Archives par mot-clé : dark pools

NOUVEAUX EXPLOITS DES MÉGABANQUES, par François Leclerc

Billet invité.

Ayant privilégié le renforcement des fonds propres des banques sur le mode d’une digue allant contenir la prochaine tourmente, tout en laissant intacts les mécanismes spéculatifs qui auront suscité celle-ci, la régulation financière est en train de vivre ses derniers instants. Alors que des pans entiers de l’activité financière sont laissés dans l’ombre, et que les banques européennes freinent les dernières ardeurs des régulateurs, l’élection de Donald Trump annonce le début du détricotage des mesures de régulation, sans que l’on sache encore par quel bout il va commencer.

Continuer la lecture de NOUVEAUX EXPLOITS DES MÉGABANQUES, par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

QUEL MONDE ! NON MAIS QUEL MONDE ! par François Leclerc

Billet invité.

Jadis, les banques centrales faisaient le marché, gendarmes respectés du système financier, que la puissance publique contrôlait. Aujourd’hui, que maitrisent-elles vraiment, du haut de leur indépendance de façade ? Les faits semblent désormais établis : leurs moyens ne sont ni dimensionnés ni adéquats au regard de ce qu’est devenu un monde qui leur échappe. Les mouvements de capitaux sont disproportionnés par rapport à ce qu’elles peuvent mobiliser, et leurs instruments de politique monétaire sont sans prise sur une crise multiforme.

Dans ce nouveau monde, le gigantisme atteint par les institutions financières porte à réflexion. Selon SNL Financial – une société américaine spécialisée dans les informations sur les banques et les assurances – JP Morgan Chase, Bank of America, Citi Bank, US Bank et Wells Fargo, détenaient à elles seules 44 % du total des actifs inscrits en 2013 au bilan des banques américaines, soit 6.780 milliards de dollars. En 1990, les cinq plus grandes banques affichaient un total de 457 milliards d’actifs, soit 9,6 % de l’ensemble des actifs bancaires de la même année.

Continuer la lecture de QUEL MONDE ! NON MAIS QUEL MONDE ! par François Leclerc

18Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Le temps qu’il fait le 27 juin 2014

Sur DailyMotion, c’est ici.

John Maynard Keynes : « La fin du laisser-faire » (1926)

Michael Lewis : The Big Short (2010), Flash Boys (2014)

La capture des régulateurs

Blog de PJ : BNP Paribas, banque d’un monde qui ment (codicille), par Zébu, le 23 juin 2014

Blog de PJ : Le FN : ami du peuple et ennemi de la finance ?, par PJ, le 25 juin 2014

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

LES DARK POOLS PORTERAIENT-ELLES BIEN LEUR NOM ?, par François Leclerc

Billet invité

Le vent de nouvelles poursuites continue à souffler depuis les États-Unis. Après le trading à haute fréquence, c’est au tour des dark pools d’être l’objet qu’enquêtes et de poursuites. Originellement destinées à protéger les gros investisseurs des regards inquisiteurs et des spéculations à leur encontre, ces entités ont poussé comme des champignons. Il existe une cinquantaine de dark pools dont il est tardivement découvert qu’elles sont sans supervision et pourraient être le siège discret de pratiques contrevenant à la libre formation des prix, cette mission dévolue aux bourses traditionnelles. Des grandes banques européennes – dont UBS, Crédit Suisse et Barclays – sont à l’origine des plus importantes. La SEC (le gendarme de la bourse américain) a déjà formulé des premières propositions de réglementation des dark pools et en a annoncé de nouvelles. Elle est déjà intervenue dans le cas de l’une d’entre elles, Liquidnet, qui faisait bénéficier des investisseurs d’informations privilégiées sur les transactions qui y étaient opérées.

Le procureur général de New York, Eric Schneiderman, a commencé par enquêter à propos de tels comportements en faveur des opérateurs à haute fréquence. Puis il a enjoint à six de ces opérateurs de fournir des informations à propos de tels arrangements à un tribunal (procédure de subpoena). Il a poursuivi en annonçant des poursuites contre Barclays, qui chercherait en procurant ces avantages à attirer au sein de sa dark pool des opérateurs de trading à haute fréquence afin de gonfler son activité et ses revenus. Aux États-Unis, 14 % des transactions boursières seraient déjà effectuées via ces systèmes de transaction.

Continuer la lecture de LES DARK POOLS PORTERAIENT-ELLES BIEN LEUR NOM ?, par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de demain : A LA RECHERCHE DE L’INNOCENCE PERDUE, par François Leclerc

Billet invité.

On est très loin de la corbeille à la papa et des boursicoteurs amateurs! La progression fulgurante des innombrables mini-transactions informatisées à très grande vitesse du High Frequency Trading ( HFT) et le rapide développement des dark pools (les « piscines opaques ») sont en train de totalement bouleverser le fonctionnement des marchés. Et pas dans le sens de la transparence qui lui est cher. Même le monde financier est à deux vitesses.

Voilà toute l’étendue du problème : aux États-Unis, selon le Wall Street Journal, plus de la moitié des transactions seraient désormais opérées dans le cadre du HFT et 14% d’entre elles réalisées en 2012 dans le cadre des dark pools/, contre 3% en 2007, avec une pointe à 37% le mois dernier. Les dark pools avaient à l’origine comme objectif de protéger les grands investisseurs, afin que leurs ordres volumineux ne soient pas détectés par d’autres pendant leur exécution et que cela aboutisse à accroître le prix de leurs acquisitions. Mais, comme en toutes choses financières, la pratique a pu pervertir ces nobles intentions, conduisant leur régulateur, la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA), a enquêter.

Continuer la lecture de L’actualité de demain : A LA RECHERCHE DE L’INNOCENCE PERDUE, par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

LA FINANCE CASINO RISQUE DE DÉTRUIRE NOS SOCIÉTÉS, par Denis Dupré, Marc Chesney et Paul Jorion, Le Temps, le 26 septembre 2012

La finance casino risque de détruire nos sociétés

Version papier dans le quotidien.

PAR DENIS DUPRÉ*, MARC CHESNEY** ET PAUL JORION***

Certains outils financiers sont à interdire. Exemple : les CDS nus, qui consistent à parier sur la faillite des États, devraient être prohibés dans la zone euro à partir de novembre 2012. Déjà la marine anglaise en 1745 punissait les joueurs lors de l’assurance de navires si l’assuré ne pouvait prouver son intérêt pour la cargaison. Combien de cargaisons de navires marchands anglais ne seraient pas arrivées à destination si les gouvernements avaient laissé les parieurs ramasser la mise, ayant payé des hommes de main pour couler les bateaux ?

D’autres pratiques devraient aussi être proscrites: lorsqu’une plus grande vitesse permet aux plus rapides de spolier les moins informés, quand le manque de transparence permet de manipuler les prix ou quand les parieurs dominent les transactions.

Un constat : le développement d’une zone grise a gangrené la finance. Les dark pools autorisés depuis 2007 en Europe permettent aux acteurs de rester anonymes. De même, le high frequency trading, par la vitesse de ses opérations, opacifie les marchés. Le mécanisme de formation des prix efficients, érigé jusqu’alors en dogme qui peut laisser croire à une « justice » du marché, vole en éclats puisqu’il suppose un accès public aux informations sur les transactions. Comment traquer les manipulations de marché et les délits d’initiés qui deviennent pratique courante ? En octobre 2011, le président de l’Autorité des marchés financiers française fait un terrible constat d’impuissance : « Alors qu’il nous faut plusieurs mois d’analyse pour démontrer une manipulation de cours faisant appel à des techniques de trading traditionnelles sur quelques minutes, est-il raisonnable d’imaginer démontrer d’éventuelles manipulations de cours liées à des pratiques de trading à haute fréquence ? »

Continuer la lecture de LA FINANCE CASINO RISQUE DE DÉTRUIRE NOS SOCIÉTÉS, par Denis Dupré, Marc Chesney et Paul Jorion, Le Temps, le 26 septembre 2012

2Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

LE CAPITALISME CE MATIN

Dans mon livre La crise du capitalisme américain (2007), j’annonce, avec moult détails, la crise des subprimes. Dans une première partie – qui reprend ce que j’avais déjà écrit dans mon Investing in a Post-Enron World (2003) – j’annonçais autre chose, qui se produit là aussi, même si c’est de manière plus larvée et moins spectaculaire : la fin des marchés boursiers au comptant et à terme.

On parlait encore peu à l’époque de High Frequency Trading, de dark pools ou d’algos, mais tout cela était déjà là, en germe ou en préparation, en tout cas connu ou éminemment envisageable pour les gens de la branche.

Les incidents d’hier sur les marchés boursiers américains, dont Knight Capital, très présent sur le HFT et dans les dark pools, a accepté la responsabilité, est très révélateur de ce processus d’autodestruction des marchés prévisible depuis une dizaine d’années.

Pour ajouter à la morosité, Bill Gross, fondateur et co-dirigeant de PIMCO, filiale d’Allianz, le plus gros fonds de gestion obligataire américain, a annoncé la fin de la Bourse, faute de croissance et en raison d’une surévaluation chronique du cours des actions, annonciatrice d’une « correction » dévastatrice. Il a ajouté en post-scriptum, pour compléter le tableau, qu’avec des coupons négatifs pour les produits de dette encore fiables, le marché obligataire était mort lui aussi.

Je rappelle à toutes fins utiles, qu’un autre de mes livres s’intitule Le capitalisme à l’agonie (2011).

=======================
P.S. Mon premier billet entièrement sur iPhone. Chapeau quand même MM. Steve Jobs et les autres.

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

MARIANNE, « Paul Jorion annonce la crise suivante, celle des dark pools », par Laurent Pinsolle

Un compte-rendu – qui s’annonce en deux parties – de Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011). J’allais écrire « une critique », mais le mot aurait été trop fort : « Paul Jorion annonce la crise suivante, celle des dark pools ».

Je signale un petit malentendu :

Paul Jorion souligne que [les dark pools et le High Frequency Trading] permettent le « front running », système où une banque place un ordre d’achat en son compte juste avant l’exécution de l’ordre important d’un client, qui fait donc monter les cours, pour lui « une variété du délit d’initié ».

Non : comme je l’explique dans le livre, les dark pools ont été précisément introduits pour rendre le « front running » impossible.

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail