Archives par mot-clé : « Investing in a Post-Enron World »

VUB : Chaire « Stewardship of Finance », The downfall of the Enron corporation (La chute de la compagnie Enron), lundi 23 mars à 16h00

Post-Enron WorldLe cours se donne le lundi après-midi à seize heures dans la salle D0.03 du bâtiment D (bâtiment central) de la Vrije Universiteit Brussel, Boulevard de la Plaine 2, 1050 Bruxelles.

Le cours se donne en anglais ; il est ouvert au public.

Le 23 mars : The downfall of the Enron corporation (La chute de la compagnie Enron).
 
Piqûre de rappel : Les notes de travail de la conférence en français.

ENRON REVISITÉ (I) « IL Y A NOUS, D’UN CÔTÉ… ET PUIS TOUS LES AUTRES… »
ENRON REVISITÉ (II) L’ARROGANCE, MÈRE DE LA FRAGILITÉ
ENRON REVISITÉ (III) « TOUT IRA TOUJOURS POUR LE MIEUX ! »
ENRON REVISITÉ (IV) PIRATES DE LEUR PROPRE NAVIRE
ENRON REVISITÉ (V) UNE BONNE SANTÉ TRÈS TROMPEUSE

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Una revisión del caso Enron: Lo engañoso de su buena salud (V)

Une traduction en espagnol par Myriam Fernandez De Heredia de mon billet Enron revisité : une bonne santé très trompeuse.

Post-Enron World

Una notable ironía en la saga de Enron es el hecho de que Jeffrey Skilling, su director general y hombre de paja, que sigue en prisión el momento de la escritura, había­ empezado su carrera en el gabinete de McKinsey & Co, del que fue socio y es que en esta empresa de consultoría de gestión se lanzaron dos innovaciones, auténticos rasgos de genialidad, que condujeron a la desaparición de la noche al día de la compañía Enron a raí­z de la desestabilización producida por un pequeño accidente. Se trata del concepto de « sociedad ligera de activos » y del sistema de opciones sobre acciones (stock options).

En un época no tan lejana, se consideraba que un bebe tenía que ser « gordito ». Luego empezamos a considerar que un bebe « gordito » era en realidad « obeso », lo que no era una buena cosa, y la norma se desplazó hacia el bebé « esbelto ». La salud de un bebé enfermo de disentería­ se deteriora muy rápidamente y estar gordito en el momento de enfermar, visto con perspectiva, podrí­a ser lo que le salvara la vida. En las zonas donde la disentería­ no es endémica, la cosa no es tan importante, hasta que llega el día del accidente individual … McKinsey & Co fue el promotor de la empresa « ligera de activos » « esbelta » de sus activos y Enron era el buque insignia del concepto. Pero es que estas empresas son como bebés delgados: tienen un aspecto más saludable que otras, pero solo mientras no están enfermas por que la transición de “esbelta” a “en los huesos” se opera rápidamente.

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Una revisión del caso Enron: Nosotros en un lado … y en el otro todos los demás (I)

Une traduction en espagnol par Myriam Fernandez De Heredia de mon billet Enron revisité : « Il y a nous, d’un côté, et puis tous les autres… ».

Post-Enron World
Para preparar una lección de la catedra « Stewarship of Finance » dedicada a Enron, volví a sumergirme en la bibliografía sobre la caída de la empresa estadounidense Enron en el otoño de 2001. Entre los textos que he revisado estaba el libro que yo mismo había escrito sobre este caso: « Investing in a  Post-Enron World (McGraw-Hill 2003), y con un interés todavía más específico en  los dos capítulos que  no se habían incluido en el libro, debido a que el editor los consideró excesivamente técnicos:  uno sobre el uso de productos financieros  por parte del vendedor de energía tejano, el otro sobre los muchos SPV (sociedades vehículo) que había creado con el fin de sacar del balance, y por lo tanto, poner  relativamente a salvo de las miradas indiscretas de sus accionistas, algunas de sus deudas más inquietantes.

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VUB, Chaire « Stewardship of Finance », onzième leçon, le 7 mars 2013

La onzième leçon de la chaire « Stewardship of Finance », consacrée entièrement à la tragique histoire de la compagnie texane Enron, dont j’ai parlé dans mon livre Investing in a Post-Enron World (2003).

P. S. : Leçon plus longue que les autres en raison de la discussion passionnante qui se déroule ensuite dans des échanges avec la salle.

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ENRON REVISITÉ (V) UNE BONNE SANTÉ TRÈS TROMPEUSE

Post-Enron WorldENRON REVISITÉ (I) « IL Y A NOUS, D’UN CÔTÉ… ET PUIS TOUS LES AUTRES… »
ENRON REVISITÉ (II) L’ARROGANCE, MÈRE DE LA FRAGILITÉ
ENRON REVISITÉ (III) « TOUT IRA TOUJOURS POUR LE MIEUX ! »
ENRON REVISITÉ (IV) PIRATES DE LEUR PROPRE NAVIRE

Il existe une remarquable ironie dans la saga Enron, c’est le fait que Jeffrey Skilling, son P-DG et âme damnée, encore en prison au moment où j’écris, avait fait ses armes au sein du cabinet McKinsey & Co, dont il fut l’un des partenaires, parce que ce sont deux des innovations, authentiques traits de génie, de ce consultant en gestion, qui furent responsables de la disparition-éclair de la compagnie une fois qu’un accident mineur l’eut déstabilisée : le concept d’« asset-light corporation » et le système des stock-options.

À une époque pas si lointaine, on considérait qu’un bébé se devait d’être « dodu ». Puis l’on considéra qu’un bébé « dodu » était en réalité « gras », ce qui n’était pas une bonne chose, et la norme se déplaça vers le bébé « svelte ». Un bébé atteint de dysenterie s’étiole très rapidement et d’être dodu au moment où la maladie le touche s’avère avec le recul ce qui lui aura sauvé la vie. Dans les régions où la dysenterie ne sévit pas de manière endémique, la chose est moins importante, jusqu’au jour où intervient l’accident individuel…

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ENRON RIVISITATO (I): “CI SIAMO NOI, DA UN LATO… E POI TUTTI GLI ALTRI…”

ENRON RIVISITATO (I): “CI SIAMO NOI, DA UN LATO… E POI TUTTI GLI ALTRI…”

(di Paul Jorion, pubblicato il 2 gennaio 2013, l’originale francese è qui)

Essendo in procinto di dedicare a ciò una delle lezioni della cattedra “Stewardship of Finance”, mi sono tuffato di nuovo nella letteratura relativa alla caduta della compagnia americana Enron nell’autunno 2001. Fra i testi che ho riletto c’è il libro che avevo dedicato io stesso a questo caso, Investing in a Post-Enron World (McGraw-Hill 2003); e con un interesse ancor più particolare, ci sono i due capitoli che non erano stati integrati al libro a causa della loro tecnicità giudicata eccessiva dall’editore: uno relativo all’uso, da parte del venditore texano d’energia, di prodotti finanzieri derivati; l’altro che portava sui numerosi S.P.V. (Special Purpose Vehicles) che aveva creato al fine di mettere fuori bilancio, e dunque relativamente al riparo rispetto allo sguardo indiscreto dei suoi azionari, alcuni dei suoi debiti più inquietanti.

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ENRON REVISITÉ (I) « IL Y A NOUS, D’UN CÔTÉ… ET PUIS TOUS LES AUTRES… »

Post-Enron World
En vue d’y consacrer l’une des leçons de la chaire « Stewardship of Finance », je me suis replongé dans la littérature relative à la chute de la compagnie américaine Enron à l’automne 2001. Parmi les textes que j’ai relus : le livre que j’avais personnellement consacré à l’affaire : Investing in a Post-Enron World (McGraw-Hill 2003), et avec un intérêt plus particulier encore, les deux chapitres qui n’avaient pas été intégrés à l’ouvrage en raison de leur technicité jugée excessive par l’éditeur : l’un, relatif à l’utilisation par le vendeur d’énergie texan des produits financiers dérivés, l’autre, portant sur les nombreux S.P.V. (Special Purpose Vehicles) qu’il avait créés afin de mettre hors-bilan, et donc relativement à l’abri du regard indiscret de ses actionnaires, certaines de ses dettes les plus inquiétantes.

En revisitant Enron, j’espérais qu’un certain nombre d’éléments m’apparaîtraient en lesquels je pourrais reconnaître les précurseurs de la crise actuelle. Sur ce plan-là, j’ai été déçu puisqu’une loi : le Sarbanes-Oxley Act, fut promulguée en 2002 en vue de prohiber un certain nombre de pratiques apparues en surface à l’occasion de l’affaire Enron, et cette loi remplit sa tâche depuis à la satisfaction générale (les firmes américaines poussèrent bien entendu des cris de putois, mais qu’attendait-on d’autre de leur part ?). L’exigence la plus symbolique de ce corps de lois fut l’obligation faite au P-DG d’une entreprise américaine d’engager sa responsabilité personnelle dans la publication des bilans trimestriels et annuels de sa firme. L’objectif était de contrer une fois pour toutes la stratégie qu’avait adoptée pour sa défense Jeff Skilling – qui avait été P-DG d’Enron peu avant sa chute – à savoir, répéter inlassablement, aussi bien lors des auditions parlementaires portant sur l’affaire que lors du procès qui lui fut intenté ensuite à titre personnel : « Qu’est-ce que j’en sais ? je ne suis pas comptable ! », rejetant par là entièrement la responsabilité de la chute de sa compagnie sur la firme chargée de son audit : Arthur Andersen, laquelle fut effectivement balayée par les retombées de l’affaire, et disparut à jamais.

Qu’est-ce qui provoqua alors la chute d’Enron qui, six mois seulement avant sa faillite, se vantait d’être en taille la 7ème entreprise des États-Unis ? Le fait, pour commencer, qu’elle n’était en réalité pas la 7ème mais la 287ème, comme le mit en évidence Robert McCullough, un ancien partenaire d’Arthur Andersen précisément, quand il découvrit que le rang flatteur de 7ème lui avait été attribuée sur la base de calculs douteux fondés sur la valeur « notionnelle » de certains produits dérivés dans son portefeuille plutôt que sur leur gain probable qui, dans le cas des produits dérivés, ne représente en général qu’une fraction du montant du notionnel. La compagnie Enron était donc, en réalité, beaucoup moins importante qu’on ne l’imaginait à la veille de sa chute.

Comment une telle erreur d’appréciation avait-elle été possible ? Essentiellement parce qu’en raison de leur complexité, la compréhension du fonctionnement des produits dérivés est le plus souvent très approximative, même dans les milieux financiers. Il m’a par exemple été donné, lors d’une réunion à la Communauté Européenne, d’entendre un des principaux économistes de l’OCDE, faire la même erreur exactement lors de son exposé et la soutenir… graphiques à l’appui !

Est-ce à dire que l’erreur d’Enron avait été commise de bonne foi ? Je n’en jurerais pas pour autant : les compagnies de ce type recrutent un personnel fort compétent, et il s’est sûrement trouvé au sein de celui-ci certains pour se dire que, vu que sont très rares ceux qui s’y retrouvent, on n’y verrait probablement que du feu. Ce que les faits devaient en effet confirmer.

Et en disant cela, nous nous rapprochons déjà davantage d’une véritable explication du cas Enron : celui de firmes qui, comme elle, en viennent à considérer que le monde entier à l’exception de ses propres dirigeants (et de ceux de quelques-unes de leurs consœurs susceptibles également de les employer) est constitué essentiellement d’imbéciles ; celui de firmes qui se conduisent en conséquence, et qui, mis à part quelques rares accidents comme la chute d’Enron précisément, celle de Bernard Madoff, et quelques autres exemples, voient à tout moment confirmée la plausibilité de leur hypothèse.
 

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LA POUSSIÈRE ACCUMULÉE SOUS LE TAPIS EMPÊCHE D’ENTRER DANS LA PIÈCE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

L’image de la poussière qu’on a repoussée sous le tapis en telle quantité et pendant si longtemps que l’on ne peut désormais plus entrer dans la pièce s’est imposée à moi à la lecture ce matin d’un article par David Enrich et Sara Schaefer Muñoz dans le Wall Street Journal, intitulé : « EU Lenders Kick Troubles Down the Road ».

Parce que – oui, vous allez être surpris – plutôt que de remettre en ordre leurs affaires grâce à la manne des mille milliards d’euros dispensée par la Banque centrale européenne dans le cadre de la Long-Term Refinancing Operation (LTRO), les banques européennes préfèrent contourner l’obstacle.

L’astuce la plus pittoresque mentionnée dans l’article est le prêt à l’abonnement des courses de taureaux en Espagne, la plus douteuse est la vente provisoire qui permet de gonfler et dégonfler les bilans selon les nécessités des déclarations de résultats.

Au sein de la zone euro, toutes les ressources de la comptabilité créative sont désormais mobilisées à l’échelle industrielle : retitrisation (on fait de la tête de veau toute neuve avec les restes invendables), « bad » banks filialisées, prêts « synthétiques » qui ne sont rien d’autre que des ventes fictives, montages divers permettant de déplacer le peu présentable vers le hors-bilan, etc.

Pour moi qui ai décrit toutes ces combines dans le livre que j’avais consacré à l’affaire Enron, je me croirais revenu à cette époque bénie des dieux pour la finance rapace. La crise présente est décidément enferrée dans le « plus ça change, plus c’est la même chose ».

Les notes confidentielles à l’intention des ministres des finances, qu’évoque François Leclerc dans son plus récent billet, signifient que l’on n’ignore rien du caractère malsain de la situation au niveau de la Commission européenne. Mais les ministres des finances européens se sont surtout montrés experts en surdité sélective au cours des années récentes. Attendront-ils une fois de plus que l’ardoise se monte à mille milliards d’euros avant de prendre les mesures qui s’imposent ?

C’était en quelle année déjà que M. Trichet à la tête de la BCE déclarait qu’il faudrait bien un jour prendre en compte la décote des prêts toxiques ? Non seulement on attend toujours, mais l’article du Wall Street Journal attire l’attention sur le fait que l’on repart à la vitesse du bolide dans la direction opposée.

Ah oui ! rappelons-le à l’intention de ceux qui auraient pu l’oublier : l’affaire Enron, ça s’était très mal terminé.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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