Archives par mot-clé : Fed

L’actualité de la crise : LA DÉCEPTION QUI S’ANNONCE, par François Leclerc


Billet invité.

Le débat à propos des modalités de l’intervention de la BCE enfle au fur et à mesure que s’approche la date de la réunion de ses gouverneurs du 6 septembre prochain. C’est en Allemagne qu’il prend tout son relief, suscitant dans la presse des oppositions à toute relance en grand des achats obligataires, qui s’appuient sur les arguments doctrinaires habituels, notamment le risque de voir mise en cause l’indépendance de la banque centrale en raison de son implication dans le sauvetage des États.

Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, n’a pas manqué de renouveler ses objections car « une telle politique est pour moi proche d’un financement des États par la planche à billets » (on remarquera le « proche » ), s’abritant tel un prétexte derrière le principe que « en démocratie, ce devraient être les parlements et non les banques centrales qui décident d’une telle mutualisation des risques » (ce en quoi il ne peut pas lui être donné tort !). « Il ne faut pas sous-estimer le danger que le financement par les banques centrales peut rendre accro, comme une drogue », a-t-il commenté dans son interview au Spiegel.

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L’actualité de la crise : ON ATTEND LA BCE, AURONS-NOUS LA FED ? par François Leclerc

Billet invité

Le comité monétaire de la banque centrale américaine va se réunir mardi et mercredi, dans le contexte d’un nouveau ralentissement de la croissance du pays – +1,5% au second trimestre – qui se poursuit depuis le début de l’année. Que va-t-il bien pouvoir décider cette fois-ci ?

Deux opérations successives de quantitative easing (assouplissement quantitatif) baptisées QE1 et QE2 ont déjà permis à la Fed d’injecter 2.300 milliards de dollars en achetant des obligations du Trésor ou des titres émis par des organismes de refinancement hypothécaires. Une troisième opération de création monétaire est depuis pendante, au vu des résultats mitigés des deux précédentes.

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L’actualité de la crise : IL FAUDRAIT QUE LE BOUCHON SAUTE ! par François Leclerc

Billet invité

« Y penser toujours, en parler jamais », la formule est usée, mais elle peut encore servir. De quoi s’agit-il cette fois-ci, si ce n’est de l’intervention de la BCE, attendue comme le Messie ?

Il y a des signes qui ne trompent pas, des accalmies boursières qui reposent sur une déclaration, ou bien une attente qui se manifeste par de tout petits riens. Aux anticipations de Mario Draghi, le président de la BCE, qui annonçait en fin de semaine dernière dans Le Monde qu’il n’avait pas de tabou ; ou bien à l’entretien accordé à Bloomberg qui a permis à Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE et gouverneur de la banque centrale autrichienne, de glisser qu’il y a « des arguments favorables » à ce que le MES se voit octroyé une licence bancaire lui permettant d’emprunter auprès de la banque centrale européenne. On se raccroche à ce qu’on peut.

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L’actualité de la crise : LE PARI HASARDEUX DE LA BCE, par François Leclerc

Billet invité

Avec la restructuration de la dette grecque, un tabou est tombé a souligné Paul Jorion dans son intervention du 24 février dans « Le temps qu’il fait ». Il a en effet été admis, au terme de longues négociations, que les investisseurs de la dette souveraine étaient susceptibles d’enregistrer des pertes et qu’ils admettaient d’être mis à contribution pour assurer un sauvetage considéré comme essentiel. Un précédent, quoi qu’en disent ceux qui assurent en croisant les doigts qu’il ne sera pas renouvelé .

Mais voilà que la BCE à son tour surprend. Elle frise le reniement de ses principes – et le viol de ses statuts – en aidant les banques à acquérir des titres de la dette souveraine, une aide indirecte manifeste à leur financement. Jean-Claude Trichet avait déjà du accomplir quelque gymnastique, en prétextant la nécessité d’assurer la bonne transmission de la politique monétaire de la BCE, pour justifier ses achats obligataires sur le marché secondaire, mais la banque centrale s’aventure encore plus loin sur des terres inconnues.

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L’actualité de la crise : L’INCOMMENSURABLE, par François Leclerc

Billet invité.

Estimer les conséquences de la crise américaine au cas où le pays ferait défaut sur sa dette, à moins qu’un accommodement de plus en plus improbable n’intervienne, est un exercice de haute voltige. Ce soir, les CDS garantissant contre le défaut de paiement de la dette américaine ont atteint leur plus haut niveau depuis fin mars 2009 et les taux courts se sont très tendus, les taux longs restant stables. L’échéance fatidique est dans quatre jours. les dirigeants américains de tous bords rivalisent de qualificatifs alarmistes et de sombres prévisions pour caractériser la situation. Le Congrès a été pris en otage par le Tea-Party et la droite républicaine dure.

Le dollar est la principale monnaie de réserve mondiale, de loin la plus utilisée pour les transactions commerciales et la dette américaine est au centre du système financier. Elle est utilisée par les money market funds et le marché des repos (les repurchase agreements), qui font la pluie et le beau temps sur le marché de la liquidité bancaire, auxquels il faudrait suppléer ; ou bien pour indexer un très grand nombre d’actifs, dont la valeur va s’en trouver automatiquement modifiée. L’ensemble constitue le squelette du système et l’on peut légitimement s’alarmer de son brutal faux-pas.

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COMMENT LA FED ET LA BCE SONT EN FAILLITE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

La monnaie unique européenne a pour finalité de faire partager à ses membres une même conception de la mesure, de l’échange et de l’anticipation de la valeur économique. Cette communauté multinationale de valeur est de fait crédible par sa taille et par sa santé comparée à ses grandes concurrentes dans le reste du monde. Toutefois, comme l’a rappelé récemment « l’Initiative du Palais Royal », tout le système financier mondial dysfonctionne. La solidité relative de l’euro ne présume pas de la cohérence de l’actuel système des monnaies. Malheureusement, l’avenir apparaît plein de graves incertitudes. La première étant que les « marchés internationaux » ne sont pas persuadés de la pérennité de l’euro et prennent en toute liberté des positions spéculatives qui forcent la défiance et détruisent la croissance.

En fait, toutes les autorités monétaires des grandes monnaies sont attaquées par des opérateurs financiers off shore. Le shadow banking permet sans limite de jouer les systèmes juridiques et les régulations zonales les uns contre les autres. La volatilité des changes, des prix et du crédit qui en résulte fait monter les primes de risque au gré des positions spéculatives ; positions auto-réalisatrices grâce à l’opacité de la libre circulation internationale des capitaux. La spéculation off shore exempte de toute obligation de transparence et de réalité vérifiable joue gagnant avec certitude en constatant l’impossibilité dans laquelle se trouve les banques centrales de jauger la réalité économique. Les banques centrales sont confinées dans leur zone juridique et dépendent du système bancaire qu’elles régulent pour mesurer les réalités économiques dans leur périmètre de compétence.

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L’actualité de la crise : LE REBOND SE PRÉCISE, par François Leclerc

Billet invité

Les éléments d’un rebondissement de la crise du système financier sont en train d’être réunis. Sans même qu’il soit donné aux banques le temps de reprendre leur sarabande et d’en précipiter une nouvelle. Ou que la crise de l’immobilier commercial américain ait eu le temps d’éclater.

L’analyse qui prévoyait que les États, ayant les yeux plus gros que le ventre, ne pourraient pas digérer le financement de la crise est en train de se vérifier. Cela a commencé en Europe, laquelle a dans un premier temps tenu la vedette, et se poursuit maintenant aux États-Unis, sous des formes et dans un contexte différent.

En Europe, les banques sont au bout d’une pente glissante, celle de la première restructuration d’une dette souveraine. Manuel González-Páramo, l’un des dirigeants de la BCE, a solennellement averti qu’un tel épisode aurait des effets systémiques pires sur les marchés que n’en a eu la faillite de Lehman Brothers, dans l’espoir fou de l’empêcher.

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L’actualité de la crise : QUEL DRÔLE DE MONDE ! par François Leclerc

Billet invité.

Objets symboliques de tous les ressentiments, les banques le sont aussi de toutes les attentions.

Au chapitre des plus délicates, il ne faut pas manquer de signaler les tests qui viennent d’être effectués aux Etats-Unis, ou ceux qui vont devoir l’être en Europe, malgré les difficultés à les mettre au point.

Les résultats des premiers sont restés très confidentiels, prétexte choisi pour autoriser les banques à verser à nouveau des dividendes à leurs actionnaires (à une seule exception). Une bonne manière qui a pour objectif de faciliter de futures augmentations de capital, faisant de celles-ci une bonne affaire pour les investisseurs.

Les seconds, en Europe, sont bien engagés pour être une nouvelle opération de communication bâclée, leur principale fonction n’étant pas de révéler la situation des banques mais de la masquer. Tous les artifices de la technique comptable bancaire seront bons pour y parvenir, nous aurons l’occasion d’y revenir.

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FAUDRA-T-IL ENCORE SAUVER LES BANQUES ?, par Charles Sannat

Billet invité

Vous vous pensiez sortis de l’auberge ? Et si une nouvelle crise bancaire nous menaçait et qu’il fallait encore sauver les banques ? Quels sont les risques ? Peut-on en arriver là ?

La France en chiffres

Les chiffres sont souvent rébarbatifs, néanmoins ils permettent d’illustrer une réalité. Il faut d’abord un étalonnage, c’est-à-dire des chiffres de référence permettant de mettre les choses en perspective. Nous allons donc comparer les « chiffres » des banques à la richesse produite par l’ensemble des Français (banques comprises) en une année, ou autrement dit à notre PIB.

Le PIB de la France est d’environ 2000 milliards d’euros par an. Ensuite le chiffre du budget de l’Etat. En un an, tous les impôts et taxes confondus vont rapporter environ 300 milliards d’euros. Comme l’Etat est très dispendieux, nous dépensons chaque année plus que ce que nous gagnons. Cela forme ce que l’on appelle le déficit budgétaire, environ 180 milliards d’euros cette année (oui quand même cela fait des sous…). Enfin, chaque année, ce beau déficit (nos 180 milliards) vient s’ajouter à la dette totale de la France, environ 1.600 milliards d’euros.

Voilà les chiffres qui concernent notre pays dans ses grandes, très grandes masses.

La crise financière

Maintenant retournons en 2008-2009. Au pire de la crise, les autorités américaines décident de ne pas sauver la banque Lehman Brothers. Conséquence directe et immédiate : plus aucune banque ne prête à aucune autre, et la planète finance est en arrêt cardiaque. Elle sera ranimée à grand coup d’injections de liquidités massives ; les banques centrales jouant ainsi ce que l’on appelle le rôle de « préteur en dernier ressort ». En clair, quand il n’y a plus personne pour prêter à personne, c’est la BCE (pour l’Europe) ou la FED (pour les USA) qui « impriment » autant d’argent que nécessaire pour que les opérations bancaires puissent se poursuivre. Sinon, c’est la crise systémique : le système s’effondre en quelques jours seulement.

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L’actualité de la crise : LA PHASE II, par François Leclerc

Billet invité.

Longtemps, on a cru qu’avec la disparition des hiérarques portant chapeaux emmitouflés dans leur grand manteau, en rang d’oignons sur la tribune de la Place Rouge, on avait assisté à l’effondrement final de toute pensée figée orthodoxe. Au profit d’un pragmatisme devenu valeur suprême avec la mort proclamée de l’idéologie.

C’était sans compter avec de redoutables institutions, épargnées par la pensée libérale triomphante, et les hiérarques qui les personnifient. Aujourd’hui, les banques centrales sont les plus intransigeantes gardiennes d’une nouvelle orthodoxie, références ultimes d’un monde en décadence, à un point tel que l’on pourrait croire que leurs représentants ont en quelque sorte pris la relève. Investis d’une mission qui procède par conséquent du sacré, intransigeants dans son exercice et porteurs d’une parole ne souffrant pas la contradiction. Autres buts, mêmes méthodes, fin identique ?

On regrettera certainement Jean-Claude Trichet et le rituel de ses conférences de presse. Son art de tenir des propos sibyllins et d’en dire le moins possible, sa capacité à éluder l’essentiel pour ne retenir que l’accessoire, son approche quasiment divinatoire du grand mystère de la monnaie, dont il est le dépositaire. Ainsi que le magistral corpus théorique qui lui sert d’assise en tous temps, en tous lieux et à tout instant. Le pragmatisme étant réservé aux banquiers centraux américains, la rigueur doctrinale l’apanage des Européens.

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VERITES ET MENSONGES DE LA THEORIE MONETARISTE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Champ de cohérence de la théorie

Aliena fait au fil de ses interventions sur le blog une présentation instructive de la Modern Monetary Theory (MMT). Elle explicite les réalités que cette théorie considère et celles qu’elle ne reconnaît pas. Cette théorie dominante aux États-Unis si l’on en croit la politique monétaire actuellement suivie pose la monnaie comme la production spécifique de l’État dans l’économie. Le signe monétaire est une matière sui generis qui n’a pas d’autre cause que la décision souveraine de l’autorité publique d’émettre telle quantité plutôt que telle autre et de faire appliquer la loi à tous les signes émis. Quelles que soient les quantités émises, les signes monétaires sont d’autorité libératoires de toute dette et résolvent toute obligation d’un débiteur qui a remis le nombre de signes correspondant au prix contractuel légal négocié.

Dans cette théorie, la quantité de monnaie mise en circulation n’a pas de cause rationnelle. Elle n’a pas d’autre explication que la science infuse de l’autorité monétaire politique qui est réputée savoir entretenir la croissance sans inflation et sans chômage. Cette théorie est indiscutable sur son volet juridique et pratique. La monnaie est bien le signe légal et efficient de la libération d’une dette. Mais la MMT ne dit rien des causes objectives de la crise des subprimes survenue sous le despotisme éclairé de la Fed, n’explique rien de la crise mondiale de liquidité qui s’en est suivi, ni de la faillite de Lehman Brothers, ni de l’effondrement de la croissance dans les pays développés alors que la « planche à billets » tourne à plein régime. Soit la monnaie n’a rien à voir avec tous ces phénomènes économiques, soit elle les dirige d’une certaine manière qu’il appartient aux seuls tenants de la MMT et aux autorités monétaires étasuniennes de connaître et de comprendre. Comme l’avait déclaré John Connally au monde « the dollar is our currency and your problem ». Continuer la lecture de VERITES ET MENSONGES DE LA THEORIE MONETARISTE, par Pierre Sarton du Jonchay

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LA GUERRE CIVILE MONDIALE EST DÉCLARÉE PAR LA MONNAIE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

La monnaie déconnectée du réel

La banque centrale des États-Unis va lancer sa seconde campagne de quantitative easing intensif que tout le monde traduit désormais par « planche à billet ». Avant la crise des subprimes et la faillite de Lehman Brothers, la planche à billet avait été déclarée hérétique par la sagesse politique, économique et financière. L’expérience avait montré que l’émission de signes monétaires par le système bancaire devait être réglée par le crédit et que le crédit devait être réglé par une anticipation réaliste de la valeur économique désirée et engagée. L’alignement du crédit sur l’anticipation de la valeur réelle et de la monnaie sur le crédit était la clé de l’équilibre de la croissance économique entre les deux écueils de l’inflation et de la déflation. L’émission insuffisante de signes monétaires était identifiée comme déflationniste, c’est à dire facteur de contraction non désirée des anticipations économiques et de la production effective. Pour éviter la déflation et contrôler l’inflation, les autorités monétaires ont pris l’habitude de surestimer le plus légèrement possible l’enveloppe des crédits par rapport à leur anticipation de la production réelle. Le choc déflationniste est historiquement plus destructeur que le risque d’inflation. La surproduction de signes monétaires par surestimation du volume de crédits en proportion de l’activité économique réelle était donc nécessaire dans une certaine mesure. La planche à billet était hérétique mais marginalement nécessaire.

Avant la crise de 2007, la planche à billet est l’excès non réellement mesurable a priori de création monétaire issu d’un crédit antérieurement surestimé à la réalité économique présente. A partir de 2009, après le krach de 2008, elle devient « une politique monétaire non conventionnelle ». Au lieu de régler a priori leur création monétaire sur les titres de créances disponibles sur le marché financier en contremesure de leurs crédits au système bancaire, les banques centrales sollicitent directement une titrisation plus large du crédit afin d’allouer davantage de liquidité monétaire aux agents économiques. Elles demandent aux agents publics et privés qui paraissent solvables, donc à la puissance publique et à ses protégés de maintenir leurs budgets de dépense malgré la baisse des anticipations de croissance de la valeur économique. La planche à billet n’est plus discrète et mesurée par la réalité. Elle est explicite et annoncée aussi ample que nécessaire pour soutenir nominalement l’anticipation de la réalité. Le nécessaire n’est plus la solvabilité des emprunteurs ni leur capacité à produire une anticipation réaliste de leur production future. Le nécessaire est d’éviter des faillites inextricables où un emprunteur systémique se déclare dans l’impossibilité de s’engager à poursuivre le remboursement de toutes ses dettes par la production réelle effective de valeur.

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L’actualité de la crise: le monde selon Trichet, par François Leclerc

Billet invité.

LE MONDE SELON TRICHET

Rituellement organisé chaque année par la Fed de Kansas City, un symposium économique international vient de se tenir à Jackson Hole, une station touristique du Wyoming. Le thème prometteur de cette année en était La décennie à venir, sur lequel les principaux banquiers centraux étaient invités à plancher. Parmi eux, Jean-Claude Trichet.

S’attarder un moment sur sa communication, à l’occasion de laquelle le président de la BCE s’est efforcé de prendre de la hauteur de vue – se drapant dans l’éthique de la conviction et de la responsabilité de Max Weber – permet de mieux cerner le socle sur lequel repose son intransigeant credo.

Tout en regrettant de ne pas connaître les réactions des représentants de toutes les Fed régionales américaines présentes à la réunion, qui ont du se dire in petto que ces Français étaient décidément des doctrinaires arrogants et donneurs de leçons, dont ils ne pouvaient rien attendre pour résoudre leurs propres difficultés ! Car, dans la forme comme dans le fond, l’exposé de Trichet pour le moins s’opposait à celui de Bernanke.

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