Archives par mot-clé : Emmanuel Macron

L’« acceptabilité sociale » vs. nos aspirations profondes, par Vincent Burnand-Galpin

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Ce que la crise des Gilets jaunes a bien montré (si ce n’était déjà clair), c’est que les puissants ne peuvent gérer les affaires publiques sans le consentement du peuple. En voulant s’attaquer un tant soit peu aux enjeux climatiques, le gouvernement a cru bien faire en introduisant la taxe carbone sur les carburants dans l’effet de renchérir leur prix et donc diminuer leur consommation. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase : un déferlement sans précédent de frustrations jusque-là contenues s’est exprimé sur les ronds-points de toute la France, dépassant le cadre du déclencheur.

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Namur, Conférences du Samedi, Vers un nouveau monde – Questions de la salle, le 23 mars 2019

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Sylvain Laurens, Les courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles, Agone, 2015

François Quesnay, Tableau économique de la France, 1759

La vidéo de mon exposé – avant les questions de la salle – se trouve ici.

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Pourquoi nous sommes en train de gagner, le 24 août 2019 – Retranscription

Retranscription de Pourquoi nous sommes en train de gagner, le 24 août 2019.

Bonjour, nous sommes le samedi 24 août 2019. Vous connaissez mon goût pour la provocation et donc, vous ne serez pas autrement surpris par le titre que je vais donner à ma vidéo d’aujourd’hui, qui est « Pourquoi nous sommes en train de gagner ».

J’ai appelé récemment une de mes vidéos « Paul Jorion n’est pas fou » mais là, vous pourriez commencer à avoir des doutes sérieux. Pourquoi ? Parce que le monde autour de nous est en train de s’écrouler. Il y a en particulier 4 démagogues qui sont en train de précipiter l’effondrement généralisé du monde. Nous avons M. Trump aux États-Unis. Nous avons M. Boris Johnson au Royaume-Uni. Nous avons M. Bolsonaro au Brésil et nous avons M. Salvini en Italie. Tout ça, ce ne sont pas de petits pays. Ce sont de grands pays qui ont mis à leur tête, par des élections démocratiques, des autocrates, des démagogues, par un vote populaire, le vote du peuple. Ils ont obtenu des majorités pour se trouver là où ils sont. 

Comment en sommes-nous arrivés là ? Il faut réfléchir à cela. 

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G7 : Le coup dans le nez de Tonton Donald

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Je viens de lire dans la presse et de regarder à la télé, les principaux commentateurs américains à propos de la prestation de leur président au G7 qui s’est terminé hier à Biarritz.

Les remarques vont bien entendu en sens divers mais elles peuvent être résumées en une image qui s’est imposée à plusieurs d’entre eux : « Il n’est encore que 15 heures à la fête de famille et Tonton Donald, la tête près du bonnet même en temps ordinaire, a déjà la cuite ».

Que faire ? L’empêcher à tout prix de gâcher le fête pour les autres invités !

Alors, ça se passe comme ça : « Tonton Donald, venez donc vous asseoir à l’ombre, avec votre splendide cravate et votre costume qui vous va si bien, pendant que nous accueillons un visiteur que vous ne connaissez pas (l’envoyé du gouvernement iranien, alors que Tonton Donald a promis « la fin officielle de l’Iran »).

Ou alors : « Tonton Donald, asseyez-vous donc ici : on vous apporte une limonade. Les enfants aimeraient tant jouer bataille avec vous pendant que nous nous occupons des derniers préparatifs du dîner (nous coordonnons la lutte contre le réchauffement climatique, auquel Tonton Donald ne croit pas [ou plus probablement, fait semblant de ne pas croire]).

Cela dit, tous ces commentateurs et toutes ces commentatrices américains font la gueule devant le constat que chacun a pu faire durant le week-end : les États-Unis sont sur la touche, le monde occidental règle ses affaires à six, avec le septième, Tonton Donald, confortablement installé sous le parasol le plus éloigné du jardin à siroter une boisson sans alcool.

Ah ! avant que j’oublie, autre conclusion unanime à laquelle les commentateurs américains parviennent – ne me tombez pas dessus à bras raccourcis, je ne fais que rapporter ce que j’ai entendu : « Le monde occidental a désormais un leader incontesté, et son prénom n’est pas Donald mais Emmanuel ».

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Les « choses » semblent changer, toujours un signal faible ou le début de « la survenue de l’improbable » d’Edgar Morin ? par Pierre de la tribu des Queralt’s

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Jean-Marc Jancovici vient de publier deux articles sur son compte Facebook : il relayait une tribune d’Alain Minc, qui admet que les dogmes économistes ne fonctionnent plus et qu’il nous faut revoir ces derniers.

Je ne sais pas vous, mais j’ai relu deux fois l’article pour être bien sûr des propos de M. Minc, jusqu’alors chantre et défenseur sans réserve du libéralisme. Je ne sais pas vous, mais il y a du Paul Jorion dans les propos et propositions de M. Minc.

Le deuxième article explique qu’une institution internationale, l’OCDE, organise un colloque : « Averting Systemic Collapse » – Éviter l’effondrement systémique – les 17 et 18 Septembre à Paris, où l’on discutera des possibilités d’effondrement (financier, économique, environnemental et sociétal), et des liens entre elles.

Là encore, il y a l’expression du « soliton » pour expliciter l’effondrement systémique. La reconnaissance de l’OCDE dans cette temporalité, à rajouter au changement de dogme des patrons de  grandes entreprises aux USA, aux prises de positions de notre Président, même si elles servent sa personne. 

Toutes ces « choses » témoignent-elles du début d’un changement dans la lutte pour la survie de l’humanité ?

Serions-nous en train de gagner ?

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Pourquoi nous sommes en train de gagner

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24 août 2019, 18h59 – C’est tout moi ça : toujours précéder un peu l’actualité (qq heures, jours, mois, années…), Trump’s company could save millions if interest rates fall as he demands.
Électorat américain : approbation de la politique du Président
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Macron et les Gilets Jaunes – II. L’éveil, par Dominique Temple

Première partie : Macron et les Gilets Jaunes – I. L’Autre et le Tiers. Ouvert aux commentaires.

II. L’éveil

 Qui du capital ou du travail doit mettre l’autre à son service ? Le capital, répond l’idéologie libérale, parce qu’il est du travail accumulé sous forme de savoirs matérialisés dans les machines : le capital est donc capable de produire la richesse en réduisant la participation de l’ouvrier qui n’est ici considéré que comme de la main d’œuvre. Le capitalisme est même capable de substituer à l’homme la machine à moins de traiter l’ouvrier lui-même comme une part de la machine voire d’en faire un robot humain, mais pour cela la machine doit absorber par la technologie tous les savoir-faire, sauf, du moins pour le moment, l’intelligence qui décide des innovations ou des inventions qui mettent la machine au service de l’homme. C’est aux compétences qu’appartient la création de la valeur pourvu que la valeur soit elle-même soumise à la production de valeur d’échange, et que ces compétences soient ordonnées à l’organisation de la puissance industrielle du capital. Il suffit donc de maîtriser le capital pour être investi de la responsabilité de l’avenir humain. Quel avenir ? La croissance du capital en décidera… répondent les capitalistes.

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La Justice bouge encore : la privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac annulée, par Roberto Boulant

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C’est après 4 années de procédure, le jugement rendu hier par la cour administrative d’appel de Paris.

Pourtant la privatisation s’était déroulée conformément aux us et coutumes de l’époque. Il avait été fait appel à un oligarque, pardon, à un investisseur chinois, dont le consortium s’enchâssait dans une cascade de sociétés et de fonds d’investissement où une poupée russe n’aurait pas retrouvé ses petits. La holding de tête comme il se doit, était réglementairement établie dans un paradis fiscal, celui des Iles prétendument Vierges. Et rajoutons que pour faire bonne mesure et emporter l’adhésion enthousiaste du ministre de l’Économie de l’époque, un certain Emmanuel Macron, le consortium s’appuyait alors sur le groupe canadien SNC-Lavalin. Groupe qui avait réussi l’exploit peu commun de se faire radier, avec toutes ses filiales, pour corruption par la banque mondiale.

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Macron et les Gilets Jaunes – I. L’Autre et le Tiers, par Dominique Temple

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I. L’Autre et le Tiers

Lors du “Grand débat” réservé aux intellectuels[1] qu’il avait invités, Emmanuel Macron, Président de la République, estimait que dans une société libérale la question du choix individuel est oblitérée du fait de la tension entre la liberté de chaque individu et la liberté de l’autre lorsqu’il n’y a pas de contrainte collective qui en limite l’arbitraire car dès lors on ne peut juger les choix d’autrui que comme attentatoires à l’idée du commun que l’on se fait de ce qui doit être partagé.  À moins que ces intérêts soient identiques, les définitions du commun sont l’enjeu de forces divergentes en fonction de la différence de ces intérêts. Il veut, assure-t-il, l’épanouissement de la liberté de chacun, normé par la vérité objective. Son projet est la coordination des efforts des uns et des autres, aussi différents soient-ils, pourvu qu’ils contribuent au destin commun en raison de leur complémentarité pour réaliser des objectifs identifiés collectivement. Le commun doit assurer le développement d’un destin individuel dans un destin collectif. Admettons ! Mais se pose la question de savoir qui peut s’approprier légitimement la définition du commun pour pouvoir lui imposer des limites collectives ?

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« M. Macron va recevoir une soixantaine d’intellectuels lundi à l’Élysée », soyons sérieux !

Découvrant sur le programme de France Culture que ce n’est pas pour déjeuner mais pour souper que 67 intellectuels sont invités à l’Élysée, j’avance la parution de mon compte-rendu, initialement planifié pour 18h. Ouvert aux commentaires.

Quand l’un d’entre vous m’a signalé samedi l’invitation de 60 intellectuels aujourd’hui lundi à l’Élysée, me demandant si j’irais, il n’a pas fallu très longtemps pour que l’esprit Thijl Uilenspiegel qui m’inspire de par ma naissance, fasse germer en moi le projet d’une petite farce : je vous annoncerais en grande fanfare que j’avais répondu favorablement à l’invitation en raison de « l’urgence des tâches qui sont aujourd’hui négligées ou, pire encore, dont la solution est subordonnée à une logique obscène de profit », parce qu’« il y a là une occasion de taper du poing sur la table, quitte à faire scandale, en sachant que la presse n’aura d’autre choix que de rendre compte de vos propos. »

Soyons sérieux : pensez-vous que l’on envisage en haut lieu – même un seul instant – à inviter un trublion dont il est parfaitement plausible qu’il utilise effectivement l’opportunité qui lui est offerte pour faire exploser l’« esprit de cour » qui rend certains – même parmi les meilleurs – corruptibles ?

Non, nous vivons dans le vrai monde où rien ne bouge : je ne faisais pas partie des « un peu plus d’une centaine » d’intellectuels invités. Mais libre à vous – vous êtes nombreux et une force qui s’ignore – de taper maintenant du poing sur la table. 

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« Grand débat : Macron va recevoir une soixantaine d’intellectuels lundi à l’Élysée »

Le Figaro : « Grand débat : Macron va recevoir une soixantaine d’intellectuels lundi à l’Élysée ».

Vous êtes plusieurs à m’interroger à ce sujet, aussi je m’explique. Non seulement je n’adopte pas la position parfaitement justifiable de Frédéric Lordon, de ne pas me rendre à l’invitation, mais je n’ai pas hésité une seule seconde : un contexte tel celui-là constitue une caisse de résonance permettant de rappeler avec franchise, voire brutalité, l’urgence des tâches qui sont aujourd’hui négligées ou, pire encore, dont la solution est subordonnée à une logique obscène de profit. Il y a là une occasion de taper du poing sur la table, quitte à faire scandale, en sachant que la presse n’aura d’autre choix que de rendre compte de vos propos.

J’offrirai bien entendu, ici même, mon propre compte-rendu ensuite. J’ouvrirai aux commentaires.

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La Voix du Nord : Grand entretien Paul Jorion, anthropologue : « Nous sommes dans une dynamique de chaos »

Ouvert aux commentaires. 80% de ce qui est écrit là a bien été dit par moi durant l’entretien. Dans les 20% il y a par exemple le fait que Jean-Jacques Rousseau a écrit dans Les confessions : « Enfin je me rappelai le pis-aller d’une grande princesse à qui l’on disait que les paysans n’avaient pas de pain, et qui répondit : ‘Qu’ils mangent de la brioche' », et qu’étant mort en 1778 il ne parlait pas de Marie-Antoinette en 1789. Etc. Critiqué par vous sur tel ou tel point, je me ferai un plaisir de vous dire s’il s’agit des 80% ou des 20%.

En marge du grand débat national, « La Voix du Nord » publie une série d’entretiens avec des experts et des témoins de tous horizons afin de nous éclairer sur les crises que traverse le pays. Aujourd’hui, rencontre avec Paul Jorion, anthropologue et psychanalyste.

Propos Recueillis Par Yannick Boucher | 05/03/2019

Paul Jorion est professeur associé à l’Université catholique de Lille. Photo Philippe Pauchet

Paul Jorion est professeur associé à l’Université catholique de Lille. Photo Philippe Pauchet – VDNPQR

– Vous avez été l’un des rares penseurs à avoir prévu l’effondrement de la planète financière aux États-Unis en 2008. Aviez-vous senti venir le mouvement des Gilets jaunes du 17 novembre ?

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M. Macron et les mots qui fâchent

Le Président de la République a dit aujourd’hui, vous avez dû voir ça :

« Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent. »

Les protestations ont fusé sur un mot qui fâche, et c’est vrai, il y a là un mot qui me fâche moi aussi, c’est ce mot « responsabiliser » utilisé de nos jours comme un euphémisme, là où on n’ose pas employer franchement le mot dont il s’agit en réalité, qui est « entuber ».

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Shut up Democracy ! You bastard ! par Cédric Chevalier

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“Aux États-Unis, un arrêt des activités gouvernementales (en anglais government shutdown) est une situation politique dans laquelle le Congrès échoue à autoriser suffisamment de fonds pour les opérations gouvernementales. Dans ce cas, l’administration fédérale cesse tout service à la population à l’exception, dans un premier temps, des services dits « essentiels ». Toutefois, comme le Congrès doit autoriser toutes les dépenses, il n’y a aucune loi protégeant un service gouvernemental d’un arrêt.

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