Université catholique de Lille, ETHICS, Cycle de 6 visioconférences : L’Après-Covid 19, 6. Le retour des utopies, le 28 octobre 2020

1. La pandémie, le 16 septembre 2020
2. L’économie, le 30 septembre 2020
3. L’environnement, le 7 octobre 2020
4. La géopolitique, le 14 octobre 2020
5. L’Europe et la France, le 21 octobre 2020

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16 réflexions sur « Université catholique de Lille, ETHICS, Cycle de 6 visioconférences : L’Après-Covid 19, 6. Le retour des utopies, le 28 octobre 2020 »

  1. Je vais réfléchir à tout ça , et il y a une matière abondante .

    A chaud votre rappel final de l’épisode écrit final de  » la survie de l’espèce » , m’ remis en tête une autre odyssée souvent utilisée dans les séminaires de management pour montrer comment la prise des commandes peut alterner pour répondre au mieux à la situation vécue :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Vol_Fuerza_A%C3%A9rea_Uruguaya_571

    Ou encore , et paradoxalement dans le même secteur , dans une version solitaire , Henri Guillaumet à Saint Exupéry :  » ce que j’ai fait , je te le jure , jamais aucune bête ne l’aurait fait

    PS 1 : Ile d’Houat ou ile DOAT ?
    PS2 : Vive la DDHC !

  2. Sur la version  » monde sans argent » de l’utopie désirable , j’ai lu quelques articles ou propositions ( parfois totalement contradictoires entre eux ! ) dont aucun ne m’a convaincu .

    Sur quels items aborder une telle solution pour lui donner du corps ,selon vous , à la lumière de quelques apports par les méthodes de l’anthropologie ?

    https://www.youtube.com/watch?v=t51JsUx9Q8Y

  3. Aubert parlait de  » lune blonde » .

    Une nuit superbe sur Annecy . Un ciel limpide et une « lune bleue » extraordinaire digne des meilleures utopies .

    « Rien de nouveau sous le soleil ?  »

    Si , la Lune .

  4. En matière de socialisme utopique, il faut absolument visiter à Guise le musée Godin avec le fameux familistère et une bonne librairie. C’est une histoire passionnante.
    Godin est un fils de serrurier qui a fait un tour de Compagnon avant de s’installer à son compte et de lancer le poêle en fonte (plutôt qu’en tôle). Ce fut une idée géniale. Mais voir la misère de ses travailleurs dans de mauvais logements et un mauvais enseignement et un mépris de la petite ville qui les laissait en marge, il décida de lancer une expérience socialiste concrète. En coopérative de travail , de vie, de logement, de services et d’enseignement, où les travailleurs ont pu détenir l’usine que Godin leur a vendue progressivement. Elle a tenu 100 ans ! Bien après la mort de leur fondateur.(Les poêles Godin ont été racheté fin du XXe). Et avec une succursale à Bruxelles qui a tenu des décennies également (que Godin avait prévue pour échapper aux poursuites du gouvernement français anti-socialiste et gérer l’affaire même en exil).
    Une fameuse leçon de « jours heureux ».!
    Cela même si : le pouvoir des anciens (procédant par cooptation) sur la coopérative n’a pas assez circulé ni trouvé des dirigeants novateurs ; et si un certain dirigisme et contrôle social oppressant devraient être questionnés (la cour intérieure du familistère accueillait une vie sociale très organisée, d’où on échappait peu).
    Entendre Paul Jorion passer des utopies peu concrètes des prédécesseurs (dont Godin s’est méfié) à l’affirmation (naturaliste ou essentialiste, dirait-on aujourd’hui) de Freud de l’impossiblité pour l’humain de dépasser ses instincts : j’ai trouvé cela un peu court. Il n’y a pas « d’homme nouveau » car la formule est mauvaise, mais il y a (aura) une collectivité sociale changeant les conditions relationnelles des hommes, des femmes et des hommes.

    1. Si on lit un peu vite votre dernière ligne , ça fait un peu bizarre .

      Quand c’est dense , en une heure , c’est forcément un peu court sur chaque élément cité , et l’on est effectivement à la limite entre survol qui sert ceux qui ont déjà des connaissances et survol qui paume les autres . On apprécie cependant que ça offre à s’interroger et pas à recevoir des réponses qui « noteraient » chaque expérience évoquée .

      Je suis resté cependant , de ce point de vue , un peu en retrait quant à la citation  » la vie que j’ai vécue , mais sans la souffrance  » , et au triptyque  » souffrance – mort- agressivité  » , non pas qu’ils ne soient pas signifiants , mais parce que le terme « souffrance » est utilisé dans des écoles et acceptions si nombreuses et différentes , que son partage m’est toujours suspect ,même si la souffrance elle même , plutôt que le bon sens cartésien , est sans doute la chose la mieux partagée du monde )

  5. Des fois je me dis que les fondateurs des USA ont écrit leur constitution avec un mélange de pragmatisme et d’utopisme dont la richesse et le gigantisme de ce nouveau continent conjugué, les ont propulsé dans leur status de maître du Monde.

  6. Tiens, comme dans « Survie de l’Espèce », l’anecdote finale des jeunes prenant les passagers en charge dans « la malle »,
    soumise aux tourments de la mer dans la Manche sans pouvoir accoster,
    les jeunes musulmans de Lodève, embarqués dans une vie tourmentée par les conséquences délétères des attentats et des choix gouvernementaux,
    font preuve d’un esprit d’initiative pas si lointain de ceux de la « malle ».

    https://www.midilibre.fr/2020/10/30/de-jeunes-lodevois-musulmans-protegent-la-cathedrale-9172911.php

    De quoi ne pas désespérer…

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  7. J’ai rêvé d’une utopie fondatrice :

    Que les utopies intéressent plus que les courbes qui regardent dans le rétroviseur et les dérivées secondes qui veulent prédire l’avenir .

    La fin cède devant les moyens , et l’hypocrisie victorieuse reste un hommage que le vice rend à la vertu .

    1. @ Juan,

      Aïe ! Dur comme remarque… Renvoyant chacun à son propre rôle.

      Je me faisais la remarque il n’y a pas si longtemps que cela en m’interrogeant sur les « pouvoirs » offerts par la position de « dominant ». En l’occurrence, la possibilité de balancer n’importe quelle énormité économique (« compétitivité, « concurrence libre et non faussée », « baisse des charges sociales comme remède au chômage », etc, la liste est infinie) qu’il faudra 20 ans à tout ce que compte la gauche bien intentionnée de sociologues, économistes, philosophes, pour démonter et réfuter, études et analyses à l’appui. Avant qu’une autre énormité soit jetée en pâture pour les prochaines décennies, comme on jette un os à un clébard…

      Que commanderait alors la moindre notion de stratégie à cet égard ? En gros, si tu es largement dominé sur un théâtre d’opérations, qu’est-ce qu’il conviendrait de faire ? Rendre les armes, rompre l’engagement, ouvrir de nouveaux fronts, déserter ? Comment reprendre l’initiative ? Changer la structure de la confrontation ?

      Peut-être que c’est vous qui avez raison…

      1. Recommencer , recommencer sans cesse et puis recommencer .

        Connais toi toi même .

        Jamais trop .

        Equilibrer l’empathie , la créativité , l’organisation et la prise de risque , sans jamais séparer ou oublier l’un des quatre .

        Sortir les êtres suprêmes et la propriété de la DDHC ( on règlera alors de fait le cas du principe de précaution , car on aura les moyens et le dosage du frein à notre agressivité , et la lucidité devant notre caractère mortel ).

        Viser l’adhésion mondiale .

        Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant .

    2. @Juan

      « Que les utopies intéressent plus que les courbes qui regardent dans le rétroviseur et les dérivées secondes qui veulent prédire l’avenir . »
      Question… d’ouverture ? Dont acte 🙂

      « La vie mettra des pierres sur ton chemin, à toi de décider si tu en fais un mur ou un pont.  »
      Auteur inconnu.

      1. Salut Dundee,

        On dit de Muad Dib qu’alors qu’il marchait dans le désert il aperçut sur une fleur qui poussait de travers écrasée par le poids d’une pierre. Il enleva la pierre et poursuivit son chemin. Quelques temps plus tard, ayant médité, il revint et remit la pierre en place…

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  8. Tiens, les Indiens guaranis et le socialisme utopique, ce sont deux des plus longs des chapitres du livre « Un millénaire de simplicité volontaire en Occident » où j’ai recensé et décrit une trentaine d’expériences concrètes et de projets intellectuels dans lesquels la recherche de l’accumulation matérielle n’est pas prioritaire, entre l’an mil et 1936 (les Cathares à Richard Gregg). J’y ai aussi inclus les Quakers (ce qui fera plaisir à Paul) et les Amish (ce qui fera plaisir à Emmanuel).
    Je retrouve dans cette conférence le pessimisme « freudien » de Paul. Certes, le paradis sur terre n’est pas imaginable (ni sans doute souhaitable) mais entre l’état proche de l’enfer que vivent beaucoup et le paradis, il y a de multiples purgatoires possibles.
    La science-fiction est certes plus riche en distopies qu’en utopies ces dernières décennies mais on constate que les utopies sont souvent le fait d’auteures (depuis Ursula Le Guin – Les dépossédés – jusqu’à Anne Frémaux – L’ère de Levant). Même si les utopies sont partielles et passagères, comme le titre une autre dame, « Mieux vaut couler en beauté que flotter sans grâce » (Corinne Morel Darleux).

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