L’actualité de la crise : les Américains pris à contre-pied , par François Leclerc

Billet invité.

LES AMÉRICAINS PRIS A CONTRE-PIED

Si la crise mondiale actuelle a eu les Etats-Unis comme détonateur, que peut-on y attendre de son évolution, puisqu’il est de tradition de dire que le pays montre par avance le chemin que les Européens vont ensuite suivre ?

Dans un premier temps, la montée du taux de croissance de l’économie américaine a pu faire croire à tout ceux qui ne voulaient voir dans les événements qu’une crise comme les autres, passagère et bientôt oubliée, qu’une issue était proche. Que tout allait repartir comme avant, en raison des capacités éprouvées de rebond des Américains. Puis est venu s’insinuer un doute à propos de la vigueur de cette reprise, d’autant plus glorifiée que l’Europe ne la connaissait pas. Enfin, et nous en sommes là, le terribles mot de récession est maintenant prononcé, l’hypothèse mystérieuse d’un scénario à la japonaise évoqué. La hideuse silhouette de la déflation a pris dans les commentaires la place de l’hydre de l’inflation.

Devant quoi les Etats-Unis sont-ils placés en réalité ?

Le diagnostic du mal n’est toujours pas formulé, mais il a fallu se rendre à l’évidence : les jeunes pousses de la relance n’étaient que route qui poudroie et herbe qui verdoie; la crise va être de plus longue durée qu’initialement annoncée. La prochaine étape sera de reconnaître qu’elle est chronique. Mais le fâcheux retard qui est actuellement enregistré laisse intacte la croyance largement partagée que tout va finalement retomber sur ses pieds. Pour une raison ne souffrant pas de discussion : il n’est pas à proprement parler concevable qu’il puisse en être autrement.

On entrevoit pourtant désormais qu’il va falloir faire preuve d’imagination et qu’il ne suffit pas d’avoir protégé l’industrie financière des méfaits d’une régulation contraignante pour en attendre le salut. Engagé dès le tout début de la crise, ce pari est pour le moins loin d’être gagné. Un jour ou l’autre, ne faudra-t-il pas revenir sur ce qu’ont été les causes de la crise actuelle – et non pas uniquement leurs facteurs déclenchants – pour en tirer les leçons ? Cela mettra le temps qu’il faudra, mais cela sera ça ou continuer à trouver refuge dans le déni qui a jusqu’ici prévalu. Impliquant de devoir constamment improviser pour faire face à la poursuite chaotique de la crise, en pratiquant la politique de l’autruche afin de préserver ce qui est considéré comme l’essentiel et qui n’est qu’accessoire. Tout dépend pour qui.

Quant aux Etats-Unis, première puissance mondiale, ils sont bien engagés dans une impasse dont ils heurtent le fond.

Les leviers dont dispose la Fed, bras armé de l’Etat et des mégabanques, sont-ils toujours efficaces ? On peut en douter. Dès demain mardi, la banque centrale devrait rendre publiques de nouvelles décisions, non sans atermoiements. Elle devrait adopter des demi-mesures qui ne seront pas à la hauteur des enjeux, comme l’administration et le Congrès viennent de montrer l’exemple en débloquant une enveloppe de crédits réduite de 26 milliards de dollars afin de soulager financièrement les Etats. On est loin du compte. Après avoir déjà injecté, sans résultat probant, des centaines de milliards de dollars dans l’économie, la Fed va devoir se réengager dans une politique de création monétaire. On parle d’une enveloppe maximum d’environ 200 milliards de dollars. Mais, si le scénario à la japonaise se confirmait, cela reviendra à commencer à combler un puits sans fond. A la différence près avec le Japon que cela ne pourra qu’accélérer la dégringolade du dollar de son piédestal.

Les commentaires vont bon train sur les divergences qui divisent les membres du Comité de politique monétaire de la Fed. Mais ne faut-il pas chercher dans son expectative actuelle une autre raison ? La crainte que ses dernières cartouches soient mouillées, que ses instruments soient devenus inopérants, qu’un affaiblissement du dollar pourrait résulter de leur activation, ce qui serait pire que tout, car il pourrait enclencher une crise de la dette ?

Quoi qu’il en soit, l’administration Obama sort fort démunie de cette situation, alors que l’intervention publique est plus que jamais indispensable. Certes, le marché obligataire s’est en général détendu ces dernières semaines, expression de la crainte – cette fois-ci des marchés – qu’une récession n’intervienne et fasse durablement chuter les actions. Les obligations redevenant, après avoir été l’objet de tous les dangers, la valeur refuge de toujours, car tout est relatif. Cela aide au financement de la dette publique, mais l’administration Obama doit faire face à une autre difficulté, qui est de nature politique et non pas économique ou financière.

La société américaine est dans son ensemble prise à contre-pied. Les valeurs qui lui ont été inculquées ne sont porteuses d’aucune solution, ce qui ne les empêche pas d’être revendiquées, tel un refuge illusoire. Un de plus. Le dogme du moins d’Etat s’oppose à la nécessité d’accroître dans la pratique son rôle, alors que l’économie de marché et la libre concurrence ne jouent plus leur rôle historique et ne s’affirment pas comme le moteur de la relance. La baisse des revenus fiscaux et l’ampleur du déficit budgétaire restreignent par ailleurs les marges de manoeuvre et d’action de la puissance publique.

La reconnaissance de ce fort déroutant contexte – selon le catéchisme en vigueur – se heurte à l’omniprésence d’un endoctrinement qui plonge ses racines dans la mythification de la conquête de l’Amérique et l’occultation de son histoire. A l’arrivée, la perspective des élections de novembre prochain accentue la pression sur les membres du Congrès qui répugnent à voter de nouvelles dépenses, car elles impliquent dans la tête de leurs électeurs de nouveaux impôts.

D’où peut venir la croissance dans un pays où la consommation des ménages y contribuait à plus de 70%, alors que les derniers chiffres font état d’une contribution limitée à 40%  ? Ne faut-il pas considérer comme l’une des raisons de la baisse de cet apport, à côté du chômage, la diminution de l’en-cours du crédit à la consommation, qui a reculé pour le cinquième mois d’affilé et n’a progressé qu’une seule fois depuis février 2009 ? On sait en effet que le crédit finançait environ un quart des dépenses de consommation des ménages américains, et que les banques ont considérablement durci les conditions dans lesquelles elles l’octroient désormais, notamment via le crédit revolving des cartes bancaires. Les Japonais, en leur temps, avaient construit des infrastructures, faisant avec ces gigantesques programmes le bonheur des entreprises de travaux publics et des politiciens arrosés au passage. La relance de la croissance américaine reste à ce jour une question non résolue, d’autant que son financement n’est pas réuni. Distribuer du pouvoir d’achat serait une incongruité.

Tout en s’enfonçant dans une crise sociale profonde – dont le chômage de longue durée et pas près d’être résorbé n’est que l’une des manifestations – la société américaine, désorientée et atteinte, se tourne vers son passé et aspire à ce que tout redevienne comme avant. Sans repères politiques lui permettant de sortir de cette impasse. Avec comme seul viatique un profond rejet de l’administration de Washington et de Wall Street réunis qui la pousse dans les bras de dangereux aventuriers douteux et manipulateurs.

Autre témoignage des importantes difficultés que cette société rencontre à sortir de son carcan idéologique, la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA), le régulateur des brokers, reconnaît devoir faire face à une importante recrudescence des escroqueries selon le schéma dit de Ponzi, dont Bernard Madoff conserve néanmoins la tête incontestée du classement. La crise économique, qui précipite leurs victimes dans l’abîme, aidant à les découvrir plus facilement. Nouveauté, les réseaux sociaux sur Internet sont devenus un vecteur important de recrutement des victimes, rebutées par le marché des actions et des obligations et attirés par des rendements autrement plus alléchants. Il n’est pas rare, selon la FINRA, de voir proposés des rendements de 20% et 40%, allant même jusqu’à de plus de 100%, et d’attirer ainsi des milliers d’investisseurs. C’est donc un phénomène qui ne touche pas, comme c’était le cas avec Bernard Madoff, seulement quelques centaines de clients fortunés, ce qui ne l’empêche pas de drainer jusqu’à des centaines de millions de dollars à chaque fois.

Il apparaît que non seulement ce type d’escroquerie était si l’on peut dire monnaie courante mais, plus surprenant, qu’elle continue d’exercer un grand pouvoir attractif. Un son de cloche similaire est entendu du côté des gérants de hedge funds, selon lesquels de nombreux investisseurs continuent de manifester de très étonnantes attentes en recherchant des rendements de l’ordre de 25% annuel minimum. Une performance qui est pourtant devenue inatteignable. Les investisseurs n’admettent pas d’avoir perdu leurs si profitables joujoux.

Enfin, dernière illustration du même phénomène, un article publié par la revue en ligne Salon (en Anglais) développait de manière provocatrice une analyse caricaturale de la société américaine de demain. Les riches, y-est-il demandé, ont-ils encore besoin du reste de l’Amérique et vont-ils rester prêts à payer des impôts pour assurer son éducation, sa santé et ses services sociaux ? Décrivant une couche sociale dont les revenus vont de plus en plus être assis sur l’essor économique des pays émergents, dans laquelle la sphère financière qu’elle contrôle investit massivement – et où elle fait école – l’article se demande si l’avenir des classes moyennes américaines, condamnées à la marginalisation et au déclin, n’est pas à terme d’émigrer dans ces pays pour aller y chercher bonne fortune. Tandis qu’une immigration peu qualifiée, déjà si présente, viendra à moindre coût arroser le gazon des golfs, comme l’a si bien dit Michael Bloomberg, maire de New York, au service d’une manière générale du bien-être de la Upper class. Voilà la vision proposée de l’avenir radieux des classes moyennes américaines….

La crise financière aiguë que traversent les Etats américains est, quant à elle, arrivée à maturité. Le déficit auquel les deux tiers des 50 Etats américains vont faire face durant l’année fiscale américaine 2011 est estimé entre 84 et 120 milliards de dollars. Cela pourrait représenter la suppression de 250.000 emplois publics supplémentaires dans les 18 mois à venir. Ce qui donne la mesure de la situation que vont affronter les membres de la Chambre des représentants et les sénateurs en sollicitant le renouvellement de leur mandat. La modeste croissance de l’économie américaine n’a pas empêché la détérioration des finances des Etats et des collectivités locales, en raison de la baisse du rendement des taxes locales ainsi que la forte ponction effectuée sur les fonds d’indemnisation des chômeurs. La crise de l’immobilier et des taxes afférentes, qui pèse particulièrement, n’est pas près d’être réglée. 224 milliards de dollars de crédits fédéraux ont déjà été transférés aux Etats, une nouvelle enveloppe de 26 milliards de dollars devrait très prochainement être décidée par la Chambre des représentants. Cela n’empêche pas les Etats de devoir procéder à de massives coupes budgétaires, notamment dans les programmes sociaux. Celles-ci sont l’un des principaux vecteurs de propagation de la crise sociale, si l’on ne tient pas compte de la crise immobilière sur laquelle personne ne se hasarde plus à proclamer en voir la fin.

C’est non seulement un modèle de consommation à crédit qui est en train de s’écrouler aux Etats-Unis, mais un mode de consommation tout court. A commencer par l’acquisition de la maison familiale. Mais cela ne s’arrêtera pas là. A contrario, la réforme de la santé – en dépit de ses limites – illustre une première intervention accrue de l’Etat dans les affaires publiques, laissant le secteur des pensions de retraite, qui a beaucoup souffert de la crise, très largement dépendant du marché. Les débats de l’automne prochain sur l’évolution de la fiscalité et la suppression ou non des abattements consentis par l’administration Bush aux détenteurs de hauts revenus ainsi qu’aux classes moyennes sera peut-être l’occasion d’une timide amorce de redistribution des revenus. Cette évolution forcée et contrainte est toutefois loin de répondre aux besoins d’une société à la dérive.

Le fossé qui existe entre un paradigme qui ne fonctionne plus et un autre à inventer ainsi qu’à mettre en oeuvre est très profond. Une situation où les Etats-Unis montrent la voie à leur manière, sans tracer de chemin pour les autres. Car les Américains sont pris entre le rejet des responsables de la crise et le repli sur un credo incantatoire qui ne leur apportera pas d’issue.

La suite de l’histoire n’est cependant pas écrite.

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171 réflexions sur « L’actualité de la crise : les Américains pris à contre-pied , par François Leclerc »

  1. In Stunning Decision, EU Orders Germany To Start Onboarding “Bad Debt” To Sovereign Balance Sheet: RBS, Fannie, Freddie Next?

    In what could be the most important news of the day, German Die Zeit reports that, in a stunning move, the EU has ordered Germany to count the holdings of WestLB and Hypo Real Estate (the latter of which failed the stress farce from last month which nobody cares about or remembers anymore) as government debt! As Bloomberg notes, “That could raise Germany’s debt to 90 percent of gross domestic product, Die Zeit said.

    http://www.zerohedge.com/article/stunning-decision-eu-begins-onboarding-bad-debt-sovereign-balance-sheet-rbs-fannie-freddie-n

    Qui peut confirmer cette énooooorme nouvelle ?

  2. sur lesoir.be

    BONNE NOUVELLE ! CE QUI A ETE FAIT PAR NOS GOUVERNEMENT NE MARCHE PAS ! CA EN EST LA PREUVE ! LA SOLUTION, C’EST DONC :
    L AUGMENTATION DES SALAIRES ! la productivité a augmenté ces dernières années, nous n’en avons pas bénéficié. Baisser l’âge de la retraite, cela permettra aux jeunes de travailler. Reconstruire nos écoles, notre systeme de santé, c’est indispensable ! Les centaines de milliards d euro données sans contre partie aux Actionnaires, Assureurs et Banquiers n’on servi à rien, reprenons leur ! Les 15 % qu’ils touchent ne leur donnent pas le moral. Supprimons le ! Quand à au FMI et à sa politique qu’on nous impose, un nouveau procès de Nurembreg s’en occupera. Rappelons que ce programme a été appliqué après la deuxième guerre mondiale, il a généré un sacrée croissance dans le pays !

  3. @ Lulu dit : 12 août 2010 à 12:02

    Oui le système de retraite par répartition marche, mais comme celui de Madoff .

    Le système par répartition est un système qui rend les jeunes générations esclaves de leurs aînés. Il les contraint à travailler pour gagner moins que si leurs ainés avaient étés plus vertueux en s’astreignant à épargner plutôt qu’à dépenser. En dépensant, c’est-à-dire en consommant, leurs aînés ont accéléré la consommation d’énergies et épuisé ainsi plus vite les richesses terrestres qui ne sont pas infinies. Hélas, ça n’est pas le seul inconvénient de ce mauvais choix de système de retraite, il y en a un encore pire.

    En ayant une vision à court terme, et en ne prenant pas à « leur propre compte » toutes les charges qu’incombe un cycle de vie complet, incluant notamment la coûteuse période qui sépare la fin de vie de la fin de vie active, ceux qui ont instauré le système par répartition tel qu’il existe en France, on manqué de courage. Leur choix a contribué à ce que les richesses présentes dans le pays soient plus réduites que ce qu’elles auraient pu être, car une partie a été acquise par des non résidents qui eux ont opté pour la capitalisation.

    Ainsi les créateurs du système par répartition, soutenus par les instances de défense des salariés, ont fait le mauvais choix ; eux qui, de tout temps, ont dénoncé et dénoncent encore le fait que le capital est toujours mieux rémunéré que le travail. Ils ont refusé, probablement par pure idéologie, de convertir au moins en partie les travailleurs en petits capitalistes en n’optant pas pour les fonds de pensions. Ils ont préféré hypothéquer le travail futur de leurs descendants plutôt que d’investir dans le capital des outils de production qu’il est pourtant indispensable de posséder pour produire et donc pour donner du travail aux jeunes populations.

    Les jeunes générations se trouvent donc être à la fois les esclaves de leurs ainés nationaux et de leurs collègues travailleurs non nationaux en partie possesseurs des quelques moyens de production qui subsistent encore sur le territoire national.

    Mais il y a pire encore, autant les prélèvements sur les salaires des travailleurs ne peut être délocalisé, autant les capitaux peuvent l’être, de sorte que les outils de production encore en place sur le sol national peuvent aisément migrer vers des lieux où le coût du travail est moindre, notamment du fait des moindres prélèvements sociaux.

    Paul Jorion, fort de ses grandes connaissances, voit venir la fin du capitalisme qu’il fait naître au 18ème siècle.

    Personnellement, par une approche bien plus pragmatique, je pense que le capitalisme est né avec l’homme et vivra autant que vivra l’humanité. Par contre, je crois que le niveau de vie en occident et singulièrement dans les pays qui sont sans réserves énergétiques, tels que la France, est inévitablement appelé à un net déclin.
    A moins que la fusion nucléaire ne nous offre une ultime chance d’exploiter une nouvelle filière ; mais il faudra attendre et tenir d’ici là.

  4. @ jducac dit : 13 août 2010 à 11:55

    – « Oui le système de retraite par répartition marche, mais comme celui de Madoff . »

    Ca n’a strictement rien à voir. Le systeme de madoff repose sur une promesse de remboursements d’intérêts, le systeme par répartition consiste à redistribuer des côtisations.

    C’est le systeme par capitalisation qui fonctionne comme celui de Madoff, avec des promesses d’intérêts intenables et qui conduisent imanquablement à la ruine des épargnants et à l’enrichissement des spéculateurs.

    La multiplication des retraités anglais pauvres à 450 £ en est une preuve édifiante.

    – « Le système par répartition est un système qui rend les jeunes générations esclaves de leurs aînés. »

    C’est faux. Le systeme par répartition est un systeme qui garanti aux jeunes générations de pouvoir bénéficier d’une retraite et qui maintient la cohésion (depuis 70 ans) d’une société par la solidarité entre les générations.

    C’est le systeme par capitalisation qui rend les jeunes générations esclaves de leurs banquiers. Les fonds de pension et leur fameux rendement à 15 % imposent que ceux la même qui épargnent pour leur retraite continuent à travailler avec une productivité de 2 x 15 % (15 pour le patron et 15 pour le spéculateur ).

    – « En ayant une vision à court terme, et en ne prenant pas à « leur propre compte » toutes les charges qu’incombe un cycle de vie complet, incluant notamment la coûteuse période qui sépare la fin de vie de la fin de vie active »

    Un cycle complet de vie n’est pas une « charge », c’est un bénéfice net pour une société, y compris pendant la retraite, période pendant laquelle l’individu travaille et produit, sans être un employé exploité. Je comprends que cela vous chagrine et que ça vous conduise à véhiculer vos contres vérités.

    La vision à court terme, c’est l’apanage de la capitalisation et de la spéculation qui lui est inhérente, et on en à la preuve chaque jour.

    « Mais il y a pire encore, autant les prélèvements sur les salaires des travailleurs ne peut être délocalisé.. »

    Ca y est ; on en arrive à la motivation profonde de votre tissu de contres vérités. Vous n’avez finalement qu’un seul but : faire main basse sur la manne financiere des retraites sur laquelle vous ne pouvez pas spéculer à ce jour. Malheureusement pour vous, les raisons profondes de cette crise, les gens honnêtes l’ont bien comprise et en conséquence, votre projet est d’ores et déjà voué à l’échec.

    Pour finir : avant 1945, le systeme en vigueur en France était celui de la capitalisation, et il a été remplacé par le systeme par répartition parce que les épargnants d’après guerre étaient tous ruinés. Le systeme capitaliste dans lequel vous vous complaisez à démontrer son inéfficacités aujourd’hui et dans l’histoire.

    Peut être qu’à la suite de cette crise, lorsque vous aurez perdu (et cela arrivera, je vous l’assure) vos milliers d’euros capitalisés sur la spéculation vous commencerez à réfléchir correctement. Mais ce sera trop tard pour vous.

    1. Merci lulu pour vos réponses cinglantes et argumentées.
      J’ose espérer que le CAC lira lulu plutôt 40 x qu’une seule fois.

    2. “Peut être qu’à la suite de cette crise, lorsque vous aurez perdu (et cela arrivera, je vous l’assure) vos milliers d’euros capitalisés sur la spéculation”

      J’en doute. jducac bénéficie plutôt actuellement d’une confortable retraite par répartition. 🙂

    3. @ Lulu dit : 13 août 2010 à 19:22

      Merci d’avoir réagi.

      En présentant les points faibles de notre système de retraite par répartition, je ne visai rien d’autre, même si c’est un peu présomptueux, que de susciter un approfondissement des réflexions des uns et des autres sur le capitalisme, par le biais des retraites.

      Etes-vous bien certain d’avoir vraiment approfondi votre réflexion personnelle, sur ce sujet ?

      En lisant votre réponse on peut s’interroger. Vous en arrivez même, au lieu de contre argumenter, à vous en prendre à la personne de votre interlocuteur, en lui prêtant l’intention de « faire main basse sur les retraites ».

      Ainsi, en lieu et place du système Madoff, le système à la Ponsy aurait tout aussi bien pu être cité. Approfondir, veut dire qu’il ne faut pas rester à la surface des choses. La morale profonde à tirer de ce type de montage, c’est que les premiers entrants ne sont pas pénalisés et tirent même profit du système sans en être les concepteurs, alors que les derniers entrants sont les dindons de la farce.

      Pour ce qui est des retraites par répartition, c’est ce qui pourrait arriver si l’on ne parvient pas à le faire survivre du fait, par exemple, d’une déflation sévère et prolongée. Ceux qui en auront bénéficiés n’auront qu’à s’en féliciter, tout comme ceux qui sont entrés dans le système Madoff et qui en sont ressortis avant qu’il ne s’effondre. Il en serait tout autrement, par exemple, pour tous ceux qui auront alimenté le système sans en avoir encore bénéficié, parce qu’encore trop jeunes.

      En essayant d’imaginer ce qui pourrait arriver dans un monde où même les Etats communistes en arrivent à mettre en œuvre des démarches capitalistes, on n’est peut-être pas plus loin du concret qu’en se référant au passé.

      En fonction de votre réponse à ce premier point, je réagirai à vos autres déclarations.

    4. @jducac

      Je ne sais pas si vous repasserez par là, mais voici une remarque à vos remarques :

      Quel est le sens de votre “dernière génération”? Nous prévoyez-vous la fin du monde? le système par répartition est justement le seul qui suppose toujours une génération “n+1”, et qui soit par conséquent fondamentalement stable.

      Inversement, par définition, les systèmes Ponzi sont fondamentalement instables : si par extraordinaire l’un d’entre eux arrivait à une échelle mondiale, alors tout s’écroulerait d’un seul tenant, au tour suivant.

      Les systèmes par capitalisation, tels qu’ils fonctionnent sous nos yeux, reposent sur des fondements instables, car liés le plus souvent soit à des entreprises dont la durée de vie est limitée, soit à des supports dédiés ( les fonds de pension, acteurs majeurs de la spéculation). Sur le plan générationnel, en quoi la génération n+1 aura-t-elle profité de la ruine de la génération n?

    5. @ François Le Sombre dit : 14 août 2010 à 09:22

      Il n’y a pas eu besoin de fin du monde pour que le système Madoff s’arrête. Il a suffit que le système ne soit plus alimenté par de nouveaux entrants.

      Or, notre système de retraites par répartition peut très bien connaître une importante réduction des cotisations qui le mette en péril. D’ailleurs, il est déjà fragilisé en ayant un endettement non négligeable.

      Qu’adviendrait-il si, par suite d’une détérioration de la conjoncture, les rentrées de cotisations s’amenuisaient ? Une déflation sévère et prolongée amenant un fort accroissement du chômage le mettrait à mal. Ou encore, un accroissement significatif du nombre d’auto entrepreneurs, souvent enclins comme les artisans et commerçants, à sous déclarer leurs revenus pour réduire leurs cotisations, n’arrangerait pas les comptes des systèmes de retraites.

      A ma connaissance, rien ne prévoit d’ajuster le montant des retraites distribuées en fonction du montant des cotisations entrantes, c’est donc un système non régulé et fragile.

      Je vous signale que je n’ai pas parlé de « dernière génération » et qu’indépendamment de la similitude avec un système à la Madoff, tous les arguments avancés pour mettre en évidence les points faibles du système par répartition tiennent toujours.

    6. @jducac

      Si vous voulez savoir comment se termine l’expérience néo-libérale du “tout capitalisation” des retraites, instaurée par les bons soins de Fridman/Pinera/Pinochet au Chili en 1980, et donc avec une génération de recul, dans un “champ expérimental” purifié par les théoriciens-praticiens sus-nommés; allez voir là :

      http://www.pauljorion.com/blog/?p=14650#comment-101776

      Et ne me répondez pas autrement que par l’acquiescement silencieux, sinon vous risquez encore d’assombrir mon ciel serein et contrarier mon allégresse. En cette veille de fête mariale de la Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, ce serait de très mauvais goût…

    7. @ vigneron dit : 14 août 2010 à 16:46

      Merci de vous soucier de mon information.

      Je crois qu’il est difficile de s’accorder quand on ne se comprend pas ou quand on ne veut pas se comprendre.

      Quand je parle de retraite par capitalisation, je pense aux fonds de pensions bien gérés, c’est-à-dire ceux qui investissent dans des moyens de production pertinents. Les détenteurs de parts de ces fonds peuvent être des salariés qui deviennent ainsi de petits capitalistes. C’est d’ailleurs ce que j’ai évoqué ci-dessus.
      Epargner ne veut pas seulement dire placer son argent à la caisse d’épargne ou en assurance vie, cela peut aussi consister à placer ce qu’on s’est astreint à ne pas dépenser en vue de ses vieux jours, dans un plan d’épargne en actions par exemple.

      Etait-ce cela au Chili ?

      Comme en France, les parties concernées se sont mises d’accord sous l’égide du gouvernement pour imposer un système de cotisation obligatoire en vue d’une retraite salariale par répartition, sans constitution de capital, les possibilités de rendre les travailleurs en partie propriétaires des moyens de production ont ainsi été énormément réduites. Cela a conduit à ce qu’une bonne part de la capitalisation boursière des entreprises françaises soient détenue par des étrangers et peu par des salariés nationaux.

      Je reste convaincu que le système qui à été retenu n’était pas le meilleur et ai donné les raisons, qu’elles vous agréent ou non.

      Mon objectif n’est pas de déclencher votre courroux, mais de livrer des réflexions sur ce blog qui me semble être un excellent lieu d’échange. C’est un lieu où l’on est généralement respectueux des opinions de chacun. Qu’il y ait des visions contradictoires, dès lors qu’elles sont honnêtement argumentées ou contre argumentées, me semble contribuer à la qualité globale des réflexions.

    8. @jducac40

      Je n’ai aucun souci de vous informer, alors ne me remerciez pas, je vous prie. J’avais juste le désir d’éprouver le plaisir de vous mettre face à votre aveuglement, et la joie d’avoir la confirmation, par votre réponse, qu’effectivement l’aveugle de naissance ne peut pas voir qu’il est aveugle…

    9. @ Paul Jorion dit : 14 août 2010 à 22:20

      C’est souvent gênant de voir agoniser une entité qui produit des biens et des services, surtout quand on pense à ceux qui en tiraient tout ou partie de leurs revenus et qui vont être pénalisés. Mais cette gêne n’est pas systématique, elle dépend de l’idée que l’observateur se fait des conséquences de l’évènement.

      Si l’observateur est un anticapitaliste intimement convaincu et si dès qu’il entend parler d’actions, d’actionnaires, de cours de bourse et de capitaux, cela lui donne des boutons, il aura tendance à se dire « bien fait pour leurs pieds » voila de sales capitalistes, des exploiteurs qui n’ont que ce qu’ils méritent. Bien évidemment, si les employés de l’entité en cause mènent des « actions » en revendication pour trouver un repreneur, cet observateur leur apportera son soutien. Si par chance il y a un repreneur, par exemple un fond de pensions étranger, les employés sauvés et cet observateur seront satisfaits en oubliant qu’ils ont à faire à des actionnaires capitalistes qui sont peut-être eux-mêmes des employés.

      Il n’est pas utile d’analyser tous les types de réaction de tous les types d’observateurs qu’on peut imaginer, notamment ceux qui en spéculant sur l’effondrement possible du cours de l’action en cause auront pu aider à sa chute et y trouver un profit. Au sujet de la spéculation, je pense que comme le capitalisme elle est née avec la naissance de l’homme et touche tous les domaines, économiques, politiques, philosophiques, religieux, amoureux, Etc… Le mieux est de veiller à ne pas en être victime et de vivre avec en restant en accord avec sa conscience et les lois, y compris morales, qui règnent dans notre communauté d’appartenance

      La conclusion générale que je tire de 75 ans d’expérience, c’est que pour vivre il faut mettre en « action » capital et travail et qu’au lieu de s’employer à les opposer, il vaudrait mieux les amener à fusionner en intéressant les travailleurs au fonctionnement de l’économie et en les amenant eux-mêmes à être détenteurs d’un capital économique tout comme ils sont détenteurs d’un capital génétique et de bien d’autres. Cela permettrait à tous, par une approche plus pragmatique qu’idéologique, de comprendre ce qui conditionne la vie et la survie des entreprises, des hommes, et de leur pays.

      Oui mais, pourrait-on me dire, il n’y a pas nécessité d’être détenteur d’actions cotées en bourse pour être en partie détenteur de capital. En tant que citoyen, chacun est détenteur du capital que constitue l’ensemble des entreprises, au sens large, qui appartiennent à l’Etat, sans que ce soit nécessairement un état communiste.

      C’est tout à fait vrai. J’ai connu et travaillé dans une manufacture d’armes légères en France qui a fermé en 68 (faites l’amour, faites pas la guerre) et j’en ai connu une autre en Belgique que j’ai rencontrée dans le spatial et qui est toujours en activité. Elle appartient à 100% à la région wallonne et fournit 70% des armes légères utilisées par l’armée américaine dans le monde.

      A n’en pas douter, il y a eu des choix stratégiques différents. Ce qui montre que dans ce domaine, comme ailleurs, l’aptitude naturelle à spéculer a été mise en action et que des hommes y ont perdu leur emploi alors que d’autres, 40 ans après ont conservé le leur.

      Les hasards de l’existence m’ont amenés, grâce à votre blog et à votre question, à faire un retour sur mon expérience et à m’interroger encore et encore. Merci !

  5. Elle appartient à 100% à la région wallonne et fournit 70% des armes légères utilisées par l’armée américaine dans le monde.

    J’en conclus que la région wallonne appartient en grande partie au Pentagone. Cela dit, depuis les affaires Gladio dans ce pauvre pays d’Outre-Quiévrain, c’est pas vraiment une info…

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