m’as un jour racontée, d’une équipe de jeunes, sur un ferry ? Je voudrais qu’on en fasse la conclusion : il faut que tu me l’écrives pour que je puisse la dessiner ! » Alors la voilà, l’histoire en question, avant qu’elle ne soit mise en scène et brossée par la main du maître.

J’ai fait partie de ceux qui ont essuyé les plâtres sur la liaison ferroviaire entre Paris et Londres par le tunnel sous la Manche. J’habitais Paris et travaillais à Londres où je passais la semaine. Le vendredi soir, je rentrais chez moi. Puis je repartais le lundi matin.

On était en 1994 et la ligne n’était pas très fiable : nous restions souvent calés pendant deux ou trois heures au sein des profondeurs sous-terraines et sous-marines. Parfois l’électricité ne répondait plus à l’appel, elle non plus. Vu leurs misères, les voyageurs voyaient alors leurs billets remboursés, et dans l’ensemble du coup, le déplacement ne revenait pas trop cher.

Avant la naissance de l’Eurostar, je prenais l’avion mais l’obligation de se rendre dans un aéroport et de s’y trouver un nombre considérable de minutes avant le décollage rendait l’opération très lourde. Le train était une option préférable même si l’heure d’arrivée relevait à l’époque du plus grand des hasards.

Et puis, il y avait bien sûr toujours la solution antique : la malle Calais-Douvres.

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ANNIE LE BRUN SUR LE MONDE, ET SUR LA VIE EN GÉNÉRAL

Asami Sato m’avait interviewé pour son site Yellowcultureclub, elle interviewe ici Annie Le Brun.

Il y a quelques mois à peine, je ne connaissais pas Annie Le Brun. C’est difficile à croire aujourd’hui car elle a fait en sorte que, de la meilleure manière qui soit, nous nous connaissions ; j’en ai parlé ici. Elle ne m’en voudra pas de révéler ici que si nous tentions avant le 25 février de changer le monde séparément, nous le faisons désormais ensemble (le monde n’a qu’à bien se tenir et… il en tremble le bougre !)

Fukushima, l’argent, les enfants, Facebook, la marchandise, le sport…

 

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UN MONDE MEILLEUR N’APPARAÎTRA PAS DE LUI-MÊME, par AncestraL

Billet invité.

Nous vivons quelque chose « d’historique » (mais tout ne l’est-il pas, finalement, pour l’orgueilleux Occident ?) Tout s’effondre – et tous ici, qui sommes à lire ce blog, à débattre de cette Grande Perdition, nous ne pouvons – nous le croyons – que regarder, que constater cet effondrement, comme Néron regardant l’Empire brûler (Rome avait-elle tant d’importance que cela ?). Nous voyons donc tout s’effriter, se désagréger, s’effondrer… C’est le Spectacle. In Girum Imus Nocte et Consumimur Igni. Notre communauté de lecteurs du blog de M. Jorion observe, regarde, spécule, brasse l’air finalement au sujet de quelque chose qui s’effondre sous ses yeux (l’Impermanence finalement) sur lequel il n’a pas de pouvoir… Voilà notre plus grande activité, ici du moins et de la manière synthétique que je suis en capacité de concevoir. Pourtant, M. Jorion (et M. Leclerc) s’avère être un hétérodoxe en mesure de nous inspirer à aller plus loin. Mais nous continuons de gloser alors que M. Jorion attend que l’on franchisse le pas fatidique.

Quand j’étais petit, je rêvais de faire de nombreuses choses (cela n’a fait depuis qu’augmenter, en réalité). Adolescent, je fis quelque chose qui me plaisait : des études qui coûtaient de l’argent à une famille pauvre (quel luxe !) soit des études d’arts appliqués, puis continuant sur ma lancée rêveuse, des études d’arts plastiques, rêvant d’obtenir le diplôme, le concours, le sésame afin d’enseigner les arts… Quelle chance ai-je eu !! Mais la cruauté de la réalité, à laquelle je suis sans cesse confronté m’a rapidement rappelé qu’il me fallait payé mes factures, car je n’ai pas gagné le sésame tant espéré.

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