MARIANNE, « Paul Jorion annonce la crise suivante, celle des dark pools », par Laurent Pinsolle

Un compte-rendu – qui s’annonce en deux parties – de Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011). J’allais écrire « une critique », mais le mot aurait été trop fort : « Paul Jorion annonce la crise suivante, celle des dark pools ».

Je signale un petit malentendu :

Paul Jorion souligne que [les dark pools et le High Frequency Trading] permettent le « front running », système où une banque place un ordre d’achat en son compte juste avant l’exécution de l’ordre important d’un client, qui fait donc monter les cours, pour lui « une variété du délit d’initié ».

Non : comme je l’explique dans le livre, les dark pools ont été précisément introduits pour rendre le « front running » impossible.

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10 réflexions sur « MARIANNE, « Paul Jorion annonce la crise suivante, celle des dark pools », par Laurent Pinsolle »

  1. @ Paul,

    Pourquoi l’article n’est-il pas plus précis sur ce qui va amener la prochaine crise via les dark-pools ? Autrement dit, en quoi les dark-pools sont-ils potentiellement des armes de destruction massive ?

  2. @ Paul Jorion

    Merci pour la recension. En fait, j’ai fait une chronique en trois parties sur votre livre. La première se trouve ici :

    http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2011/07/24/paul-jorion-nous-conte-les-exces-du-capitalisme.html

    La troisième sera publiée demain.

    Je ne comprends pas bien pourquoi les dark pools ne permettent pas le front running. Au contraire, il me semble que le principe même des dark pools permet justement de faire du front running de manière plus discrète. Une banque n’aurait pas intérêt justement à placer son ordre en front running sur un dark pool plutôt que sur le même marché que l’ordre qu’elle place pour son client pour éviter l’accusation de délit d’initié ?

    @ Thom

    Je crois que les dark pools sont une nouvelle innovation de la finance qui va favoriser les bulles et les comportements irresponsables, comme les autres innovations qui ont mené au krach de 2008, que M.Jorion a bien décrit dans ses livres. James Galbraith, dans son analyse de la crise de 1929, souligne que les périodes précédents les krachs sont souvent des périodes d’innovation financière, qui contribue à accentuer tous les travers de la finance et donc à la formation de bulles qui finissent par éclater.

    En outre, en réduisant la transparence, les dark pools me semblent pouvoir être un accélérateur des paniques coutumières des phases de krach.

    1. @ Laurent Pinsolle,

      Vous avez absolument raison.
      Les dark pools permettent ce que l’on appelle un pré-compensation interne. Officillement, cette dernière est supposée permettre des appariements directs entre ordres acheteurs et vendeurs de clients (particuliers), permettant ainsi d’éviter des effets d’écarts de cours liés à la « fourchette » du marché. Dans les faits, c’est bidon. La seule et vraie raison est de permettre de répondre directement les ordres des clients sans payer de frais à Euronext, Clearnet…
      Et cela ouvre deux brêches béantes: D’une part de gros ordres pour le compte de clients institutionnels (étalés sur la journée pour une réponse en prix net ou trading de blocs) peuvent être, pour partie, masqués au marché en les matchant directment avec des ordres client (yc institutionnels), ce qui nous ramène à l’aberration de la suppression de la place unique de cotation (avec la miltiplication de plate formes rendant impossible la demonstration d’un prix juste et unique à un instant t). D’autre part, on peut faire un acheté/vendu sur un marché officiel (ce qui n’engage à rien) pour enterriner un prix et se mettre face au client que l’on truffe en dark pool.
      Au total, oui les dark pools, imposés par les PSI, répondent bien à leurs besoins et permettent tous les abus de marché.
      Après, moi je ne suis pas un esspert.

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