Les grands ratés de l’histoire : la réponse de l’École historique à Carl Menger et sa « Querelle des méthodes »

Si vous avez quelques notions de « science » économique, vous connaissez la version officielle : « Dans les années 1870, grâce à l’approche marginaliste, le discours ambigu de l’économie politique trouva sa transposition en une véritable science : la science économique, et ceci simultanément avec Stanley Jevons en Grande-Bretagne, l’Autrichien Carl Menger dans le monde germanophone, et Léon Walras dans le monde francophone en France. Continuer la lecture de Les grands ratés de l’histoire : la réponse de l’École historique à Carl Menger et sa « Querelle des méthodes »

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Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (XII), Ludwig von Mises

Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », préface de Serge Audier – Penser le « néo-libéralisme », éditions Le bord de l’eau, 2012. Madeleine Théodore nous propose un résumé en plusieurs parties de cette réflexion essentielle. Ouvert aux commentaires.

Présente au Colloque, l’Ecole autrichienne

Charles Gide (1847-1932) et Charles Rist (1874-1975), dans leur « Histoire des doctrines économiques depuis les physiocrates jusqu’à nos jours » (1909), évoquaient le « néo-libéralisme » de l’école autrichienne, qui se développait en réaction à l’interventionnisme étatiste et collectiviste. Continuer la lecture de Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (XII), Ludwig von Mises

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KEYNES ET LES ÉCONOMISTES : DEUX CONCEPTIONS DU MONDE INCONCILIABLES

Le Treatise on Probability sur lequel Keynes aura travaillé durant huit années avant la guerre de quatorze paraîtra finalement, partiellement réécrit, en 1921. C’est un ouvrage académique, sans rapport dans son style avec son Economic Consequences of the Peace, paru deux ans auparavant, livre au contraire sensationnaliste, accusateur, aux portraits mordants d’hommes d’État vedettes de l’actualité, et qui sera lui un succès de librairie.

Dans son traité, Keynes a rebâti une théorie des probabilités sinon à partir de zéro, du moins à partir de ses fondations dans la période où débute sa mathématisation au XVIe siècle avec Jérôme Cardan (1501-1576), puis au XVIIe avec les Pascal, Huygens, Fermat, etc. Le livre est iconoclaste parce qu’il refuse le jeu habituel qui consiste à considérer que les « autorités » du moment sur la question ont automatiquement raison et qu’il suffit d’élaborer et de broder à partir de leurs enseignements qui contiennent leurs certitudes.

Le lecteur de 1921 se trouve alors devant un choix : soit il aborde le sujet avec les œillères que lui proposent les « autorités » en question et le livre de Keynes lui apparaît sous le jour que celles-ci souhaitent : comme une bizarrerie produite par un excentrique coupé de la profession, soit il aborde le sujet l’œil ouvert et les sens aux aguets et le Treatise on Probability lui semble ce qu’il convient effectivement d’écrire sur le sujet et, par comparaison, les livres contemporains qui parlent de probabilité lui apparaissent guindés, prisonniers des conventions d’une profession académique et de ses « jeux de langage » pour reprendre l’expression de Wittgenstein, et à tout prendre, naïfs.

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La démocratie selon Friedrich (von) Hayek, économiste autrichien, par Bertrand Rouziès-Leonardi

Billet invité.

Autant le dire tout de go, Friedrich Hayek (1889-1992), prix Nobel d’économie (1974) aurait dû, si Fortune avait été plus clémente avec lui, se voir attribuer en sus le prix Nobel de la Paix, car aux troupeaux d’hommes qui se rebiffent contre la tyrannie libérale, il n’a cessé de dire : « La paix ! Les bouviers savent ce qu’ils font. » Notre homme, disciple avoué d’Edmund Burke, maître à penser du parti Whig (conservateur) anglais, a beaucoup réfléchi à la démocratie, ce régime tant décrié, bouche-trou des interrègnes autoritaires. Il y a tellement réfléchi qu’il a fini par accoucher d’une définition toute personnelle de la chose, définition dont les rendements ont un peu baissé, cependant, depuis que bourgeonnent les printemps arabes : la meilleure démocratie, selon lui, est celle qui fait l’économie du demos. Il est l’inventeur, sinon de l’expression, du moins du concept paradoxal d’aristocratie libérale ou « démarchie ». Et le corps sec, terreur des vers, de feu l’inflexible Thatcher d’applaudir du fond de l’enfer de ses deux mains gantées de fer. Margaret Thatcher était une des claques les plus enthousiastes de Friedrich Hayek. Elle ne manquait jamais une occasion de recommander à chacun de ceux qui l’approchaient la lecture de ses principaux ouvrages d’économie politique, The Road to Serfdom(1944), charge antisocialiste inspirée de Tocqueville, The Constitution of Liberty (1960) et Law, Legislation and Liberty (trois tomes, 1973-79), le nectar et l’ambroisie de l’Olympe libertarienne. 

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