Où va la révolution française en marche ? par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Ouvert aux commentaires. Can be found here in English.

La généralisation de l’assurance chômage à tous les entrepreneurs est une rupture avec l’ordo-libéralisme et une entrée pratique et paradigmatique dans l’économie universelle de la connaissance. Le travail reconnu comme tel par le droit du travail ne se définit plus comme une subordination à un employeur propriétaire exclusif de la plus-value mais comme un investissement de l’entrepreneur individuel dans une production de plus-value potentielle pour la société toute entière. Salaire et revenu ne sont plus la rémunération de la soumission au pouvoir financier virtuel du capital mais le prix fixé par la société politique de l’effort individuel d’entreprise et d’innovation au bénéfice possible de la société toute entière. Le capital redevient le fruit du travail et non la rente du génie spéculatoire.

Le refinancement systémique de l’assurance chômage par l’État au-dessus des employeurs et des associations de salariés pose le travail et son emploi comme un bien commun de la société politique. C’est une autre voie d’entrée dans le revenu universel où le revenu n’est pas conditionné à une soumission à des intérêts privés mais ordonné au service de l’intérêt général par l’entreprise personnelle de recherche, d’investissement, d’innovation et de production. Cette réhabilitation dans un seul pays, en l’occurrence la France, de l’économie réelle sur l’économie libérale globale de la rentabilité financière virtuelle va s’opposer frontalement à la mécanique monétaire de libre circulation du capital virtuel.

La France intégrée à la zone euro de monnaie unique ne peut pas mettre en oeuvre sa propre définition du travail, de la plus-value et du revenu. La fixité du change entre les pays membres de l’euro induit une localisation de la liquidité du capital là où la plus-value privée est maximale par les obligations minimales du capital envers le travail et par les dépenses publiques les plus faibles en rémunération et assurances sociales du revenu personnel. Le secret bancaire sur les origines réelles de la plus-value et le contrôle des politiques de crédit par l’intérêt privé rend l’intérêt général public impuissant à s’intégrer dans le calcul économique de l’équilibre général des prix et de la répartition monétaire réelle de la valeur ajoutée.

Pour financer son nouveau modèle d’assurance du travail, de l’emploi et de l’entreprise, la France n’aura pas d’autre possibilité dans un premier temps que d’accélérer la croissance de sa dette intérieure et extérieure. Pour que la dette française soit soutenable par rapport à sa réalité économique, il apparaitra rapidement :

  • que la valeur ajoutée, domestique ou importée, consommée par les Français doit financer l’intégralité des assurances sociales offertes aux résidents ;
  • que le lieu de consommation de la valeur ajoutée doit être tracé dans les paiements en euro afin de garantir le financement d’une dépense publique domestique objectivement distincte par rapport aux autres États membres de l’euro ;
  • que la qualité de résident français associée à une politique d’assurance sociale spécifique doit être le motif d’une fiscalité spécifique par l’entremise du système interbancaire de paiement eu euro, donc d’une taxation des flux financiers en fonction de l’objet et de la nationalité du payeur ;
  • que les processus de production qui sont à l’origine d’une plus-value et de sa distribution doivent être tracés à l’intérieur de la comptabilité du crédit bancaire afin d’établir la responsabilité juridique et politique de chaque acteur professionnel productif de la valeur ajoutée distribuable par les revenus monétaires directs ou indirects, publics et privés.

Le nouveau modèle français d’assurance du travail par l’entreprise est incompatible avec le système monétaire et financier libéral actuel. Pour assurer le travail de l’entrepreneur aussi bien que celui du salarié, il faut nécessairement qu’à un crédit en compte bancaire soit associé l’identification écrite des causes réelles licites de la valeur ajoutée produite ou à produire. Il faut nécessairement cadastrer les causes de tout revenu en lien avec les personnes qui travaillent et entreprennent en relation à la demande de valeur réelle licite d’une société politique délimitée par un même corps de lois. Il faut nécessairement inclure la production personnelle de gouvernance, de lois, de normes et de justice dans le prix de toute valeur ajoutée à produire contre un crédit en monnaie libératoire de dettes à terme.

Il faut encore nécessairement que le système de paiement en monnaie garantisse que tout acteur de la valeur ajoutée produite consommée reçoive effectivement sa quote-part du prix finalement réglé par flux interbancaire. Donc, il faut que les personnes morales publiques qui assurent les droits de travail, d’entreprise et d’existence des personnes physiques soient financées et contrôlées par la taxation objective incontournable des flux financiers. Entre deux personnes morales assurantielles, un dispositif de réassurance réciproque implique la dévaluation de l’unité de compte de l’entité dont la prime de capital est négative par rapport à l’entité dont la prime de capital est positive. La solidarité financière des personnes assurantielles signifie la restauration de l’État comme réassureur en dernier ressort, donc la variabilité de la parité monétaire des États les uns par rapport aux autres dans une zone de monnaie commune.

Si le nouveau modèle assurantiel étatique de la France réussit, il va entrainer la fusion ontologique du marché des capitaux et de la liquidité bancaire avec le marché du travail. Un tel marché réunifié de la valeur ajoutée réelle négociable en monnaie, implique la restauration de la souveraineté financière des États, la solidarisation des États par des chambres de compensation centrale dans une loi financière commune et la régulation des flux monétaires par des États confédéraux adossés à des démocraties multinationales. La zone euro est prémisse de cette démocratie multinationale :

  • si elle se dote d’un gouvernement propre autonome à coté des gouvernements nationaux et locaux ;
  • si la loi financière commune reconnaît la multiplicité des politiques assurantielles nationales et la mutualisation de leur prime de crédit dans un budget et une fiscalité confédéraux ;
  • si la loi et le gouvernement confédéraux sont délibérés et contrôlés par un parlement dont les députés incarnent différentes options juridiques et financières communes et non des intérêts particuliers nationaux ou privés ;
  • si la parité de change fiscal en euro de chaque gouvernement local, national ou confédéral devient le prix économique objectif de la responsabilité politique des citoyens de toute nationalité à la valeur ajoutée pour tous.
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31 réflexions sur « Où va la révolution française en marche ? par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Tout cela est-il possible sans aborder le problème de la transformation de l’UE en une fédération et donc envisager une péréquation des ressources financières entre les états composant l’union, comme cela se réalise en Suisse entre les cantons, – quoique, même en Suisse, les débats concernant les transferts d’argent entre les cantons deviennent de plus en plus soumis à des débats peu rationnels, mais plutôt soumis au domaine de l’émotion ?

  2. Cet article n’est qu’une spéculation sur une promesse de campagne qui ne sera pas tenue.
    Les démissionnaires savent déjà qu’ils ne seront pas indemnisés sauf si ils présentent un projet (mais quoi qu’est ce un projet ?)
    Pour les indépendants, dans la pratique, c’est irréalisable sans critères (mais quels critères ?)

  3. La retraite est une forme de salaire à vie basée sur la cotisation.
    Une rupture avec le capitalisme serait de généraliser le salaire à vie basé sur la cotisation.

    1. Pas mal, mais anti-symétrie trompeuse, non ? Le salarié ( à vie) devrait lui aussi cotiser pour les autres, me semble-t-il. A tant faire, la collectivité lui paye en salaire 100 et il cotise, un exemple au hasard, avec 100; disons 99 pour être réaliste… vue de l’intérêt du salarié-à-vie initial. Mais pas de la collectivité.
      On pourrait essayer une pyramide de Ponzi. Si tout le monde sans exception y croit, paraît que ça marche avec un bon adjuvant: une police qui sache cogner à bon escient; les réfractaires par principe , voilà le pb.

      Mais tout cela nous éloigne des hautes pensées du cher PSDJ

      1. Ce n’est pas le salarié qui cotise mais l’entreprise en reversant la valeur ajoutée produite dans des caisses de salaire et des caisses d’investissement qui subventionnent les projets des entreprises !
        Mais pour que cela fonctionne vraiment, il faut se débarrasser des actionnaires !

      2. @ Astap66
        Si, comme vous le précisez justement, il y a institution d’une caisse d’investissement, abondée par la cotisation, alors cette caisse se substitue aux actionnaires.

      3. Propriété lucrative et actionnaires sont des attributs exclusifs du capitalisme. Ils ne sont pas antagonistes mais consubstantiels.

      4. Le salaire à vie est la reconnaissance du travail hors de la définition capitaliste de la valeur.
        Quand des grand-parents accompagnent leurs petits enfants à l’école « ils ne travaille pas », mais si vous les faites accompagner par une personne que vous ou la société rémunère, « elle travaille ».
        Ce n’est pas l’activité qui permet de définir le travail, mais bien une construction politique.
        Le salaire à vie permet la reconnaissance du travail sans employeur, sans actionnaire, sans préteur, sans marché des capitaux, en cela il est révolutionnaire.
        La cotisation n’est pas inflationniste, elle ne ponctionne pas, elle est appuyée sur la valeur créée par ce travail « émancipé », elle participe du PIB.

        nota : toutes considérations issues de la lecture de Bernard Friot

  4. Aux yeux des observateurs à l’étranger, la politique macronienne vise à instaurer, à petits pas, une sorte revenu universel. C’est une expérimentation intéressante, mais serait elle en mesure de gérer le nouveau monde du travail, d’assurer la paix sociale?
    En tout cas l’hypothèse se confirme selon laquelle il aura d’une part une masse de gens de statut subalterne et précarisé, utilisateurs (ou non) des nouvelles technologies, et d’autre part une classe dirigeante maître des technololgies intelligentes.
    On voit déjà le début de ce boulversement sociologique.

  5. « La généralisation de l’assurance chômage à tous les entrepreneurs est une rupture avec l’ordo-libéralisme et une entrée pratique et paradigmatique dans l’économie universelle de la connaissance. »

    Si j’étais Cassandre, je dirais que de transférer l’assurance chômage sur l’Etat est d’abord un moyen de débarrasser le patronat de cette épine sociale qui vient flétrir leur belle image. Quand le MEDEF n’hurle pas au loup, c’est bien souvent qu’il est à l’origine de la chose.

    Est-ce vraiment une rupture avec l’ordo-libéralisme ou bien son apothéose ?
    Je fais plutôt l’hypothèse qu’en redonnant à l’État la responsabilité pleine et entière de la protection social, tout en enfermant ce dernier dans un corset d’austérité économique, il sera d’autant plus facile de réduire le filet social à une peau de chagrin, dont on imputera la responsabilité à un État moribond tel que le rêve l’ordo-libéralisme.

  6. Ok avec Pascal, il s’agit d’une apothéose de l’ordo paupérisation. L’Etat dans sa gloire macronienne, clochardisé, sabrant à tours de bras dans les déchets de prestations et les services publics, avançant flanqué d’un côté de formes assurantielles privées vivant sur les risques sociaux, de l’autre d’avatars de l’Etat d’urgence. Et par devant, ouvrant le cortège, son économie de la connaissance conduit par son oligarchie de mégafirmes régnant sur une populace d’entreprises prolétaires, d’esclaves indépendants jouant des coudes pour glaner du revenu sur les marchés, de précaires soumis à d’impitoyables intermédiaires prélévant leurs dîmes aux carrefours de la valeur, et j’en passe et des meilleurs qui finiront bien par balancer les porcs qui taillent dans les retraites, écrasent les prestations et les salaires, s’en prennent à tout ce qui survit, et qui ne restera pas toujours si patients. En somme, qui finira bien par se trouver.

  7. Ces discussions sur le possible passage de la comète dans 500 000 ans et pendant ce temps (ici pas dans 500 Kans) tout se collapse mais là y a plus personne.

    Sarton du Jonchay vous êtes là ?

    1. à francois
      L’instauration de la cotisation existe depuis 1946, elle a permis notamment de construire notre système de santé, bâtiments compris, sans faire appel au marché. Nous ne parlons pas de projet sur la comète mais de la reconnaissance de ce qui est ici et maintenant et de le développer, de l’étendre à d’autres domaines.

  8. Texte déjà plus clair que les précédents! Vos analyses sont très pertinentes et méritent d’être vulgarisées dans un langage clair, afin d’être accessible au plus grand nombre, même si vos « anciens » réflexes (produire des phrases dans une langue non partagée par le commun des mortels) demeurent: « Entre deux personnes morales assurantielles, un dispositif de réassurance réciproque implique la dévaluation de l’unité de compte de l’entité dont la prime de capital est négative par rapport à l’entité dont la prime de capital est positive ».
    Argh!

    1. Ce genre de réalités doit sans doute être distillé avec beaucoup de précautions !
      Les balancer au peuple sans précautions serait explosif !?
      A tout le moins, sidérant.

      Un peu comme si des extra-terrestres, forcément beaucoup plus en avance que nous, débarquaient… sidérés nous serions.

      Mais après tout, quel est le risque de la vulgarisation ? les singes nous supportent bien, apparemment.

      1. « Mais après tout, quel est le risque de la vulgarisation ? les singes nous supportent bien, apparemment. »

        Cette dernière phrase mérite une très grande attention.
        Un des risques de la vulgarisation est de créer une prévention contre la réalité, ou contre la vérité. Comme Paul l’a montré l’une et l’autre sont des constructions de notre esprit, c’est-à-dire manipulables. On pourrait admettre que la réalité résulte d’une acceptation d’une vérité correspondante généralement admise. Rien ne garantit sa « justesse », sauf peut-être en sciences, l’expérience. Si, en plus, une vulgarisation mal menée s’y ajoute, plus rien ne risque d’aller de soi. Je ne vois guère d’autres explications aux votes contraires à l’intérêt des votants que nous persistons à produire depuis au moins 30 ans. En d’autres termes, nous sommes une bande d’idiots déboussolés, nous exprimons notre confiance envers ceux qui exploitent notre crédulité et nous croyons savoir qu’ils ont raison en dépit d’une expérience chaque fois déçue. Il s’agit là d’une prévention forte contre un résultat évident. La vulgarisation mal menée y a sa place. Le pb de PSDJ est qu’il veuille bien laisser assez de temps à ses idées pour faire leurs trous.

        Je ne sais pas si je suis assez clair… La seconde partie est plus simple : les singes nous supportent très mal, infiniment mal, sauf à Gibraltar, mais c’est peut-être une légende. Partout ailleurs leurs aires de vie se réduisent à grande vitesse. Pour leurs cousins d’Amérique du Sud et de Madagascar, le tableau est le même.

  9. « •que la valeur ajoutée, domestique ou importée, consommée par les Français doit financer l’intégralité des assurances sociales offertes aux résidents ; »
    Autrement dit la TVA sociale de SUSTITUTION (on ne prélève pas plus, on prélève autrement)?

  10. J’ai une solution plus simple. Taxer l’argent digital nominal (seul légal) qui croupit sur un compte. Et puis évidemment, donner la responsabilité à l’État où réside l’individu de l’investir avec « humanité ».
    L’approche axiomatique de l’État, de ses organes, de son rôle et de ses fonctions n’est pas judicieuse à mon sens dans notre situation de collapse. À moins (d’informatiser, vintage) d’IAiser avec une armée de robots plus ou moins sanguinaires les prérogatives de l’État.

      1. Merci de faire le lien entre mon idée (que je présentais pas originale) et la « monnaie fondante » que je n’ai pas eu l’occasion d’étudier.

      2. Pour approfondir la réflexion en ce sens, il est absolument nécessaire de réfléchir en termes de garde-fous à toute proposition qui viserait à réduire la valeur « faciale » dans le temps de la monnaie afin de limiter les externalités négatives, à commencer par une consommation tous azimuts.

  11. La protection sociale ne se limite pas à l’allocation chômage.

    L’allocation chômage ne concerne que ceux qui « cherchent activement un emploi » mais pas les jeunes n’en ayant jamais trouvé et, comme sa durée tend à diminuer (elle est de deux ans pour les moins de 50 ans, 3 ans pour les plus âgés), elle ne concerne pas non plus ceux qui sont « trop vieux » pour en retrouver un.

    Il y a en France beaucoup d’autres « aides »:
    – Le RSA (ou plutôt les 2 sortes de RSA) qui ont remplacé le revenu minimum d’insertion (RMI);
    – les allocations logement (sous conditions de ressources);
    – d’autres allocations telles que parent isolé, rentrée scolaire, prime de noël (sous conditions de ressources);
    – non imposition de certaines allocations et réduction de certains impôts forfaitaires (taxes foncières, redevance télévisuelle);
    – sous conditions de ressources, réduction ou prise en charge du coût de certains services publics (crèche, eau, électricité, téléphone, transports urbains, frais d’écolages, cantines scolaires selon les communes);
    – logements sociaux à loyers modulés selon les revenus;
    – couverture maladie universelle (CMU.)

  12. J’ai tourné et retourné dans tous les sens votre mur de mots, sans y trouver un seul chiffre : quelle élégance !
    Et je me suis dit, dieu merci, sur ce blog il y a aussi les textes de Panagiotis Grigoriou tel un animal adespote en mode non furtif.

  13. Il y a quelque chose qui m’a échappé. Qu’est-ce que c’est que cette mesure, « La généralisation de l’assurance chômage à tous les entrepreneurs » ? Quelle différence avec la situation présente ? N’est-ce pas les entreprises qui actuellement financent cette assurance chômage ? La différence est-elle entre entrepreneurs et entreprises ? Je n’y comprends rien.

  14. Le système de traite de la vente de la force de travail, appelé « lien de subordination », système normé par un célèbre manuel rouge codant la pratique d’un usage raisonné de l’esclavage, est un système qui était jusqu’à peu soutenu par l’Etat et accompagné de puissants dispositifs: conventions collectives, structures de recours de défense individuelle, manifestations de soutien, instances de négociations… Ce système s’écroule aujourd’hui comme un château de cartes:
    1) Les dispositifs d’inspection du travail sont réduits au silence
    2) Les instances de négociation ne négocient plus rien hormis un moins disant permanent d’économie de moyens
    3) Les démonstrations de force populaire qu’étaient autrefois les grandes manifestations apparaissent désormais comme du folklore désuet, corporatiste et résiduel.

    Les analyses de cet état de fait invoquent souvent l’absence de contrefeux à la politique des « présidents des riches » qui se succèdent, état de fait souvent nommé « crise du politique », et parfois analysé comme une volonté de trahison du peuple.

    Mais cela ne provient-il pas plutôt de quelque chose de bien plus fondamental et structurel: la fin de la vente de la force du travail elle-même ?

    La disparition du mot hiérarchie dans les manuels de management depuis les années 80 (cf Franck Lepage) et les modèles d’organisation du travail de type « entreprise libérée » de plus en plus à la mode aujourd’hui, semblent traduire un changement plus structurel et profond qu’une simple orientation politique sur le temps quinquennal de mandats présidentiels:

    Après une époque tayloriste où nous avons singé le travail des fourmis, nous singeons aujourd’hui ni plus ni moins que le fonctionnement d’une machine dans notre organisation du travail. Cela s’appelle la gestion par objectifs (par résultats par indicateurs). Petite analogie: ça n’a pas de sens qu’un calculateur électronique de voiture engueule une pédale d’accélérateur pour qu’elle fonctionne mieux. Changer la pédale d’accélérateur est la seule solution. La vente de ta puissance de travail n’existe plus: soit tu « fonctionnes » et on te garde, soit tu es défectueux, ce qui veux dire que ta « compétence » est défectueuse (arrêt maladie…) et on fait tout pour te jeter. De formations, recyclages et qualifications, il en sera de moins en moins question: trop cher, pas assez efficace, malgré les dénégations en novlangue du politique sur le recyclage via la maison de redressement Pole emploi

    Ce processus clivant de sélection du bon grain de l’ivraie (le bon élément étant comme il se doit aussi taiseux qu’une pièce de robot, aussi imperturbable à la pause pipi, à l’étourderie, au exigences familiales….) se conclura logiquement par la fin du travail humain, presque exclusivement remplacé par des machines et algorithmes de plus en plus ergonomiques. Cela se traduit déjà dans le monde des humains par la restauration de classes sociales clivées et voyantes, faisant exploser le mince vernis de cet outil si pratique de paix sociale nommé « middle classe », prémisse à d’inévitables guerres civiles.

  15. Fiscaliste l’assurance chômage la retraite revient à préempter du salaire par l’ état qui est déjâ dans une cure austeritaire mortelle qui conduira à faire disparaître cette solidarité intergénérationnelle dans un budget d’état incapable de faire face

  16. Je crois que c’est bel et bien le RUS à la sauce libérale ( style Gaspard Koenig) qui rampe derrière  » la généralisation de l’assurance chômage à tous les entrepreneurs » , et que , si les préventions monétaires de PSDJ sont fondées , la critique fondamentale est plus clairement exprimée par Paul Jorion quand il met en regard de ce nouveau mythe , celui de gratuités ciblées .

    Deux versions d’un désir de survivre à un système invivable , mais qui continue à vivre dans l’option RUS .

  17. Pourquoi analyser isolément et seulement la généralisation de l’assurance concernant le chômage ? Celle de La santé ? La retraite ? Mais aussi le logement ? L’éducation ? ….
    En posant apparemment l’assurance chômage comme source de la protection sociale, ne partez-vous pas du postulat qu’elle (la protection) doit demeurer un calcul qui plus est basé par essence sur le « travail » ? Vous ne partagez pas le constat que « le travail » disparaît ?

    Ici « le travail » semble rester la condition pour accéder à l’inconditionnel universel, mais aussi « le travail d’un entrepreneur individuel » semble confirmer une condition induite par essence, celle du mérite.

    De plus, pourquoi employer ce mot « assurance » synonyme ainsi de promesse faite à ceux qui ne lisent jamais les petites lignes apposées en police sympathique en bas du contrat social rédigé dans un jargon inaccessible ?

    Tel quel « assurance chômage » se transforme en assurance vie à même de verser (ou pas) des indemnisations.

    Dans ce cas, si je vous ai bien lu, où est la rupture s’il s’agit seulement de remplacer une complexité « assurantielle » par une autre conservant un bon gros potentiel de balayer les non cotisants intrus dé-méritants et, en cas de sinistres a-mesurés de préférence qualifiés naturels, de ne respecter ses engagements qu’à la hauteur de fonds propres dits garantis mais de fait virtuels ou rendus indisponibles, impliquant des indemnisations facultatives surtout si les fonds plus ou moins sales ont gardé leur bon vieux réflexe de se planquer sous n’importe quel prétexte au paradis ?
    https://youtu.be/IJNRFKYKkTU
    Quand le travail disparaît comment assurer pour ou contre quelqu’un ou quelque chose qui n’existe plus et pas ? Si « le travail » disparaît à quoi peut correspondre le « chômage » ? Si le travail disparaît qu’est-ce que la protection sociale dans une société qui perd ce qu’elle proclame être sa première valeur ?
    Tels quels, si « Le travail » disparaît, le « chômage » et la protection sociale le suivront. Leurs calculs et les mots pour les exprimer aussi : Cette rupture ne peut pas se contenter des mots d’usage d’avant le séisme en cours, elle doit trouver les mots justes pour être posée dite et dépassée.
    Nous vivons nous occidentaux dans notre grande majorité le séisme d’un système en cours d’effondrement et faisons face à notre crainte de nous retrouver dans la situation de ceux qui n’ont jamais pu bénéficier de ce système désormais caduque.
    En disparaissant « le travail » nivelle, nous met tous à poils, périme nos alibis et illusions et nous assigne à la lucidité. Nous disposons encore de temps pour le « penser global » impératif inconditionnel capable de favoriser un élan, une émulation et l’adhésion à l’élaboration d’une mise en œuvre rapide d’un projet universel de structuration de la globalisation (pas réservée à la France ou l’Europe). Je, nous, eux : toute exclusion a priori serait en elle-même une condition de l’échec. Soliton oblige.

    Il s’agit bien de cela ou bien suis-je à côté des mots et du sens ?
    Si j’emprunte une voie juste, si la globalisation et la disparition du « travail » sont planétaires, alors il ne peut plus être question d’assurances, de cotisations, d’indemnisations conditionnées au mérite travailleur (et ses aubaines entre autres victimes/coupables) mais plus certainement d’une assimilation personnelle inconditionnelle au groupe humain, universelle, s’exprimant en participation/contribution imposant tous et chacun et assermentant leur priorité organique et spirituelle inviolable, devant toute organisation/entreprise physique et morale.
    Le principe de cette participation/contribution existe dores et déjà dans pratiquement tous les pays, plus ou moins détourné et/ou corrompu, sous forme d »impôts plus ou moins égaux et/ou plus ou moins justes. Le plus difficile, le principe, était donc globalement acquis.
    La véritable menace est de perdre cet acquis là.
    Avec une question sans réponse : combien de temps ?

    Pour amorcer, soutenir cette grande rupture planétaire vitale, négocier le grand tournant en évitant un désastre, avec l’outil du bouleversement émancipateur décoiffant que nous vivons au présent concernant les femmes, j’ai trouvé et trouve que sortir le gong initiateur ne nuirait pas !
    MAINTENANT
    https://secure.avaaz.org/campaign/fr/paradise_papers_loc/?wcGwa

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