Archives par mot-clé : Gébé

Université catholique de Lille, ETHICS, Cycle de 6 visioconférences : L’Après-Covid 19, 6. Le retour des utopies, le 28 octobre 2020

1. La pandémie, le 16 septembre 2020
2. L’économie, le 30 septembre 2020
3. L’environnement, le 7 octobre 2020
4. La géopolitique, le 14 octobre 2020
5. L’Europe et la France, le 21 octobre 2020

Partager :

Titanic amer, par Serge B. (“Moustache”)

Billet invité

Aujourd’hui toutes les sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production sont comme abasourdies par une fantastique accumulation d’absurdités criantes. Nous sommes entrés dans une période de régression sociale et historique ubuesque, et il faudrait être inconscient ou malhonnête pour s’en réjouir.

La liberté despotique des mouvements de capitaux détruit des secteurs entiers de la production et l’économie mondiale s’est transformée en casino planétaire. La règle d’or du capitalisme a toujours été, dès la première moitié du XIXe siècle, la minimisation des coûts pour un maximum de profits, ce qui impliquait logiquement les salaires les plus bas pour une productivité la plus haute possible. Ce sont des luttes politiques et sociales qui ont contrecarré cette tendance, en imposant des augmentations de salaires et des réductions de la durée du travail, ce qui a créé des marchés intérieurs énormes et évité ainsi au système d’être noyé dans sa propre production. Le capitalisme ne conduit pas spontanément vers un équilibre, mais plutôt vers une alternance de phases d’expansion — la fameuse expansion économique — et de contraction — les non moins fameuses crises économiques.

Les nouvelles politiques d’interventions de l’Etat dans l’économie, dès 1933 aux Etats-Unis, pour une meilleure répartition du produit social, ont été rageusement combattues par l’establishment capitaliste, bancaire et académique. Pendant longtemps les patrons ont proclamé qu’on ne pouvait pas augmenter les salaires et réduire le temps de travail sans entraîner la faillite de leur entreprise et celle de la société tout entière ; et ils ont toujours trouvé des économistes pour leur donner raison. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale qu’augmentations des salaires et régulation étatique ont été acceptées par le patronat, ce qui a entraîné la phase la plus longue d’expansion capitaliste : les « Trente Glorieuses ».

Dès les années 1980, cet équilibre entre le capital et le travail a été détruit par une offensive néo-libérale (Thatcher, Reagan) qui s’est étendue à toute la planète. Cette contre-révolution réactionnaire a permis un retour insensé au « libéralisme » sauvage, qui a profité aux grandes firmes de l’industrie et de la finance. Par ailleurs, la monstruosité devenue évidente des régimes soi-disant socialistes et réellement totalitaires (ce n’était pas la dictature du prolétariat, mais la dictature sur le prolétariat…) a discrédité pour longtemps l’idée même d’émancipation sociale. L’imaginaire capitaliste a triomphé.

Continuer la lecture de Titanic amer, par Serge B. (“Moustache”)

Partager :