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L’actualité de la crise : les Américains pris à contre-pied , par François Leclerc

Billet invité.

LES AMÉRICAINS PRIS A CONTRE-PIED

Si la crise mondiale actuelle a eu les Etats-Unis comme détonateur, que peut-on y attendre de son évolution, puisqu’il est de tradition de dire que le pays montre par avance le chemin que les Européens vont ensuite suivre ?

Dans un premier temps, la montée du taux de croissance de l’économie américaine a pu faire croire à tout ceux qui ne voulaient voir dans les événements qu’une crise comme les autres, passagère et bientôt oubliée, qu’une issue était proche. Que tout allait repartir comme avant, en raison des capacités éprouvées de rebond des Américains. Puis est venu s’insinuer un doute à propos de la vigueur de cette reprise, d’autant plus glorifiée que l’Europe ne la connaissait pas. Enfin, et nous en sommes là, le terribles mot de récession est maintenant prononcé, l’hypothèse mystérieuse d’un scénario à la japonaise évoqué. La hideuse silhouette de la déflation a pris dans les commentaires la place de l’hydre de l’inflation.

Devant quoi les Etats-Unis sont-ils placés en réalité ?

Le diagnostic du mal n’est toujours pas formulé, mais il a fallu se rendre à l’évidence : les jeunes pousses de la relance n’étaient que route qui poudroie et herbe qui verdoie; la crise va être de plus longue durée qu’initialement annoncée. La prochaine étape sera de reconnaître qu’elle est chronique. Mais le fâcheux retard qui est actuellement enregistré laisse intacte la croyance largement partagée que tout va finalement retomber sur ses pieds. Pour une raison ne souffrant pas de discussion : il n’est pas à proprement parler concevable qu’il puisse en être autrement.

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L’actualité de la crise: le doute se généralise, par François Leclerc

Billet invité

LE DOUTE SE GÉNÉRALISE

Les membres du Committee of European Banking Supervisors (CEBS) – l’organisme européen réunissant les régulateurs bancaires chargé de conduire les tests d’effort – se sont-ils résignés à accepter l’idée que la transparence était la clé du succès, dans un monde financier où celle-ci est toujours revendiquée mais rarement rencontrée  ?

Suite à d’amicales et insistantes pressions des marchés, une liste de 91 banques a été publiée par leurs soins et des indications partielles ont été données sur les paramètres d’effort qui vont être utilisés. Mais les marchés ne s’en sont pas contentés, à peine ces informations publiées, attendant de nouvelles précisions des régulateurs et le faisant savoir. Ils craignent en effet que les tests soient effectués à l’envers, et que ce soit en fonction des résultats finaux que les paramètres détaillés du test seront déterminés. On n’apprend pas aux vieux singes à faire des grimaces.

En attendant la publication des résultats toujours prévue pour le 23 juillet prochain, des résultats circulent, notamment en provenance du Crédit Suisse qui a effectué sa propre enquête, contribuant à rajouter à la confusion ambiante qui se poursuit. Seuls les chiffres officiels allant faire foi (mais de quoi ?), les questions demeurent en suspens.

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L’actualité de la crise: les banques centrales, dernier ressort, par François Leclerc

Billet invité.

LES BANQUES CENTRALES, DERNIER RESSORT

La BCE a fait ce qu’il fallait jeudi dernier pour que le remboursement des 442 milliards d’euros qu’elle attendait se passe au mieux. Elle a offert en substitution de nouvelles facilités à trois mois, afin de permettre aux banques de rouler leur dette, et si possible de l’éteindre progressivement. Il a en effet été discrètement annoncé que ces émissions illimitées de liquidités à plus court terme allaient se succéder sans interruption d’ici à la fin de l’année. On respire.

Il n’y avait donc pas de quoi s’alarmer, mais ce non événement donne matière à analyse. Une fois constaté que, dans le cours de cette crise, les catastrophes n’arrivent jamais où et quand on les attend. A croire même, cette fois-ci, que l’alerte était feinte pour mieux triompher.

Si l’on raisonne en net, en effet, un remboursement partiel de la BCE est tout de même intervenu au final. Ce qui tendrait à prouver, encore une fois, que c’est avant tout une crise de solvabilité – et non de liquidité – que le système bancaire connaît : sinon, il se serait intégralement refinancé. Suite à l’assèchement partiel des liquidités qui en a résulté, les tensions sur l’Euribor (le taux en vigueur sur le marché interbancaire) ont encore augmenté, sans atteindre les sommets de 2008. Ce qui démontre, sans discussion possible, que c’est la confiance qui fait d’abord défaut. La sous-capitalisation notoire des banques européennes aggravant leur cas.

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L’actualité de la crise: le temps des expédients va venir, par François Leclerc

Billet invité.

LE TEMPS DES EXPÉDIENTS VA VENIR

Le monde financier n’est plus ce qu’il était. Il fait preuve désormais d’un alarmisme permanent, après s’être si longtemps réfugié derrière une impassibilité de façade. Voire une morgue sans égal dont la justification fait plus que jamais défaut. Un comble pour des financiers.

Un jour, c’est l’échéance du remboursement à la BCE de 442 milliards d’euros par les banques de la zone euro qui est fébrilement attendue, son dénouement n’apportant aucun soulagement sur le marché interbancaire qui continue depuis à se tendre.

Immédiatement après, ce sont les nouvelles du marché obligataire, où se présente l’Espagne dont la notation risque d’être dégradée par Moody’s, qui sont redoutées. Ainsi que l’annonce, sans attendre, du retour de la Grèce sur ce même marché plus tard dans le mois.

En toile de fond, les mauvais indices qui se multiplient aux Etats-Unis lui font surtout beaucoup douter de la reprise américaine, et craindre une prochaine récession qui, additionnée à celle qui est attendue en Europe, ne pardonnerait pas. Même en Chine, des indices font état d’une baisse de la production manufacturière.

Cela n’en finit plus.

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L’actualité de la crise: une belle ballade dans la neige d’Iqaluit, par François Leclerc

Billet invité.

UNE BELLE BALLADE DANS LA NEIGE D’IQALUIT

Un G7 Finance s’est réuni cette fin de semaine dans le grand Nord canadien, à Iqaluit, et il a fallu que ce soit encore un spectacle. Son côté informel abondamment mis en scène pour mieux lui donner de l’importance et l’opposer aux G20, qui bénéficient désormais seuls de l’apparat des grands messes, mais qui se sont trop vite succédés et dont la formule est déjà usée. L’absence de communiqué final masquant celle d’un consensus, à propos d’un ordre du jour si chargé que l’on se dit qu’il a été à peine feuilleté. Chacun étant venu avec sa vision politique nationale de ce qu’il convient de faire, afin de solutionner des problèmes qui sont eux financiers et internationaux. Reconnaissant que les approches se doivent d’être communes pour être efficaces, et en conséquence s’efforçant de mettre en avant que les choses progressent en ce sens, sans avoir cependant rien de tangible à annoncer pour que cela soit crédible. La route est encore longue à parcourir, même en traîneau à neige et sous la fourrure…

Dans la logique de cette situation, les réunions plénières ont été réduites au profit de rencontres bilatérales, chacun essayant de convaincre l’autre du bien fondé de son approche. Nous en sommes donc restés aux préliminaires. Ce G7 Finance, en prélude au prochain G20 de Toronto, aura au moins démontré une chose : les problèmes sont identifiés, les solutions ne le sont pas.

A propos de la dette publique, présentée par le FMI en entrée de la réunion comme le plus important problème de l’année (optimiste !), le G7 a botté en touche, personne n’ayant de solution opérationnelle et avouable. Affirmant par la voix de Jim Flaherty, le ministre des finances canadiens qui présidait la réunion, que les Européens devaient régler entre eux le problème de la Grèce. Ce qui revient à pointer du doigt les 300 milliards de dollars de dette des Grecs, ainsi que les 8.000 milliards celles des Européens, pour ignorer les 22 mille milliards de celle des Etats-Unis et du Japon (le Canada étant il est vrai le mieux loti). Jean-Claude Trichet, président de la BCE, et les représentants des pays Européens membres du G7 (Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie), continuant d’offrir pour tout viatique à leurs collègues grecs l’expression de leur confiance dans le fait qu’ils arriveront tous seuls à venir bout de la crise en cours. Dans quel état ? cela n’a pas été précisé.

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L’actualité de la crise: un système qui marche totalement en crabe, par François Leclerc

Billet invité.

UN SYSTEME QUI MARCHE TOTALEMENT EN CRABE

Donald Kohn, vice président de la Fed, a sonné l’alarme vendredi à l’occasion d’une conférence organisée par l’agence gouvernementale FDIC, à Arlington (Virginie). « Emprunter à court terme et prêter à long terme est une stratégie risquée par nature », s’est-il soudainement rappelé, en tirant comme leçon de cette constatation que ceux qui développent ce business (les banques) « doivent être certains que, la relance économique apparaissant, ils ne risquent pas d’être coincés par la hausse des taux d’intérêt … ». Se contentant de mentionner, comme cause de celle-ci, le moment où la Fed modifiera sa politique de très bas taux d’intérêt, ce dont il n’est pas question dans l’immédiat. Nous amenant à nous interroger sur les raisons de l’opportunité de son intervention; sur ce qui pourrait, selon ses propres termes, amener les banques à naviguer dans des « eaux inexplorées » et donc périlleuses.

Paul Tucker, numéro 2 de la Banque d’Angleterre, a également évoqué cette inconnue devant les parlementaires britanniques, la semaine dernière, mais il a été plus explicite. Il s’exprimait dans le contexte de la réunion de la semaine à venir du comité de politique monétaire de la banque centrale britannique – qui pratique le très bas taux de 0,5% – qui va devoir décider ou non de prolonger et d’étendre son programme d’achat des obligations d’Etat (les gilts). Tandis que les milieux d’affaires, craignant un redémarrage de l’inflation, préconisent l’arrêt de ce programme. Prélude, dans un second temps, à l’augmentation des taux de la BoE.

Les craintes qui s’expriment à propos de la capacité des banques à supporter une future hausse des taux sont suffisamment importantes pour avoir fait l’objet d’une réunion à la Banque des règlements internationaux, a révélé Paul Tucker. Un autre facteur poussant à la hausse des taux, sur le marché obligataire cette fois-ci, aurait été pris en compte. Dans l’immédiat celui de la crise grecque, et à terme les effets de la campagne qui s’exerce sur les gouvernements pour qu’ils entament la réduction de leurs dettes. Pouvant aboutir à un surenchérissement général des taux du marché, celui-là même sur lequel les banques seront appelées à lever des capitaux, une fois fermés les robinets à liquidités des banques centrales.

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L’actualité de la crise: la crise de société américaine, par François Leclerc

Billet invité.

LA CRISE DE SOCIETE AMERICAINE

Une bagarre à l’issue incertaine est en cours à Washington, là où on ne l’attendait pas. Elle a pour cadre le Sénat et pour objet la confirmation de la nomination à la présidence de la Fed, pour un second mandat, de Ben Bernanke. Un vote pourrait intervenir à partir de mercredi prochain, alors que le mandat en cours se termine le 31 janvier, le calendrier est donc serré. Ce qui est le plus significatif, dans cette situation que nul n’aurait prédit il y a quelques semaines, c’est que les votes qui pourraient manquer à Ben Bernanke viennent à la fois du camp démocrate et de celui des républicains. Prenant doublement à revers Barack Obama, qui a réaffirmé son soutien à son candidat et pourrait le voir défait, et qui peut constater que l’alliance bipartisane dont il n’a cessé de se revendiquer depuis qu’il a été élu, cherchant l’appui à la fois des démocrates et des républicains, se constitue bien, mais contre lui en l’occurrence !

Ce n’est pas non plus un des moindre paradoxes de la situation politique Américaine actuelle que de constater que le président assure de son soutien, pour diriger la Fed – principal artisan et bailleur de fonds du sauvetage du système financier – un homme qui était aux commandes durant toute la période de montée en puissance de la crise et n’a rien fait pour l’endiguer. Alors qu’il a entrepris depuis peu, en proposant une taxation des mégabanques, puis dans la foulée un projet de restriction de certaines de leurs activités (à la portée toutefois indécise), une véritable croisade contre ce que représente ce même candidat, qui était et reste l’homme de Wall Street.

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L’actualité de la crise: confusions et indécisions, par François Leclerc

Billet invité.

CONFUSIONS ET INDECISIONS

En peu de temps, de nombreux éléments concordants sont venus accréditer l’idée que nous sommes probablement au début d’un tournant de la crise. Sans être en mesure de comprendre où celui-ci va nous conduire. Comme si tous les discours dont nous avons jusqu’à maintenant bénéficié étaient épuisés, leurs veines taries, que le temps des pronostics de circonstance était révolu, et qu’il allait falloir passer d’une manière ou d’une autre à l’acte, mais lequel  ?

On perçoit dans l’actualité qu’une réelle incertitude s’approfondit dans les milieux qualifiés de décisionnaires, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, selon des modes et des sujets différents. A laquelle semble correspondre une non moins réelle et palpable indécision. L’heure est encore à l’énumération des multiples dangers qui nous menacent, celui des déficits publics ayant succédé à celui de l’inflation, qui n’était plus crédible, sans que l’on soit encore franchement entré dans le vif des sujets qui risquent de fâcher. Il faudrait en tirer les conséquences, mais lesquelles précisément ?

A Washington, on est étourdi par une multiplication d’initiatives qui partent un peu dans tous les sens. Venant du Congrès ou de l’administration, toutes témoignent, dans leurs genres respectifs, de la même exigence ressentie par leurs acteurs : aller à la rencontre de l’opinion publique, à défaut de résoudre l’essentiel de ce qui la préoccupe, c’est à dire le chômage. Alors que les mégabanques poursuivent sur leur brillante et impudique lancée.

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L’actualité de la crise: crise économique et vide politique aux Etats-Unis, par François Leclerc

Billet invité.

CRISE ECONOMIQUE ET VIDE POLITIQUE AUX ETATS-UNIS

« La fête est finie  ! » s’est exclamée Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, afin de fêter l’adoption de la loi intitulée « Réforme de Wall Street et loi de protection des consommateurs », qui est intervenue hier. Au risque de la contredire, on peut penser que celle-ci va au contraire plus que jamais continuer. Car les lobbies sont parvenus à creuser un véritable gouffre dans ses dispositions, déjà très accommodantes, grâce au vote d’un amendement qui fait pratiquement échapper à tout contrôle l’essentiel des activités sur les produits dérivés. Après que, petit à petit, de nombreux trous aient été creusés au fil des semaines dans leur projet de dispositif de régulation. Ces produits mêmes qui ont été le vecteur de la crise actuelle (dont le marché est quasi exclusivement contrôlé par Goldman Sachs, Morgan Stanley, Chase, Citi et Bank of America), et qui le seront encore à la prochaine occasion. En proportion, le reste des dispositions apparaît donc bien secondaire.

Que ce soit la création, combattue avec la dernière énergie par les banques, d’une agence de protection des consommateurs, ou bien le dispositif de contrôle systémique des activités financières, qui prétend anticiper celui-ci et, au cas où il n’y parviendrait pas, faire payer le coût d’une nouvelle crise par un fonds abondé par les établissements financiers, pourvu de la somme de… 150 petits milliards de dollars. Ou bien le droit de regard donné au Congrès sur les opérations monétaires et de prêts aux établissements financiers de la Fed, à condition qu’aucune mesure ne soit rendu publique dans les six mois qui suivent son adoption. Ou encore des restrictions mises à tout prêt à des entreprises autres que des banques, dans le cadre de la mission de « prêteur en dernier ressort » de la banque centrale.

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