Archives par mot-clé : classe politique

Ce que je ne comprends pas dans cette pandémie. Lettre ouverte, par P de Liège

Ouvert aux commentaires.

Je reste pantois face à nos dirigeants. Si ce virus est réellement aussi grave que ce que l’on nous communique, alors il y a des choses essentielles qui ne sont pas faites ou qui sont mal faites. 
Continuer la lecture de Ce que je ne comprends pas dans cette pandémie. Lettre ouverte, par P de Liège

Partager :

LES POLITIQUES ET LES FINANCIERS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Les résultats de Goldman Sachs au cours du deuxième trimestre sont intéressants parce qu’ils offrent en quelque sorte un cliché de la situation financière de la planète. On ne sera pas surpris d’apprendre par exemple que la firme a perdu de l’argent sur les crédits hypothécaires de l’immobilier résidentiel et commercial américains, ces deux baromètres de la bonne santé économique du pays continuant d’indiquer la tempête, et avec le chômage reparti à la hausse, les particuliers ne sont pas prêts à se remettre à payer leurs traites ou à refréquenter les centres commerciaux.

L’activité spéculative n’est plus ce qu’elle était non plus : le spéculateur trouve ses délices dans le développement de belles tendances à la hausse ou à la baisse, mais le désordre mondial ne permet même plus cela : le désarroi des politiques et leurs réactions désordonnées provoquent la pagaille. Goldman Sachs a du coup accusé des pertes même dans la spéculation sur l’or et l’argent. David Viniar, le directeur financier de Goldman Sachs, l’une des vedettes de l’audition des dirigeants de la firme devant une commission du sénat américain l’année dernière, affirme au Wall Street Journal qu’il est très difficile pour le spéculateur de naviguer dans la mer hâchée que nous connaissons en ce moment parce que « beaucoup de choses dépendent de questions politiques », un environnement « très dur à analyser, très difficile pour nous », ajoute-t-il. Résultat : les bénéfices de Goldman Sachs liés au trading sont en baisse de 53% par rapport à l’année dernière et la firme s’apprête à licencier 1.000 membres de son personnel.

Vous pensiez que les politiques s’ingénient depuis plusieurs années à faciliter la vie des financiers, eh bien, détrompez-vous : la panique présente de la classe politique rend en réalité la vie des financiers très compliquée.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

TOUS COMPLICES, par zébu

Billet invité.

Tous ?

Non.
Quelques millions seulement : les ‘rentiers’.
Non, pas ceux qui ont suffisamment de revenus pour ne pas sentir l’haleine visqueuse de la crise, que ce soit en salaire et/ou en revenus mobiliers. Pour ceux-là, si l’enfer doit arriver, il arrivera bien assez tôt pour ne pas profiter dès maintenant de ces revenus.
Ne parlons pas non plus des ultra-riches, ceux qui ont hérité ou qui ne savent plus quoi faire de leur pognon durement acquis ‘sur les marchés’. Ils se délocalisent aussi bien que leurs capitaux.
Non.
Les fumeuses ‘classes moyennes’, celles qui n’ont que leurs salaires comme revenus et dont le reliquat, ce qui reste quand la crise n’a pas tout bouffé, est ‘placé’.
Attention, ce ne sont pas non plus ‘les épargnants’ : ceux qui versent le ‘reliquat’ sur des comptes d’épargne réglementée.
Ceux là savent que ce qu’ils versent n’est qu’un supplément pour les vieux jours comme le petit chocolat avec le café, pour les coups durs de la vie, juste pour pouvoir avoir la bouche à la surface de l’eau, si nécessaire.
Rien à voir avec ceux qui ‘placent‘, le plus souvent en assurance-vie (mais ce peut aussi être dans l’immobilier locatif défiscalisé, …) : rentable, défiscalisée, sûre.
Ceux là, ils escomptent le surplus que produit l’intérêt pour pallier les faiblesses ou aux absences des salaires qu’ils ont, pour pallier aussi les faiblesses des retraites qu’on leur promet et même pour pouvoir payer les études, de plus en plus chères, des gamins. Et si tout va bien, léguer, en sus, d’un patrimoine immobilier durement payé durant de longues années, un surplus dont ils espèrent qu’il permettra à leur descendance de survivre plus confortablement face à la compétition généralisée de tous contre tous.
Ceux là
comptent sur les intérêts produits par leurs contrats, comptent sur la sécurité qu’on leur garantit, comptent sur la défiscalisation pour adoucir l’impôt (qu’ils payent) et comptent sur l’absence de droits de mutation sur ce patrimoine en cas de décès.
Et quand on a autant de gens qui
comptent, on ne fait pas le nombre : on s’incline.

Continuer la lecture de TOUS COMPLICES, par zébu

Partager :

BFM Radio, lundi 22 février 2010 à 10h46

Le fossé qui se creuse

Un fossé inquiétant est en train de se creuser. J’ai vu la semaine dernière des chiffres très alarmants. Des chiffres économiques effrayants, on en voit tous les jours, mais là, il s’agissait d’autre chose : il s’agissait des chiffres d’un sondage américain de l’Agence Rasmussen. Les chiffres les plus récents confirment une tendance de plus en plus marquée au fil des mois : une défiance de la population envers ceux qui la représentent et la gouvernent. À peine un peu plus d’un Américain sur cinq (21 %) considère aujourd’hui que la classe politique représente les citoyens ordinaires. Plus inquiétant encore – si l’on peut dire – est le fait que la classe politique n’en est absolument pas consciente : quand on interroge ses membres, près des deux tiers d’entre eux (63 %) considèrent qu’ils représentent le peuple de manière satisfaisante.

Plus intéressant encore est le fait que les anciens clivages politiques ont cessé de jouer : les électeurs qui se sont enregistrés comme démocrate ou républicain (c’est la manière dont on procède aux États-Unis) sont très proches les uns des autres sous ce rapport. Le « populisme » dirigé contre les politiciens est devenu en Amérique le courant massivement majoritaire, regroupant entre les deux tiers et les trois quarts de la population. Au point que l’institut de sondage Rasmussen l’a débaptisé de « populiste » pour l’appeler désormais : « mainstream », autrement dit : « courant dominant ».

Quelles sont les causes de cette perte de confiance massive ? Le sentiment qu’il existe une collusion entre la classe politique et le monde financier. La crise a été perçue par le public comme une faillite retentissante de l’establishment financier, qui en sort décrédibilisé. Or la classe politique semble avoir pris fait et cause pour le monde de la finance. Quand on demande aux Américains si la classe politique constitue un groupe d’intérêt poursuivant ses propres objectifs, 71 % répondent désormais que oui.

Observe-t-on quelque chose de similaire en Europe ? C’est difficile à dire : je n’ai pas vu d’enquête d’opinion à ce sujet. Un sondage IFOP – Le Monde publié le 19 janvier, mené en parallèle en France et en Grande-Bretagne, faisait apparaître, comme aux Etats-Unis, une désaffection massive – et du même ordre de grandeur dans les deux pays – envers le monde de la finance et de la politique aujourd’hui confondus.

Quels enseignements peut-on en tirer ? Ils sont de deux types. Il faut tout d’abord constater que la désaffection de la population envers la classe politique a atteint la cote d’alerte. On a connu des périodes où le fossé s’était creusé de cette manière et ce furent des périodes de très grande instabilité. Scott Rasmussen, le directeur de l’agence, observe à propos de ce sondage que le rejet de leurs gouvernants par les Américains atteint sans doute le niveau qu’il avait lors de leur guerre d’indépendance au XVIIIe siècle. La deuxième remarque est plus positive : les majorités qui sont en train d’émerger dans des pays occidentaux très différents les uns des autres, comme les Etats-Unis, la France ou la Grande-Bretagne, exigent que la finance – et peut-être même l’argent – joue dans notre monde un rôle plus limité que celui qu’on lui a vu jouer dans les années récentes. Ce sont des majorités de l’ordre de 70 %, voire même de 80 %, et qui frôlent donc maintenant l’unanimité.

Partager :