Archives de catégorie : Questions essentielles

Paul Jorion, homme de bon conseil

Quelqu’un m’écrit à l’instant :

Bonjour Mr Jorion

La période est interpellante. Nous souhaiterions aider nos enfants qui rentrent ds la vie active comme tout parent. Que faire car […] Si vous faites des consultations, je suis preneuse.
Bien à vous.

J’ai répondu ceci :

Vous me prenez un peu au dépourvu : je ne consulte jusqu’ici que dans un cadre de psychothérapie. Mais pourquoi pas prodiguer du conseil dans un autre domaine que je connais très bien ?
Cordialement.

Pour me contacter, écrivez-moi ici.

Partager :

Les auteurs de plagiat et les lois de la physique

Le Monde : Alain Minc explique ses plagiats, entre « circulation des idées » et « jurisprudence idiote », le 12 août 2021

Mon commentaire sur le site du Monde sera-t-il publié ?

Alain Minc : « Peut-être que mon inconscient me dispense d’avoir un souvenir précis de toutes ces choses. »

C’est le même inconscient qui l’a sans aucun doute conduit à se décommander d’une émission de télé aussitôt qu’il a su que je lui apporterais la contradiction.

Il y a deux sortes de gens : le commun des mortels adepte de la « common decency » (les bonnes manières), et les gens de cour qui, pareils au Phénix, renaîtront éternellement des cendres de la honte qui aurait dû les consumer entièrement si l’on en croit les lois de la physique.

Partager :

Tom Stoppard sur la « cancel culture »

Tom Stoppard, l’un des grands dramaturges anglais :

Il est vraiment très embarrassant d’écouter des gens, très souvent des gens beaucoup plus jeunes, qui se sont ralliés à ce qui pour moi est une hérésie, la principale étant que la vérité est une construction. Et s’il est vrai que certaines vérités sociales sont des constructions sociales, je crois à la vérité et à la fausseté. Je ne comprends pas comment une société pourrait exister sans cela, pas plus que la science ne le peut.

J’écrivais tout à l’heure en commentaire à mon billet « … les trésors retrouvés de Louis-Ferdinand Céline » : une remarque

Comment dire ? Céline : un des plus dangereux auteurs sachant bien écrire. Heidegger : le Céline de la philosophie.

Ce qui est essentiel chez eux c’est la mauvaise foi. L’objectif de Céline c’est que des gogos disent qu’il est un grand auteur et achètent sa soupe empoisonnée parce que sa soupière est splendide. L’objectif de Heidegger est de passer pour un excellent philosophe pour mieux détruire la philosophie (pour que Dieu ait sa revanche grâce à lui). Et il est parvenu en tout cas à sérieusement l’endommager. Et son influence obscurantiste s’exerce toujours dans les départements de philosophie, bien que son dossier de militant nazi soit maintenant gros comme une maison.

 
Le poison de la soupe empoisonnée de Heidegger : « la vérité est une construction ».

P.S. Certains se souviendront que j’ai écrit un ouvrage intitulé : Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard 2009) et en auront peut-être tiré que je considère moi-même que la vérité est une construction, mais il y aurait là un malentendu : je fais dans cet ouvrage une archéologie de la notion de « vérité » dans notre culture, montrant comment Aristote a été le premier à définir la vérité comme provenant soit de l’évidence des sens (à condition qu’ils ne soient pas leurrés par une illusion), d’une définition (un raccourci du langage), la conclusion d’un syllogisme bien formé. Une fois cela établi, la méthode a été conçue qui permet de distinguer le vrai du faux.

Partager :

Axel Kahn (1944-2021)


Le Tribunal pour les Générations Futures, c’était le mercredi 22 janvier 2014, au théâtre de la Gaîté Lyrique à Paris. Le thème ce soir-là, c’était « Le capitalisme va-t-il mourir ? »

Nous étions quatre. Axel Kahn était premier témoin ; Anne-Sophie Novel était le second témoin ; Christian Saint-Étienne était l’avocat de la défense ; le procureur, réclamant des têtes, c’était … eh oui ! bien entendu.

Coco donnait son opinion. Dans l’image ci-dessus, vous aurez reconnu sans peine, de gauche à droite, Christian Saint-Étienne et Axel Kahn.

Question subsidiaire : Axel Kahn et moi, étions-nous dans le même camp 😀 ?

Pour rappel, quelques autres croquis de Coco ce soir-là.

Continuer la lecture de Axel Kahn (1944-2021)

Partager :

Nous tombons du toit, et voyons que le monde est bon

Je tire mon chapeau au héros qui se précipite dans une maison en flammes pour sauver l’enfant de son voisin ; mais je lui serre la main s’il a pris le risque de perdre cinq précieuses secondes pour sauver, en même temps que l’enfant, son jouet favori. Je me souviens d’un dessin où l’on voyait un ramoneur, qui tombait du toit d’un haut immeuble, remarquer en passant une faute d’orthographe sur une enseigne et se demander, tout en poursuivant sa chute, pourquoi personne n’avait songé à la corriger. En un sens, nous faisons tous le même plongeon mortel, du haut de l’étage supérieur de notre naissance jusqu’aux dalles plates du cimetière, et en compagnie d’une immortelle Alice au pays des merveilles, nous nous étonnons de ce que nous voyons défiler sur les murs. Cette capacité de s’étonner devant des petites choses en dépit du péril imminent, ces à-côtés de l’esprit, ces notes au bas des pages du livre de la vie, constituent les formes le plus hautes de la conscience, et c’est dans cet état d’esprit naïvement spéculatif, si différent du bon sens et de sa logique, que nous savons que le monde est bon.

Vladimir Nabokov, « L’art de la littérature et le bon sens », in Littératures / 1 [1948], Paris : Fayard, 1983

Partager :

Contre le sectarisme, le 21 mars 2021 – Retranscription

Retranscription de Contre le sectarisme, le 21 mars 2021.

Bonjour, nous sommes le dimanche 21 mars 2021 et la scène se passe en 1975. Un groupe de jeunes femmes a fait accepter par l’Université de Cambridge [King’s College] que soit créé un séminaire de réflexion féministe.

Il se fait que parmi la demi-douzaine de jeunes femmes qui ont obtenu ça de l’université se trouve ma copine de l’époque et quand les sessions commencent dans cet auguste collège, je suis là. Je suis là par sympathie pour le but affiché et par sympathie personnelle pour les jeunes femmes qui sont là, dont la plupart sont des amies de ma copine, je les connais bien : avec qui je suis déjà allé en vacances. 

Continuer la lecture de Contre le sectarisme, le 21 mars 2021 – Retranscription

Partager :

Jeunes gens, déclenchez une révolution pacifique, paysanne et poétique ! par Régis Pasquet

Jeunes gens, mêlez-vous de ce qui vous regarde !

Pendant combien de temps encore accepterez-vous de subir les contrecoups de la crise sanitaire, composante bien visible d’une incontestable crise écologique majeure ?

Nombre d’entre vous, et cela est intolérable, ont faim, sont mal ou pas logés, sont mal ou pas soignés et la mort dans l’âme se résignent à abandonner leurs études, ignorant si cette décision est provisoire ou définitive. Les difficultés que vous rencontrez pour trouver les stages indispensables à votre formation et à la validation de vos travaux ajoutent à votre détresse.

Nombre d’entre vous constatez avec colère la dégradation de notre environnement et l’insuffisance des décisions prises pour y remédier.

Néanmoins, d’un peu partout, des associations, des particuliers qui croient plus que jamais à l’entraide, proposent leur soutien et leur concours.  Cela est essentiel car il s’agit maintenant de sauver des vies. Cela témoigne aussi de la tristesse des habitants de ce pays qui comprennent à quel point la situation est périlleuse et sera terrible lorsque leurs enfants et petits-enfants auront définitivement perdu l’espoir.

Continuer la lecture de Jeunes gens, déclenchez une révolution pacifique, paysanne et poétique ! par Régis Pasquet
Partager :

Autres temps, autres mœurs…

J’ai acheté un coffret de films de Gabin. J’ai fait allusion l’autre jour au fait que j’avais revu le French Cancan (1955) de Jean Renoir. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’histoire d’un patron de revues (Jean Gabin) qui couche avec toutes les jeunes filles qu’il recrute et quand il y en a une qui se plaint d’être remplacée (François Arnoul), il lui dit : « Mais qu’est-ce que tu crois, poulette ? etc. », et tout le monde autour de lui de s’esclaffer. Je suppose que tout le monde dans la salle s’esclaffait aussi.

Dans le bonus making of de French Cancan, quelqu’un vous explique que Jean Renoir trouvait lui-même la formule très drôle, et il ajoute que le père de Jean Renoir, Auguste, y recourait abondamment lui-même. Comme il n’était pas patron de revues mais peintre, je suppose qu’il est question de la relation de « l’artiste » avec ses modèles…

Mais il y a pire encore !

Hier j’ai regardé, avec le même Gabin, complété de Jean-Paul Belmondo, Un singe en hiver (1962) d’Henri Verneuil, d’après le roman éponyme (1959) d’Antoine Blondin.
Continuer la lecture de Autres temps, autres mœurs…

Partager :

Le Soir, Un processus de deuil collectif est nécessaire pour aller de l’avant, le 8 février 2021

Il faut pleurer ses morts.

Par un collectif de signataires*

La mort fait partie de la condition humaine, de la vie même. Et un peu d’oubli de cette condition est sans doute nécessaire aux humains pour être heureux. Mais un déni trop important est problématique, rend malheureux, peut tuer même faute de reconnaître les risques. C’est pourquoi nous avons besoin de rituels collectifs autour de la mort. Pour laisser les morts en paix et permettre aux vivants de retrouver le chemin du bonheur. Pour nous souvenir des risques et mieux les anticiper à l’avenir, ensemble.
Continuer la lecture de Le Soir, Un processus de deuil collectif est nécessaire pour aller de l’avant, le 8 février 2021

Partager :

Le Printemps avance… !, par rienderien

Le Printemps avance… !

Dans ma petite vie minuscule douillettement précaire.
Grands sont mes enfants encagés libres, à chercher pitance pour leurs petits.
Trottoirs gris bordés de portes closes de voitures endormies.
Rues sales, mégots, merdes, papiers, plastiques, masques, canettes.
Passagers vivants des morts de pas en pas, dansent encore les enfants.
Guerres ouatées sous nos casques connectés, musiques maestros !
Je dirige Amazone, je commande il exécute.
France cul me berce, ARTE me distrait, Twitter m’exaspère.
Vers 5 heures du matin, je sors mon vieux petit chien, il fait noir, discrètement donner des graines aux pigeons privés des miettes de nos vies confinées.
Oui, les animaux, êtres chair muette, cajolés, mutilés, hachés, labellisés, effacés.
Humains tyranniques, frustrés, humiliés, bourreaux embrigadés, bouffons entassés, colonisés, nassés, diables martyrisés, voleurs, mendiants, encartés, encadrés, capitalisés.
Peaux noires, jaunes, rouges, vertes, blanc cassé, panachées, yeux bridés, nez busqués, retroussés, écrasés, des grandes plaines, des vallées, des forêts, des montagnes, des déserts, des mers, des ports, des cités, des temples, des églises, des mosquées.
Il marche, court, saute, rampe, se traîne, se vautre, chante, danse, écrit, prie.
Et la grosse méchante bombe atomique… aimez vous les uns, les autres.
Tout va bien, tranquille, le printemps est en avance, il avance… !

Partager :

Quelle est cette liberté que nous défendons coûte que coûte, au risque de notre vie dans la pandémie actuelle ?, par Jean-Baptiste Auxiètre

Est-ce la liberté de déplacement ? nous ne l’avons déjà plus !
Est-ce la liberté de gagner de l’argent ? nous ne l’avons déjà plus !
Est-ce la liberté de consommer ? celle-là nous l’avons encore mais parfois sans grande utilité.

Alors qu’est-ce que nous reprochons à tester, tracer, isoler (et que l’information soit publique) ?

Est-ce le fait d’être tracé ? Tout le monde accepte d’être de fait tracé par son smartphone, mais sans doute pas que cela soit rendu public comme en Chine ou en Corée ? Chacun sait que sur Google on peut retrouver sans peine l’ensemble de ses déplacements.
Continuer la lecture de Quelle est cette liberté que nous défendons coûte que coûte, au risque de notre vie dans la pandémie actuelle ?, par Jean-Baptiste Auxiètre

Partager :