Archives de catégorie : Questions essentielles

Autres temps, autres mœurs…

J’ai acheté un coffret de films de Gabin. J’ai fait allusion l’autre jour au fait que j’avais revu le French Cancan (1955) de Jean Renoir. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’histoire d’un patron de revues (Jean Gabin) qui couche avec toutes les jeunes filles qu’il recrute et quand il y en a une qui se plaint d’être remplacée (François Arnoul), il lui dit : “Mais qu’est-ce que tu crois, poulette ? etc.”, et tout le monde autour de lui de s’esclaffer. Je suppose que tout le monde dans la salle s’esclaffait aussi.

Dans le bonus making of de French Cancan, quelqu’un vous explique que Jean Renoir trouvait lui-même la formule très drôle, et il ajoute que le père de Jean Renoir, Auguste, y recourait abondamment lui-même. Comme il n’était pas patron de revues mais peintre, je suppose qu’il est question de la relation de “l’artiste” avec ses modèles…

Mais il y a pire encore !

Hier j’ai regardé, avec le même Gabin, complété de Jean-Paul Belmondo, Un singe en hiver (1962) d’Henri Verneuil, d’après le roman éponyme (1959) d’Antoine Blondin.
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Le Soir, Un processus de deuil collectif est nécessaire pour aller de l’avant, le 8 février 2021

Il faut pleurer ses morts.

Par un collectif de signataires*

La mort fait partie de la condition humaine, de la vie même. Et un peu d’oubli de cette condition est sans doute nécessaire aux humains pour être heureux. Mais un déni trop important est problématique, rend malheureux, peut tuer même faute de reconnaître les risques. C’est pourquoi nous avons besoin de rituels collectifs autour de la mort. Pour laisser les morts en paix et permettre aux vivants de retrouver le chemin du bonheur. Pour nous souvenir des risques et mieux les anticiper à l’avenir, ensemble.
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Le Printemps avance… !, par rienderien

Le Printemps avance… !

Dans ma petite vie minuscule douillettement précaire.
Grands sont mes enfants encagés libres, à chercher pitance pour leurs petits.
Trottoirs gris bordés de portes closes de voitures endormies.
Rues sales, mégots, merdes, papiers, plastiques, masques, canettes.
Passagers vivants des morts de pas en pas, dansent encore les enfants.
Guerres ouatées sous nos casques connectés, musiques maestros !
Je dirige Amazone, je commande il exécute.
France cul me berce, ARTE me distrait, Twitter m’exaspère.
Vers 5 heures du matin, je sors mon vieux petit chien, il fait noir, discrètement donner des graines aux pigeons privés des miettes de nos vies confinées.
Oui, les animaux, êtres chair muette, cajolés, mutilés, hachés, labellisés, effacés.
Humains tyranniques, frustrés, humiliés, bourreaux embrigadés, bouffons entassés, colonisés, nassés, diables martyrisés, voleurs, mendiants, encartés, encadrés, capitalisés.
Peaux noires, jaunes, rouges, vertes, blanc cassé, panachées, yeux bridés, nez busqués, retroussés, écrasés, des grandes plaines, des vallées, des forêts, des montagnes, des déserts, des mers, des ports, des cités, des temples, des églises, des mosquées.
Il marche, court, saute, rampe, se traîne, se vautre, chante, danse, écrit, prie.
Et la grosse méchante bombe atomique… aimez vous les uns, les autres.
Tout va bien, tranquille, le printemps est en avance, il avance… !

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Quelle est cette liberté que nous défendons coûte que coûte, au risque de notre vie dans la pandémie actuelle ?, par Jean-Baptiste Auxiètre

Est-ce la liberté de déplacement ? nous ne l’avons déjà plus !
Est-ce la liberté de gagner de l’argent ? nous ne l’avons déjà plus !
Est-ce la liberté de consommer ? celle-là nous l’avons encore mais parfois sans grande utilité.

Alors qu’est-ce que nous reprochons à tester, tracer, isoler (et que l’information soit publique) ?

Est-ce le fait d’être tracé ? Tout le monde accepte d’être de fait tracé par son smartphone, mais sans doute pas que cela soit rendu public comme en Chine ou en Corée ? Chacun sait que sur Google on peut retrouver sans peine l’ensemble de ses déplacements.
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Aïe ! Aïe ! Aïe ! Les “zélites” auto-proclamées, voilà qui ne va pas arranger vos affaires !

Le Monde, Olivier Duhamel, l’inceste et les enfants du silence, le 4 janvier 2021.

Le Monde, Camille Kouchner à Olivier Duhamel : « Tu les vois, les angoisses qui nous hantent depuis ? », le 4 janvier 2021.

Marie-France et Evelyne Pisier étaient plus que des sœurs, des confidentes inséparables. Pour la première fois, elles ne se comprennent plus. « Dès qu’elle a su pour Olivier, Marie-France a parlé à tout le monde. Elle voulait lui faire la peau », poursuit Camille Kouchner. Aussitôt, elle propose d’héberger Evelyne. « Pars ! Parle ! » En vain. « Ma mère était très choquée que sa sœur ne protège pas d’abord ses enfants et que personne ne réagisse, ajoute Iris Funck-Brentano. Elles se sont brouillées. Je me souviens de tas de tentatives de réconciliation, toutes se soldaient par des échecs. » Evelyne Pisier s’entoure de nouvelles connaissances, prend sous son aile de jeunes élèves, puis une éditrice, reproche à sa sœur de lui « voler [sa] vie ».

Quand, aux premiers jours du printemps 2011, Marie-France Pisier est retrouvée au fond de la piscine de sa maison de vacances de Saint-Cyr-sur-Mer, à vingt minutes de Sanary, le corps coincé par une lourde chaise en fer forgé, la presse déploie ses gros titres, mais ne devine rien du drame familial qui se joue en coulisses. Accident, vraiment ? « On a compris qu’Evelyne pensait que Marie-France s’était plutôt suicidée », affirme aujourd’hui Camille Kouchner.

Marie-France Pisier, je ne suis vraiment pas sûr que le Ciel existe, mais si ce devait être le cas, je suis certain que vous y êtes.

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LE RÉEL ET LE YOGA, par Pascal Charrier

Après avoir écouté la vidéo de Paul Jorion Que peut-on savoir du réel ?, il m’a semblé intéressant d’ouvrir cette réflexion à une autre approche du réel venant de l’Orient, celle du Yoga. N’étant pas yogi (juste un pratiquant), je ne peux vous livrer ici qu’une modeste réflexion.

Chacun peut constater qu’il existe un réel directement accessible par nos 5 sens. Toutefois, ceux-ci ont une capacité limitée à percevoir le réel. Ils sont sujets à se laisser berner par quelqu’illusions d’optique, olfactive, sonore. … (cf Paul Jorion) Nous devons donc accepter que notre capacité à appréhender le réel n’est que partielle. C’est notre cerveau qui va construire un au delà-du réel sensitif. Est-ce là une extension du réel ou bien seulement une extension d’une modélisation, d’une réalité lacanienne ? Le Yoga cherche à initier une autre approche du réel.

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Coursiers Deliveroo : « le sous-prolétariat du XXIe siècle », par Vincent Burnand-Galpin

Coursiers Deliveroo : « le sous-prolétariat du XXIe siècle »

Dans le contexte de la crise sanitaire, les restaurants sont fermés mais certains travaillent encore grâce à une armée d’invisibles : les coursiers Deliveroo (ou Uber Eats, Stuart, Glovo,…) ont remplacé les serveurs pour nous apporter nos plats… jusqu’au pas de la porte. Apparus en France à partir de 2016, ces nouveaux travailleurs du numérique ont connu une croissance exponentielle. Réservé à l’origine à une certaine élite de jeunes sportifs attirés par l’auto-entreprenariat pour arrondir les fins de mois, le visage de ces travailleurs a aujourd’hui changé pour une main d’œuvre principalement immigrée et très précarisée. A qui la faute ? La baisse des tarifs d’abord, mais aussi la transformation progressive des conditions de travail passant du job étudiant « sympa » à l’esclavagisme moderne. Je suis allé à leur rencontre pour qu’ils nous livrent cette fois-ci, non un Big Mac ou des sushis, mais leur témoignage édifiant.

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