LES ENNEMIS DU PLANCTON, par Paul et Anne-Marie Jorion

Le texte qui suit servira de commentaire à la vidéo de l’entretien entre Pierrot Mollo et moi, présentée dans le billet Défendre / sauver le plancton.

Le naufrage du Rena, un porte-conteneurs dont la cargaison de pétrole continue de fuir en ce moment-même dans une baie splendide de Nouvelle-Zélande, malgré de premiers efforts de pompage, nous rappelle que les « ennemis » du plancton ont de multiples visages.

Rappelons-nous que la survie du plancton détermine en bout de chaîne celle de tous les êtres vivants qui s’en nourriront soit directement, soit se nourriront de mangeurs de plancton, ou de mangeurs de mangeurs de plancton. Notre alimentation dans son ensemble dépend du maintien de la biodiversité et le plancton, garant de la biodiversité marine, est essentiel au maintien de notre propre vie.

Les transports maritimes emportent dans leur ballast un grand nombre d’espèces planctoniques (essentiellement végétales. De telles migrations involontaires sont susceptibles de causer une prolifération de certains ennemis du plancton, dont le meilleur exemple est offert par les mnémiopsis, des cténophores (que l’on confond souvent à tort avec les méduses) originaires d’Amérique du Nord et qui ont désormais atteint la mer Caspienne et la Mer Baltique. Elles ont découvert là un terrain favorable à leur croissance, ce qui leur permet d’atteindre un diamètre de 20 cm, soit le double de leur talle habituelle. Leur appétit pour le plancton animal de petite taille (les copépodes ou les larves de mollusque, par exemple), qu’elles gobent en permanence, met en danger l’équilibre marin. Plus ces mnémiopsis sont grosses et plus, bien entendu, elles mangent ! Ce sont elles qui avaient provoqué, une catastrophe du même ordre dans la Mer Noire au début des années 1990.

Autres menaces bien connues : les nitrates, phosphates et pesticides chimiques (herbicides) utilisés non seulement dans l’agriculture mais aussi dans l’entretien des terrains de golf ou le nettoyage des routes et des voies ferrées. Les terres agricoles étant constamment lessivées par les pluies et le ruissellement aboutissant nécessairement aux océans, les effets nocifs de ces polluants peuvent se faire sentir à plus de 300 km de leur lieu d’origine. Ce ruissellement peut conduire par exemple au développement de planctons toxiques, comme les dinoflagellés, qui impactent alors notre alimentation en rendant impropres à la consommation les coquillages (huîtres, coques etc.) qui se nourrissent de ces planctons.

Évoquons aussi, parmi les ennemis du plancton, le gaz carbonique (CO2), produit par la combustion du charbon, du bois et du pétrole, dont le dégagement dans l’atmosphère conduit à une augmentation de la température des eaux de surface mais aussi des eaux profondes, entraînant des changements dans la composition du plancton animal. Comme celui-ci cesse de reconnaître son environnement, il se déplace vers des eaux plus froides, provoquant des déséquilibres dans la biodiversité des différentes régions : les poissons ne trouvant plus le plancton dont ils se nourrissent ordinairement, disparaissent des zones maritimes où on les rencontrait jusque lài, à la recherche de leur aliment de prédilection.

Merci aux chercheurs, aux pêcheurs en mer, aux conchyliculteurs, qui par leurs prélèvements de plancton, nous aident à surveiller et à protéger la planète. Merci à Plancton du Monde et à Planète Plancton de nous maintenir constamment informés.

Nous n’avons mentionné ici qu’un faible échantillon des déséquilibres que les activités humaines causent à la reproduction et à la diversité du plancton, il n’est pas trop tard heureusement pour agir.

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79 réflexions sur « LES ENNEMIS DU PLANCTON, par Paul et Anne-Marie Jorion »

  1. @ Anne Marie & Paul
    Il manquait un peu d’Ecologie dans ce blog. Merci pour cet ajout. Le système capitaliste qui se nourrit de croissance perpétuelle n’en finit pas de faire des dégâts… Combien de catastrophes devrons nous encore subir avant de considérer que nous en sommes responsables, avant de prendre les décisions qui s’imposent ???
    Dans tous les cas de figure, je ne crois pas ou peu au sursaut collectif. La société changera lorsque ses composantes auront changé.
    Rendez-vous avec Pierre RABHI, sur le site des colibris http://www.colibris-lemouvement.org/

    Phil, ex-restaurateur, converti à l’autarcie…

  2. SI l’on songe aux bactéries thermophiles par exemple, on est amené à penser que les capacités d’adaptation du vivant sont assez importantes. Les exemples d’espèces qui résistent aux pesticides, aux poisons (rats, moustiques) aux ogm, etc. sont nombreux, sans oublier la résistance aux antibiotiques…

    La plancton s’adaptera probablement, et ses prédateurs trouveront leur propre prédateurs… mais ceci risque en effet de remettre en cause la chaîne trophique actuelle et les espèces halieutiques qui en dépendent.

    1. « … remettre en cause la chaine trophique… » et donc les mangeurs de poissons mangeurs de poissons mangeurs de plancton que sont… les hommes.
      Certes, le vivant s’adaptera, surtout les espèces autotrophes, mais celles en bout de chaine disparaitront ou presque. Et comme l’espèce humaine est en bout de chaine et qu’elle scie consciencieusement la branche sur laquelle elle est perchée, on peut remettre sérieusement en question l’affirmation selon laquelle cette espèce serait dotée d’intelligence…

      1. Elle est dotée d’intelligence, mais ses peurs prennent le dessus et on reste formater dans un système qui nous sécurise, mais pour combien de temps encore.
        Ce système ne nous permet pas d’utiliser de manière optimale notre intelligence, mais bon, c’est jurasic park, on ne réssucitera pas les dinosaures, et comme eux le système va s’éffondrer, bon débarras.

  3. Et il ne faut pas oublier l’impact de la radioactivité sur le plancton et le reste de la chaîne alimentaire.
    On apprend seulement hier par NHK (voir lien ci dessous) que des scientifiques de l’université de Tokyo ont mesuré 669 bq/kg sur du plancton prélevé à 3km des côtes d’Iwaki… en juillet !!!

    http://www3.nhk.or.jp/news/html/20111015/t10013279031000.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

    Vues les études de l’IAEA (à priori plutôt « conservateur » sur ce genre de problème) dans le document ci-joint, la concentration dans un poisson sera environ x2.5 celle du plancton (et x10 dans les animaux marins).
    On peut donc s’attendre à plus de 1500 bq/kg dans les sushis, soit plus de 3 fois la nouvelle norme Japonaise plutôt « laxiste » de 500 bq/kg.

    http://www-pub.iaea.org/MTCD/publications/PDF/TRS422_web.pdf

    Cordialement,
    Noko

  4. Et si à la place de pesticide (à base de pétrole), on embauchait des gens pour désherber.
    C’est sur que ce ne serait pas des boulots merveilleux, mais au grand air et très utiles du point de vue écologique, parce que l’énergie que l’homme dépense en travaillant n’est pas nécessairement du pétrole. Si le pétrole devient de plus en plus chère, finalement, ceci deviendra rentable.

    C’est juste une idée.

      1. Une question : quelle est l’utilisation de l’idéologie de la démocratie par les vendeurs des désherbants chimiques ?

      2. Le rondup coute moins cher qu’un esclave…

        Sans parler des esclaves, dont j’ai trop peu usés pour en causer avec retour d’expérience bien étayé, je compare à la première façon de cavaillon d’un prix-faiteur (journalier, tâcheron) en bordelais (hors-Médoc) :
        – tarif officiel (prix-fait pour mille pieds decavaillonnés) : 46,50 euros (rémunération brute du saisonnier…)
        – temps nécessaire suivant le prix-fait : 5 heures
        – coût/hectare du prix-fait pour 6 600 pieds par hectare : 306,90 euros.
        On ajoute l’ICCCP, 30,69 euros, plus la peau d’chagrin des cotisations patronales de 5 % (exonération de 75 % pour les saisonniers viti en dessous de 116 jours consécutifs jusqu’à 2,5 SMIC (sinon… abattement Fillon…) = 358,94 euros, soit 400 litres de Bordeaux rouge AOC en vrac- négoce (un hecrare de Bx rouge c’est maxi 5400 litres autorisés cette année)… et les façons de cavaillons c’est deux ou trois par an, plus les autres façons, taille, tirage de bois, sécaillage, attachage, pliage, épamprages, relevages, recotage, échardage, effeuillage, vendange, plus les façons mécanisées, travail du sol, fertilisation, tontes, rognages, traitements…

        Coût du désherbage au Roundup avec pulvé à dos :
        – 100 litres de flotte à 2 % de roundup haut de gamme à 6 euros le litre HT = 12 Euros.
        – 3 heures de boulot par bibi à 11 euros (c’est un plaisir, le grand air) de l’heure = 33 euros
        – coût total désherbage roundup = 45 euros.

        @Marlowe
        Qu’est ce que tu nous causes « idéologie de la démocratie » ? Ousque tu la vois « l’idéologie de la démocratie » dans ce calcul, mon biquet ?

      3. Quand on compte , faut tout prendre en compte .

        Dans le coût précédament annoncé ,comme souvent dans le cas des entreprises chimiques , il manque les effets secondaires .
        http://www.centpourcentnaturel.fr/post/2009/01/16/Nouvelle-etude-sur-les-effets-du-Round-Up

        PS : traité un quidam inconnu de « biquet » , ne serait ce pas de de la condescendance de frimeur ?.
        Frimeurs , genre premiers de la classe qui font de leur perception du monde une occasion de loué leur seul égo .

        Il y aura toujours des gens pour croire que seule leur vie est difficile , que seul leur travail n’est pas celui d’un feignant ( pas comme ces autres « biquets » , ces « fonctionnaires  » , tout les étrangers à leur monde sectaire.

        Paysan et violence : un contresens .Heureux les doux…

    1. Il existe heureusement maintenant, de nombreuses pratiques limitant la nécessité de désherber :

      – Les plantes couvre-sol
      – Le semis sous couvert végétal (Claude Bourguignon, ex INRA)
      – La technique BRF (bois raméo-fragmenté), quelques centimètres de rameaux de l’année en petits tronçons créent un substrat type mycélium (champignons microscopiques), besoins d’arrosage réduits, plantes indésirables limitées et tellement faciles à ôter.
      – La permaculture, dite technique du « non agir », extrêmement subtile et d’esprit scientifique.

      etc.

      Un VERITABLE progrès.

      Delphin

      1. Je pratique le BRF depuis 5 ans ; sur des buttes en couverture intensives permanente ; pratiquement plus d’herbe a arracher (et ce depuis la 2e année). Le sol n’est pas retourné . Ce que j’ erradique ce sont les semis spontanés en surnombre de légumes que je laisse « grainer » .
        Cette technique permet une autosuffisance légumiere sur des petites surfaces (2 à 300 m2) . mais ne peut etre mécanisé (peu ou pas de ligne , mélange paumatoire mais agréable des especes, peu de calcul de rotation et de voisinage).
        Cette technique , qui copie la pédogenèse forestiere , se base sur l’ aggradation du sol , sur son augmentation de taux d’humus , a contrario des techniques (meme bio) qui font des apports de nutriments aux racines……Elle permet , sur un sol en bon etat humique , de se passer d’engrais , de compost ou de lisier/fumier , ammendements fortement liés au petrole .Seul le broyage des branches nécessite un apport énergétique .

      2. Tout à fait d’accord avec vous Delphin, le problème est que ce que vous décrivez est dans un nouveau paradigme qu’il faut créer.
        Plus rien à voir avec le capitalisme financier industriel de marché et de consommation.

      3. Kercoz @

        Questions: cette technique BRF est elle adaptée pour les jardins familiaux ? Où trouver de la doc sur ce sujet ? Merci

      4. sur mon balcon je pratique les épluchures et brindilles fragmentées (aux ciseaux à légumes) ça marche bien, pour le persil, basilic, vigne, poivron, tomates …

      5. @Albin :
        http://www.info-brf.com/forum/
        Pas mal de sites , les plus pointus etant le cTA de Wallonie , et l’ U.LAVAL du Quebec , une quantité de thèses ….
        Pour les jardins , surtout familiaux , c’est la methode idéale…le problème principal etant de trouver du broyat en quantité pour les surfaces plus grandes … un petit broyeur permet de broyer ses tailles perso et ceux des voisins …mais c’est long (préferer un broyeur a rotation lente ). L’idéal etant de contacter les élagueurs … ne pas payer plus de 20 euros le cube ….on en trouve gratos , car ils paient pour le jeter en décharge (30 e la tonne) …Mais attention , un engrais bio ou pas donne un résultat ds les 3 semaines , puisqu’en fait ça nourrit direct les racines …quasi du hors sol ! , alors que le but du BRF est d’imiter la pédogenèse et de restaurer le sol …donc ça prend du temps ( 1% de taux d’ humus en + en moins de 10 ans , contre 38/50 ans pour le compost et 80 pour le fumier …s’il y a dela paille ) ….Si votre sol est deja « bon » , rajouter un peu de compost ou fumiers que pour les goinfres ‘tomates , cucurbi ..) . Si c’est une saloperie a vigne (comme le mien) , ça prend du temps et l’ajout doit etre conséquent .
        50% d’arrosage en moins , et moins de maladies …
        Seuls sols dur a mettre en place , les sols argileux froids humides …faites des apports faibles ( 2 cm) en surface ou ds les 5 premiers cm …augmenter qd le sol se structure .

      6. Le couvert végétal des sols non cultivés est obligatoire en France et le semis sous couvert végétal est largement pratiqué et ce même dans des pays sous développés.

        Le désherbage est une manie qui se perd quand on réalise que les mauvaises herbes enrichissent le sol (consciencieusement? algorithme? How smart is a weed?).

        Je suis de plus en plus enclin à penser que chaque plante est capable d’aménager son sol à sa guise: des plantes pionnières et des lichens portés par le vent et l’eau fertilisent des îles volcaniques sorties de la mer, créant une litière sur la roche à partir de peu de roundup et très peu d’engrais chimique. L’intrication champignons + racines des plantes fait qu’1+1=beaucoup plus que 2. Si l’on ajoute le travail impressionnant des vers et des petits animaux du sol on a la tête qui tourne.

        Le semis de fleurs sur les talus permet de limiter le désherbage par pic de pullulation d’une espèce sur une litière favorable.

        Le plancton fonctionne par pics de pullulation, suivi de plateaux où l’on a l’impression qu’il va disparaître, mais il reviendra toujours, d’autant plus fort que les conditions sont favorables. Vouloir qu’il soit bien dense et fourni tous les ans, en toutes saisons, c’est du productivisme, la logique étant, puisqu’il y a beaucoup de plancton, tout le temps, il y aura donc beaucoup de poissons à pêcher. Que l’homme continue à engraisser des saumons avec du soja transgénique et des sérioles avec dix fois leur poids en petits poissons s’il veut manger du poisson pané le vendredi à la cantine. Le plancton se gardera bien d’oublier de pulluler en fonction des tempêtes de sable.

        C’est comme les migrations de lemmings, la légende fait croire qu’ils se jettent dans la mer, mais ils n’ont jamais fait ça! Seul l’homme est assez fou pour imaginer des histoires pareilles…

    2. ce ne serait pas des boulots merveilleux, mais au grand air

      Ahhhh le grand air… « il me semble que la misère serait moins pénible au grand air »… Tain ! Moi on me dit « grand air », je pense couperose, bronzage agricole, angelures, crevasses, sinusite chronique et lucite polymorphe, entre autres, et je sors mon rictus de bourrin buriné d’service…
      Pensez à prendre un abonnement à prix réduit chez un ostéo rapport aux rhumatismes et autres TMS, ainsi qu’à l’ecran total because mélanome, pi bien sûr bottes, gore-tex, damart, ciré Cotten, etc, pour les p’tits frais des p’tits matins… si ça vous tente, ce dont je doute.

      1. Vigneron,
        Là on sent un homme d’intérieur à plein nez. Vous voyant en permanence derrière les blogs de Paul, je me dis, doit avoir un problème d’oxygène, ce Vigneron.
        Faut quitter l’ordi, faut allez voir sur le terrain.
        Aller contrôler si ce que racontent les livres et les médias est exact.
        La tête et les jambes, c’est ma devise.
        Allez, un petit effort, c’est bon pour le moral.
        😉

        Aux auteurs de ce billet, je dis merci.
        Merci de parler d’autre chose que de pognon, que de situations merdiques de notre monde.
        Oui, la science, l’écologie et le reste me sont toujours des amies.
        La Science n’est pas triste. Il suffit de la prendre par le bon bout.
        Je ne pourrais m’incruster dans un seul sujet sur mon blog.
        C’est la même chose pour le reste.

      2. L’enfoiré.
        L’inconvénient du miroir est que l’on croit qu’il réfléchit.
        Désolé d’être aussi poli, mais de refléter.
        (pour que tu réussisses à comprendre, je te précise qu’il y a un triple sens dans mes propos… 😉 )

      3. Mais sur mélanome, engelures, rhumatisme et compagnie, c’est Vigneron, qui a raison. J’avais hérité de mon grand-père des caleçons longs en laine qui m’ont été bien utiles durant les jours que j’ai passés à la pêche. Je n’avais pas l’air d’un jeune premier quand je les portais – et eux seulement – mais c’était bien le cadet de mes soucis !

      4. Ils avaient un nom, ces hommes qui soignaient les zones où la végétation spontanée (les mauvaises herbes des artificialisateurs, les plantes commensales des amoureux de la vie) devait être contrôlées: les cantonniers. Dur métier certes, Vigneron, mais pas un calvaire quand même. Il y a bien plus pénible mais nous avons exporté cette souffrance au labeur dans de lointains pays et nous ne la voyons plus guère.

        Quant aux modernes, qui aspergent les indésirables d’herbicides, ils ne souffrent que quand ils chopent leur cancer induit par les pesticides. Finalement, on a changé de souffrance mais est-ce pour un mieux?

      5. @ vigneron

        C’est vrai que la vie d’agriculteur est dure et très difficile mais, si vous êtes réellement vigneron, je suis certain que vous aimez votre métier.
        Si c’est le cas, alors je veux bien vous acheter de votre vin, que sans aucun doute vous élaborez avec amour.
        Bon ! si donc vous avez du vin à vendre, j’achète deux ou trois caisses : contactez moi.

      6. (A Albin)

        Si vous faites des recherches sur internet à BRF, vous aurez les réponses à votre interrogation et même à celles que vous n’avez pas encore.

        Amicalement,

        Delphin

      7. Vous parlez d ‘ agriculteurs … Mais ce sont les esclaves des machines et des quotas …faut etre bon en math ..du moins en additions pour etre agri ..ou vigneron ..parlons de paysans ..qui n’est pas un » métier » , mais une façon de vivre …des angelures dans le sud ouest ? je pouffe ! ..sauf pour les esclaves que de ma fenètre je vois condamnés a tailler et trimer par tous les temps …ce qui ne se faisait pas « naguère » ..Naguère , ou l’ homme respectait l’ homme puisqu’on bossait avec et on ne subissait les extèmes que pour des raisons extrèmes , pas pour des « bilans » ou par « sous traitance ».
        Je viens de ramasser cet apres midi d’un automne rèvé , 20 kg de Feijoa , fruit sud americain sublime au couteau , en confiote comme en tarte , , 10 kg des dernieres pommes (pommes de fer) , etancher au vent le poulailler , réparti du BRF sur les buttes , ramassé qqs courges et tomates , amorcé la fermeture de la serre adossée au sud de la maison , … Je ne suis pas paysan , mais en goute les plaisirs ….sans les risques …L’impression d’un voilier a mener ..toujours des trucs a faire …semer en ce moment des épinards et de la mache … 1h de plaisir par jour évite 10h de galère tous les huits jours … juste emmerdé par les quads , motos et autres 4×4 , qui souille mon silence et mon « grand air », les bobo’s qui tondent leur pelouse ou taille leur haie a coup de tronçonneuse thermique .

      8. @kercoz

        des angelures dans le sud ouest ? je pouffe ! .

        Eh ouais, pouf pouf Duschnock, des engelures. On taille pas à moins 15, mais à moins 7/moins 8 si. Et ça date pas des méchants zagromanagers ou winemakers, mon pouf pouf, c’était pareil au temps de tes paysans de rêve. Mais,j’vais te dire, on préfère de loin tailler par gelée noire même ventée de nord pendant quelques jours que dans un brouillard de Garonne qui traîne sur une ou deux semaines, givrant ou pas.

    3. De toute façon , si les pesticides du type Cruiser continuent à être épandus sur les plantations de Colza , la disparition des abeilles nécessitera alors la pollinisation manuelle comme dans le sud de la chine. Il m’a été donné de constater au printemps dernier que des semences de petits pois contenant du Cruiser ont été semées dans le Morbihan. J’ai peur pour mes deux ruches…
      Autre problème pour les abeilles: le frelon asiatique.

  5. Cet article, me rapelle cette pétition en ligne que j’ai signé il y a quelques mois contre la construction d’un méga-barrage sur le rio xingu au brésil.
    Hélas, rien n’y a fait : ni cette pétition, ni les mises en garde des écologistes, ni les pleurs du chef Raoni …
    Le feu vert a la construction du barrage, a été donné ! Parmis les espéces menacées d’une disparition quasi certaine; le cas d’un petit poisson nommé Hypancistrus zebra, est trés révélateur d’un monde qui ne tourne plus vraiment rond !
    Ce dernier, trés recherché par les aquariophiles fait désormais l’objet d’un traffic a l’echelle mondiale et sont prix peut atteindre plus de 500 Euros/piece (pour les spécimens sauvages issus donc de la contrebande) .
    Plutot que de préserver, on cherche donc a faire du profit sur une disparition annoncé !
    Alors bientot peut-etre , du plancton d’avant les catastrophes écologiques, en bouteilles a prix d’or…

  6. …Il n’est pas trop tard pour agir…

    Les braves sentinelles concluent presque toujours par des conclusions patenôtres après avoir envisagé un instant le désastre.
    Quand oserez-vous dire clairement qu’il est trop tard.
    Et qu’on peut ne peut plus espérer que de réussir à colmater les fuites du navire, ce qui serait déjà une bonne chose

      1. Dernières paroles de la vidéo sur la mer d’Aral citée dans un précédent post:
        « ce que l’homme en engendré, seule la nature pourra le corriger ! »

  7. Des Grands Lacs vers la Caspienne mais aussi de la Caspienne vers les Grands Lacs … – le meilleur exemple est sans doute la moule zébrée : http://www.invadingspecies.com/Invadersfr.cfm?A=page&PID=1

    En tant que « bipède » ce qui m’inquiète le plus toutefois serait l’émergence d’une souche bactérienne résistante ou un d’un virus particulièrement mutagène car désormais il faut un maximum de 36 heures pour se rendre n’importe tout sur notre belle planète …

    … ça c’est l’étape suivante (et si débandade financière globale il y a, inutile de préciser que cela sera un facteur aggravant …).

    1. Soyez optimistes au moment où le monde est pessimiste. Il a fallu beaucoup moins de temps pour décoder le génome du SARS que pour séquencer celui du SIDA… Et il nous a bien fait rigoler le programme de vaccination mondial anti H1N1 de Bachelot.

      La moule zébrée, comme la caulerpa taxifolia dont on nous a rebattu les oreilles, pullurera de façon exponentielle dans un milieu favorable, puis connaîtra la disparition presque totale après une phase de plateau.

      Paradoxalement, l’homme met en place des mesures antipullulation alors que c’est cette même pullulation qui est la solution à ses « problèmes » d’homme.

      Dans mon jardin, un lierre fait sa litière depuis des années. Il a connu une longue phase en plateau où il se développait gentiment, sans qu’on le remarque. Il vient d’exploser, tuant quelques troènes en remplaçant harmonieusement leur présence dans ma haie, mais nourrissant abondamment les merles avec ses baies. J’arrête là la chaîne trophique du lierre, mais elle est aussi immense que l’infini nombre des petits insectes que sa litière abrite.

      N’importe qui aurait trempé une feuille dans un verre de roundup dès son apparition.

      Vive le lierre!

      1. Oui le lierre…une de mes brebis toussant depuis son arrivée chez moi, et ayant tout essayé, dont des méchantes choses véto – je suis une néophyte en la matière- elle se porte désormais comme un charme, après avoir goulument brouté l’intégralité du lierre d’un vieux mur, régime exclusif pendant trois jours.
        Je fais confiance au lierre pour repousser…

  8. « La sévérité du diagnostic est telle qu’il est difficile d’en imaginer les tenants et les aboutissants. Selon un panel d’une trentaine d’experts, réunis mi-avril à l’université d’Oxford (Royaume-Uni) dans un colloque interdisciplinaire, la magnitude des bouleversements qui, du fait des activités humaines, affectent les océans est inédite depuis au moins 55 millions d’années. Et sans doute beaucoup plus.
    Les conclusions du colloque, organisé à l’initiative de deux organismes non gouvernementaux – l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l’International Programme on the State of the Ocean (IPSO) – ont été rendues publiques, mardi 21 juin. Elles feront l’objet d’un rapport agrémenté de recommandations, qui sera prochainement communiqué aux Nations unies.
    L’objectif du rapport – dont l’intégralité n’a pas encore été rendue publique – n’est pas d’apporter des résultats de recherche inédits ou des observations nouvelles. Il est plutôt de synthétiser les travaux récents sur des questions aussi diverses que les changements des paramètres chimiques de l’océan, l’impact des pollutions locales ou globales, de la surpêche, de l’augmentation des températures des eaux de surface, etc.
    Cette synthèse, inédite, offre une photographie globale de l’état des mers du globe, jugé » choquant « par Alex Rogers, directeur scientifique de l’IPSO et professeur de biologie de la conservation à l’université d’Oxford. Si les tendances actuelles se maintiennent, un effondrement des écosystèmes marins à une large échelle est, selon les auteurs, probable d’ici 2020 à 2050.
    En particulier, les eaux de surface de l’Océan absorbent une part importante des émissions anthropiques de dioxyde de carbone (CO2), ce qui conduit à leur acidification. Celle-ci se produit à une vitesse inédite depuis le maximum thermique du paléocène-eocène, qui, il y a 55 à 56 millions d’années, a connu une extinction de masse.
    Au cours de cette crise biologique, explique Jelle Bijma (Alfred Wegener Institute for Polar and Marine Research) dans une étude de cas annexée au rapport, le cycle du carbone a été perturbé par l’introduction dans l’atmosphère d’environ 2 milliards de tonnes (Gt) de CO2 par an pendant 5 000 à 10 000 ans – les causes de ce bouleversement sont encore débattues. C’est un taux près de quinze fois inférieur aux quelque 30 Gt de CO2 émises aujourd’hui, chaque année, par les activités humaines.
    Les rapporteurs constatent qu’un » trio mortel « , bien connu, est à l’oeuvre dans les océans de la planète. Extension des zones anoxiques (privées d’oxygène, souvent par les effluents agricoles), augmentation de la température, accroissement de l’acidité de l’océan : le triptyque qui marque la situation actuelle est analogue à ce qui a prévalu lors de la plupart des cinq précédentes grandes crises biologiques, intervenues au cours des temps géologiques. Mais les effets sont plus rapides. »
    Ce colloque et ses conclusions ont été commentés par Le Monde cet été. Diable, l’effondrement des écosystèmes marins d’ici 2020 -vous avez bien lu: 2020-, n’est-ce pas là l’information la plus importante depuis 55 millions d’annés, en tout cas, pour ce qui concerne homo sapiens -restons humanistes!- depuis le néolithique? Pourtant, elle n’a pas fait l’ouverture du 13 Heures de Jean-Pierre Pernault. Les inquiétudes de Paul et Anne-Marie Jorion à propos du plancton rejoignent ces prévisions alarmistes. Alarmisme, catastrophisme? Cachez cette inquiétude que je ne saurais voir! clame pourtant Pascal Bruckner dans son dernier opus. Mais sur quelle planète vit-il donc, celui-là? C’est sur, comme aurait dit George Diableloup Bush, son mode de vie n’est pas négociable. Comment faire pour que cette planète, la seule que nous ayons, permette à 7 milliards d’humains, demain 9, et non pas à une minorité de repus, de vivre dans la paix et la dignité? Je n’ai pas la réponse. Mais j’ai une conviction, à défaut d’une certitude: certainement pas en continuant à vivre comme Pascal Bruckner.

    1. Merci pour toutes ces données scientifiques qui sont une source d’informations inestimable, mais elles resteront lettres mortes si on ne donne pas le temps et les moyens au citoyen de pouvoir améliorer son bien être en consommant moins de ressources.
      Cela doit devenir, je pense, le but de ce blog.

      1. @Cassandre :
        Ce n’est plus de l’ optimisme c’est du scientisme (religion dominante puisque toute vraie croyance est inconsciente), ascendant économisme …qui impute a nos problèmes des raisons conjoncturelles alors qu’elles sont structurelles ….ce qui laisse a une majorité des intervenants (de façon inconsciente) l’ illusion de poursuivre un jeu dans lequel ils font partie des gagnants .

      2. L’optimisme qui fut à l’origine de la panique serait à l’origine du renouveau. Qui peut croire aujourd’hui que les nanotechnologies sont la prochaine révolution de type pouce opposable sur un primate doué de raison? Un optimiste, en dépit des risques énormes encourus. Qui peut croire que la fusion nucléaire est la prochaine révolution énergétique? Le même genre de fou. Voilà comment le progrès avance: les hommes raisonnables sont derrière les hommes déraisonnables qui vivent au dessus de leurs moyens. Je ne critique pas les uns ou les autres, je fais un simple constat.

        L’archi homme déraisonnable? Une intelligence artificielle de type singularité technologique.

    2. Complément : ici aussi tout le monde s’en fout – pourquoi les journaux télé s’y intéresseraient-ils ?

      1. Je devrais m’en foutre mais je ne peux pas. Sur terre (c’est bien là que nous vivons?) notre océan, c’est la forêt. Réponse, voici quelques années à peine, à l’issue d’une conférence, de Francis Hallé, botaniste, chercheur, « père » du radeau des cimes, sur l’état de ce que d’aucuns oseraient encore appeler l’enfer vert: « La situation est bien pire que tout ce que l’on peut imaginer ». Encore un indécrottable catastrophiste!

  9. Dans le H2G2 on peut lire à l’entrée « Terre »: Globalement inoffensive.
    Le rédacteur aurait dû ajouter Humanité: Globalement nuisible.
    A noter que la célèbre trilogie en 5 volumes vient de se voir prolongée d’un 6è. Douglas Adams connaissant actuellement un petit empêchement c’est Eoin Golfer qui l’a commis.

  10. Parasite, mon ami……
    Depuis que l’on a appris que les parasites seraient pain bénit pour les micro-organismes des lacs et des rivières, pourquoi ne le seraient-ils pas ailleurs ? (…)
    « En fait, tout cela participe d’un vaste programme européen qui vise à définir, à l’échéance de 2020, ce qu’est le bon état écologique d’un écosystème »
    « C’est un champ de recherches énorme qui s’ouvre devant nous. Pour les biologistes, les géographes, les géophysiciens, les mathématiciens.»
    http://www.sudouest.fr/2011/10/10/parasite-mon-ami-522032-1391.php

    Remarque habituelle : Le pétrole, c’est « bio ».
    Le contenu des boites de ce porte container, je ne sais pas……..
    Ne nous émotionnons pas QUE sur les pollutions « visuelles ».
    Le pétrole provoque la prolifération de certains planctons à la suite des marées noires…….
    Et par la suite celle des crustacés et de leurs prédateurs.

  11. Je pense être un humain et pourtant, tout ce qui nuit au plancton, le CO2, le pétrole, les nitrates, la culture intensive, les polluants en tous genres et les pesticides me nuisent tout aussi profondément.
    On parle de quoi dans cet article?
    Sauver le plancton est une intention tout à fait louable, comme celle de vouloir sauver la Terre, cependant si on en est arrivé si bas dans l’échelle des priorités, c’est que l’Humanité est vraiment au bord du gouffre.
    Ni la Terre ni le plancton ne devraient être des objets de combats militants. J’ai en tête l’exemple de Natag*ra (je ne cite pas). Savez-vous comment elle « sauve la nature » aujourd’hui?
    Et bien, c’est simple, elle la privatise. Avec l’argent des dons (entreprises et particuliers), elle achète des terrains et met de la clôture tout autour avec une belle pancarte: « ceci est à nous, respectez-le » (En vrai: Ceci est à vous, respectez-le)
    Waaow! Génial! Je sens que ça sauve vachement bien la nature. La rendre accessible à ceux qui jouent le jeu, qui ont le sésame, c’est-à-dire la carte de membre ou la bonne pensée (la pensée qu’il faut) pour mériter l’accès est tout simplement contre-productif. Moi, je n’aime pas Nat*gora et elle me le rend bien. Alors, suis-je un ennemi de la nature? Certainement dans l’apparence, seulement ce que personne ne sait, c’est que lorqu’on vit chichement, il est impossible de détruire la nature autant qu’un riche qui n’a aucune conscience que chacun de ses actes, même les plus anodins, détruisent de 2 à 1000 fois plus la nature que les actes d’un mec qui n’a pas les moyens de… partir en vacances, acheter une « voiture verte », alimenter le commerce de mille façons différente.
    Bref, Nat*gora marque son territoire comme n’importe quel animal. C’est ce que je vois. Elle marque des endroits qui étaient jusqu’alors COMPLETEMENT inconnus donc, par définition, déjà protégés! Elle en fait de la publicité sur son site Internet, sur ses dépliants,les plus beaux endroits de Belgique sont enfin connus de tous et elle fait payer indirectement l’entrée.

    Quand nous aurons tous compris que du simple déplacement en tram jusqu’à la plus anodine recherche Google, rien dans ce monde ne respecte la nature, nous aurons peut-être enfin compris qu’acheter de la clôture pour protéger la nature la pollue tout autant que d’y aller faire un bon pique-nique où on laisse tous les détritus au sol Pourquoi? Parce que du barbelé, ça met beaucoup plus de temps à se biodégrader qu’un sachet de poulet. Je pense que plus on s’occupera d’elle, plus elle nous montrera que c’est de nous-mêmes et de nos prochains qu’il faudrait qu’on s’occupe.

    Le jour où chaque parcelle de cette Terre sera clôturée pour sa « propre sauvegarde », peut-être nous nous rendrons plus compte qu’on ne peut pas sauver la Nature. L’Humain fait partie intégrante de la Nature.

    1. Faux : faîtes l’essai sur votre balcon .

      Du fil de fer , même de 1 mm d’épaisseur aura disparu en moins de deux ans sous nos climats . Le sachet en plastique du poulet sera encore là dans cinq ans si le vent ne l’a pas embarqué ailleurs .

      En Afrique on parle , à propos de ces sacs , des « fleurs bleues de l’Afrique » . Si vous connaissez les abords du lac rose au Sénégal , vous trouverez en bord d’océan pas loin du parcours du Paris-Dakar , ces magnifiques fleurs qui y sont encore et pour longtemps .

      On peut par contre y manger le poulet yassa , excellent et non empaqueté .

    2. Faux : le barbelé ( fer ou laiton ) se corrode bien plus vite que ne se dégrade le plastique de nos emballages .

      Même à Sainte Sigolène( Haute Loire ) , mecque française de la fabrication de ces merveilles de plasturgie , on ne prétend pas le contraire quand on argumente « écologiquement » pour sa production . Ce qui est davantage mis en avant c’est le bilan énergètique et émission de C0 2 , qui serait en faveur du sac plastique plutôt qu’au sac en papier . Mais pas un mot sur la durée de destruction par les vaillantes petites bactéries .

      PS : dans tous les cas de figure ramenez vos merdes chez vous .

      1. Je ne suis pas vraiment du genre à laisser mon sachet de poulet sur la pelouse, au contraire, mais l’idée que je voulais faire passer est celle de nos soi-disant solutions aux problèmes auxquels fait face l’humanité, solutions qui en réalité sont de plus en plus contre-productive.
        Privatiser la nature est un sommet dans le genre!

        Qu’essaye-t-on de sauver? Les apparences seulement, mais dans le fond, le problème, c’est la peur de manquer alors que nous vivons dans un monde d’abondance.
        Cette réalité est impossible à gober pour ceux qui veulent jouer le jeu de cette société.
        Pour ma part, j’essaye de promouvoir la permaculture autour de moi. Il ne faut pas sauver la nature, il faut juste lui donner un coup de pouce pour qu’elle récupère tout ce que l’on a volé.
        Voire à ce sujet: Claude Bourguignon
        Mais les gens ne veulent pas donner un coup de pouce à la nature, c’est trop humiliant. Il faut la sauver, ça fait rêver…

      2. La meilleure façon de « donner un coup de pouce » à la nature , c’est d’abord d’éviter de la dégueulasser pour se donner l’occasion de dépenser encore plus d’énergie pour la remettre en état( au prix de dégradations supplémentaires des « ressources » naturelles ) . J’ai déjà écrit que je ne connaissais rien de plus stupide qu’une station d’épuration de type « industriel » . Le lagunage c’est autre chose , et l’épuration par les roselières encore mieux .

        Si vous visez les risques d’une sanctuarisation géographique ( qui a ses atouts et devient sur certains thèmes une nécessité sine qua non ) je peux partager avec vous une prudence critique .

        Je connais bien les avantages et les limites de la permaculture chère à Claude Bourguignon .C’est une approche concrète et souvent efficace parmi d’autres . Pour ma part ,je partage davantage l’approche plus ouverte ( bien qu’on taxe parfois ses membres d’ayatollahs de la certification bio ) de Nature et Progrès .

        Sur l’appropriation des sols pour les mettre à l’abri des pollutions trop peu réversibles , je suis pour ( et regrette de ce point de vue que le conservatoire du littoral n’ait pas plus de moyens financiers et qu’il soit contraint d’acheter « au prix du marché ») . Avec Michel Serres je dis que l’appropriation privée totalitaire conduit à la « mal-propreté » .

        J’ai pourtant des exemples de propriétés foncières privées de grande superficie ( souvent des propriétés de la vieille noblesse française ) qui ont pu rester des bastions de la biodiversité tant végétale qu’animale , parce qu’elles étaient restées dans  » une seule main ». Sur celles ci, la division qui suit un héritage à héritiers multiples , est presque toujours le début de la vérole et de la catastrophe écologique .Effets directs alors de la spéculation .

        Je retiens de mes propres expériences ( parfois des loupés ) que les solutions ne sont pas les mêmes selon l’étendue , la nature et la concentration du phénomène que l’on souhaite traiter .

        Et que les solutions sont d’autant plus simples , efficaces et peu coûteuses qu’on n’a pas laisser la m…de atteindre un niveau d’étendue , d’intensité ou d’irréversabilité de nature ,tel qu’on ne sait plus trouver de réponse ou qu’on ne sait mettre en oeuvre que des solutions dont le coût est au moins aussi innatteignable que le remboursement de la dette grecque

        Ou par des actions kafkaïennes insupportables pour la commune des humanités .

        PS : en ce qui concerne les stations d’épuration n’allez pas conclure trop vite que j’en demande l’arrêt ! Je souligne en fait le lien qu’il y a entre aménagement du territoire , urbanisme , traitement des déchets , politique de l’eau , et bilan tant écologique qu’économique au sens financier du terme .

      3. L’agriculture mécanique nous a été vendue comme la panacée à la misère du monde.
        Produire d’énormes quantités de blé, de soja, de céréales, de maïs, etc… pour pouvoir enfin nourrir le Tiers-Monde! Voilà, la promesse non tenue par l’agriculture mécanique et intensive.

        Commencer dès aujourd’hui à promouvoir la perma partout où cela est possible a beaucoup d’avantages. Le tout est de le vendre correctement aux personnes sensibles à la cause naturelle. L’enjeu est de trouver des gens prêts à mouiller leur chemise parce que ce qui tue la nature aujourd’hui, c’est le snobisme des gens qui ne la connaissent que par les belles images vendues par Yann Arthus-Bertrand et tous les autres « esthètes » du genre.
        Non, il faut quitter cet état d’esprit! La Nature, c’est aussi de la boue et des microbes et TANT MIEUX!!!
        « Sauver la nature » ne sera possible que par ce biais-là. La permaculture permet à la Terre d’être à nouveau vivante et non pas « amorphe », aseptisée voire morte comme aujourd’hui dans les campagnes (et dans les clichés de Yann Arthus-Bertrand, je récidive)
        Si cette idée d’une Nature vivante, d’apparence sale et chaotique, mais en réalité belle et forte venait à être partagée par tous les gens sensibles à la cause naturelle, on pourrait dans le désordre:
        – recréer du lien social
        – du coup, réduire les budgets de sécurité
        – manger sain
        – du coup réduire les dépenses de santé
        – créer de la solidarité intergénérationnelle parce que ce sont les « vieux » qui ont les terrains adéquats et les « jeunes » qui ont l’énergie de les préparer à la perma
        – du coup créer une nouvelle société qui entrerait dans un cercle vertueux
        etc…

      4. Merci . On avait bien compris que vous souhaitiez promouvoir la permaculture.

        ça n’empêche pas de se soucier du plancton .

        Et de pas mal d’autres choses .

  12. Ce lien , qui n’est pas directement en réponse à la protection du plancton , mais qui reste dans le sillon de la protection de l’alimentation stricto sensu , et , au delà, du maintien du lien sociétal et économique par la satisfaction à bonne échelle de ce besoin primaire :

    http://www.alimentons2012.fr/

  13. Je préfèrerais lire « Nous n’avons mentionné ici qu’un faible échantillon des déséquilibres que les activités humaines causent à l’environnement… ».
    Quoiqu’il en soit, je suis soulagé de voir un peu plus d’écologie (au sens scientifique du terme) dans ce blog.

  14. Ces grandes masses d’eau sont des insuffisances d’eau ailleurs où cette eau manque.
    Vous ne voyez donc pas l’analogie avec l’accumulation du capital ?
    Une accumulation de capital permet aussi à des « parasites » de proliférer de façon préjudiciable à l’économie.
    A ceux qui prétendent que la disparition du capitalisme ferait disparaître ces parasites, je pose la question: Pour supprimer ces toxines et parasites qui mettent en danger le plancton, doit- on supprimer les grands lacs, les mers fermées, bref toute cette accumulation injuste d’eau qui manque ailleurs ? il n’y aurait plus de problème de plancton .

    1. Je n’ai pas lu dans le billet votre prémisse ( fausse) de votre première ligne .

      Quitte à rentrer dans la réthorique de celui qui vous apparait adverse pour mieux le combattre par un syllogisme qui se veut assassin , autant le faire à bon escient .

      Sinon , on se tire une balle dans le pied . Et même les deux .

      Laissez le plancton à ceux qui savent et en connaissent l’importance , et instruisez vous comme moi .

  15. Au départ, il y a le phytoplanton et le zooplanton

    « La pompe organique
    Le plancton joue un rôle primordial dans le cycle de carbone. Sa composition élémentaire en C : N : P vaut 106 :16 :1. Ainsi, le plancton consomme plus de cent atomes de carbone par atome de phosphore.
    Les producteurs primaires (phytoplancton), ne font de la photosynthèse que dans la zone translucide de l’océan, c’est-à-dire au maximum les 200 premiers mètres (mais plus généralement, uniquement les 20 premiers mètres).
    Cependant, le manque de substance nutritives (azote, phosphore) et d’ensoleillement est le principal facteur limitant de la production de biomasse.
    Une très forte production primaire est mesurable par satellite en raison du changement de couleur de la mer en fonction de la concentration en chlorophylle et ses produits cataboliques (matières jaunes).
    Cependant, dans certaines régions on peut trouver une grande densité en substances nutritives, et pourtant la population de microorganismes y est relativement faible. C’est le cas par exemple dans l’Océan Austral.
    On présume donc que si l’efficacité de la productivité biologique de l’océan augmente, une plus grande quantité de carbone sera utilisée pour la photosynthèse et la formation de coquilles, et donc la quantité de CO2 pompée par l’océan augmentera.

    La pompe carbonate
    La formation de coquilles de calcaire par les organismes marins est une étape importante du cycle du carbone. Les Coraux, les Eponges calcaires et les Lamellibranches entre autres utilisent le carbone dissout dans l’eau comme base pour former leur exosquelette de calcaire.
    Par exemple les craies de l’île Rügen en Allemagne et près de Dover en Angleterre qui sont formés par les coccolites.

    Le plancton, responsable de la pompe organique et de la pompe carbonate
    Le plancton est l’ensemble des microorganismes qui, incapables de se mouvoir, dérivent dans l’eau
    .
    On peut différencier deux groupes : le phytoplancton et le zooplancton.
    Le zooplancton se compose en général des Copépodes (petits Crustacés) et du krill.
    La composition de phytoplancton dépend de la disponibilité des nutriments (phosphore, azote, silicate), de la température et de la chimie de l’atmosphère et de l’eau de mer. On peut cependant classifier grossièrement le phytoplancton en deux groupes, les Diatomées et les Dinoflagellés.
    Le plancton dont la taille caractéristique est de l’ordre de 4-40 μm s’appelle le nanoplancton. (ex : les coccolites)
    le plancton : quelques exemples
    pages.globetrotter.net/…/ photoweb/plancton.htm
    La quantité et la distribution du phytoplancton dans la mer ont une grande influence sur la pompe biologique et le stockage de carbone puisque c’est le phytoplancton qui influence toute la suite de la chaîne trophique par sa production nette de photosynthèse.
    Les observations indiquent qu’actuellement la production de phytoplancton diminue. Ainsi, la couche de végétation océanique a diminué de 6 cm sur les dernières 20 années.

    III. 3. Les conséquences du changement climatique
    Si la température de l’atmosphère, et par conséquent la température de l’océan, augmentent, l’efficacité des pompes pourraient être modifiée …
    -source-
    http://www.enpc.fr/fr/formations/ecole_virt/trav-eleves/cc/cc0304/cycle-carbone/cycle-carbone.htm

  16. Très franchement ce qui m’aurait fait plaisir c’est l’arbitrage de M Pierrot Mollo sur nos commentaires fussent-ils vaseux?

      1. Oui c’est bizarre que n’ont ne parle plus de l’acidification de l’eau par le CO2. En même temps c’était les commentaires que j’entendais en 1973 suite a la sortie du film soleil vert il y maintenant aujourd’hui 30 ans il ont peut être depuis complétement disparue le zooplancton qui évolue dans la construction d’un squelette, évoluer une vraie bêtise d’ailleurs regarder se qui se passe.

  17. il y a aussi les innombrables amis du plancton qui lui permettent de subsister et de continuer à représenter la totalité de la biomasse puisqu’il est si bien dit que toute la chaîne en dépend.

    Les vents de sables qui déposent des nutriments sur les océans

    Les courants marins qui les font remonter des profondeurs

    etc exposant 26

    1. La disparition du plancton est liée a un ralentissement d’upwelling, c’est-à-dire du phénomene saisonnier de remontée à la surface d’eaux profondes plus froides et « riches en plancton végétal (phytoplancton) et animal (zooplancton), qui forment la base de la chaîne alimentaire maritime ». Les scientifiques n’ont pas d’explications claires sur l’origine de l’insuffisance d’upwelling, mais une étude récente indique que le phénomène pourrait s’appliquer sur le long terme et être lié au réchauffement global.

      Un cycle de type El Niño peut être exprimé dans un algorithme dont les conséquences futures restent absolument imprévisibles dans le détail car on a affaire à un phénomène de type fractale. Les fractales, mises à la mode par Michael Crichton dans les années 90 lorsqu’il a utilisé leurs propriétés admirables d’être à la fois totalement aléatoires et de produire des résultats organisés par une logique sous jacente toujours surprenante, permettait au scientifique Ian Malcolm de prévoir que le parc de dinosaures (sans plumes, sic!) deviendrait incontrôlable.

      Si le plancton décline de 1% par an, est-on sûr qu’il aura disparu en 2111? bien sûr que non, le succès des espèces dans la nature est fait de cycles exponentiels. Il y a fort à parier que l’insuccès du plancton durant certaines saisons détruira le haut de la pyramide ou chaîne trophique et organisera paradoxalement son succès et sa pullulation les années suivantes…

      Il est vrai que le phytoplancton est le véritable poumon de la planète, nanifiant les forêts amazoniennes en produisant 90% de l’oxygène atmosphérique (sic!!!) Mais sa toute relative disparition ne sera que momentanée, puisque lorsque l’homme parle de disparition il ne s’agit que d’une simple absence de pullulation remarquable, causée par des facteurs aléatoires peu connus. Il y aura toujours au fond des océans et à sa surface (le poisson, c’est bien connu des pêcheurs, est au fond où à la surface lui aussi) le germe de la pullulation du plancton. Il y aura toujours des courants marins sauf à envisager l’un des pires événements qu’une planète vivante puisse connaître, l’interruption du tapis roulant océanique, qui causerait une extinction massive des espèces. Il y a des réserves inépuisables et renouvelables de CO2 au fond de la mer, dans la mer et dans l’air. Il y aura de plus en plus de déserts et de tempêtes de sables à cause du réchauffement climatique, tout cela est purement factuel, loin des extrapolations bizarres en cours dans les mouvements écolo new age permachin pompe à flouze.

      J’essaie en vain de comprendre pourquoi les gens sont pessimistes envers le futur de la planète. Je ne puis que constater la puissance infinie de la nature et m’incliner devant elle, sans essayer de la comprendre puisque l’être ou la chose qui a imaginé tout ça derrière son clavier d’ordinateur universel, appuyant sur entrée avec l’annulaire est tellement génial que son jeu de la vie programmé à partir d’un automate cellulaire quantique n’a connu aucun bug!

      La science quand elle est érigée en tant que vérité suprême permettant, de façon illusoire, de tout contrôler est pleine de dangers. Mais elle est inoffensive d’autre part.

      1. J’essaie en vain de comprendre pourquoi les gens sont pessimistes envers le futur de la planète.

        Parce qu’ils se trompent. Ils confondent futur de la planète et futur de l’humanité.
        C’est pour le deuxième que je suis pessimiste.
        Mais bon, nous ne serons pas là pour le voir, hein..?

  18. La précarité de la vie liée à l’enchainement des êtres vivants, est aussi soulignée, sur terre, à propos des abeilles.
    Coincés sur terre et sur mer : la fuite est devenue impossible (laissons la ‘terra-formation’ de Mars ou d’une quelconque exoplanète à la littérature) si la surpopulation humaine n’est pas considérée comme le problème des problèmes …

    1. « ………..si la surpopulation humaine n’est pas considérée comme le problème des problèmes … »

      Rappelons les chiffres vertigineux: 2 milliards d’individus dans les années 60……..7 milliards aujourd’hui !

  19. j’ai pas lu les commentaires, c’est bien rappeler le phosphore et pas seulement les nitrates. Histoire d’intégrer l’agriculture dans son élément (notre mode de vie), j’ai juste envi de préciser, que l’agriculture utilise 80% des pesticides, mais lorsqu’on analyse l’eau, seul 50% proviennent des paysans.
    Ce qui veut dire que les 20% de pesticide non agricole (du jardinier, au cantonnier à l’entretient des voies ferrés etc…) contribue à l’autre moitié (ils sont soit en surdoses soit sans sol pour les filtrés: les trottoirs, les cours etc..).
    Pour les phosphates de mémoires, la moitié étaient utilisés pour les lessives (vous savez « le chat machine », avec un substitue plus polluant que le phosphate), l’autre pour l’agriculture (cela a du évolué, avec une baisse de la consommation global dans les deux postes), c’est un élément assez rare naturellement, rien de mieux pour favoriser l’eutrophisation.
    Effectivement cela ne change rien pour la Bretagne, qui a très peu de sol pour filtrer, le seul moyen logique serait d’accompagner l’expatriation (encore une fois dans l’histoire) d’éleveur Brettons vers les plaines, où ils manquent de fumure organique, mais ça casse la logistique des abattoirs et la meilleur marge du jambon au supermarché….

  20. En ces temps de débat sur le nucléaire, n’oublions pas de l’ajouter à la liste des réchauffeurs de fond d’océan, alors que par le truchement du CO2, les institutionnels ont réussi à focaliser l’attention sur la combustion, et ainsi à l’en écarter.
    Rappelons que les centrales nucléaires sont refroidies par des débits d’eau considérables, qu’elles réchauffent jusqu’à 28° avant de les rejeter dans les cours d’eau, ce qui d’ailleurs pose le problème de leur fonctionnement en été, jusqu’à devoir les interrompre, voire les arroser au jet (méthode système D ?)…
    Rappelons qu’à l’inverse la combustion du bois a été reconnue comme ne produisant pas de CO2, car la coupe de bois (branchages) utilisé pour le chauffage entretient les forêts, aide à la repousse de jeunes plants qui fixe le CO2, et en plus évite la mise en décharge du bois (si si, c’est une pratique qui concerne de grands volumes) qui dégage du méthane, très fort en effet de serre.
    Enfin, utiliser de l’électricité nucléaire pour produire du chauffage demande 80% de plus que la quantité d’énergie utile, car il y a les pertes à la production dans la centrale (celles qui vont dans l’océan) et également les pertes dans le transport d’électricité, qui représente environ 30 ou 50% (je ne sais plus) de ce qui est transporté…
    Sans parler évidemment des radiations…
    Après tout ce bilan écologique, le bois est la meilleure énergie de chauffage en France. Et il est renouvelable !
    Merci pour vos articles !

  21. Le plancton sous nos pieds constitue 80% de la biomasse de la Terre. Si des extraterrestres débarquaient depuis l’espace, la première impression qu’ils auraient, c’est d’être tombés sur une planète dominée par les vers de terre.

    http://www.dailymotion.com/video/xh7vea_microbiodiversite-vie-et-mort-des-sols-expliquee-par-lydia-et-claude-bourguignon-microbiologistes_news#rel-page-3

    Tout maillon de la chaîne est remarquable, même celui des plus insignifiants ou des plus « nuisibles ». Par exemple s’il n’y a plus de limaces, les fraises et les framboises de nos jardins n’ont plus de goût. Leur travail dans la terre aide à développer les arômes des fruits rouges.

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