Archives de catégorie : Questions essentielles

Covid-19 – L’être humain et la limite (la mort), par Cédric Chevalier

Les autorités belges font un état des lieux de la situation épidémique sur leur territoire.

Je ne peux m’empêcher de penser que notre imaginaire actuel a mis progressivement et complètement sous le tapis la notion de fatalité, de destin fatal qui frappe au hasard, le sentiment de finitude, de la mort. On se refuse à concevoir que parfois (en fait toujours), rien ne se termine bien, que tout empire et que la souffrance individuelle et collective peut augmenter inexorablement à certaines époques, et que c’est la mort qui est bout du chemin pour beaucoup d’entre nous (pour tous en fait in fine).
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Jeudi 10 septembre 2020

En 1966, sur le troisième album de Simon & Garfunkel, Parsley, Sage, Rosemary and Thyme, on trouve un collage : un montage des nouvelles à la radio sur le fond musical du chant de Noël « Douce nuit, sainte nuit ».

Je vous recommande dans le même esprit de lire la une du journal Le Monde ce matin tout en écoutant Jacques Brel chantant l’Aventure.

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L’amour – Premières considérations

Le scénario du film de Woody Allen Husbands and Wives (1992) s’énonce en trois phrases :

1° Dans la scène initiale, deux couples de longue date se voient dans l’appartement de l’un des deux et avant que quoi que ce soit d’autre ne soit dit, l’un des couples annonce à l’autre sa séparation.

2° Consternation chez l’autre couple, et davantage encore : réprobation véhémente. On frôle l’incident majeur : le refus de se revoir.

3° Cent-huit minutes plus tard, le premier couple s’est rabiboché après diverses péripéties, alors que le second, le couple sans histoire, prompt à l’indignation, s’est décomposé.

Deux messages au film :

1° Le désir s’effiloche au fil du temps, si bien qu’au bout d’un moment dormir dans le même lit fait apparaître chaque jour davantage ses inconvénients (force centrifuge).

2° Il existe un autre courant, souterrain celui-là, qui prend à contrepied ses protagonistes : une addiction, une dépendance physique, d’une personne vis-à-vis d’une autre (force centripète).

Messages subsidiaires, apparaissant en surface au fil des péripéties du film :

1° La distance dans le bagage culturel pousse à la séparation (force centrifuge).

2° La distance dans l’âge pousse à la séparation (force centrifuge).

3° Le manque d’imagination, le peu d’esprit d’aventure, chez l’un et chez l’autre, rapproche au contraire (force centripète).

Conclusion provisoire : il s’agit là d’une affaire bien compliquée.

(à suivre…)

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Passe l’automne, vienne l’hiver, le 1er septembre 2020 – Retranscription

Retranscription de Passe l’automne, vienne l’hiver. Bonjour, nous sommes le 1er septembre 2020 et c’est la première fois que je…

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« Gratuité du masque »… : Qui paye… ?, par Pierre Juillot

N’est-il pas étrange que la question sur la gratuité ou pas… du masque… mobilise tellement de polémiques stériles, infertiles en tout cas dans l’hystérisation de réactions, du ressentiment de « ras le bol fiscal », « poujadisme »… que se faisant, elles évitent – même de la part de ceux et celles militant pour la gratuité – de mettre l’accent sur qui gagne toujours plus en spéculant à découvert (finances, banques, grands groupes de la « distribution » et de production, et leurs actionnaires…)  sur la hausse ou baisse des stocks gérés en flux tendu, et des prix du dit sujet d’intérêt général et de santé publique, d’un outil « sécuritaire » de gestion de crise sanitaire quoi, sur ce que Macron a promis, les « … jours heureux… » aux lèvres, de « …. sortir des « marchés »… » « … quoi qu’il en coûte… »… ?
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Résilience vs Sécurité hydrique – la politique des mots et des choses, par Cédric Chevalier

Nous vivons une période où la question de la « résilience » -sanitaire, économique, sociale, écologique, hydrique, politique- est particulièrement prégnante.

Les réflexions critiques de l’économiste de l’eau Riccardo Petrella portent sur une des conceptions dominantes de la « résilience », dans les instances internationales et les multinationales. Notamment ici. Continuer la lecture de Résilience vs Sécurité hydrique – la politique des mots et des choses, par Cédric Chevalier

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Le coronavirus et le Père Noël

1° Je lis certains des commentaires ici (et je suis sûr que c’est encore pire ailleurs – il y a quand même une auto-sélection…) : « comme le dit le professeur Raoult le virus est sûrement en train de muter », « une sorte d’auto vaccination bio et naturelle », « le nombre de cas dépistés ne veut rien dire », « le professeur X précise qu’il n’y a pas de 2ème vague et il évoque les effets délétères de certaines mesures barrières », etc.

2° Je constate que ces commentateurs mettent entre parenthèses sans broncher le principe quand même largement admis que les mêmes causes produisent les mêmes effets et qui si l’on remet en place les mêmes causes (par le déconfinement, par la négligence des gestes barrières) on retrouvera les mêmes effets (contaminations et décès à la clé).

3° Je ne peux m’empêcher de repenser au « principe du Père Noël » que rappelait un autre de mes maîtres :

Les journaux disent tous les jours que les progrès de la science, Dieu sait si c’est dangereux, etc., mais cela ne nous fait ni chaud ni froid. Pourquoi ? Parce que vous êtes tous, et moi-même avec vous, insérés dans le signifiant majeur qui s’appelle le Père Noël. Avec le Père Noël, cela s’arrange toujours, et je dirai plus, ça s’arrange bien !

Jacques Lacan, Le séminaire 1955-1956. Les psychoses, pp. 361-362

4° Je me pose la question : quand atteindrons-nous l’âge où nous cesserons de prendre avec un enthousiasme mal dissimulé, des vessies pour des lanternes ?

5° Le temps presse malheureusement.

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Ce que je pense de Comment sauver le genre humain, par Cédric Chevalier

Paul, Vincent, je suis invité par Pablo Servigne à rédiger une recension de votre essai « Comment sauver le genre humain » dans le magazine Yggdrasil (« Yggdrasil, effondrement & renouveau« ).

Servigne n’a jamais caché ses sources d’inspiration anarchistes, même s’il a toujours l’intelligence d’être assez indirect dans ses interventions et de se distancier face à des théories extrêmes : Ici il fait parler Kropotkine… L’Etat, ça a tout détruit dans la violence, les gildes, etc. Kropotkine : si on détruit l’Etat, l’entraide va revenir spontanément. (ça ce sont les courants anarchistes)

Mais dans Comment tout peut s’effondrer, Servigne & Stevens évoquent déjà le rôle que pourrait jouer l’Etat, à partir des expériences des économies de guerre UK et US (p. 235 et suivantes) : « lorsqu’on s’organise dans un but commun, il est possible de faire vite et de voir grand ». Continuer la lecture de Ce que je pense de Comment sauver le genre humain, par Cédric Chevalier

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Une réponse à Comment sauver le genre humain – À quoi bon penser à l’heure du grand collapse ? – Défense et illustration du genre humain, par G.J. CORBISIER

G.J. CORBISIER a déjà publié ici : « Le VIROSAPIENS », le 9 octobre 2018.

Le sentiment de dualité provoqué par l’identification au corps et à la personne n’a-t-il pas précipité l’humain dans un monde d’oppositions, de brutalités, d’injustices, de corruptions et de cupidités ? Même si au milieu de ces ruines poussent quelques fleurs des champs… En prendre conscience résoudrait d’une certaine façon les problèmes d’un ‘’monde d’après’’, qui de toute manière n’est que notre propre projection.

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Le décès de M. Adama Traoré (II)

Dans l’excellente enquête du quotidien Le Monde, l’anomalie, c’est bien entendu que quand les gendarmes découvrent M. Traoré au domicile de M. K qui a appelé le 17, « pour une raison inconnue, il est partiellement drapé dans une couverture ».

C’est cela qui m’a conduit à rédiger mon billet Le décès de M. Adama Traoré, et à lancer l’enquête dans sa version initiale de 15h03 (avant toute mise à jour) :

Première question de ma part : Pourquoi M. Adama Traoré est-il au sol, enveloppé dans une couverture, quand les gendarmes le trouvent au domicile de M. K qui les a appelés ?

Ma seconde question sera mise en ligne à 17h20, et les deux autres ensuite.

40 commentaires nous ont permis d’arriver à la conclusion suivante :

Version initiale [10h05] : 1° Quand M. K découvre M. Traoré affalé devant sa porte, il le traite à la fois comme une personne en détresse physique (il le fait s’allonger dans son séjour et le recouvre d’une couverture) et comme une personne en bonne condition physique (il appelle le 17 plutôt que le 15).

Version revue [18h54] : 1° Quand M. K découvre M. Traoré affalé devant sa porte, il le traite comme une personne en détresse physique (il tire son corps allongé au centre de son séjour).

2° Quand les gendarmes arrivent au domicile de M. K, ils traitent M. Traoré comme une personne en bonne condition physique (ils recourent à la procédure habituelle d’immobilisation d’un fugitif).

Quelques rares intervenants, ignorant l’enquête que nous menions, ont voulu simplement attribuer des responsabilités. Si je n’ai pas modéré ces commentaires, c’est qu’il s’agit d’une manifestation habituelle du « folklore » de l’Internet.

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Le décès de M. Adama Traoré

Vous savez qu’au Blog de PJ nous aimons bien mener nos propres enquêtes. Et nous trouvons souvent la réponse.

Allons-y, la vidéo du Monde est excellente.

Première question de ma part [15h03] : Pourquoi M. Adama Traoré est-il au sol, enveloppé dans une couverture, quand les gendarmes le trouvent au domicile de M. K qui les a appelés ?

Deuxième question de ma part [17h20] : Comment se fait-il que quatre années d’enquêtes n’ont pas retenu comme hypothèse, la remarque de simple bon sens de Thomas Jeanson :

M. K a été plus sensible à la paire de menottes qu’au malaise de son visiteur, il a eu peur pour lui même, et il a fait comme dit PAD, le 17 au lieu du 15.

Troisième question de ma part [17h22] : (Je m’adresse aux médecins, physiologues, etc.) M. Traoré tente d’échapper au gendarme qui le poursuit, sur une assez longue distance. Est-il envisageable qu’une telle course puisse provoquer une crise cardiaque chez une personne sans condition préalable ?

Quatrième question de ma part [20h04] : Pourquoi (voir commentaire de CloClo), une question qu’il ne nous a fallu que 5 heures à résoudre ici (à 4 ou 5) a-t-elle été considérée comme insoluble pendant quatre ans (et continuera d’être considérée insoluble ad vitam aeternam, personne – aux endroits qui comptent – ne payant aucune attention à ce que nous pouvons dire ici) ?

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Tuer les animaux et les plantes ? Il faut se poser les bonnes questions, par Jean-Baptiste Auxiètre

Le fait d’être végan ou végétarien ne suffit pas à faire que l’on participe vraiment au cycle naturel.

Quand nous tuons un animal pour nous alimenter, nous l’avons d’abord fait naître, nous avons assuré sa reproduction, nous avons fait qu’il ait sa conscience de lui-même pendant un certain temps. Ce temps n’est pas éternel – pas plus qu’il ne l’est pour nous.
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