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LES ENNEMIS DU PLANCTON, par Paul et Anne-Marie Jorion

Le texte qui suit servira de commentaire à la vidéo de l’entretien entre Pierrot Mollo et moi, présentée dans le billet Défendre / sauver le plancton.

Le naufrage du Rena, un porte-conteneurs dont la cargaison de pétrole continue de fuir en ce moment-même dans une baie splendide de Nouvelle-Zélande, malgré de premiers efforts de pompage, nous rappelle que les « ennemis » du plancton ont de multiples visages.

Rappelons-nous que la survie du plancton détermine en bout de chaîne celle de tous les êtres vivants qui s’en nourriront soit directement, soit se nourriront de mangeurs de plancton, ou de mangeurs de mangeurs de plancton. Notre alimentation dans son ensemble dépend du maintien de la biodiversité et le plancton, garant de la biodiversité marine, est essentiel au maintien de notre propre vie.

Les transports maritimes emportent dans leur ballast un grand nombre d’espèces planctoniques (essentiellement végétales. De telles migrations involontaires sont susceptibles de causer une prolifération de certains ennemis du plancton, dont le meilleur exemple est offert par les mnémiopsis, des cténophores (que l’on confond souvent à tort avec les méduses) originaires d’Amérique du Nord et qui ont désormais atteint la mer Caspienne et la Mer Baltique. Elles ont découvert là un terrain favorable à leur croissance, ce qui leur permet d’atteindre un diamètre de 20 cm, soit le double de leur talle habituelle. Leur appétit pour le plancton animal de petite taille (les copépodes ou les larves de mollusque, par exemple), qu’elles gobent en permanence, met en danger l’équilibre marin. Plus ces mnémiopsis sont grosses et plus, bien entendu, elles mangent ! Ce sont elles qui avaient provoqué, une catastrophe du même ordre dans la Mer Noire au début des années 1990.

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Comment protéger l’humanité du réchauffement climatique ?, par Jean-Paul Vignal

Billet invité

L’important n’est pas de savoir si le réchauffement est d’origine humaine, mais de chercher comment protéger l’humanité contre ses conséquences.

Le débat sur l’origine anthropique du réchauffement climatique prend une tournure de plus en plus surréaliste. Personne ne conteste la réalité du réchauffement en cours qui est attesté, entre autres, par l’accélération de l’accroissement des températures moyennes dans le monde, la fonte des glaces permanentes, et dans une moindre mesure, par la remontée du niveau des océans. Le débat porte sur la responsabilité de l’homme dans ce réchauffement ; il oppose ceux qui estiment qu’elle est pleine et entière, – l’homme apprenti-sorcier ayant fini par être assez puissant pour perturber la vie de la biosphère -, à ceux qui, sans l’exclure totalement, demandent néanmoins à voir, compte tenu des incertitudes qui pèsent sur la validité des modèles et des données qui ont permis aux tenants de la culpabilité humaine de conclure à l’implication de leurs moyens de transport, de leurs usines et de…leurs vaches.

L’enjeu du débat n’est bien entendu pas futile. Le monde sort à grand-peine d’une terrible crise financière qui a mobilisé des moyens considérables avant d’être enrayée, en attendant l’inévitable rechute. Les raisons profondes de cette crise n’ont en effet pas été traitées ; elles viennent de l’antagonisme irréductible entre le court-termisme ravageur sans cesse amplifié par les progrès des technologies de traitement et de transmission de l’information dans l’univers de la finance, et les besoins financiers du monde réel, confronté à l’épuisement prévisible de ressources minérales et fossiles limitées, et à la pollution des ressources naturelles indispensables que sont l’eau, l’air et les sols, dont les effets négatifs à long terme ne peuvent être combattus que par des investissements à long terme eux aussi, qui ont le mauvais gout d’avoir une rentabilité impossible à garantir dans un monde où le cours des matières premières et de l’énergie sert plus de prétexte à la spéculation sur des cotations qui varient au gré des rumeurs, qu’à ajuster véritablement l’offre et la demande comme le revendiquent haut et fort les théories libérales bien en cour.

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