Archives par mot-clé : assurance

Où va la révolution française en marche ? par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Ouvert aux commentaires. Can be found here in English.

La généralisation de l’assurance chômage à tous les entrepreneurs est une rupture avec l’ordo-libéralisme et une entrée pratique et paradigmatique dans l’économie universelle de la connaissance. Le travail reconnu comme tel par le droit du travail ne se définit plus comme une subordination à un employeur propriétaire exclusif de la plus-value mais comme un investissement de l’entrepreneur individuel dans une production de plus-value potentielle pour la société toute entière. Continuer la lecture de Où va la révolution française en marche ? par Pierre Sarton du Jonchay

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Le Credit-default Swap (I) Définition

Deux cas d’erreurs grossières dans le calcul du prix d’un instrument financier : 1) les rehausseurs de crédit ou monolines

Les rehausseurs de crédit s’avérèrent avoir eu tort lorsqu’ils évaluaient la prime de crédit au tiers ou à la moitié de son niveau implicite au taux d’intérêt des obligations qu’ils acceptaient d’assurer. La faillite d’Ambac, MBIA, la déroute de FSA devenue partie intégrante de Dexia, sont là pour en témoigner.

La théorie économique suppose que si une différence de prix pour le même produit peut être constatée sur divers marchés, l’arbitrage y mettra fin rapidement : les « arbitrageurs » l’achèteront là où il est bon marché et le revendront là où il est cher, arasant rapidement l’écart, or ce n’est pas à cela que l’on assista dans le cas des monolines : certaines banques qui se réassuraient sur leur portefeuille d’obligations comptabilisaient immédiatement au bilan la différence entre la prime de crédit qu’elles touchaient comme composante du taux d’intérêt des emprunts de leur portefeuille et la prime qu’elles versaient dorénavant à leur rehausseur de crédit. L’opération avait d’ailleurs un nom : le « negative basis trade », opération sur la base négative, que les banques qui la pratiquaient comptabilisaient comme profit (Jorion 2008 : 221).

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BONJOUR MADAME LA TERRE, le mercredi 26 juin 2013 à 7h32

Sur YouTube, c’est ici.

Planète Terre :

– Financial Times – Warming oceans make parts of world ‘uninsurable’, say insurers, le 24 juin 2013
– Financial Times – Reinsurance investment pushes down prices for insurance companies, le 2 juin 2013

Science économique :

– Les Échos – Olivier Blanchard, les doutes de l’économiste star du FMI, le 25 juin 2013
– Blog de PJ – Faut-il mettre en place un droit à une allocation universelle ?, le 25 juin 2013

Démocratie :

– Financial Times – Snowden’s future, le 24 juin 2013
– Blog de PJ – Un échange de mails à propos du rapport de JP Morgan : « L’ajustement dans la zone euro : à mi-chemin ou à peu près », le 24 juin 2013

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L’actualité de demain : CELA CHANGE TOUT ! par François Leclerc

Billet invité

À écouter les déclarations des responsables politiques, on pourrait croire qu’il n’a jamais été question de taxer les petits déposants et que seuls les Chypriotes portent la responsabilité de cette proposition. C’est pourtant à l’unanimité que les ministres des finances de l’Eurogroupe ont dans un premier temps décidé de taxer à 6,75 % les dépôts en dessous de 100.000 euros, avant de faire brutalement machine arrière au vu du tollé suscité.

Les dépôts sont-ils d’ailleurs si sacrés que cela ? À entendre Simon O’Connor, l’un des porte-paroles de la Commission, rien n’est moins sûr, car il a tenu hier à préciser qu’ils n’étaient assurés dans l’Union européenne, à concurrence de 100.000 euros, que seulement dans le cas d’une faillite bancaire. Dans le cas d’une taxation décidée par un parlement national, cela change tout !

Mardi à Bruxelles, à l’occasion de l’un de ces rendez-vous de presse réguliers qui lui a donné l’occasion de s’exprimer, pas un journaliste n’a semble-t-il demandé à l’honorable porte-parole ce qu’il pensait de la qualification juridique d’une taxe dont il est prévu qu’elle donne lieu à compensation, comme cela a été annoncé.

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VUB : CHAIRE « STEWARDSHIP OF FINANCE », les 27 et 28 février 2013

Mercredi, 27 février 2013 – de 19h30 à 21h30
VUB, Etterbeek
Bâtiment D
Promotion Hall

Monica Mächler & Hugues Pirotte

Monica Mächler a été de janvier 2009 à septembre 2012, Vice-Présidente du Comité Directeur de l’autorité de supervision des marchés financiers suisses, la FINMA, après avoir été en 2007 et 2008, P-DG de l’Office fédéral suisse de l’assurance privée. Elle fut aussi membre du Comité exécutif et Présidente du Comité technique de l’Association internationale des régulateurs du secteur de l’assurance.

Hugues Pirotte est professeur à la Solvay Brussels School of Economics and Management, Université Libre de Bruxelles. Il est co-fondateur du Finance Club of Brussels et de Finmetrics. Il est également membre du BEL20 Committee.

Jeudi, 28 février 2013 – de 16:30 à 18:00
VUB, Etterbeek
Aula QB

À la suite de mon cours, que je donnerai de 15:00 à 16:30, aura lieu une Table-ronde à laquelle participeront Antonio Cano (AGI), Jos Brumagne (Belfius Ins), Henk Janssen (Bâloise Insurance), Monica Mächler (FINMA) & Hugues Pirotte (ULB), ainsi que moi-même, modérée par Steven Rombaut (journaliste à la VRT).

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PROJET DE CHAMBRE DE COMPENSATION ASSURANTIELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Finance de Système d’Information

Chambre de compensation assurantielle, projet

1. Assurance et Finance de Système d’Information​
2. Objectivité informatique de la méthode​
3. Moteur numérique de compensation​
4. Étapes de mise en œuvre​
5. Un projet de rentabilité assurantielle​
6. Le risque positif​

1. Assurance et Finance de Système d’Information

La méthodologie FSI met en œuvre un algorithme de décomposition du prix en biens élémentaires assurables sur quatre degrés d’abstraction. Les services effectivement rendus sont assurés en nature et en prix par l’affectation virtuelle des provisions techniques d’assurance aux causes d’existence des biens assurés. Les biens sont servis à des personnes qui achètent par des personnes qui vendent. L’acheteur est le bénéficiaire concret d’un objet de réalité sensible sous-jacent au prix.

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COMMENT RESTAURER LE CAPITAL DANS LA RESPONSABILITÉ FINANCIÈRE PERSONNELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Résumé

L’incohérence systémique manifestée dans l’effondrement de la capitalisation des banques réside précisément dans les technologies financières de transformation du crédit en capital. La liquidité des banques est purement spéculative donc fictionnelle. Les prix financiers ne sont pas justifiés par la réalité économique objective quand personne n’assume l’incertitude des prix anticipés. Le réel disparaît sous le crédit calculé par la quantité détachée de toute loi de responsabilité effective.

Pour rétablir la finance dans la réalité, il faut que les opérateurs financiers soient responsables de la réalité du prix. Que les erreurs d’anticipation du prix d’un livrable promis par un emprunteur soient effectivement prises en charge par l’opérateur du crédit. Les opérations de transformation financière ne sont réelles sans l’existence effective d’une responsabilité professionnelle personnelle ; laquelle implique une compensation des primes d’investissement humain à l’intérieur-même du processus de production.

Le capital financier est fictif s’il ne couvre les opérations de transformation des anticipations de prix par les acteurs qui les nomment et les garantissent personnellement par leur travail. L’allocation négociable du capital nominal à une chaine de travail financière réduit l’incertitude du futur par la connaissance humaine délibérément voulue et rationnellement engagée dans le réel. Avant d’être une mesure quantifiée, le capital est un objet réel investi par la responsabilité personnelle.

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Vérité et réalité du marché (*), par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Réalité incomplète du marché financier

Les tests de stress des bilans bancaires de la zone euro illustrent à la caricature les contradictions de la finance sans marché. Ils montrent d’abord que le marché financier européen n’existe pas. Bien sûr il y a liberté de circulation des biens et des services. Mais le marché n’existe pas faute de définition commune effective de ce qu’on échange. L’inconvénient est rédhibitoire en matière financière. Pour des biens et des services matériels, l’objet physique échangé exprime l’identité économique de la transaction. Une voiture est une voiture partout en Europe et même en dehors : après l’avoir achetée, elle démarre et avance une fois la clé de contact entre les mains de son propriétaire. Les normes européennes de sécurité, de performance et de maintenance améliorent la sûreté du service automobile mais ne produisent pas l’objet. En cas de litige, le juge ou l’expert d’assurance peut se prononcer sur le respect effectif des normes connaissables et accessibles. L’existence physique d’un objet marchand induit une différence matériellement limitée entre sa visibilité et sa définition normative.

En matière financière, la situation est radicalement différente. Non seulement les conséquences matérielles, physiques et directes d’une transaction sont toujours à terme, non visibles au présent, mais encore, la définition contractuelle de l’objet d’une transaction ne suffit pas à l’identifier ni à prouver son existence. La mention d’une réglementation européenne dans un contrat, quand elle est exhaustive, n’évoque qu’un élément d’une transaction. L’inscription de la propriété d’une action de capital chez un dépositaire européen soumis à une réglementation unique ne dit rien de l’entreprise sous-jacente, de ses projets, de son équipe dirigeante, de l’implication de son actionnariat, de la mesure de ses fonds propres et de son endettement. Même le prix qui fait partie de l’utilité-même du titre n’est pas identique selon les différentes possibilités de le négocier.

La différence fondamentale entre un objet financier et un objet non financier est la cause d’existence : métaphysique pour une anticipation financière et physique pour un bien ou un service comptant. Les causes d’existence d’un objet financier sont les décisions de celui qui emprunte et de celui qui prête, de celui qui établit ou constate le prix, de celui qui exécute le paiement et de celui qui assume l’écart entre la promesse d’origine et la réalisation à terme. Les réalités financières sont métaphysiques au sens où elles sont purs produits de la pensée, de la volonté et de l’ambition. Toutes les traces d’une opération financière sont artificielles, délibérément produites, jusqu’à l’échéance de l’opération qui n’implique pas nécessairement la livraison d’un objet physique. La conclusion d’une transaction financière peut être un simple règlement monétaire traduit par une écriture dans des comptes bancaires.

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Justifier l’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je suis épaté des réactions au billet précédent Un appel à l’action ? En voici un ! : le sujet de l’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix avait déjà été évoqué à plusieurs reprises dans le passé, comme en témoignent d’ailleurs les trois billets auxquels j’ai renvoyé en cours de route, mais cette fois, « la mayonnaise à l’air de prendre ».

Vous avez raison : il faut aller plus loin, et beaucoup plus systématiquement. La première façon de le faire, c’est de faire progresser la question d’une constitution pour l’économie. Le moyen là, c’est de poursuivre l’effort entrepris grâce à ECCE (Espace Collaboratif vers une Constitution pour l’Economie).

La seconde manière, c’est en approfondissant la proposition « interdire les paris relatifs à l’évolution d’un prix ».

Il y a deux facettes à cela :

1) offrir une version « vulgarisée », dans le bon sens du terme, des implications positives de la mesure : les faire comprendre par des exemples, des illustrations, examiner toutes les conséquences qu’elle aurait d’un point de vue économique et social.

2) faire une étude de faisabilité d’un point de vue strictement financier : examiner dans le détail la « séparation chirurgicale » que la mesure opérera de la fonction assurantielle – qui sera conservée – de la fonction spéculative – qui sera éliminée – dans le cas des instruments de dette et des produits dérivés, sur l’ensemble des marchés et sur les marchés à terme en particulier (spéculation sur les matières premières), ainsi que la métamorphose du secteur financier qui en résultera (réduction dramatique de sa taille et des ponctions qu’il opère aujourd’hui sur l’économie). Pour ce qui touche à cet aspect particulier de la tâche, seuls ceux qui possèdent une bonne formation d’ingénieur financier seront malheureusement à même de participer.

Les deux aspects dépendent bien sûr l’un de l’autre et il faudra donc progresser par enrichissements successifs.

Nous ne sommes ni une école, ni une fondation, ni un think-tank, nos seuls fonds propres sont ceux que vous me procurez par vos donations, mais nous sommes capables de faire ici un aussi bon boulot que celui fait précédemment sur des aspects très pointus du fonctionnement du système bancaire. Bon courage à tous !

Et… à mon habitude…

1906 – San Francisco a été entièrement détruite par un tremblement de terre et l’incendie qui s’en est suivi. Parmi les survivants, le désespoir domine…

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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