Archives de catégorie : Questions essentielles

PJ TV : Je ne suis pas fier de vous !

Je regardais les chiffres : vous êtes à l’heure qu’il est 39.848 à avoir regardé mon entretien avec Jacques Attali. C’est bien. Vous avez été 14.962 à regarder ma conversation avec Frédéric Taddeï, c’est très raisonnable. Mais écoutez, vous me connaissez, je n’aime pas prononcer des gros mots comme « Ami du Peuple », « Héros de la classe ouvrière » ou « Saint à sa façon », mais quand je vois que vous n’avez été que 1.693 à visionner PJ TV avec Luc Dardenne, et que mon entretien hier avec William Bourdon n’a encore été vu que par 867 personnes, je me dis : « Zut quand même ! ce gars met sa vie en danger tous les jours pour le bien commun et pour que nos gosses puissent vivre dans un monde vivable, et l’humanité, au lieu de lui être reconnaissante, elle s’en contrefiche complètement ! ». Bref, je ne suis pas fier de vous.

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Le gendre idéal – du moins pour quelqu’un comme moi ! (François Ruffin)

Je ne sais plus exactement comment le dialogue s’est établi entre François Ruffin et moi. Je crois me souvenir qu’il m’avait demandé mon adresse postale pour m’envoyer des petits fascicules qu’il rédigeait sur une variété de sujets. Et c’est à la même époque que Grégory Maklès a voulu faire de lui un personnage dans La survie de l’espèce (Futuropolis 2012) que nous concoctions ensemble : le personnage d’un insolent qui pose les questions que ne posent pas les gens bien élevés (au sens de ne pas moufter quand cela risque de vous causer des ennuis), or vous savez que j’aime bien les insolents (une stratégie de survie dans mon cas).

François m’invitait dans sa cuisine le 24 mars et c’est très volontiers que je l’ai aidé à ranger un peu. Avant-hier, c’est moi qui l’ai invité chez moi, mais pas dans ma cuisine (un intellectuel respecté n’est pas censé se mettre en scène devant un tel b***l).

François est une personnalité qui monte. Voyez vous-même sur ce sondage Ipsos. Je l’ai situé par rapport à Emmanuel Macron.

En jaune : Emmanuel Macron ; en vert, François Ruffin

Si vous voulez le situer par rapport à d’autres personnalités, n’hésitez pas à le faire : l’outil le permet (je ne suis là pour provoquer la bagarre). Je ferai quand même à ce propos, la remarque que j’ai faite hier, à quelqu’un qui me reprochait d’avoir voulu torpiller en 2017 un certain parti :

Nous échangeons, Ruffin et moi depuis 2011, 6 ans avant que LFI ne se rallie à sa candidature dans la Somme.

Wikipédia : « Lors des élections législatives de 2017, il est élu député dans la première circonscription de la Somme, sous la bannière « Picardie debout », avec le soutien de plusieurs partis de gauche radicale, dont La France insoumise et le Parti communiste français. »

C’est de personnes comme lui que nous avons urgemment besoin à la direction des affaires : ni le délire mégalomane de certains, ni la suffisance propulsée à l’arrogance de classe comme carburant de certains autres, ne sont à la hauteur des défis qu’il nous faut relever aujourd’hui. Ce qu’il nous faut, c’est des gendres idéaux – du moins pour quelqu’un comme moi ! – le coeur sur la main et les pieds sur terre.

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Être Noir sur Terre, par Izzo Wane

« Je ne peux pas respirer ». C’est les larmes aux yeux que j’ai essayé de revivre hier soir dans ma tête ce que George Floyd a vécu. Je suis originaire d’un pays d’Afrique de l’Ouest appelé la Mauritanie avec une population composée de  Blancs, les Maures, et d’Africains noirs. Ce pays est méconnu de la plupart des gens que je rencontre tous les jours dans le monde des affaires. La Mauritanie détient le triste record d’être le dernier pays sur Terre à avoir aboli l’esclavage. Malheureusement, l’esclavage héréditaire y persiste toujours. Oui, j’ai bien dit l’esclavage en 2020 (amis non-Mauritaniens, voyez ici).

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« Féminicide » : Notre nouvelle sensibilité aux ordres de grandeur

Le Monde en ligne met en ce moment en premier titre : « Féminicides : mécanique d’un crime annoncé » avec, mis en avant, le chiffre de 120 mortes par an.

C’est affreux !

La difficulté toutefois est que nous sommes dorénavant (par la mauvaise grâce du coronavirus) devenus bien plus conscients des ordres de grandeur : de la taille de chaque type d’événement par rapport à tous les autres.

120 femmes assassinées en 2019 à la suite de violences conjugales, c’est par rapport aux 3.239 personnes ayant perdu la vie dans un accident de la route, 3,7% du chiffre. C’est 1,5% par rapport aux 8.100 personnes mortes de la grippe durant l’hiver 2018-19. Et c’est 0,4 % par rapport aux 28.833 décès à ce jour dus au Covid-19.

Autrement dit, ce n’est pas négligeable. Mais presque.

Chaque décès dû à une autre cause que le grand âge est, à titre individuel, déplorable et tragique, et en particulier dans un contexte de violences, mais la crise présente nous a rendus sensibles aux ordres de grandeur – une excellente chose en soi en matière de lucidité – et il faudra que nous nous en accommodions.

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Les enfants insolents : Chantal Montellier et Paul Jorion

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Lors de notre entretien jeudi, Chantal Montellier avait été surprise lorsque j’avais suggéré que le qualificatif d’« insolente » lui avait sans doute été appliqué au fil des années. Il en est résulté le petit dialogue que voici :

PJ : Comment peut-on dire d’un enfant de six ans, comme l’a fait à ma mère mon institutrice Mme Renée Dautreppe, que je suis un très bon élève, à ceci près que je le suis « en dilettante » ?

CM : “Des possibilités inexploitées, travaille en dilettante”… Et ça, toute ma scolarité ! Ça devait donc être vrai.

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Mort de masse et « fosses communes », par Arkao

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L’actualité pesante du cadavre, qu’exprime l’odeur qui s’en dégage, devient d’ailleurs le point central de nombreux problèmes dont le principal reste bien celui dont nous parle Ionesco : comment s’en débarrasser. Louis-Vincent Thomas *

Les pics de mortalité génèrent ordinairement des encombrements dans le système des funérailles, qu’il s’agisse de crémations ou d’inhumations. Sans aller jusqu’à parler d’une économie à flux tendus, les acteurs public ou privés concernés ont des volumes de services adaptés à un taux de mortalité moyen, hors crises. L’urgence à faire rapidement « quelque chose » du corps du défunt est la conséquence des processus de décomposition qui interviennent environ 48 heures après le décès. Pour parler de façon non politiquement correcte, un cadavre ça ne sent pas bon et ce n’est pas beau à voir. Les survivants des tranchées de 14-18 en gardaient un très mauvais souvenir et un célèbre fabricant d’alcool de menthe (imbiber le mouchoir de quelques gouttes pour contrer les mauvaises odeurs) a fait son beurre en vendant aux poilus son produit conditionné en petits flacons plats de poche. Après la mort donc, le temps est compté. Les riches sociétés occidentales disposent néanmoins d’une parade, la conservation par le froid (en mettant de côté la chimie, les thanatopracteurs étant tout aussi débordés). Symétrique du confinement des vivants qui a pour but d’étaler dans le temps les soins hospitaliers, le stockage des morts en frigo (comme lors de la canicule de 2003) permet de différer les funérailles.

A défaut de pouvoir conserver les corps plus longtemps que d’ordinaire, bien des sociétés sont contraintes d’accélérer la mise en terre. Aussi les médias ont relayé des images de ce qu’ils nomment des « fosses communes ». Nous avons pu voir ainsi des images satellites de cimetières iraniens avec de supposées longues fosses creusées à la pelle mécanique, des photographies aériennes d’un cimetière à Manaus (Brésil) présentant la même chose, et plus spectaculaire encore une vidéo prise d’un drone du cimetière de l’Ile de Hart à New-York.

Capture d’écran d’une vidéo présentant les inhumations sur Hart Island (New-York Post 9 avril 2020).  Continuer la lecture de Mort de masse et « fosses communes », par Arkao

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Pandémies : deux époques, par D.H.

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Quelques réflexions sur le Covid-19

                 Nous sommes sévèrement confinés, assignés à résidence, il y a donc un grand danger qui nous menace. Quel est-il exactement ? D’après les flots d’information (?) qui nous submergent à toute heure du jour et de la nuit, il ressort, quand on laisse décanter, que le danger qui nous tient au bout de son flingue est moins l’agressif « coronavirus » lui-même que la possible/probable incapacité de nos hôpitaux à soigner tous les contaminés. C’est ce discours sur les lits disponibles, les respirateurs et même les masques et le gel hydro alcoolique qui phagocyte toutes les antennes. Nous sommes d’autant plus prêts à l’entendre que l’hôpital public, victime de coupes sombres dans ses budgets, a été un des « gros » sujets de polémique politique ces dernières années et que l’ensemble du personnel soignant nous a tous alertés par de longues grèves sur la précarité de son sort. Nous savons donc que nous sommes « en guerre » et que, dans l’armée, c’est la débandade. Non seulement on manque de fusils, mais aussi de bandes molletières ! Continuer la lecture de Pandémies : deux époques, par D.H.

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Caviar, cinéma d’avant-garde et différents types de voyous

Un parent me pose – au téléphone bien entendu – la question suivante : « Pourquoi – sachant qu’il existe quand même un risque d’y rester – les gens consacrent-ils à stocker des pâtes la même somme que celle qui leur permettrait de déguster pour la première fois de leur vie un excellent caviar ? »

Il me semble qu’il y a deux réponses possibles à la question : l’une égocentrique, l’autre, altruiste.

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Déclaration : Et le jour d’après ? Pour un « CoronaReset »

De la part d’un groupe de citoyens issu de la société civile et de la sphère culturelle, de citoyens actifs dans une volonté de changer ce monde pour que ce saut de paradigme tant espéré voie le jour, pour qu’après cette crise sanitaire mondiale, on ne nous resserve pas la même soupe, devenue imbuvable.
Mesdames et messieurs les dirigeants et tous ceux qui ont du pouvoir dans ce monde, chères citoyennes et chers citoyens,

Croyez-vous vraiment que nous vivrons comme avant, le jour d’après ? Croyez-vous vraiment que nous accepterons encore d’être ces serviles citoyens suiveurs d’un monde où l’on nous a vendu une croissance soi-disant infinie comme modèle de société, avec le capitalisme financier comme adjudant, la consommation et les plaisirs immédiats comme corollaires ? Du pain et des jeux en somme. Vieux comme l’histoire !

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Une pensée de droite et d’extrême-droite pétant de santé

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Un article récent dans la presse quotidienne qui s’interrogeait sur la visibilité extravagante en ce moment à la radio et à la télévision de la pensée de droite et d’extrême-droite m’avait conduit à réagir.

Comme il s’agit d’une correspondance privée, je n’en reproduis ici que ma propre part, en ayant pris soin de gommer l’identité de mon interlocuteur.

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Césars, et compagnie

Je suis en train de regarder le film tourné en 1932 d’après le roman de Hemingway, L’adieu aux armes.

Pendant les dix premières minutes, le personnage d’un ambulancier joué par Gary Cooper tient à l’égard de jeunes infirmières des propos plus ou moins déplacés, fait des gestes plus ou moins déplacés. Le contrevenant est à chaque fois, vertement « remis à sa place » par ces demoiselles, et l’affaire en reste là.

L’actualité récente suggère que cette capacité de « remettre un homme à sa place » dans des circonstances de vie quotidienne (j’établis une distinction très nette entre cela et un climat de violence) a disparu, ouvrant à chaque incident de ce type une période de durée indéterminée durant laquelle il est possible de juger a posteriori que les choses se sont, après tout, en réalité très mal passées.

C’est très regrettable.

P.S. Merci à Claire Denis en particulier, pour ses propos aujourd’hui [je sais qu’elle m’aime bien, et je l’aime bien aussi 😉 ].

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Les plus hautes valeurs, le 24 février 2020 – Retranscription

Retranscription de Les plus hautes valeurs, le 24 février 2020. Bonjour, nous sommes le lundi 24 février 2020 et, aujourd’hui,…

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